René Génin (militaire)

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René Octave Xavier Génin est un officier français, né à Toul le , mort pour la France en Syrie le .

Biographie[modifier | modifier le code]

René Génin, fils d'officier de carrière, entre en 1918 à l'École de Saint-Cyr, major de la promotion La Victoire. Après avoir pris part à la campagne de Cilicie, il est au Maroc pour la Guerre du Rif et y reçoit deux citations. En 1930, capitaine à l'état-major particulier de l'infanterie coloniale, il fait l'École de guerre puis suit les cours du Centre d'études germaniques de Strasbourg. Il revient en Syrie où il sert auprès d'Edgard de Larminat.

À la déclaration de guerre de septembre 1939, il est chef de bataillon au 2e Bureau (renseignement) au Grand Quartier Général. En 1940, membre de la Commission d'armistice où il a été appelé pour sa maitrise de l'allemand, il est consterné par ce qu'il y observe et se fait mettre en congé d'armistice. Il est le premier officier supérieur français à rejoindre de la métropole l'Afrique française libre, ce qui lui vaudra d'être déclaré par le régime de Vichy déchu de la nationalité française[1]. De Brazzaville, il écrit en janvier 1941 : Les Forces françaises libres se battent pour rendre à la France son indépendance et son rang de grande nation. Elles se battent par fidélité à la parole donnée, pour que la France garde ce bien inestimable plus précieux que la liberté, l'honneur. Cette guerre est une croisade à laquelle la France n'a pas le droit d'être absente. Nous sommes sûrs de vaincre ; mais nous nous battrions même sans cette certitude[2].

On le retrouve au Nigeria, au Cameroun, au Soudan, pendant la campagne d'Érythrée comme chef d'état major de la Brigade française d'Orient. À l'issue de la prise de Kéren, il est cité à l'ordre de l'Armée.

Promu colonel, René Génin est tué d'une balle dans le cœur à Ezraa, en Syrie[3], en juin 1941, quand, à la tête de sa brigade, il cherche à obtenir le ralliement de forces vichystes. Il repose au cimetière militaire de Damas[4].

Le général de Gaulle le cite dans ses Mémoires de guerre[5] : « En apprenant, à mesure, que beaucoup des nôtres, et des meilleurs, restent sur le terrain..., que le colonel Génin et le capitaine de corvette Détroyat sont tués… j'éprouve à l'égard de ceux qui s'opposent à nous par point d'honneur, des sentiments confondus d'estime et de commisération ». Il a fait René Génin Compagnon de la Libération.

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Informations sur la situation en Europe, français, Imprimerie Commerciale du Cameroun, 1941
  • Itinéraire d'un méhariste, de la Mauritanie à l'Afrique française libre, 379 p., français, Editions Sépia, Saint-Maur-des-Fossés, 2004

Mémorial[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Nord, La guerre du renseignement : Mes camarades sont morts, Paris, CAL, coll. « Culture Arts Loisirs », (1re éd. 1966), 288 p., 16,5 x 18
  • Général Jean Boÿ, Historique de la 103e promotion de Saint-Cyr (1918-1920), promotion de la Victoire, septembre 2010, en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 30 avril 1941
  2. Xavier du Crest de Villeneuve, Chemin de Damas... à Vendeuvre : hommages, témoignages. Paris : Pour Mémoire, 2009.
  3. Une « balle française » écrira Pierre Nord, tirée par « quelque sinistre imbécile »: Nord 2012, p. 42-43.
  4. Voir les biographies sur le site de l'ordre de la Libération.
  5. L'Appel, 1940-1942, L'Orient, Plon, 1954.
  6. 13 février 1932 ; exclu de la Légion d'honneur le 30 avril 1941 du fait de la déclaration de déchéance de la nationalité française ; réintégré le 29 novembre 1944 (V. le dossier individuel de l'ordre de la Légion d'honneur.)
  7. 30 mars 1944
  8. « Le colonel René Génin », Revue de la France Libre, no 42,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]