Jean Cavaillès

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Jean Cavaillès
Jean Cavaillès.jpg
Le lieutenant Cavaillès, mobilisé à l'âge de trente six ans, portant le deuil de sa mère, Julie, décédée en mai 1939.
Naissance
Décès
(à 40 ans)
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Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
- sens posant
et sens posé d'un acte,
- thématisation vs. paradigme.
Influencé par
A influencé
Gaston Bachelard, Georges Canguilhem, Jacques Bouveresse, Gilles Gaston Granger, Jacques Derrida, Jean-Toussaint Desanti, Suzanne Bachelard, Albert Lautman, Tran Duc Thao, Jules Vuillemin, Jean Ladrière, Jean Hyppolite, Paul Ricœur, Hourya Benis Sinaceur, Gerhard Heinzmann, Dominique Lecourt, Louis Althusser, Michel Foucault, Michel Fichant, Dominique Pradelle, Michael Hallett, Tommy Murtagh, Thomas S. Kisiel, Knox Peden, Santiago Ramirez, Carlos Álvarez, Herman Roelants, Henri Maldiney, Jan Sebestik, Aurelia Monti Mondella, Yvon Gauthier, Jaromir Danek, Edouard Morot-Sir, Paul Labérenne, Pierre Dugac, Alain Michel, Claude Imbert, Baptiste Mélès, Jacques Lautman, Jean-Jacques Szczeciniarz, Jean-François Braunstein, Pierre Cassou-Noguès, W.N.A. Klever, Brendan Larvor,...[pertinence contestée].
Fratrie
Distinctions

Jean Cavaillès, né le à Saint-Maixent et fusillé le à Arras, est un philosophe, épistémologue et logicien français, héros de la Résistance.

Cofondateur au début de l'Occupation du mouvement Libération, il passe en Zone nord en août 1941 pour former l'extension Libération-Nord avec les membres du CEES clandestin et doter celle ci d'un hebdomadaire, Libération. En rupture avec l'évolution prise par le mouvement, il crée à l'instigation du colonel Passy en avril 1942 le réseau d'espionnage et de sabotage Cohors, tout en continuant d'enseigner en Sorbonne. Il le dirige cinq puis huit mois durant, commandement interrompu par quatre mois d'internement en camp. Torturé au cours de ses troisième et quatrième détentions, à Paris, il ne livre aucun nom.

Son œuvre sur les fondements des mathématiques est le fruit d'une collaboration étroite avec les grands mathématiciens qui ont été ses contemporains, Emmy Noether au premier chef. Inachevée, elle est éditée après guerre à l'initiative de son ami Claude Chevalley. En montrant l'évolution des mathématiques comme une dynamique sans cesse renouvelée issue des seuls axiomes qu'elles se donnent elles-mêmes et leurs limites intrinsèques, elle acte l'incomplétude de toute axiomatique et libère les mathématiques fondamentales des aprioris qui ont conduit à la crise des paradoxes. Tout en annonçant vingt cinq ans à l'avance, à travers ce qu'il appelle la « thématisation », le dépassement des partis pris de Nicolas Bourbaki, Jean Cavaillès aura eu un impact déterminant sur la recherche développée au sein de l'École normale et du Collège de France à partir de la notion héritée d'Emil Artin[1] de mathématiques structurales.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils et petit fils d’officier (1903-1920)[modifier | modifier le code]

Issu d’un brassage[2] à la patrilinéarité huguenote, originaire de Pierre Ségade, dans l'Albigeois, où la maison familiale conserve une cache qui servait aux camisards[3], Jean Élisée Alexandre Cavaillès nait à Saint Maixent dans une modeste maison avec cour du 31 rue de la Croix, actuelle rue Anatole France, ville où son père, le lieutenant sorti du rang Ernest Cavaillès, est professeur de géographie à l’EMI[4], l'École militaire d'infanterie. Son parrain est le frère aîné de ce père, Henri Cavaillès, futur professeur agrégé de géographie humaine à la faculté de lettres de l'université de Bordeaux[5] et à l'École supérieure de commerce de Bordeaux qui a épousé le , deux ans et demi après le mariage de son cadet, une Ida Beyer et qui publiera quatre monographies à destination des étudiants[6]. C'est pourtant de son grand père maternel, Jean Laporte, capitaine major au Grand Trois, qu'il tient son prénom.

Il grandit avec sa sœur aînée Gabrielle dans les principes d'un certain rigorisme protestant hérités de l'oncle maternel de sa grand mère paternelle, le missionnaire calviniste Eugène Casalis, auxquels se mêle un patriotisme qu'entretiennent les souvenirs de la catastrophe de 70. Le foyer est dreyfusard[7]. Sa vie est rythmé par les trois prières quotidiennes[7]. En 1911, Paul, petit frère de quatre ans, meurt de typhoïde. Le frère et la sœur conserveront indéfectiblement des liens affectifs très étroits.

Les années d'études primaires sont interrompues au gré des affectations du père, Pau, Marmande, Mont-de-Marsan, où celui ci est trésorier du bureau du recrutement[8], de sorte que la mère est l'institutrice de fait. Durant la guerre, les études secondaires se poursuivent à Bordeaux alors que le capitaine Cavaillès est engagé dans la campagne d'Allemagne[9].

C'est là que le Jean Cavaillès retrouve son père, détaché en tant qu'officier de liaison auprès de l'armée américaine pour une mission de trois semaines au sein de la section franco américaine[8], laquelle coordonne les opérations de débarquement du corps expéditionnaire. Ernest Cavaillès est en effet un peu théoricien de la guerre moderne[10] et il présente l'avantage d'être anglophone[11]. Pour l'adolescent, les deux dernières années de lycée, 1918 1920, se passent à Bayonne, où le désormais chef de bataillon Cavaillès reçoit le commandement du bureau de recrutement[8].

Étudiant parisien[modifier | modifier le code]

Préparation Lettres (1920-1923)[modifier | modifier le code]

Le , Ernest Cavaillès est fait chevalier de la Légion d'honneur[9]. Il est affecté au « vieux château », le ministère de la guerre à Paris, dans le service chargé du recrutement et de la mobilisation. La famille s'installe rue de Bourgogne.

Brillant, le bachelier Jean Cavaillès est accepté en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand pour la rentrée 1920. Durant les vacances de l'été 1921, il séjourne chez une famille de la Rhénanie occupée, les Lippmann, et découvre une Allemagne revancharde, militariste et raciste, spécialement contre les « Nègres » des troupes coloniales.

Il obtient sa licence de philosophie en deux ans mais la pédagogie de khâgne le déçoit[12]. Les professeurs sont plus soucieux de faire apprendre que de faire comprendre. Après un premier échec, c'est seul qu'il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure, section Lettres « latin-science », sans le grec. Candidat libre, il est reçu premier de cette « section C » en 1923.

Normalien agrégatif (1923-1928)[modifier | modifier le code]

En parallèle de son cursus de philosophie à l'ENS, qui dure quatre ans, Jean Cavaillès passe une licence de mathématiques, péniblement. Le bibliothécaire Lucien Herr l'oriente volontiers dans ses lectures, spécialement les fondateurs du socialisme. Il a pour condisciple et ami un autre Gascon, Louis Genevois. Les vacances d'été se passent dans la maison familiale de Pau, 4 boulevard des Pyrénées. C'est la ville natale d'Ernest Cavaillès, où celui ci prendra sa retraite de lieutenant-colonel et où le grand père, Elysée Cavaillès, avait été précepteur des quinze enfants d'un négociant de souche valdésienne dont il avait épousé la fille aînée, Jeanne Malan. Le séjour est l'occasion d'excursions conduites par l'oncle Henri à la rencontre du monde pastoral et de camper dans les « cogolas »[5]. Alpiniste, le normalien gravit quelques sommets pyrénéens avec son cousin André Prunet-Foch[13], le futur diplomate qui terminera sa carrière viguier français d'Andorre.

L'année suivante voit arriver à l'ENS la promotion de Georges Canguilhem, Daniel Lagache, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre et Paul Nizan. En un an, Jean Cavaillès est devenu un thuriféraire de son professeur de philosophie, Léon Brunschvicg, héritier du positivisme et promoteur de l'« idéalisme français » qui, aux côtés d'un Henri Bergson plus psychologisant, domine le paysage intellectuel[14] et propose le rationalisme comme une Weltanschaung. Il n'hésite pas à interpeller en conférence un Émile Bréhier, moraliste bergsonien, pour défendre le point de vue de son maitre[12]. Son condisciple Vladimir Jankélévitch n'est pas loin, lui, de passer dans l'autre camp. En 1925, le cacique adhère au Groupe chrétien, œcuméniste, de la Fédération française des associations chrétiennes d'étudiants, où il a pour amis Charles Le Cœur et le secrétaire Jacques Monod. Celui ci fait venir des conférenciers, tel Emmanuel Mounier.

Étape indispensable pour se présenter à l'agrégation, Jean Cavaillès postule en décembre 1925 à un diplôme d'études supérieures, en mathématiques. Le sujet de son mémoire, les Bernoulli, est imposé par son directeur Léon Brunschvicg et, initialement, ne l'attire guère[14]. Il est reçu en 1927 quatrième à l'agrégation de philosophie[15]. En mars de cette année, il signe la pétition rédigée par le pacifiste Michel Alexandre, qui fut son professeur de philosophie à Louis-le-Grand, protestant contre le projet de loi de réarmement[16] préparé par le député SFIO Joseph Paul-Boncour. Un temps tenté[17] de suivre son camarade de promotion Georges Friedmann dans la voie du communisme, il ne peut se résoudre à adhérer au matérialisme dialectique[18], théorie d'explication rétrospective à laquelle font défaut, parce qu'ad hoc, des arguments intrinsèques[19].

Il consacre le mois d'octobre à un voyage de découverte, celle de la ville de Berlin[20]. Il fréquente la Bibliothèque d'État, où il a le loisir de s'initier à l’œuvre de Felix Klein[20]. À son retour, il entreprend son année de service militaire comme e.o.r. à l'École spéciale militaire de Saint Cyr. Pour le dernier trimestre, il est affecté à Mont de Marsan comme aspirant du 14e régiment de tirailleurs sénégalais, la première arme de son grand père maternel. Son père avait été zouave[4]. Il passe l'été en exercices de manœuvre au camp de Souge.

Enseignant[modifier | modifier le code]

Philosophie contemporaine allemande et sociologie du réveil chrétien (1928-1932)[modifier | modifier le code]

Libéré pour la rentrée 1928, Jean Cavaillès est, en tant que fonctionnaire, affecté à un poste d'agrégé répétiteur à l'École normale supérieure, mais il s'en tient à un service minimal. Il est en effet simultanément embauché au poste d'archiviste du Centre de documentation sociale, CDS, par Célestin Bouglé, figure déterminante qui l'ouvre à la sociologie. C'est un centre de documentation au sein même de l'École normale. Financé par Albert Kahn, il préfigure l'École des hautes études en sciences sociales. S’intéresser aux réalités sociales, c'est, comme le fera plus violemment Paul Nizan[21], rompre avec l'intellectualisme des maîtres de la génération précédente, Léon Brunschvicg en chef[22].

Germaniste, Jean Cavaillès est envoyé en février 1929 en tant qu'auditeur au deuxième Cours universitaires de Davos qu'organise la Société franco-allemande (de). Il accompagne Léon Brunschvicg, qui est un des orateurs. Il y rencontre de nombreux autres intellectuels français et allemands attachés au pacifisme et à l'amitié franco-allemande. Témoin du débat historique entre le néokantien Ernst Cassirer et le phénoménologue Martin Heidegger, il en donne un compte rendu assez détaillé[23]. La fréquentation de Brunschvicg le conduit à celle de Spinoza. Il admire chez celui-ci, malgré l'absence d'humanité que cela implique[24], la sévère démonstration que l'exigence éthique n'a pas besoin de religion, ni d'Église, ni d'aucun fondement transcendantal. Inversement lui répugnent[25] les artifices et la débauche de luxe intellectuel que déploie Leibniz pour sauver cette transcendance par les causes finales et les fins optimales[26]. La monadologie lui « fait penser au calvinisme des marchands de cochons américains »[24].

Membre de l'équipe pédagogique de l'ENS qui porte désormais la moustache, il prépare à l'agrégation de philosophie, entre autres, Maurice Merleau-Ponty, Étienne Borne, Georges Friedmann et Albert Lautman, probablement aussi Jean Hyppolite. Parallèlement, une bourse de la Fondation Rockefeller, qui a repris le financement du CDS, lui permet au cours de l'année 1929-1930 de mener à Paris une étude sociologique sur l'évolution du luthéranisme dans la nouvelle république allemande à travers le Jugendbewegung finissant et les associations religieuses porteuses du réveil chrétien. Il lit les nouveaux théologiens protestants et catholiques qui proposent une lecture critique de l'Évangile et une dialectique des églises avec la modernité, Karl Barth, Friedrich Gogarten (de), Erich Przywara. Il découvre le piétisme de Soeren Kierkegaard. Il participe activement au groupe de prière œcuménique de la « Fédé ». Réserviste de la défense opérationnelle, il est volontaire pour suivre au camp de Souge une formation militaire supplémentaire.

Grâce à la générosité Rockefeller, il peut à partir d'octobre 1930[27] entreprendre des voyages d'études en Allemagne, à Berlin, Hambourg, Göttingen. Il est à Munich au printemps 1931, hébergé par la belle-sœur du pasteur Stählin (de), quand, le , il se rend dans une brasserie écouter Adolf Hitler encadré par des sbires d'opérette. Il note l'étrange mélange entre la fumisterie du discours et le talent de mime du personnage. Il passe Pâques au monastère d'Ettal, où, accueilli très débonnairement, il partage la table des moines et, une semaine durant, leur vie de prières. C'est là qu'il est reçu par le père Przywara, jésuite œcuméniste qui est le directeur spirituel d'Edith Stein et a déjà converti Gertrude von Le Fort. Sur les recommandations de celui-ci, il part à Fribourg découvrir le néokantisme de l'École de Bade (de) et entendre les leçons de Martin Heidegger, qui commencent le . Elles le laissent perplexe tant les admirateurs d'Heidegger, tel Emmanuel Levinas, qui est présent, se montrent partisans.

Pour la Pentecôte, il retrouve un moment de vie monastique à l'abbaye de Beuron, où il est reçu grâce à une recommandation du père Przywara. Sensible au décorum de la messe bénédictine, « je redeviens tala »[28], écrit-il pour se défendre de vouloir se convertir. Il continuera toutefois de garder encore quelques années un certain penchant au catholicisme puisque, deux ans plus tard, il publiera un article[29] dans le deuxième volume annuel de la revue œcuménique Esprit peu après que le personnaliste Emmanuel Mounier l'aura fondée et à laquelle collaborera son agrégatif et ami Étienne Borne.

En juin, il va jusqu'à Saint Märgen rendre visite à Edmund Husserl[30], à la conférence duquel il avait été invité le par la Société française de philosophie. Désormais retraité, le professeur, juif converti au luthéranisme, se plaint d'être tenu à l'écart depuis que son élève et successeur à la chaire de philosophie attire les jeunes Allemands avides d'une identité nouvelle par ses discours sur une philosophie originelle présocratique.

Du 10 au , il est au château de Rothenfels pour participer à une semaine d'exercices spirituels avec les membres du Cercle de travail de la Source vive (de). Du 17 au 22, il retrouve à l'abbaye de Nonnberg, à Salzbourg, le père Przywara pour participer avec Jacques Maritain et deux cents jeunes gens à une retraite de silence animée par le père Romano Guardini. Les prédications de celui-ci, entre deux exercices de méditation, lui font grande impression. Du 24 au 30 août, il participe à un séminaire organisé au cloître Urspring (de) par la fraternité de Berneuchen (de) et animé par Wilhelm Stählin (de), pasteur des jeunesses de l'Oiseau randonneur et directeur de la Ligue des associations de jeunesses allemandes (de). Il s'y trouve moins sensible à une spiritualité intellectuellement assez pauvre qu'à un sentiment d'harmonie de l'homme avec la nature.

De retour en France à l'automne, il accomplit son second mois de manœuvres militaires au sein de la réserve[31].

Caïman thésard (1932-1936)[modifier | modifier le code]

À la rentrée 1932, Jean Cavaillès renouvelle pour trois ans son contrat de « caïman ». Parmi ses nouveaux agrégatifs se trouvent entre autres Jean Gosset, qui sera son adjoint dans la Résistance, et Georges Gusdorf. Entre enseignement en France et voyages en Allemagne, il travaille sur la théorie des ensembles en vue de sa thèse de doctorat sur la philosophie des mathématiques et rencontre nombre de logiciens et de mathématiciens allemands.

Il étudie à Tübingen les archives du mathématicien Paul du Bois-Reymond. Abraham Fraenkel l’oriente vers la correspondance entre Richard Dedekind et Georg Cantor conservée à l'université de Göttingen. Il s'y rend pour l'étudier. La démarche a été désavouée par la fille et héritière de Georg Cantor mais il est chaleureusement accueilli par l'algébriste Helmut Hasse. Les manuscrits sont des brouillons difficiles à déchiffrer, impossibles pour qui ne maîtrise pas le sujet. Le logicien Gerhard Gentzen lui prête une assistance théorique précieuse. Le travail d'édition est mené avec Emmy Noether, qui tient au sein de l'université une position très singulière. Il est achevé en mars 1933 quand en avril, Emmy Noether, « parce que » ses grands parents étaient juifs, est exclue de de son poste d'assistante par la loi de restauration de la fonction publique. Elle trouve refuge aux États Unis grâce à la fondation Rockefeller. La publication de la correspondance Dedekind Cantor ne sera faite, à Paris et sans traduction, que presque trois ans après la disparition brutale d'Emmy Noether.

Ces déplacements à travers l'Allemagne font ainsi observer à Jean Cavaillès intimement les progrès du nationalsocialisme. En 1934, Hitler ayant pris le pouvoir, il lit Mein Kampf et y trouve une escroquerie intellectuelle annonciatrice d'échecs pour l'Allemagne[32]. Son ami Georges Friedmann, quand il est de passage à Paris, ne manque pas de lui rendre visite, occasion de débats politiques, dont les mathématiques pures ne sauraient le détourner[33]. C'est l'époque où, en Union soviétique, la collectivisation planifiée par le GOSPLAN prend, sous l'impulsion de Staline, le pas sur la libéralisation inflationniste portée par la NEP.

Dominique Parodi, proche de Léon Brunschvicg et nouveau directeur de la Revue de métaphysique et de morale, laquelle est devenue un laboratoire du spinozisme[34], propose, pour le seconder voire lui succéder, son nom, à côté de ceux de Raymond Aron et d'Albert Lautmann, à Élie Halévy[35], projet que la mort soudaine et prématurée de celui ci interrompra. Sous l'influence de Léon Brunschvicg, dont toutefois il critique désormais l'idéalisme[36], la relecture de l'Éthique et de son mos geometricum conduit Jean Cavaillès d'une philosophie à la rigueur mathématique sur la voie d'une mathématique à la profondeur philosophique. Plus qu'une rupture, c'est un dépassement des arrière-mondes de la philosophie, des fondements métaphysiques des mathématiques dont continuent de s'encombrer la philosophie des mathématiques et des fondements religieux de la morale. À partir de 1935, il ne se départira plus de l'athéisme spinozien.

En septembre 1935, il assiste au congrès parisien de la Société Ernst Mach. En octobre, il retourne pour trois mois à Göttingen étudier une documentation utile à sa thèse. Il revoit Gerhard Gentzen, futur nazi qui reprend son exposé trop simpliste de la preuve sans coupure et tente de le convaincre du bien fondé de l'induction transfinie. Il se déplace jusqu'à Altona, épicentre d'une éducation libertaire, pour rencontrer les opposants au régime hitlérien[37]. Le gendre du professeur de lycée protestant qui l'avait hébergé en 1932 ne lui cache rien des camps de Dachau et d'Oranienbourg auquel il a échappé et où de nombreux camarades sont internés. Les effets des lois de Nuremberg sont plus difficiles à appréhender.

À son retour, il relie les textes dactylographiés de Bourbaki, actif depuis un peu plus d'un an[38], que lui soumettent les jeunes mathématiciens français adeptes du même « cercle de Göttingen », André Weil, Charles Ehresmann, Henri Cartan...[39] Avec Claude Chevalley, chargé du chapitre inaugural[40] des futurs Éléments, il discute de l'article posthume[41] de Jacques Herbrand[42], son cadet de cinq ans.

Professeur de lycée (1936-1938)[modifier | modifier le code]

À partir de la rentrée 1936, pour deux ans, Jean Cavaillès enseigne en classe de philosophie au lycée de garçons d’Amiens, alors 12 rue Frédéric Peti[43], tout en achevant la rédaction de son doctorat. Pour compléter son cota d'heures[44], il donne des cours de littérature à la classe de troisième B, dans laquelle se trouve une de ses futures recrues en résistance, Pierre-Yves Canu[45]. Il est le seul enseignant à ne pas faire cours ex cathedra et se montre un pédagogue exceptionnel[44]. Durant les trajets[43] bihebdomadaires en micheline depuis et vers la Gare du Nord, il expose à Lucie Bernard, future Aubrac, agrégative communiste qui donne des cours d'histoire au lycée de jeunes filles et profite de ces moments pour militer auprès de plusieurs de ses collègues, son expérience de la montée du totalitarisme en Allemagne mais il ne montre guère de sympathie pour la légèreté de cette jeunesse pacifiste[46]. Il est déjà critique envers la Troisième république et sa fausse laïcité[36].

La rédaction de sa thèse de doctorat, sous la direction de Léon Brunschvicg, est difficile et l'oblige à des remaniements importants qui le laissent insatisfait au point qu'il voit son achèvement, contraint par les échéances, comme un renoncement, « un échec »[47]. « Je me suiciderai après ma thèse »[47], plaisante-t il. C'est moins par plaisir que pour éviter le déplaisir de la chose inachevée[48] qu'il termine son pensum. Sa véritable thèse[49], son « testament philosophique », il s'y attellera, avec bonheur, pendant la guerre, quand il n'en aura plus le temps.

En février 1937[50], il dépose au secrétariat de la Sorbonne sa thèse principale, Méthode axiomatique et formalisme[51]. La thèse complémentaire, Remarques sur la formation de la théorie abstraite des ensembles[52] est prête début juillet[50]. Enrique Ramón Freymann accepte d'éditer les deux au terme de difficiles négociations. L'auteur se rend alors à Rotterdam auprès de Bertus Brouwer et l'élève de celui ci, Arend Heyting, pour revoir encore certains points de sa thèse principale[50] tel que l'usage du tiers exclu en mathématiques et son rejet en logique intuitionniste. Le a lieu devant un parterre de camarades la soutenance, au cours de laquelle l'impétrant est comblé d'éloges par Élie Cartan mais se montre arrogant dans sa brève réponse à la critique pleine de bonhommie formulée par le professeur Arnaud Denjoy[53]. Ses réponses deviennent même violentes quand le jury, attaché à la psychologie de l'intuition, révèle son incompréhension de Brouwer, Hilbert et Gödel[54], voire son incompétence. La discussion finit sous le regard amusé de Léon Brunschvicg entre les seuls membres du jury en désaccord les uns avec les autres[54].

Ces synthèses critiques inscrivent Jean Cavaillès dans la voie des logiciens français initiée par Louis Couturat et brillamment illustrée six ans plus tôt par le regretté Jacques Herbrand mais une voie déjà libérée de tout apriori métaphysique, qu'il soit kantien, platonicien, idéaliste, empiriste. Elles inscrivent la France sur la carte mondiale de la philosophie des mathématiques en discutant en détail et en profondeur la genèse de la théorie des ensembles et la crise des paradoxes qui en était issue, ainsi que l'évolution des trois grandes écoles ambitionnant de la résoudre, l'intuitionisme, le logicisme et le formalisme. Ce faisant, elles réussissent à ouvrir les épistémologues français aux grandes contributions des mathématiciens et logiciens de l'école allemande de Göttingen et Hambourg, le formalisme hilbertien et la théorie de la démonstration. Elles préfigurent en cela leur dépassement, ou tentative de dépassement, que seront dans l'après guerre les travaux fondateurs du groupe Bourbaki actif depuis le milieu des années trente, Claude Chevalley, Charles Ehresmann, Henri Cartan, Jean Dieudonné… et leur projet de reconstruction des mathématiques proprement dites.

Dans la sphère bourbakienne (1938-1939)[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès, assistant universitaire depuis le [50], tout comme Daniel Lagache[55], est nommé en juin 1938 maître de conférences. Il l'est en même temps que Jean Grenier, Raymond Aron, Albert Lautman, Alexandre Koyré...[56] Il est affecté à l'université de Strasbourg, où il est chargé, en remplacement de Maurice Pradines, du cours de philosophie générale, un des quatre enseignements que supervise depuis 1919 le titulaire de la chaire de philosophie, Émile Baudin[57], mais c'est pour y introduire un enseignement de logique. Il emménage dans le rez de chaussée d'une villa, aujourd'hui démolie, sise 23 rue Gounod. Il fréquente le milieu bourbakiste de l'Institut de mathématique et noue ou renoue des amitiés avec Charles Ehresmann, André Weil et Henri Cartan. Ce dernier l'initie à la théorie structurale des nombres[58]. Tout en reconnaissant le rôle inventif de l'intuition[59], il les engage sur la voie du formalisme de la logique mathématique qui se lira dans les Éléments de mathématique et l'effort d’explicitation de l'axiomatisation de Zermelo-Fraenkel qu'ils sont[60].

Avec la collaboration de ses amis Albert Lautman et Raymond Aron, il fonde chez Hermann, éditeur de ses thèses, une collection consacrée à la philosophie. Quatre volumes de ses Essais philosophiques paraîtront, dont le premier écrit philosophique de Jean-Paul Sartre et deux à titre posthume[61]. Les divergences philosophiques entre amis demeurent cependant, au point que son père lui reproche de ne pas comprendre le point de vue de l'autre[62]. C'est qu'il a rompu avec les écoles métaphysiques auxquels les uns et les autres continuent de se référer, tel le réalisme des Idées révisé par Albert Lautman[63] à l'aune de la théorie du champ.

Le bois de la Robertsau, où le matin avant les cours la future Lucie Aubrac accompagne à cheval Jean Cavaillès[64]. Une même analyse politique du moment noue alors une amitié solide entre le maître de conférence, l'agrégée d'histoire et[64] le fiancé de celle ci, ingénieur des ponts et chaussées. Ils fonderont ensemble Libération.

En septembre 1938, il part à Amersfoort, aux Pays Bas, assister à une conférence de Ferdinand Gonseth, où il rencontre Alfred Tarski. Les débats sur l'épistémologie, le continu, l'axiome du choix et l'incomplétude sont interrompus quand, à la suite de la crise des Sudètes, il reçoit l'ordre de rentrer à Strasbourg dans le cadre d'une mobilisation partielle[65]. Au premiers jours d'octobre 1938, alors que la foule acclame les Accords de Munich, il est outré par la trahison ourdie par ceux qui les ont signés, le chancelier britannique Neville Chamberlain et le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Daladier Georges Bonnet.

Président de la session de rattrapage du baccalauréat, en octobre, il retrouve parmi les examinateurs de l'oral Lucie Bernard, nouvelle agrégée nommée au lycée de jeunes filles[66]. Il lui fait part de l'inquiétude que nourrit le silence de ses correspondants[66] badois, terrorisés sinon déportés. Le midi entre professeurs ou au café, il la sèvre de son pacifisme et c'est ensemble qu'ils observent les marques de la montée de l'autonomisme[66] du Parti alsacien ouvrier et paysan et de l'antisémitisme[67]. Quand le la Bohème est annexée par le Troisième Reich, il espère encore que la France tiendra ses engagements d’assistance militaire pris envers la Tchécoslovaquie.

Guerre[modifier | modifier le code]

Actions sur la ligne Maginot (1939 - début 1940)[modifier | modifier le code]

Le , le lieutenant[31] de réserve Jean Cavaillès est mobilisé à Bourges au 43e régiment d'infanterie coloniale. C'est un régiment mis en réserve au sein de la 6e division d'infanterie coloniale mais le trentenaire est volontaire pour rejoindre un corps franc de la ligne Maginot. Sa mère, âgée de soixante ans[68], est décédée en mai[67], au cours d'un séjour dans les Pyrénées, à Osse-en-Aspe. Son père, installé chez des parents à Montauban, ne survivra que onze mois à son épouse[68].

Il reçoit le commandement d'une section de « marsouins » affectée à une batterie de la région minière de Forbach, dans le village frontalier de Petite-Rosselle. C'est là que sera également affecté Stéphane Piobetta, un de ses anciens élèves à l’E.N.S. qui sera inhumé à ses côtés dans la chapelle de la Sorbonne. Il s'agit de mener des patrouilles d'observation[69] au-delà du secteur fortifié de la Sarre. Quelque temps plus tard, il est transféré à une vingtaine de kilomètres plus à l'est, à Sarreguemines, qui se trouve en avant de la « ligne aquatique ». La drôle de guerre y connait quelques actions. Avec ses hommes, il en rapporte du matériel pris à l'ennemi[69]. Le sang froid avec lequel il fait face à des attaques répétées[69] lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée une première fois, le , par un Ministère de la guerre soucieux de mettre en avant les moindres faits de guerre et convaincre l'opinion publique de la réalité des combats.

C'est alors que ses compétences de germaniste lui valent d'être nommé officier du chiffre à l'état major du général de Bazelaire de Ruppierre, commandant la 4e division coloniale stationnée en Alsace. Ce sont les « Nègres » honnis par une Wehrmacht raciste qui les accuse d'avoir violé des Allemandes durant l'Occupation de la Ruhr et, leur refusant le statut de prisonniers de guerre, les fera fusiller à la première occasion. Il acquiert les techniques de chiffrement qui seront essentielles à son action de résistant.

Bataille de France (mai et juin 1940)[modifier | modifier le code]

À la mi mai 1940, la Wehrmacht perçant à Sedan, la 4e d.c. fait mouvement vers la ligne Weygand, sur laquelle s'est repliée l'armée française durant la bataille de Dunkerque. Le 23, elle se jette dans la bataille d'Amiens.

Au matin du 10 juin, la division compte plus de morts que de vivants. Jean Cavaillès se trouve à Saint-Rémy-en-l'Eau quand, le , il est capturé. Dans une colonne de prisonniers maltraités où la dysenterie fait des ravages, il rejoint à pieds Péronne, où un soldat allemand ironise sur ceux qui ont « tenu moins longtemps que la Pologne »[70], puis Bapaume, où un paysan picard fustige qu'« à l’autre guerre, nous ne nous étions pas rendus. »[70]. Il est finalement interné dans la citadelle de Cambrai mais les autorités militaires françaises le croient mort. Des soldats survivants l'ont vu monter à l'assaut alors que son détachement était sur le point d'être encerclé. Ces témoignages lui valent une seconde citation, à titre posthume jusqu'à ce que, le 14 juillet, une carte envoyée de Cambrai à sa sœur fasse connaître son sort.

Première évasion (juillet et août 1940)[modifier | modifier le code]

Le , le prisonnier de guerre Cavaillès monte dans un convoi qui le conduit vers un stalag via Tournai puis Gand. Lors d'une étape dans une filature désaffectée d'Anvers dont les fenêtres ont été brisées par les bombardements, un camarade lui fait la courte échelle. De nuit, il saute entre deux rondes dans le jardin du couvent mitoyen. Une religieuse le fait entrer. Elle a constitué un stock de vêtements civils pour les évadés. Déguisé en jardiner, Jean Cavaillés se rend dans un atelier mécanique pour trouver un moyen de locomotion. Le garagiste, tout aussi décidé à aider les évadés, l'adresse à un paysan, lequel procure, contre une montre en or, hébergement et bicyclette.

Parvenu à Lille, désormais en Zone réservée, le professeur évadé se réfugie auprès des collègues de la Faculté. L'exploit lui vaut d'être accusé de désertion par un haut dignitaire de l’université[70] qui, comme beaucoup, ne comprend pas l'« étrange défaite ». Il est pourtant régulièrement démobilisé. Il reprend contact avec sa sœur et son beau frère puis organise son voyage jusqu'à Clermont-Ferrand, où l'université de Strasbourg s'est repliée dans les locaux qui viennent d'être inaugurés 34 avenue Carnot. En novembre, il participe à la rentrée universitaire à son poste de chargé de cours. Parmi ses élèves, Tran Duc Thao.

Résistance intellectuelle[modifier | modifier le code]

La Dernière colonne ou l'idée de résistance (fin 1940 - début 1941)[modifier | modifier le code]

L'entrée de service du 26 rue Blatin à Clermont-Ferrand, où habitait le logeur de Jean Cavaillès.

À Clermont-Ferrand, logé dans une chambre de la rue Blatin[71] où habite Philippe Arbos, un collègue de son oncle géographe[72], Jean Cavaillès retrouve les enseignants évacués de Strasbourg, Lucie Bernard[67] et ses camarades de Bourbaki. Celle là s'est mariée avec Raymond Samuel, prisonnier de guerre évadé et réfugié à Lyon, sorte de capitale de repli en Zone non occupée. Avec ceux ci, il reprend les discussions sur la possibilité et les conditions éventuelles d'un fondement des mathématiques. Il anime d'intenses séances de recherche qui réunissent Henri Cartan, Jean Dieudonné, Jean Delsarte, Charles Ehresmann, René de Possel[73]. Son effort pédagogique pour faire le point sur la crise des fondements des mathématiques et l'impasse dans laquelle se trouve le projet de construction d'une théorie des ensembles l'amène à concevoir un petit traité en forme de résumé, Transfini et continu, qui sera soumis à publication en septembre 1941.

« Dévoré de la passion d’agir »[74], il est entré contact dès ce début d'automne 1940[75] avec Emmanuel d'Astier de La Vigerie. La rencontre s'est faite fortuitement au restaurant, où Lucie Samuel conversait sans discrétion avec Jean Cavaillès à côté de la table où Georges Zerapha, membre fondateur en 1928 de la LICA, avait invité le journaliste démobilisé[76]. Celui ci vient de fonder à Cannes avec le commandant Édouard Corniglion-Molinier « la Dernière colonne », un groupuscule d'anti vichystes qui, de « l’art du graffitis » et du lacérage d'affiches, est déjà passé à l'impression et la distribution clandestines de tracts[77]. Il a choisi l'Auvergne, montagneuse et centrale, pour organiser son action. Comme nombre de soldats, tels ceux de la D.I. polonaise du général Sikorksi qui ont combattu avec un acharnement inouï en sachant qu'ils n'y aurait pas de prisonniers et ont ordre de rejoindre Londres par leur propres moyens, Cavaillès et lui partagent le point de vue qui analyse l'armistice demandé par Pétain comme une trahison et préconise de continuer une forme de combat.

Avant dernier bâtiment à droite, parti gris avec un balcon ferronné, l'ex Brasserie de Strasbourg, 42 rue de l’Écu, actuelle avenue des États Unis, qui était alors richement décorée.

Depuis le , l'incarcération en vue de leur procès de Léon Blum et de six autres responsables politiques au château de Chazeron, à moins de quarante kilomètres de Clermont, provoquent des manifestations des membres de la SFIO. Un jour de novembre, Jean Cavaillès rencontre à la Brasserie de Strasbourg, près de la place de Jaude, Samuel Spanien, avocat de Léon Blum préparant la défense[71]. Celle ci argumentera[78] la trahison du Maréchal[79], à savoir le refus délibéré[80] de contre attaquer après le lors de la bataille de la Meuse[79] mais aussi la stagnation, du temps du ministère Pétain, des crédits militaires alors que Léon Blum, un an et demi plus tard, les augmenta. Venu avec Lucie Samuel[81], Jean Cavaillès est rejoint par Emmanuel d'Astier de La Vigerie. À la fin de l'entretien, tous les trois se retrouvent dans la chambre du premier à ruminer[71].

C'est là qu'ensemble, ils décident de donner de l'ampleur à l'idée d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie. Avec méthode, Jean Cavaillès fixe trois cibles de recrutement. Les journalistes rebutés par la censure sont encouragés à faire des allusions critiques envers le le régime[82]. Les amis du milieu universitaire sont approchés, par Georges Canguilhem à Clermont, par Ignace Meyerson à Toulouse, par Ernest Kahane à Montpellier[82]. Le troisième vivier démarché, ce sont les persécutés, syndicalistes, communistes, Juifs, francs maçons, opposants politiques proches des « 80 »[83] qui ont refusé de voté la dictature. En deux mois, un réseau d'une petite centaine[13] de sympathisants est constitué.

De la diffusion de tracts et l'inscription de slogans sur les murs des rues[82], la multiplication des contacts fait en février 1941 passer la Dernière colonne à la bataille d'opinion. Le premier coup d'éclat sera de dénoncer la presse collaborationniste. Jean Cavaillès et Emmanuel d'Astier de La Vigerie utilisent les locaux de l'université pour dessiner une affiche accusant nommément les directeurs de Gringoire[83]. Jean Rochon, professionnel de La Montagne approché par Jean Cavaillès quelques semaines plus tôt, se charge d'en imprimer dix mil exemplaires[83]. La diffusion et le collage sont assurés par les bénévoles du réseau à Clermont, Toulouse, Montpellier, Lyon, Grenoble, Marseille, Limoges, Montluçon et Vichy[83]. Plusieurs jeunes gens sont arrêtés. La Vigerie, identifié par la police, est obligé d'entrer en clandestinité.

Libération Sud (printemps 1941)[modifier | modifier le code]

De cet échec naissent deux leçons, que l'aventure ne sera pas un enfantillage[84] et que l'opinion doit être soutenue dans la durée. Un journal servira de bulletin de liaison entre les adhérents mais aussi d'outil de propagande. Le titre est trouvé par Jean Cavaillès, Libération[83]. La réalisation est laborieuse[84] et Jean Cavaillès doit partir à Paris, en Zone nord.

Il a en effet été nommé le chargé de cours de méthodologie et logique des science au Centre d’histoire et de philosophie des sciences de la Sorbonne[85], aujourd'hui à Nanterre. Il y est appelé par Gaston Bachelard, successeur en cette chaire ainsi qu'à l'IHPST d'Abel Rey, qui est décédé prématurément le 13 janvier, pour remplacer René Poirier, titulaire qui n'est pas rentrer des États Unis après la défaite. C'est un poste de suppléant, provisoire donc, et ce n'est pas le seul, la « loi portant statut des Juifs », bien qu'encore sans décret d'application, ayant obligé, par zèle de l'administration, certains enseignants, dont son maître Léon Brunschvicg, titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie moderne depuis 1927, à se réfugier en Zone sud.

En attendant la rentrée universitaire, Jean Cavaillès est sollicité pour participer à la supervision du concours d'entrée à l'ENS. Il se rend à Paris en avril. Jean Texcier, membre de la SFIO, et René Parodi, substitut à la cour d'appel de Versailles et fils de Dominique Parodi, qui le connait comme disciple émérite de Léon Brunschvicg, l'introduisent en tant que représentant de ce qui s'appellera désormais Libération-Sud auprès de personnalités politiques qui, surmontant leur divisions passées, se sont rapprochées à l'occasion de la signature du Manifeste des douze, le 15 novembre de l'année précédente, en réponse à l'interdiction du syndicalisme édictée par le nouveau régime de Vichy. Certains des signataires se réunissent depuis cette date régulièrement au sein d'un Comité d’études économiques et syndicales clandestin[86], futur noyau de la CGSI. Ce sont entre autres les cégétistes Louis Saillant, Charles Laurent et Christian Pineau, le syndicaliste chrétien Gaston Tessier et le socialiste Henri Ribière. Il leur expose son projet d'une armée secrète[87] et fait adopter le principe d'organisation en réseau, clandestin et cloisonné par groupes de cinq agents, les « mains », celles ci ne communiquant entre elles que par un seul des cinq[84]. Quant à cette communication, il est en mesure en tant qu'ex officier du chiffre de mettre en œuvre et enseigner les techniques de cryptologie.

Il revient en Zone sud en juillet, les copies à corriger dans ses bagages[88], pour siéger dans le jury de l'oral de l'ENS Lyon[84]. Il n'a pas pu obtenir à temps de laissez passer. La circonstance lui apprend, dans une certaine jubilation, à franchir clandestinement la ligne de démarcation[84]. Les cheminots, très majoritairement CGT, cachent au milieu des colis d'un wagon postal le résistant qui doit passer[76]. En son absence, si Raymond Aubrac a lui aussi de son côté élaboré un plan plus exaltant pour organiser l'action paramilitaire et si Emmanuel d'Astier de la Vigerie s'est rallié à la proposition de donner le titre de Libération à son mouvement[84], le projet du journal lui-même n'a guère avancé. Nicolas Bourbaki est appelé à la rescousse et Henri Cartan arrête la formule adéquate[89]. Ce n'est qu'en ce mois de juillet 1941 que, grâce au soutien financier du banquier Georges Zerapha, le premier numéro, rédigé par André Lassagne, Jean Cavaillès, signant du pseudonyme François Berteval, et Raymond Aubrac, paraît en Zone libre, à cent mil exemplaires. Dès le troisième numéro, celui de septembre, le journal périclitera, faute de moyens.

Le CEES et Libération Nord (fin 1941)[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès ne s'installe à Paris qu'au mois d'août[75], transférant à Georges Canguilhem les fonctions qu'il exerce à Clermont, tant universitaires que journalistiques[90]. En attendant la rentrée d'octobre[75], où il trouvera parmi ses élèves Suzanne Bachelard, Gilles Gaston Granger, François Courtès et Jean Gosset[91], il s'emploie à créer une édition de Libération pour la Zone nord. Il en est directeur de publication avec le journaliste Jean Texcier, qui travaille depuis décembre de l'année précédente à un projet de journal clandestin. Ce ne sont pas plus de quatre pages ronéotypées que les deux hommes doivent rédiger eux-mêmes. Jean Cavaillès y invalide point par point la propagande vichyste et donne ainsi à son lectorat déjà acquis l'argumentaire pour convaincre l'entourage.

Il a repris contact avec le CEES. En novembre 1941, le Comité crée le mouvement Libération-Nord, jumeau de Libération-Sud qui, de son côté, ne survit que grâce à l'adhésion massive du Comité d'action socialiste puis surtout, à partir de décembre, de la CGT réunifiée. Le Manifeste du mouvement Libération-Nord[92] marque une entrée en résistance là où le manifeste des Principes du syndicalisme français de novembre 40 espérait influencer l'orientation de la Révolution nationale.

Un premier comité directeur se tient en décembre. La CGT prête un local du siège de sa maison d'assurance, 211 rue La Fayette, pour servir d'imprimerie clandestine au journal Libération[93]. Au cours des réunions suivantes, l'opposition qu'exprime Jean Cavaillès à l'attentisme, ses interventions favorables à la création d'une armée secrète, l'exemple du groupe déjà formé autour de René Parodi et déjà auteur d'un attentat sur l'Yonne qui a nui à la logistique de l'occupant, ne rencontrent pas le soutien d'une majorité préoccupée par le planisme et la définition d'un projet politique de long terme. La réticence des socialistes à mener des actions « terroristes » est d'autant plus grande que celles ci sont menées depuis l'attentat du 21 août 1941 par la quasi seule MOI, que le Komintern pilote depuis Bruxelles.

Résistance armée[modifier | modifier le code]

« Je suis spinoziste. Il faut résister [...][94] »

— Principe éthique énoncé par Jean Cavaillès lors de son passage à Londres en avril 1943 et fondé sur le concept d'effort pour persévérer dans l'être.

Réseau Cohors (printemps 1942)[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès a l'occasion de prendre ses distances avec les politiques de Libération-Nord en avril 1942 quand Christian Pineau, revenu de Londres, lui expose le projet du colonel Passy, approuvé par le Conseil de défense de l'Empire en exil, de créer un réseau de renseignement, Phalanx, et lui confie le soin de le faire pour la Zone occupée[95]. Pourtant le chef du BCRA, Roger Wybot, s'était montré réticent à confier une telle mission à un homme d'une telle notoriété. Phalanx ZO prend le nom de Cohors, nom choisi par Roger Wybot[96], et Libération-Nord, de son côté, se choisit pour président le socialiste Henri Ribière. Les gaullistes, récupérant la part combattante d'un mouvement politique rival, exigent la rupture avec celui ci, même si dans les faits des agents resteront affiliés aux deux organismes[97].

Pour constituer le réseau, le beau frère de Jean Cavaillès, Marcel Ferrières, directeur du Service des ventes de la SEITA pour la région parisienne, réunit Albert Guerville, directeur du secteur sud ouest de la SNCF et futur membre de Résistance-Fer, Henri Malan, administrateur de la SFE qui fournira tous les explosifs, Marcel Notté, inspecteur général des Ponts et Chaussées, le maître de conférence Yves Rocard, chercheur au laboratoire de Radiotechnique. Sont également recrutés Élie Jal et Georges Veaux, deux polytechniciens de la SNCF, Marcel Lob et Jean-Philippe Bertrand, médecins, Pierre Thiébaut, membre du service du chiffre du Ministère de la Guerre, Marie-Rose Zerling, professeur au lycée de Valenciennes. Dès le mois suivant, Jean Cavaillès, désormais Marty et parfois Chennevière, s'adjoint un secrétaire général, Jean Ogliastro, alias Servien, membre de Libération-Nord qu'il a appris à connaître en mars[98]. Il le charge de la coordination des différents services, courrier, chiffre, faux papiers, cartographie, liaisons internes, liaisons externes, radio, mais aussi de la comptabilité et de la conversion des bons parachutés par la France libre et des différentes monnaies collectées[96]. L'atelier clandestin où est imprimé le journal Libération est transféré des locaux de la CGT, 211 rue La Fayette, au 113 avenue Félix Faure[99].

En juillet[100], de son impressionnant regard bleu[101], Jean Cavaillès débauche, pour en faire sa secrétaire, une enseignante de trente deux ans qui recueille des renseignements pour l'OCM, Arlette Le Jeune[102], alias Claire, laquelle passera aux yeux de certains membres du réseau pour sa compagne[103]. Son rôle sera de l'aider à faire rédiger les rapports, les synthétiser en une forme exploitable et les transmettre à Londres au BCRA par avion ou par radio[100]. Ce sont les comptes rendus chiffrés des sabotages et des bombardements, des relevés d'actes de collaboration, des cartes, des propositions d'objectifs telle que des usines[100].

Pour les opérations de terrain, Jean Cavaillès dispose d'une organisatrice remarquable, Suzanne Tony Robert, qui lui a été indiquée et à la rencontre de laquelle il est allé dès septembre 1941. Depuis son château de Forcilles, elle emploie son entregent et son zèle à devancer tous les objectifs pour la région de la Brie, recueil de renseignements sur les entreprises, surveillance des ports fluviaux, observation de l'aérodrome de Villaroche, puis plans de la station radiophonique de Sainte-Assise réquisitionnée par la Kriegsmarine, du central téléphonique de Gretz-Armainvilliers utilisé par la Luftwaffe, interception des codes sous-mariniers, transmission des relevés de la gendarmerie[104]. Les secrétaires de mairies fournissent les documents pour imprimer des faux papiers, cartes d'identité, cartes de travail et coupons de rationnement[105]. À partir de février 1943, des emplois seront fournis aux jeunes gens fuyant le STO[105]. Deux champs de parachutage seront ouverts[105] par Henri Block, alias José. Trois châteaux, Coubert, Ivry les Châteaux, Les Agneaux, serviront de dépôts de munitions[105].

Sous l'impulsion de Jean Cavaillès, le même schéma de développement progressif et autonome se met en place dans de nombreuses régions[75], par exemple avec Édouard Carvallo depuis son château de Villandry, jusqu'en BelgiqueJean Lameere[106], collègue de la Faculté de philosophie de l'Université libre de Bruxelles, prend la direction d'un Groupe général de sabotage. Des fonctionnaires, tel François Beaudoin à la préfecture de Tours, font du renseignement militaire pour Cohors. Les jeunes volontaires pour assurer les liaisons entre la province et Paris, qui ne manquent pas en dépit du grand nombre d'arrestations, sont coordonnés par Jean de Saint-Michel-Dunezat.

À côté de cette activité d'espionnage et de logistique, Jean Cavaillès recrute des cadres chargés à leur tour de former des groupes de sabotage[105], déraillements et attentats contre des cibles militaires. Cette armée secrète réussit à s'implanter principalement dans trois régions, la Brie, l'Eure et le Nantais[107]. Elle bénéficie de l'expérience d'un conseiller militaire qui a combattu dans l'aviation durant la Première Guerre mondiale et qui a été introduit par Christian Pineau, le colonel Georges Zarapoff[108].

La couverture de professeur en Sorbonne, où Jean Cavaillès a pour élèves, entre autres, Jean-William Lapierre[109] et Jules Vuillemin, se révèle finalement judicieuse. Une troisième activité est développée, celle des filières d'évasion vers l'Espagne franquiste de résistants et de persécutés. Jean Cavaillès reste budgétairement subordonné à Christian Pineau, ce qui oblige à des voyages supplémentaires à travers la ligne de démarcation et nuit à l'efficacité de l'action. Un voyage à Londres est organisé par les deux hommes pour permettre à leur hiérarchie de mieux adapter l'organisation à la réalité du terrain[110] et obtenir des opérateurs radios qui ne les obligent pas à solliciter ceux des autres réseaux[106]. Leur arrestation fera que cette mission primordiale, ne serait ce que le recensement des forces disponibles, sera retardée de quatre mois. Elle ne commencera que le et c'est Pierre Brossolette qui la mènera, l'opération Brumaire.

Dans les prisons françaises (fin 1942)[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du , Jean Cavaillès et Christian Pineau attendent sur une piste improvisée, située deux kilomètres au nord ouest d'Arbigny, en Bresse, le Lysander Mark III SCW V9597 de la mission spéciale (en) 161 qui doit les emmener à Tangmere[111], au sud de Londres. C'est l'opération du SIS « Boreas II »[111]. L'avion atterrit à 1h45, dans un fossé, et ne peut redécoller[111]. Il est brûlé une heure plus tard[111] avec des kilos de documents[100] élaborés au prix de tant de risques. Les deux hommes et leur pilote, le chef d'escadron Guy Lockhart[111] alias Bruce[112], sont pris en charge par le groupe de Franc-Tireur que dirige Yves Farge.

Le , ils ont rejoint à Narbonne l'opération « Leda », dont, mesures de sécurité habituelles, rien ne leur est révélé, pas même le lieu où elle sera réalisée. Avec Pierre Brossolette, cinq autres résistants et un agent du SIS, ils descendent la nuit venue dans une calanque de Saint-Pierre-la-Mer pour monter dans la chaloupe qui les amènera au Seadog, une inconfortable felouque achetée à un pêcheur espagnol par la Coast Watching Flotilla britannique[113]. Partie de Gibraltar le 26 août pour une série de missions et commandée par le lieutenant de vaisseau Jan Buchowski, la tartane qu'escortent tantôt le navire-leurre Minna (en), tantôt le ravitailleur de sous-marins Maidstone (en)[113], a déjà à son bord cinq autres passagers à exfiltrer, dont un général des Forces armées polonaises du front ouest. Jean Cavaillès, Christian Pineau, surnuméraires, et trois autres passagers attendent sur la berge le troisième et dernier aller et retour de la chaloupe[106], qui fait des signaux mais ne retrouve pas le point d'embarquement. Après deux heures d'attente, le reste de documents qui avait pu être emporté est enfoui sous le sable. Au petit matin, Cavaillès et Pineau marchent dans la campagne vers Narbonne quand des douaniers français, qui ont été alertés depuis la mi juillet par plusieurs opérations de ce type, surgissent et font feu. Ils sont arrêtés.

Prison de Montpellier, où Jean Cavaillès commence de rédiger son « testament philosophique »[49] entre le et la mi novembre.

Ils sont incarcérés dans le commissariat du deuxième arrondissement de Montpellier. Le [114], en application[114] d'un décret[115] liberticide[116] pris avant l'Occupation par le ministre de la République Albert Sarraut[117], ils doivent être transférés dans un camp d'internement, mais le commissaire ne précise pas dans son ordre de transfert de destination, vraisemblablement dans l'attente d'une décision du préfet régional Camille Ernst[114]. Celui ci, soucieux d'une apparence de légalité, saisit une justice militaire qu'il pense acquise et ce n'est qu'une semaine plus tard, le qu'ils sont transférés dans la prison de Montpellier.

La femme de Christian Pineau profite de sa grossesse pour obtenir un droit de visite et faire passer quelques livres prêtés par Albert Lautman, qui habite Toulouse. Grâce à ceux ci, Jean Cavaillès rédige là son « testament philosophique », dont Georges Canguilhem et Charles Ehresmann tireront une publication posthume au titre délibérément austère[49]. Sa sœur a en tant que telle elle aussi un droit de visite. Elle informe Lucie Aubrac de la disposition des lieux, une cellule au rez de chaussée occupée par deux autres prisonniers[76]. Lucie Aubrac, orientée par les avocats, est introduite par Vincent Badie, député déchu de l'Hérault entré dans le réseau communiste Front national, auprès du commandant de la 16e division militaire, Jean de Lattre de Tassigny[112], lequel sera arrêté en novembre. Le général délivre un droit de visite à la jeune femme, qui se fait passer pour la fiancée de Jean Cavaillès. C'est pourquoi, au cours de l'entrevue, les gardiens détournent les yeux, permettant à une lime et une fiole de passer d'une poche à l'autre[76]. La nuit convenue, alors que la pseudo fiancée attend dehors avec vélos et équipe de sécurité, celui ci renonce à utiliser le chloroforme qui risquait de tuer le mouchard partageant sa cellule, un cardiaque[76].

Le tribunal militaire français, par hostilité à l'occupant qui, le , a envahi la Zone sud, acquittent Christian Pineau et Jean Cavaillès[118] mais la loi d'exception[115] décrétée du temps de la République suffit au préfet régional Camille Ernst pour passer outre le jugement rendu et prononcer un internement administratif[118]. À la mi novembre, ils sont emmenés en train vers le camp d'internement de Saint Paul d'Eyjeaux, près de Limoges. Durant le trajet, le premier, sans en avoir prévenu le second, s'évade.

Moins de deux semaines plus tard, dans l'après midi du , Jean Cavaillès donne au foyer du camp une conférence sur « Descartes et sa méthode ». Dans le public, beaucoup s'attendent à des méthodes pour jouer aux cartes mais l'orateur est un vulgarisateur hors pair[119]. Le texte de philosophie mathématique utilisé lors de la conférence serait un message codé[120]. La fin de la conférence n'a en revanche rien de crypté. Elle évoque la traversée accomplie depuis l'embouchure de l'Elbe jusqu'à la Hollande par Descartes en 1621, au cours de laquelle le jeune philosophe, entendant les bateliers, qui ignorent qu'il comprend le flamand, comploter pour le dépouiller, dégaine le premier avec courage et succès et c'est sous un tonnerre d'applaudissements que Jean Cavaillès, citant Alain[121], un de ses maîtres en spinozisme, conclut par un « Il faut toujours savoir tirer l'épée ! »[122]. Six mois plus tard, Stéphane Piobetta, ex thésard de Jean Cavaillès, concluera son dernier cours par le même slogan annonçant son départ pour les Forces françaises libres[123].

Jean Cavaillès souffre des mauvaises conditions d'hygiène et contracte un impétigo[100] favorisé par une caroténodermie, le régime alimentaire étant composé exclusivement de betteraves fourragères[124]. De sa prison, il réussit à transmettre à « Claire » quelques consignes quant à la direction de Cohors sur de petits bouts de papiers[100]. Il confirme son adjoint et ancien élève « Gérard », desservi par sa jeunesse et sa timidité, dans les fonctions de remplaçant[100]. La nouvelle direction provisoire, Jean Gosset, Albert Guerville, pour les questions économiques, le colonel Zarapoff, pour les questions militaires, se réunit le au domicile d'Élisabeth Roserot de Meslin, 119 rue de Vaugirard, qui sert de boîte aux lettres au réseau[125].

Seconde évasion (début 1943)[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès s'évade le dans des conditions restées à bien des égards obscures[126]. La « Zone libre » est désormais sous le commandement militaire allemand, ce qui, combiné à l'impopulaire conscription obligatoire, finira par provoquer le retournement de certains fonctionnaires français, tel le préfet régional Camille Ernst, ampliataire[114] de l'ordre d'internement de Jean Cavaillès, ou le commissaire Jean Rousselot, poète de l'École de Rochefort qui entre alors dans Cohors mais ne réussira pas à convaincre son ami Max Jacob de se sauver. Complaisance de l'administration ou pas, Gabrielle Ferrières et son mari ont pu rendre visite à leur frère et beau frère et préparé l'évasion.

Un prisonnier communiste, qui travaille pour le camp dans un atelier situé à l'extérieur des barbelés, fait passer Jean Cavaillès pour un apprenti. Le manuscrit[49] de celui ci est dissimulé dans la trousse à outils. En s'enfonçant dans les onze centimètres de neige[127] silencieuse, l'évadé rejoint la nationale. Il est trop faible pour faire les vingt kilomètres qui le séparent de Limoges, où son beau frère l'attend chez un ami. Il fait de l'auto-stop. Une voiture s'arrête. Le conducteur reconnait la mine d'un évadé et, effrayé, s'enfuit. Une autre voiture passe. Il saute sur le marche pied d'un camion qui roule à sa vitesse, très lentement. Le camionneur le cache.

L'évasion surprend dès le matin les prisonniers, réjouis, et n'est constatée par les gardes que le lendemain à l'appel de 20h30[127], plus de temps qu'il n'en faut pour trouver le refuge convenu en ville. De là, Jean Cavaillès se rend à Toulouse, où il ne trouve pas l'adresse de son ami Albert Lautman[128]. Reparti pour Lyon[128], il y retrouve Pierre Kaan, camarade de promotion à l'ENS en fuite pour avoir tenter d'arrêter en gare de Montluçon un train du STO avec lequel, ainsi que Georges Canguilhem, il discutait deux ans plus tôt, à Clermont-Ferrand, du sombre avenir du socialisme hérité de la Troisième république et peut être de passer à un autre engagement[129]. Il fait la connaissance du frère cadet, André Kaan, professeur de philosophie au lycée de Saint-Quentin qui travaillera désormais pour Cohors[130]. Le soir des Rois, il sonne chez les Aubrac[76], 21 avenue Esquirol. Il y a là Pascal Copeau, Emmanuel d’Astier, Yvon Morandat, Pierre Hervé, mais pas de galette[76], à cause des pénuries.

Face à la prison de la Santé, le pavillon Le Cœur, 23 bis rue Jean-Dolent, où Jean Cavaillès, évadé du camp de Saint Paul d'Eyjeaux, est caché en janvier 1943.

Homme recherché par la police et la gendarmerie, Jean Cavaillès ne peut plus utiliser la couverture civile de professeur de la Sorbonne même si l'administration de l'État français, plus ou moins noyautée par les « vichysto-résistants », tarde à prononcer sa révocation du corps des cadres de la fonction publique, ce qu'elle ne fera[131] que neuf mois après son arrestation, le . Il est entré dans une clandestinité désormais totale et rejoint Paris. Il y est hébergé par le chirurgien d'orthopédie pédiatrique Pol Le Cœur[132] et sa femme, les parents de son camarade calviniste de Normale Charles qui habitent un pavillon[133], 23 bis rue Jean-Dolent, puis chez Monsieur et Madame Joly, relations de la famille, dans un appartement de l'île Saint-Louis face au chevet de Notre Dame.

Dans la France libre (printemps 1943)[modifier | modifier le code]

L'ouverture du front de l'Afrique du Nord et la défaite allemande à Stalingrad poussent « logiquement »[134] les objectifs de la Résistance vers l'étape suivante, les bombardements des forces d'occupation puis le débarquement des Alliés. Jean Cavaillès embarque pour Londres, où il arrive le . Il est accueilli par son camarade Raymond Aron, qui, piètre soldat, a choisi de rester en Angleterre et, méfiant à l'endroit du gaullisme, tente de le dissuader de sacrifier ses compétences intellectuelles au combat armé[135].

Il est reçu plusieurs fois par le chef de la France libre, le général de Gaulle, auquel il remet la Déchirée, allégorie sculptée par Iché d'une France implorant le secours du ciel. Les discussions ne se passent pas bien[136] mais Jean Cavaillès finit au bout de trois semaines par obtenir l'autonomie budgétaire de Cohors en échange de son engagement de séparer l'activité de renseignement de l'action militaire et de faire exécuter sur ordre par une section spéciale un certain nombre de sabotages[110].

Sollicité par Simone Weil, sœur de son ami André qui, tuberculeuse, sera hospitalisée quelques jours plus tard, pour retourner dans la Résistance sur le territoire français, il refuse son offre de sacrifice, aussi noble que voué à un échec inutile[137]. Dans la nuit du , un Lysander le dépose dans un champ aux alentours de Rouen. Porteur de missions précises[100] et muni d'argent, il reçoit du BCRA le renfort de deux opérateurs radio[100] qu'il était venu demandé[106] et reprend la direction de Cohors, que Jean Gosset avait continuée d'assurer en son absence.

Ex bistrot « Au clocher du Village d’Auteuil », 8 bis rue Verderet, où Jean Cavaillès et Arlette Le Jeune, chaleureusement accueillis par la propriétaire arborant une grande croix de Lorraine[100], fêtaient leurs succès.

Accueilli provisoirement par Madeleine Barthel, avenue Pierre-Ier-de-Serbie, il demande fin avril à « Claire » de l'héberger dans son studio situé sous les toits du 36 rue Chardon-Lagache, au septième étage, qui servait jusqu'alors de bureau central[100]. Celle ci s'installe dans la chambre de bonne et fait pour deux le peu de cuisine que permet le rationnement[100], limité officiellement à mille calories par personne[138]. Le matin, après un bain glacé, il travaille à son traité de logique[49] commencé en prison pendant qu'elle rédige les rapports[100]. L'après-midi, ils vont ensemble de café en café à la rencontre des autres membres du réseau[100].

Cependant, Cohors a été infiltré par un service de contre-espionnage de l'Abwehr, la section III F 3, dite Léopold, du nom de guerre de son chef, un nationaliste flamand. Un jeune agent rémunéré par Cohors, Bernard Filoche[139], dit Michel, responsable du secteur de la Manche[140], a été arrêté une première fois en février 1943 pour du marché noir, activité inévitable pour fournir un réseau clandestin que plusieurs authentiques résistants, plus ou moins inextricablement impliqués, finissent par pratiquer pour leur confort personnel. Libéré contre renseignements et armes, il est rétrogradé début avril par Jean Cavaillès, qui a bien noté ses insuffisances[140] mais ignore qu'il a été arrêté puis relâché. En mai, il est « retourné », pour de l'argent, cinquante mil francs[140]. Il livre noms, adresses et fonctions. Il sera condamné après guerre à vingt ans de prison. Cette trahison, à l'origine de quinze morts par torture, seize exécutions et deux cents soixante huit déportations dont les deux tiers ne revinrent pas, beaucoup décédant après leur retour[141], permet dans un premier temps au SD de mener plusieurs opérations de Funkspiel, ce « jeu de radio » visant à berner le SOE britannique[142].

Course de vitesse contre l'ennemi infiltré (mi 1943)[modifier | modifier le code]

Immeuble du 13 rue Molitor où habitait avec sa femme et sa fille, une élève de « Claire », Philippe Dillemann, imprimeur qui fabriquait des faux papiers pour Cohors et chez qui étaient cachés des documents[100].
Entrée, à Paris, de l'avenue de l'Observatoire, avec, à droite, l'immeuble du 34, dernière cache, du 29 juin au , au sortir de laquelle Jean Cavaillès sera arrêté.

Un perquisition faite début mai au domicile d'Élisabeth Roserot de Meslin[143], 119 rue de Vaugirard, où les agents parisiens de Cohors déposent leur rapports, l'arrestation d'un camarade le , une seconde le , une autre perquisition faite en son absence dans le logement que partage désormais Jean Cavaillès avec Arlette Le Jeune à Auteuil, 36 rue Chardon-Lagache, font craindre d'être suivis mais n'éveillent pas de soupçons de trahison[100]. Les interrogatoires de ceux dont un équipier a été arrêté ne révèlent rien[144]. Indépendamment, le 29 mai la Gestapo arrête à Rouen deux correspondants, Césaire Levillain et Suzanne Savale[145], qui rassemblaient des informations sur les mouvements de troupe, puis leur intermédiaire venu à Paris, Michel Corroy. Le , l'arrestation de Caluire met l'ensemble du projet de résistance à mal.

Le vers vingt et une heure trente, rentrant d'une réunion, Jean Cavaillès et Arlette Le Jeune trouvent tout le quartier de l'église d'Auteuil bouclé par la Gestapo, et il faut se réfugier précipitamment dans un appartement délabré et sale du 34 avenue de l'Observatoire qui a été sous loué pour servir de pied à terre aux agents venus de province[100]. Un opérateur radio du réseau CND qui se trouvait dans leur logement a été arrêté et les documents saisis en grand nombre finiront par révéler à l'Abwehr les clefs du chiffre utilisé par Cohors[97]. Piétinant de rage toute la nuit[100], Jean Cavaillès sait qu'il est face à l'échec qu'il savait inévitable[146] et qu'il est désormais sous la surveillance de traitres[100].

Cependant, il consacre ses moyens au renseignement sur les radiophares de la côte. C'est la mission Ramier, qu'il confie à son ami de Normale Yves Rocard, physicien déjà renommé. Il confie en outre à Jean Gosset la direction d'une section Action immédiate promise au BCRA[97], le GRAC, pour s'attaquer aux installations de la Kriegsmarine en Bretagne, cible prioritaire des Forces britanniquesCohors dispose de cinquante neuf agents[147]. Grâce à une complicité, il pénètre lui-même, déguisé en ouvrier et muni d'un laissez passer, dans la base sous-marine de Lorient[141], d'où la Kriegsmarine mène la sa guerre sous marine. Pendant une journée et une nuit, il note à loisir des informations qui serviront au BCRA[141]. Il participe à certaines des actions de sabotage[148], seul ou au sein de groupuscules convaincus, comme lui, que l'action militaire et paramilitaire offensive est plus importante que la propagande.

Cette conviction partagée ne l'est pas par le comité directeur de Libération-Nord, avec lequel Cohors acte en juillet la rupture attendue par le BCRA depuis plus d'un an. L'unification de la Résistance y est sacrifiée aux questions du futur équilibre des pouvoirs préparant l'après-guerre. Sans doute y a-t-il aussi eu des désaccords quant au commandement de divers groupes et à la stratégie à suivre. Alors que six mois plus tard, en janvier 1943, Libération-Sud accepte la proposition de Jean Moulin de fusionner dans les Mouvements unis de la Résistance, les directeurs de Libération-Nord craignent de voir leur projet socialiste escamoté par le gaullisme. En décembre 1943, Libération-Nord romptera ouvertement avec les MUR et placera ses hommes au sein des Comités départementaux de Libération[86].

L'implication clandestine d'un seul homme dans des fonctions parallèles devient écrasante. La multiplication de ses pseudonymes, correspondant à autant d'usages, en témoigne : Marty, Hervé, Chennevières, Bucéphale, Pégase, Carrière, 95078, Benoît, Crillon, Luc. « Là où est le danger, là aussi doit être le chef. » Il est présent lors des parachutages[140], au cours desquels sont récupérés armes, missions et argent. Celui ci ne permet pas de payer la solde des agents avec régularité[143]. Les ordres venus de Londres sont souvent d'un irréalisme consternant et les délais trop courts obligent à prendre le risque démesuré de faire confiance à des quasi inconnus[140].

Dans le piège de l'Abwehr (fin 1943)[modifier | modifier le code]

Le , « Michel », de connivence avec des agents de l'Abwehr, se rend place Saint-Augustin à la rencontre d'Agnès Goetschel[140], une des principales responsables au sein Cohors, chef des régions Normandie et Belgique en lien direct et très régulier avec Jean Cavaillès. Elle est arrêtée au sortir du rendez vous une station de métro plus loin, Miromesnil[140]. Au cours d'un interrogatoire sans violence, il lui est annoncé, par un officier épuisé et parfaitement francophone, que tout le réseau est en train d'être arrêté[140].

Jean Cavaillès est arrêté à son tour le [107] en pleine rue, boulevard Saint Michel, entre les gares Port-Royal et Luxembourg. L'arrestation se fait dans un déchainement de violence[149]. Les agents de l'Abwehr qui l'arrêtent connaissent son vrai nom. Il est conduit non loin de là dans un l'hôtel restaurant dont la section Leopold a fait son siège, le Cayré[150], 4 boulevard Raspail, où, trois jours plus tôt, Agnès Goetschel était interrogée. Y sont amenés en début de soirée six autres membres de Cohors, dont Pierre Thiébaut, responsable des codes, Gabrielle Ferrières, la sœur de Jean Cavaillès, et le mari de celle ci, Marcel Ferrières, qui centralise les renseignements économiques avant transmission au BCRA. Ces deux derniers ont été arrêtés par un unique gestapiste dans l'appartement du 34 avenue de l'Observatoire, qui sert de bureau central et de cache à Jean Cavaillès depuis le 16 mai, alors qu'ils pensaient y rejoindre celui ci pour partager, en cette belle soirée d'été, victuailles et documents de liaison. Ceux-ci ont pu être brûlés in extremis au cours d'une bagarre[150]. Dans l'hôtel Cayré, la sœur et le beau frère entendent de longues heures durant le supplice infligé dans la pièce qui se trouve au-dessus d'eux[150]. Tous les sept sont incarcérés à Fresnes.

Dans la première quinzaine de septembre, Jean Cavaillès est confronté à Agnès Goetschel[140]. Prostré, il se limite à déclarer « J'ai vu une fois Madame avec Thiébaut et il est exact qu'elle venait de Normandie. »[140]

Il est libéré au plus tard mi octobre[103], procédé habituel pour organiser une filature. Sa sœur, restée au secret, n'en saura jamais rien. Il organise une réunion dans l'appartement d'un membre du réseau, à Montparnasse[103]. La Gestapo intervient alors que tout le monde est descendu au restaurant, en pantoufles, et personne n'est arrêté[103]. L'appartement, où tous les documents ont été simplement glissés sous le tapis, n'est pas même fouillé[103]. Jean Cavaillès trouve refuge 15 rue des Ursulines, chez Maurice Janets[103], membre du Comité de résistance universitaire clandestin[151] et futur secrétaire général du Syndicat national des enseignements de second degré.

Ultime combat[modifier | modifier le code]

Berner ses tortionnaires (décembre 1943)[modifier | modifier le code]

L'entrée aujourd'hui du centre de torture aménagé[152] en 1941 par le capitaine SS Nosek 11 rue des Saussaies.

Jean Cavaillès est arrêté de nouveau au plus tôt à la mi-novembre[103]. Il est extrait douze fois de la prison de Fresnes pour être interrogé dans les annexes de l'hôtel de Beauvau, 11 rue des Saussaies et rue Cambacérès. Entre deux interrogatoires, les prisonniers sont attachés à un anneau dans un cagibi qui avait servi de placard à balais. Il a appris des enquêteurs qu'ils n'ignorent aucun détail de son parcours et savent qu'il est le chef d'un des huit principaux réseaux de résistance[153]. Seules les preuves manquent, et les aveux.

Il ne parle pas, cite à ses tortionnaires l'impératif catégorique de Kant[154] et convoque devant eux la figure d'Egmont de Beethoven, s'accuse des faits reprochés à ceux des suspects qui lui sont présentés[107], tel Yves Grosrichard[153] ou Jean Ogliastro[155], et Cohors survit. Les deux tiers de ses huit cents membres échappent aux arrestations. Les « pianistes » ont été mis « en sommeil » pour quelques mois.

Gabrielle Ferrières est libérée en décembre. Le , son frère, l’air abattu, est vu entouré d'officiers allemands au siège de l'Abwehr, l’hôtel Lutetia.

Le il est transféré par train depuis la prison de Fresnes vers le camp de Royallieu, à Compiègne, avec les autres membres du réseau arrêtés. Ils y arrivent le et se savent en attente d'être déportés. Un papier jeté du train en gare et adressé à Gabrielle Ferrières apprend à celle-ci, ce qui est peut être un pieux mensonge, que son mari et son frère ont « santé et moral excellents ». Jean Cavaillès, matricule 24050, est inscrit sur la liste du convoi du 22 janvier[156] en partance pour Trèves puis Buchenwald.

Procès militaire (début 1944)[modifier | modifier le code]

Le , veille de sa déportation programmée, Jean Cavaillès est retenu pour « complément d'instruction ». L'« affaire Marty » connaît en effet un revirement. Les recoupements ont permis aux enquêteurs de déterminer que l'énigmatique et introuvable « Daniel », auteur dans la Zone nord des sabotages du Groupe d'Action immédiate, alias GRAC, n'est autre que Marty. Celui ci ne reconnait qu'une activité de renseignement économique mais s'il est accusé non pas seulement d'espionnage mais aussi de sabotage, il ressort à la justice militaire. Emmené par une escorte de la Gestapo hors du bureau du commandant du camp, le capitaine d'assaut SS Heinrich Illers (de), il est séparé de ses camarades[155].

Le , sinon un des jours suivants, une voiture emportant le colonel Touny, commandant de l’Organisation civile et militaire extrait de la prison de Fresnes, emmène Jean Cavaillès depuis le camp de Royallieu, « Frontstalag 122 », à la prison d'Amiens, où André Tempez, chef régional de l'OCM arrêté le 12 novembre précédent, est pris à bord à son tour[157]. Remis aux autorités du 65e corps d’armée que commande le général d'artillerie Erich Heinemann, les trois hommes sont conduits jusqu'à Arras et enfermés dans des cellules à l'intérieur de l’Hôtel du Commerce[157] réquisitionné par l'état major, 27 rue Gambetta, actuel 24. Ils sont ensuite, le temps de l'instruction, internés à la caserne Schramm[157].

Exécution[modifier | modifier le code]

Des personnes influentes interviennent en faveur de Cavaillès, Gaston Bachelard, son supérieur hiérarchique à la Sorbonne, mais aussi des vichystes, Jérôme Carcopino, en tant que directeur de l'ENS, Marcel Déat[158], qui l'avait précédé au secrétariat du CDS. Le général Bérard[159], président de la Délégation française auprès de la Commission allemande d’armistice, saisit celle ci en mars 1944. Il lui est répondu que Jean Cavaillès a été jugé le à Arras par un tribunal militaire allemand, condamné à mort et immédiatement exécuté. Les démarches sont abandonnées. Cette date du , correspondant vraisemblement aux premières exécutions, sera retenue comme celle du décès de Jean Cavaillès jusqu'en 2015, quand le recoupement des témoignages et la reconstitution précises des évènements viendra l'infirmer[157].

Entrée dans l'enceinte de la citadelle d'Arras construite par Vauban. À droite et à gauche, une partie des fossés.

Ce n'est que le matin du [157], un mois et demi après l’exécution des membres de l'Affiche rouge et les arrestations de Robert Desnos et de Max Jacob, que Cavaillès comparait devant un tribunal militaire allemand et est fusillé aussitôt après, dans les fossés de la citadelle d'Arras. Il est enterré avec onze autres corps[150] à même les douves. Les bourreaux connaissaient les vrais noms de leurs victimes. L'absence d'inscription a un but de damnatio memoriae prévenant les éventuelles poursuites futures pour crime de guerre sur la base du chapitre II de la Convention de La Haye (en) relatif aux prisonniers de guerre.

Grâce aux contacts de Jean Ogliastro, Jean Gosset réactivera le réseau, sous le nom d'Asturies, et le réorganisera de façon mieux cloisonnée mais aussi plus efficace, avant d'être à son tour, en avril 1944, arrêté[98] et déporté. Daniel Appert puis Albert Guerville prendront sa suite[98].

En octobre 1944, peu après la Libération, les corps des fossés du pentagone d'Arras seront relevés et enterrés dans un carré commun d'un coin du cimetière de la ville, chacun sous une croix de bois, celle de Jean Cavaillès portant l'inscription « Inconnu no 5 ». Le , les restes de cet inconnu no 5 seront reconnus par sa sœur, grâce à une photographie de leurs parents conservée dans un portefeuille qui avait été archivé[150] sur place. Ils seront transférés le avec ceux de onze autres universitaires dans la crypte de la chapelle de la Sorbonne, chacun sous une lourde dalle de marbre rose moucheté. Une première cérémonie solennelle y sera célébrée le 11 novembre. En 1952, le mausolée recevra l'urne funéraire des cinq martyrs du lycée Buffon.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Travail éditorial[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Mémoire de diplôme d'études supérieures en mathématiques présenté en Sorbonne
Thèses de doctorat soutenues en Sorbonne
Cours donné en Sorbonne
  • Causalité, nécessité et probabilité., 1941-1942.
À la demande de Gaston Bachelard, Jean Cavaillès en préparait une édition destinée aux Presses universitaires de France[91].

Préface[modifier | modifier le code]

« Introduction », in A. Lautman, préf. R. Aron, Nouvelles recherches sur la structure dialectique des mathématiques, Coll. Actualités scientifiques et industrielles. Essais philosophiques, n° 1, Hermann & Cie, Paris, 1939, 58 p.

Articles[modifier | modifier le code]

Philosophie morale
  • Compte rendu, in Die II. Davoser Hochschuhlkurse 17. März bis 6. April / Les IIes Cours universitaires de Davos du 17 mars au 6 avril 1929, p. 65-85, Heintz, Neu & Zahn, Davos, 1929.
  • « Éducation morale et laïcité - I », in Foi et Vie, cahier B, n° 2, p. 1-14, Paris, 16 janvier 1928.
  • « Éducation morale et laïcité - II », in Foi et Vie, cahier B, n° 3, p. 17-29, Paris, 1er février 1928.
  • « Œcuménisme et missions », in Cahiers de Foi et Vie, n° 1 "Le Monde non chrétien", p. 45-58, Paris, 1931.
  • « Un mouvement des jeunes en Allemagne », in Annales, t. VII, n° 2, p. 148-174, Université de Paris, Paris, 1932.
  • « Crise du protestantisme allemand », in Esprit, vol. II, p. 306-316, 1933.
Rééd. in Philosophia Scientiae, vol. III, n° 1, p. 37-47, Université de Lorraine, Nancy, 1998.
  • « Le conflit à l’intérieur du protestantisme allemand », in Politique, n° 2, p. 179-183, Bloud & Gay, Paris, 1934.
  • « La crise de l’église protestante allemande », Politique, n° 12, p. 1036-1042, Bloud & Gay, Paris, 1934.
Philosophie des sciences
Posthumes
Conférence et discussion avec A. Lautman lors de la séance de la SFP du 4 février 1939.
Brouillon sur l'axiomatisation, la cohérence et la complétude de la théorie de la preuve de Hilbert, les théorèmes de complétude et d'incomplétude de Gödel.

Essais posthumes[modifier | modifier le code]

Reçu en septembre 1941 à la Revue philosophique alors censurée par le COIACL de Vichy.
Rééd. préf. G. Bachelard, PUF, Paris, 1960, 80 p., rééd. Vrin, Paris, 1976, rééd. 1986, rééd. 1987 (ISBN 2-7116-0117-X).
Rééd. préf. J. Sébéstik (cs), Vrin, Paris, 1997, 158 p. (ISBN 9782711612871).
Traité de logique confié manuscrit à Gabrielle Ferrières à la mi mars 1943, avant le départ pour Londres, comme « testament philosophique », avec une introduction dont l'auteur, faute de temps, restait insatisfait à cette date. Les remaniements rédigés à partir de la mi avril ont été abandonnés sur place lors de la fuite du [100].

Recueils posthumes[modifier | modifier le code]

Approche de son œuvre[modifier | modifier le code]

Trois critiques remarquables[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit foncièrement impossible de même tenter de résumer ici la signification de l'œuvre de Cavaillès si précocement et si brutalement interrompue, il n'est peut-être pas inutile de rappeler trois points concernant la philosophie allemande sur lesquels Cavaillès s'est montré particulièrement lucide.

Jean Cavaillès a été vraisemblablement le premier dans la philosophie d'expression française à discerner, sur le plan même de la technique logique et philosophique, certaines des critiques qu'on pouvait adresser au programme du positivisme logique du Wiener Kreis[160], par exemple l'ambition déclarée de réduire la logique de la science à une syntaxe[161]. Cela ne l'empêchait pas de maîtriser et louer les acquis et mérites de cette école.

Il a été le premier à discerner le conflit qui existe entre l'idéal d'une théorie nomologique, complète, proféré par Husserl[162], et les théorèmes d'incomplétude formulés en 1930 par Kurt Gödel[163].

Dans la même idée, il énonce un dilemme, devenu classique, qui se pose pour cette philosophie husserlienne de la logique, dilemme formulé dans les propres termes de celle-ci : si elle veut donner un fondement transcendantal à la logique objective, celle ci ne pourra valoir de manière absolue mais si elle veut donner un fondement absolu et une validité absolue à cette logique, ce fondement ne pourra être transcendantal[164].

Philosophie du concept et thématisation[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès compare l'autonomie du développement de la pensée scientifique, qui prend ses limites comme ses ressorts dans ses seuls axiomes et à non dans ses objets extérieurs, à « un volume riemannien qui peut être à la fois fermé et sans extérieur à lui »[165], telle cette bouteille de Klein, si bien que l'expérience scientifique n'est pas une confrontation à la nature mais une construction intellectuelle pour observer la nature[166].

Jean Cavaillès repère dans le progrès des mathématiques ce qu'il appelle « thématisation », un acte, un « geste » intellectuel du mathématicien qui consiste non pas à inventer des objets qui valident un certain type de relations, comme le fait tout chercheur dans le cadre de son époque, par exemple Carl Friedrich Gauss inventant le cyclotome pour résoudre certaines équations, mais à prendre pour objet (de) une relation entre objets elle même[167], comme par exemple l'a fait Évariste Galois en inventant le concept de groupe à partir de l'étude des conditions pour résoudre, ou ne pas pouvoir résoudre, certaines équations. Le terme, « Thematisierung », est un néologisme emprunté à Husserl[168], lequel l'emploie d'une façon très générale pour décrire, dans le prolongement de Hegel, la logique de la pensée consciente d'elle même. Le résultat correspond à ce que Jakobson[169] nommera dans un autre contexte « métaphore »[170]. La thématisation préfigure la théorie des catégories[171].

Logique mathématique[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse principale Méthode axiomatique et formalisme[172], rédigée en 1936 et 1937, Jean Cavaillès, reprenant très en détail les résultats publiés en 1931 par Kurt Gödel et celui (en) obtenu en 1936 par Gerhard Gentzen, avec lequel il a longuement discuté depuis leur rencontre à l'automne 1932 des théorèmes de Skolem et de Herbrand[173], explicite qu'en toute logique une démonstration mathématique ne suppose pas, contrairement à ce qu'espérait David Hilbert, que les axiomes dont elle s'origine soient non contradictoires entre eux[174]. Autrement dit une axiomatisation, en arithmétique, n'est vraie, non contradictoire, que dans la limite où elle sert son objet, à savoir les théorèmes démontrés, et toute axiomatique est amenée à être révisée selon les besoins. « [Une] contradiction observée serait inhérente aux principes mêmes qu'on a mis à la base de cette théorie; ceux-ci seraient donc à modifier, sans compromettre si possible les partie de la mathématique auxquelles on tient le plus. »[175]. Exit l'ontologie.

C'est cet écart entre l'indécidable des antécédents et l'usage du tiers exclu qui est fait en mathématiques[176] qui amènera Nicolas Bourbaki a substitué à la notation > la notation ⇒, qui est une conjonction entre une condition et une conséquence, pour désigner une réduction à l'absurde, provisoire donc, et plus généralement à apporter un soin nouveau aux définitions.

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Dans un de ses premiers articles[177], Jean Cavaillès démontre trois théorèmes énoncés par Richard Dedekind. Il est le premier à le faire[12]. Par la suite, il ne persévèrera pas dans cette voie. Ironisant parfois sur les mathématiciens enfermés dans la technique de la démonstration, il préférera celle de la philosophie, telle qu'il la concevait, c'est-à-dire un raisonnement logique mais, dans l'optique de Frege, orienté par ce qui lui donne du sens.

Éthique[modifier | modifier le code]

Jean Cavaillès avait, à l'hiver 1943, alors que, poursuivi par la police française, il était caché chez le docteur Pol Le Cœur, le projet d'écrire une Morale[178]. Quinze ans plus tôt en effet, tandis que, diplômé en mathématiques et agrégé de philosophie, il accomplissait son service militaire, il prenait conscience combien la logique ne suffit pas au gouvernement de l'action humaine. « La géométrie n'a jamais sauvé personne »[179]. Comme Alain[180], il mesure que face à la mauvaise foi[181], il n'y a que l'engagement[182], éventuellement par les armes, pour peu que ce soit sans trahir l'universel[183], fût ce pour une société futile, « pour France Soir »[184]. C'est que « face à une conviction un peu forte, le principe de non-contradiction ne peut rien, et les plus éclatantes évidences sont ternies. »[179]

Ce projet, Jean Cavaillès le réalisera en actes[185], par l'exemple, actes qui ne lui laisserons pas le temps de le rédiger. Il s'inscrit dans un mouvement de rédécouverte d'un Benoit de Spinoza initié par Léon Brunschvicg, celui d'une Éthique émancipée de tout a priori religieux qui trouve ses fondements dans la seule démonstration logique et remplace le mystère par la non contradiction. « Je suis spinoziste, je crois que nous saisissons partout du nécessaire. Nécessaires les enchaînements des mathématiciens, nécessaires même les étapes de la science mathématique, nécessaire aussi cette lutte que nous menons. »[186]

Célébration[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

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Ruban de l'Ordre de la Libération (2).PNG Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille de la Resistance ribbon.svg BEL Kroonorde Officier BAR.svg BEL Médaille de la Résistance 1940–1945 ribbon.png
Décorations françaises
Au moment de l'attribution, les restes de Jean Cavaillès ont déjà été reconnus par sa sœur mais les services de l'état le croient mort en déportation[190].
Décoration attribuée à tout légionnaire mort au combat.
Décorations belges

Élévation[modifier | modifier le code]

Philatélie[modifier | modifier le code]

Personnage de fiction[modifier | modifier le code]

Romans
Le roman, écrit à Londres du vivant de Cavaillès sur la suggestion de Charles de Gaulle[194], évoque à travers un personnage fictif, Luc Jardie, la vie clandestine de tout chef de réseau, en premier lieu André Girard mais aussi bien Jean Moulin, Pierre Brossolette, Jean-Pierre Bloch ou Paul Rivière.
Cinéma
Dans le film tiré fidèlement du roman de Joseph Kessel, le réalisateur, qui a connu sous l'Occupation la clandestinité aux marges de la Résistance, ajoute des détails qui rapprochent le personnage fictif de Luc Jardie de la figure de Cavaillès.
  • Chef de réseau qui rencontre de Gaulle, il meurt au début de l'année 1944.
  • Il cite la philosophie des sciences de Cavaillès.
  • Philippe Gerbier lit, durant sa « planque » (à h 6 dans le film), cinq ouvrages publiés « avant la guerre » par Luc Jardie à la NRF, et dont deux ont déjà été aperçus à h 53 :
Méthode axiomatique et formalisme,
Essai sur le problème du fondement des mathématiques, qui n'est en réalité que le sous-titre du précédent,
Remarques sur la formation de la théorie abstraite des ensembles,
Transfini et continu, qui est en réalité un article posthume et non un livre, et ne fut pas publié à la NRF,
Sur la Logique et la théorie de la science, ouvrage dont en réalité la publication et le titre sont posthumes.
  • Les couvertures des livres indiquent que Luc Jardie est, comme Cavaillès, « Ancien élève de l'École Normale Supérieure, Licencié de mathématiques, Agrégé de philosophie, Docteur ès lettres ».
  • Sur le point d'être fusillé, Gerbier énonce une idée spinozienne sur l'éternité directement inspirée du paradoxe du continu, qu'il voudrait soumettre à son « patron » Jardie : si, « jusqu'à la plus fine limite », on continue de ne pas croire que l'on va mourir, alors on ne meurt jamais. Cette pensée articule la pensée spinoziste de l'éternité et la notion mathématique de convergence à l'infini vers une limite. Jean Cavaillès a dit et redit que son engagement était fondé dans l'éthique spinozienne.
  • Les autres personnages du film évoquent d'autres résistants qui ont été proches de Cavaillès, entre autres Lucie Aubrac, qui comme le personnage joué par Simone Signoret, a organisé à Lyon une évasion très audacieuse, et Jean Gosset, adjoint de Cavaillès dans le réseau Cohors comme le personnage joué par Lino Ventura l'est de Luc Jardie.
Théâtre
  • A. Gatti, La traversée des langages, Editions Verdier, 2012.
La création eut lieu au Théâtre Jean Vilar de Montpellier en 1994.
  • A. Gatti, L’Inconnu no 5 du fossé des fusillés du pentagone d’Arras, 1997.

Consécrations de lieux publics[modifier | modifier le code]

Prix Jean Cavaillès[modifier | modifier le code]

Le est officialisée la création de l'association Les Amis de Jean Cavaillès. Abritée par l'ENS, celle ci a pour but de maintenir la mémoire de l'engagement du philosophe résistant mais aussi de décerner un prix annuel[198].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies
Notices biographiques
Articles de présentation ou de situation de l’œuvre
Monographies sur l’œuvre épistémologique
  • R. Jacumin, Jean Cavaillès: Alla ricerca di una fondazione dell'operare matmematico., Del Bianco Editore, 1967.
  • H. Benis Sinaceur, Jean Cavaillès. Philosophie mathématique., PUF, Paris, 1994, 128 p. (ISBN 2 13 046550 1).
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Sources[modifier | modifier le code]

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