Mémorial de la France combattante

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Mémorial de la France combattante (mont Valérien)
Mémorial de la France Combattante, Le Mont-Valérien - Suresnes - France - 2005.jpg

Le mémorial de la France combattante au mont Valérien.

Présentation
Architecte
Félix Brunau
Construction
1958-1960
Localisation
Situation
Coordonnées
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Le mémorial de la France combattante est un monument d'hommage aux Français combattants, résistants et déportés qui se trouve sur la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine) sur la pente du mont Valérien, au pied de la forteresse du Mont-Valérien (laquelle a pour altitude 162 m).

Tous les 18 juin, la chancellerie de l'ordre de la Libération y organise une cérémonie de commémoration de l'appel du général de Gaulle[1],[2].

Histoire du mémorial[modifier | modifier le code]

La croix de Lorraine au mémorial du mont Valérien.

La forteresse du Mont-Valérien fut le lieu de plus d'un millier d'exécutions des résistants[2], comme Honoré d'Estienne d'Orves ou 22 membres du groupe Manouchian.

Dès le , le général de Gaulle rend à cet endroit un hommage aux « massacrés et aux fusillés »[3],[2].

Le , sous la direction d'Henri Frenay, alors ministre des Prisonniers, déportés et réfugiés du gouvernement provisoire, quinze corps de combattants de la Seconde Guerre mondiale, originaires de France et des colonies (Tunisie, Maroc, Tchad, Burkina Faso), dont deux femmes (Berty Albrecht et Renée Lévy) sont inhumés dans une crypte provisoire.

Frenay s'est inspiré du symbole du Soldat inconnu de la Grande Guerre, et l’a adapté aux spécificités de la Seconde Guerre mondiale. Les différentes catégories de combattants (combattants de 1940, FFL, résistants, déportés, prisonniers, hommes de la France d’Outre-Mer) sont représentées par la dépouille de l’un des leurs.

En 1952, on y place également le corps d'un Français résistant d'Indochine tué par les Japonais.

En 1958, le général de Gaulle, revenu au pouvoir, charge l'architecte des bâtiments civils et palais nationaux Félix Brunau d'édifier un véritable monument, inauguré le [2].

Description du monument[modifier | modifier le code]

Entrée de la crypte.

L'esplanade du monument fait plus de 1 000 m2. Un mur de 150 m de long[2], en grès rose des Vosges, est accolé au rempart en meulière de la forteresse. Au milieu de ce mur, une grande croix de Lorraine de 12 m de haut[2] marque l'entrée de la crypte où reposent les 16 combattants. Le caveau no 9 attend le dernier compagnon de la Libération[4]. Les 17 caveaux sont disposés en arc de cercle, avec au centre une urne contenant des cendres recueillies dans des camps de concentration, ornée d'une sculpture en métal représentant une flamme[5].

Sur le pied de la croix est gravée l'inscription extraite de l'Appel du 18 juin :

« QUOI QU'IL ARRIVE LA FLAMME DE LA RESISTANCE NE S'ETEINDRA PAS.
18 juin 1940      Charles DE GAULLE »

Devant la croix de Lorraine, une flamme jaillit en permanence d'un brûloir en bronze. Le long du mur, 16 sculptures différentes, équivalentes des métopes grecques, en bronze, symbolisent les différentes formes des combats pour la Libération.

Construit à partir de 2008[6], un centre d'information et d'accueil est ouvert depuis 2009.

Les caveaux de la crypte du mémorial[modifier | modifier le code]

La crypte contient dix-sept caveaux accueillant les corps de onze militaires (dont deux tirailleurs d'Afrique du Nord, deux tirailleurs d'Afrique noire et trois membres des Forces françaises libres), ainsi que cinq résistants intérieurs (dont un FFI du Vercors et un de la résistance indochinoise) :

  1. Diasso Kal Boutie (1919-1940), soldat au 16e régiment de tirailleurs sénégalais, tué à l'ennemi le à Fouilloy (Somme) ;
  2. Edmond Grethen (1898-1945), inspecteur en chef de la garde indochinoise, fusillé par les Japonais le à Thakhek, Laos ;
  3. Raymond Anne (1922-1944), sergent FFI, « Filochard » dans la Résistance, tué à l'ennemi le à Vassieux-en-Vercors, Drôme ;
  4. Maboulkede (1921-1944), soldat au 24e bataillon de marche (BM 24) de la 1re division française libre (1re DFL), tué à l'ennemi le à La Garde (Var) ;
  5. Berty Albrecht (1893-1943), résistante, torturée, s'est suicidée à la prison de Fresnes en  ;
  6. Maurice Debout (1914-1944), prisonnier de guerre, fusillé le à Oberhonau (Bavière) pour refus d'obéissance ;
  7. Pierre Ulmer (1916-1940), militaire au 4e régiment de dragons portés, tué à l'ennemi le pendant la campagne de France à la ferme de Berthonval (Pas-de-Calais) ;
  8. Georges Brière (1922-1944), matelot au 1er régiment de fusiliers marins, tué à l'ennemi le à Giromagny (Territoire de Belfort) ;
  9. Caveau vide, réservé au compagnon de la Libération qui va s'éteindre le dernier ;
  10. Alfred Touny (1886-1944), résistant, fusillé en à Arras (Pas-de-Calais) ;
  11. Jean Charrier (1920-1944), soldat au 152e régiment d’infanterie, tué à l'ennemi le à Courtelevant (Territoire de Belfort) ;
  12. Allal Ould M'Hamed Ben Semers (1920-1944), soldat au 1er régiment de tirailleurs marocains, tué à l'ennemi le à Briançon (Hautes-Alpes) ;
  13. Mohamed Amar Hedhili Ben Salem Ben Hadj (1913-1940), soldat au 4e régiment de tirailleurs tunisiens, tué à l'ennemi le à Aunay-sous-Auneau (Eure-et-Loir) ;
  14. Henri Arnaud (1907-1944), commandant la 4e escadre de chasse, tué à l'ennemi le à Roppe (Territoire de Belfort) ;
  15. Maurice (Marius) Duport (1919-1944), sous-lieutenant au 22e bataillon de marche nord-africain (22e BMNA) (1re DFL), tué à l'ennemi pendant la campagne d’Italie, le à San Clemente, Italie ;
  16. Antonin Mourgues (1919-1942), caporal-chef au bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP), tué à l'ennemi le à El Mreir (Égypte), au cours de la seconde bataille d'El Alamein ;
  17. Renée Lévy (1906-1943), résistante, décapitée le à la prison de Cologne (Allemagne).

Les seize sculptures[modifier | modifier le code]

Les hauts-reliefs, réalisés par 16 sculpteurs différents[2], sont disposées en deux groupes de huit de part et d'autre de la croix de Lorraine, soit vues de gauche à droite[7] :

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le , la poste française a émis un timbre postal représentant le mémorial de la France combattante, avec oblitération « premier jour » le à Suresnes[8].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 2006, dans le cadre de l'article 2 du « Décret no 2006-313 du instituant le 18 juin de chaque année une journée nationale commémorative de l'appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi », sur le site droit.org, consulté le 14 janvier 2009.
  2. a, b, c, d, e, f et g « Un lieu de mémoire de l'appel du – Le mémorial de la France combattante au mont Valérien », sur le site france-libre.net, consulté le 4 mai 2010.
  3. Site de l'ordre de la Libération
  4. « 1038 Compagnons de la Libération » – « La liste des compagnons de la Libération vivants », sur ordredelaliberation.fr.
  5. « Le mémorial du mont Valérien – Site du mont Valérien ; lieu des martyrs de la Résistance et mémorial de la France combattante », sur le site de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), Service départemental des Yvelines – Mémoires 78, consulté le 30 décembre 2008.
  6. « Annexes budgétaires », sur le site performance-publique.gouv.fr, consulté le 15 janvier 2009.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q « Les haut-reliefs du Mont-Valérien », sur le site cheminsdememoire.gouv.fr, consulté le 4 mai 2010.
  8. « Le timbre de 1962 », sur PHILA-ECHANGE; le site d'échange et imagerie philatélique (consulté le 18 avril 2011)