Fred Scamaroni
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière des Sanguinaires (d) |
| Nom de naissance |
Godefroy François Jules Scamaroni |
| Surnom |
Fred Scamaroni |
| Pseudonymes |
François-Edmond Severi, Pot, Grimaldi |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté de droit et des sciences économiques de Paris (d) École libre des sciences politiques |
| Activités | |
| Père |
Jules Scamaroni (d) |
| Fratrie |
| Membre de | |
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| Armes | |
| Grade militaire | |
| Conflit | |
| Lieu de détention | |
| Distinctions |
Godefroy Scamaroni, dit Fred Scamaroni, né à Ajaccio le et mort enprisonné dans la citadelle de cette même ville le , est un haut fonctionnaire français, membre de la France libre dès 1940, héros et martyr de la Résistance.
Arrêté par la police politique italienne (OVRA) à Ajaccio, alors qu'il dirige le réseau Action R2 Corse, il se suicide dans sa cellule de la citadelle d'Ajaccio, après avoir été torturé, pour ne rien révéler.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance
[modifier | modifier le code]Godefroy François Jules Scamaroni, dit Fred, naît à Ajaccio le . Il est le fils d'un préfet, Jules Scamaroni, que la famille suit au fil des nominations, à Ussel, Saint-Brieuc, Brive, Mende (1929-1931) et Charleville-Mézières (1931-1933)[1].
Formation
[modifier | modifier le code]Licencié de la faculté de droit de Paris en 1934, Fred Scamaroni devance son l’appel, devenant élève officier de réserve à Saint-Maixent, et sert dans l’infanterie comme sous-lieutenant.
Carrière dans l'administration
[modifier | modifier le code]De retour à Paris, il passe le concours et devient chef de cabinet du préfet du Doubs en 1936, qu’il suit à Caen, quand il est nommé dans le Calvados de 1937 à 1939.
À la mort de son père à Orléans, le , où il était préfet du Loiret, le préfet du Doubs le met à son insu en « affectation spéciale », comme chef de famille. Toutefois, quand Scamaroni découvre le courrier, il le déchire[1].
Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]La Bataille de France
[modifier | modifier le code]Bien que pouvant être dispensé d'enrôlement, il tient quand même à prendre part au combat lors de la déclaration de guerre. Pendant la drôle de guerre, il va rejoindre le 119e régiment d'infanterie de Cherbourg, élément de la 6e division d'infanterie, intégré en janvier- au dispositif de défense de la ligne Maginot dans le secteur du Boulay (Moselle), avant d'être envoyé dans le Nord.
Par refus de l'inaction, il rejoint un régiment d'aviation. Affecté à Tours, il passe le brevet d'observateur[1]. Lieutenant de réserve dans l'Armée de l'air, il est grièvement blessé dans un combat aérien le , ce qui lui vaut d'être décoré de la croix de guerre et un deuxième galon. À peine rétabli, il rejoint sa base aérienne repliée à Carpiquet dans le calvados, puis en Auvergne et à Pau[2],[1].
Action au sein de la France libre
[modifier | modifier le code]Départ pour l'Angleterre
[modifier | modifier le code]Au courant de l'appel du 18 juin, lancé par le général de Gaulle, il part pour Saint-Jean-de-Luz, en possession d'un faux ordre de mission, et parvient à s'embarquer à bord du Sobieski le à destination de l'Angleterre, comme 110 autres aviateurs. Là, ils sont affectés à bord d'un bateau de guerre polonais, qui rapatrie des unités polonaises en Angleterre. En pleine mer, il va se rend compte, qu'il est considéré comme un déserteur[2]. Débarqué à Plymouth[1], il est l'un des premiers Français libres. Mais ne parle pas un mot d'anglais.
Engagé dans les Forces françaises libres, il est ensuite affecté à la base de Saint-Atham, où il apprend à piloter un avion, avant d'avoir une nouvelle promotion et être nommé à l'état-major personnel du général de Gaulle[1].
Le raid gaulliste sur Dakar
[modifier | modifier le code]Volontaire pour le raid anglo-gaulliste sur Dakar, qui a pour but de rallier l'immense Afrique-Occidentale française à la cause alliée, Scamaroni décolle en Luciole de l'Ark-Royal et rejoint la base aérienne de Ouakam. Il est porteur d'une lettre du général de Gaulle qu'il remet au gouverneur général Pierre Boisson. Arrêté par les vichystes avec ses camarades dont: Jacques Soufflet, Jules Joire, Henri Gaillet, Adonis Moulènes, Gabriel Pécunia, Marcel Sallerin, il est emprisonné dans de dures conditions.
Lors de son transfert vers Bamako, il parvient à s'évader avec Maurice Kaouza mais ils seront repris. Rapatrié en métropole, il est interné successivement de la prison Barberousse à Alger, puis celle de Clermont-Ferrand, le . Là, malade on doit l'hospitaliser plusieurs semaines.
Gracié avec les autres aviateurs capturés à Ouakama, il est libéré en . Mais, radié de la préfectorale, mais il doit accepter un modeste emploi dans un ministère pour survivre[2],[1].
Le réseau Copernic à Vichy (1941-1942)
[modifier | modifier le code]Il trouve un emploi de garçon de courses au secrétariat d'État au ravitaillement à Vichy. Voyageant beaucoup, il prend des contacts, rencontre des hommes, notamment en Corse. Un réseau secret de résistants se créé à Vichy avec quelques amis, le réseau Copernic. Très vite, la Gestapo le repère et le condamne à mort en le recherchant. Sur ordre de Londres, il regagne clandestinement l'Angleterre en [2].
À Londres, il est de nouveau affecté à l'état-major du général de Gaulle. Membre des Forces françaises combattantes (F.F.C.) et du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), il assurera plusieurs missions de confiance pour la France libre.
Retour en Corse (1943) : le réseau Action R2 Corse
[modifier | modifier le code]Scamaroni prend en charge l'élaboration d'un projet d'insurrection dans sa Corse natale, occupée par des troupes de l'Italie fasciste depuis . Il est débarqué sur l'île sous une fausse identité pour prendre contact avec des résistants locaux, unifier les organisations existantes, repérer les terrains de parachutages et plages de débarquements, pour préparer un futur débarquement dans l'île. Sa nouvelle identité est « François-Edmond Severi »[3].
Le , le sous-marin HMS Tribune, parti de Gibraltar, le dépose sur une plage de la côte Corse, accompagné de son radio, avec des caisses d'armes, d'explosifs et plusieurs postes émetteurs. Le matériel est caché ans un appartement au n° 42, cours Napoléon, à Ajaccio, chez "Paul Pardi et sa famille". Tous les jours, le radio et un résistant sortent pour changer l'émetteur de place, afin de ne pas se faire repérer[4].
Arrestation et mort
[modifier | modifier le code]La redoutable police politique fasciste italienne, l’OVRA traque son réseau qu’il a monté.
Sa sœur Marie-Claire Scamaroni racontera dans une interview en 2008, que son frère a été trahi contre de l’argent : « "Il se trouvait dans le Nord de l’île quand il a su qu’un colonel italien des Chemises noires, était prêt à vendre le plan de défense italien de la Corse et de la Sardaigne. Voulant négocier, mon frère a vite compris que cette histoire était invraisemblable. Il s’est rendu à Ajaccio pour s’informer. C'est là que les Italiens l’ont arrêté"[2]. »
Jean-Louis Panicacci précise que l'OVRA a repéré et arrêté son radio Jean-Baptiste Hellier le . Selon une première interprétation, celui-ci, après 30 heures de tortures effroyables, aurait livré l'adresse où se trouvait son chef. Scamaroni sera arrêté à Ajaccio dans la nuit du 18 au [5]. Il se trouve chez Joseph Vignocchi. Les carabiniers arrivent vers une heure du matin avec le radio Hellier : « C’est lui le chef... », aurait dit Hellier. Les Italiens capturent Vignocchi, puis Severi (Scamaroni), et les enferment dans une cellule de la citadelle d'Ajaccio, mais dans des cellules différentes[6].

Le rapport italien, communiqué après la Libération, raconte le sort qui sera subi par Scamaroni. Interrogé, il dit s’appeler Edmond Severi, être officier français de la Coloniale, né à Alger en 1908[6]. À un garde Italien qui l’interroge et lui promet la vie sauve s’il parle, il rétorque : « Vous ne savez pas ce que c’est que l’honneur[6]. » Il sera horriblement torturé. On lui arrache les ongles et on lui met des morceaux de fer rouge[5]. Dans la cellule voisine, il y a un autre détenu du réseau. À travers le mur, Scamaroni lui dit : « Tu diras à ma mère, à mes sœurs, que ce n'est pas très dur de mourir et que je meurs content[6]. » Il a en effet décidé de se suicider pour garder ses secrets.
« Mais les archives de guerre ont rendu public le rapport d’enquête des services de renseignements sur la mort du résistant et elles nous indiquent que Fred Scamaroni ne s’est pas tranché la gorge, mais s’est pendu avec un tricot qu'il portait, et la confusion avec [le fil de fer] vient du fait que sur son corps, les agents italiens ont découvert un papier accroché avec un petit fil de fer, dessus, Fred Scamaroni avait écrit avec son sang car il n’avait pas d’encre : "Vive la France, vive de Gaulle." C’est à la suite du premier interrogatoire qu’il se donnera la mort, et c’est un soldat italien qui le trouvera, en venant le chercher pour une seconde séance de torture. Fred Scamaroni avait décidé de se donner la mort s’il se faisait prendre, sa logeuse, la résistante Mme Vignocchi, confirmera qu’il avait en sa possession une capsule de cyanure, pourquoi ne s’en est il pas servi ?....[réf. nécessaire] »
Les Italiens ignorent sa véritable identité. L'évêque d'Ajaccio refusera des obsèques religieuses à « l'inconnu qui s’était suicidé ». Son corps, roulé dans une couverture militaire, sera jeté dans la fosse commune par quatre carabiniers en présence d'un aumônier italien[7],[2].
En , après la libération de la Corse en septembre-, sa dépouille exhumée sera exposée à la demande du nouveau maire "Eugène Macchini" dans la cathédrale d'Ajaccio. Ce dernier accueillera ensuite son cercueil dans sa propre chapelle familiale du cimetière de la ville natale de Fred Scamaroni[8].
Fin du réseau Action R2 Corse
[modifier | modifier le code]Avertis de l’arrestation de Fred Scamaroni, les habitants du 42, cours Napoléon, dont Paul Pardi, vident l’appartement de son contenu, des armes et du matériel radio. Angèle, la mère de Paul Pardi, est arrêtée et torturée. Elle ne parlera pas. Pour son courage, elle se verra attribuer la croix de guerre avec étoile de bronze à la libération[4].
Dix-huit membres du réseau seront tout de même arrêtés avec Scamaroni[9].
Le , le tribunal militaire du VIIe corps d'armée italien de Bastia juge les membres du réseau arrêtés par l'OVRA. Le radio Jean Hellier est fusillé le à 5 h 30 à Bastia. Reconnu « Mort pour la France », il est inscrit sur le livre d'or de la résistance de Sartène.
Paul Pardi, Archange Raimondi et Auguste Vieau seront condamnés à mort par contumace. Joseph Vignocchi, Bernard Ceccaldi[10], Marius Bost, Antoine Cantoni et André Bert - ce dernier par contumace - sont condamnés à 30 ans de réclusion. François Robert, Antoine Serafini, Santa Paravisini, Jean Federici, Jean-François Giovanelli, Joseph Chiappe et Fernand Poli sont condamnés à 24 ans de réclusion[11].
Paul Pardi rejoint Londres et devient agent du Special Operations Executive (SOE).
La sœur de Fred, Marie-Claire Scamaroni, entre dans la Résistance à l'époque de l'arrestation de son frère, aux côtés de François Boquet, l'adjoint de Jean Cavaillès[12].
Remise en cause de la thèse de la trahison
[modifier | modifier le code]La thèse selon laquelle le radio de Scamaroni, Jean Hellier, aurait parlé est mise à mal bien plus tard. Louis Luciani, professeur d'histoire au collège de Luri, fera des découvertes importantes dans des documents d'époque. Et ses conclusions infirment la thèse officielle.
« J'étais à Rome en voyage linguistique avec mes élèves. Le dernier jour, nous nous sommes rendus aux archives municipales. Sur place je fais fortuitement la connaissance de l'avocat Dominique Mannironi. Il a travaillé indirectement sur le dossier Scamaroni. Il enquête sur l'arrestation, début 1943, de son père, résistant antifasciste de la première heure. Deux espions venant d'Alger, un certain Salvatore Serra et un agent anglais John Armstrong, se font cueillir par les carabiniers italiens lorsqu'ils débarquent en Sardaigne. Dans leurs papiers figure le nom du père de ce Mannironi qui sera arrêté dans la foulée. »
- Hellier trahi par un eczéma sur l'oreille ?
Or, Louis Luciani sait par le biais de son ami Sylvain Gregori, historien de renom également, qu'un livre écrit par Virgionio Sias, responsable du contre-espionnage italien en Corse relate des faits où le nom de Salvatore Serra apparaît : « Serra et l'agent Armstrong sont arrêtés après leur arrivée en Sardaigne et envoyés à Rome. Mais Serra, sombre personnage, ancien carabinier qui a volé dans les caisses de son régiment, condamné à 30 ans de réclusion, va tenter de négocier avec les Italiens. Il leur dit qu'il peut faire tomber un réseau sur Ajaccio. Les transalpins se fient à ses déclarations et le transfèrent de Rome vers Piombino. Il débarque à Bastia. Dans la foulée il est envoyé à Ajaccio où il affirme qu'il peut reconnaître Hellier. »
Ce dernier est identifié par Salvatore Serra par un eczéma sur le lobe d'une l'oreille. Virgionio Sias le déclare lorsqu'il relate les propos de Serra : « Je ne peux pas me tromper. Je le reconnais grâce à un eczéma sur l'oreille, que j'avais remarqué pendant le voyage en sous-marin et qui est toujours visible. »
Serra avec Armstrong connaissaient Hellier sous le nom de Louis. Ils s'étaient entraînés avec lui dans les camps du renseignement britannique en Écosse et en Algérie. Les Italiens arrêtent Hellier à Ajaccio attablé dans un bar.
Le radio de Scamaroni va alors être soumis à des tortures atroces pendant plus de trente heures. Mais il ne parlera pas. Louis Luciani en veut pour preuve, son exécution quelques jours après et ne cesse de marteler : « Les Italiens ne fusillent jamais ceux qui collaborent avec eux. Donc Hellier mérite la mention mort pour la France. »
Luciani va encore plus loin dans son analyse historique. Sias, dans son livre, explique comment il remonte jusqu'à Scamaroni : il trouve dans un tube de crème, le nom des logeurs du résistant. Avec son escadron, Sias n'a plus qu'à s'y rendre et à cueillir Scamaroni qui malgré des consignes, avait décidé de rester : « Ce n'est pas au moment le plus dangereux qu'un Capitaine lâche son armée. »
L'honneur de Jean-Baptiste Hellier est donc sauf. Reste le martyre de Fred Scamaroni qui, malgré les tortures qu'il va subir, ne parlera jamais.
Distinctions et hommages
[modifier | modifier le code]Décorations
[modifier | modifier le code]Fred Scamaroni est récipiendaire des décorations suivantes :
Chevalier de la Légion d'honneur, à titre posthume, le
Compagnon de la Libération, à titre posthume, par décret du avec la citation suivante signée par le général De Gaulle : Magnifique officier, modèle de courage et d'esprit de sacrifice (...). Se porte volontaire pour une mission tout particulièrement dangereuse en territoire occupé. Après plusieurs mois de travail est pris par l'OVRA. Abominablement torturé, ne révèle rien. Pour échapper à ses tortures et éviter de céder à la souffrance se suicide en se déchirant la gorge avec un morceau de fil de fer trouvé dans sa cellule. A, par son sacrifice, permis à ses camarades de poursuivre l'œuvre entreprise pour la libération de la France. À bien mérité de la Patrie[13].
Croix de guerre - (une citation en 1940 et une citation posthume en 1943 à l’ordre de la Nation).
Insigne des blessés de guerre (une blessure de guerre le )[14]
Ordre du Service distingué (Royaume-Uni) (Royaume-Uni)[14]
Reconnaissance
[modifier | modifier le code]- Il est nommé préfet à titre posthume par décret du avec effet rétroactif à compter du .
- Il est reconnu mort pour la France : S.G.A. AC-21P-154001[15].
- Il est inscrit sur le Livre d'Or de la Résistance de la commune de Sartène (Corse-du-Sud).
- Son nom figure dans l'annuaire des morts pour la France du Ministère de l'Intérieur.
Monuments lapidaires
[modifier | modifier le code]- Il est inscrit sur le Monument Aux Morts de Bastia (Haute-Corse).
- Il est inscrit sur le Monument Aux Morts de Bonifacio (Corse-du-Sud).
- Il est inscrit sur le Monument Aux Morts de Levie (Corse-du-Sud).
- Il est honoré avec d'autres résistants sur une plaque commémorative située sur le parvis de l'église Saint-Dominique à Bonifacio (Corse-du-Sud)[16].
- Une statue à son effigie se trouve depuis 1952 à Ajaccio (Corse-du-Sud)[17].
- Il est honoré sur une plaque commémorative de marbre apposée dans la citadelle d'Ajaccio (Corse-du-Sud), sur le mur de sa cellule[18].
Odonymie
[modifier | modifier le code]De nombreux endroits portent son nom :
- Boulevard Fred Scamaroni, à Ajaccio (Corse-du-Sud) depuis 1944.
- Rue Fred Scamaroni, à Bonifacio (Corse-du-Sud) depuis 1944.
- Avenue Fred Scamaroni, à Draguignan (Var).
- Rue Fred Scamaroni, à Caen (Calvados) ; nom donné après la Seconde Guerre mondiale à l'ancienne rue du Stade, créée dans la Prairie en 1908, et qu'il avait fréquemment empruntée pour aller jouer au tennis au stade Hélitas[19].
- Rue Fred Scamaroni, à Charleville-Mézières (Ardennes).
- Rue Fred Scamaroni, à Villeneuve sur Lot (Lot et Garonne).
- Lycée professionnel Fred Scamaroni, à Bastia (Haute-Corse).
- Collège Fred Scamaroni, à Charleville-Mézières.
Autres hommages
[modifier | modifier le code]- À Caen, dans le Calvados, en juin et , plusieurs groupes de résistants combattirent aux côtés des troupes alliées. Certains membres des FFI et des CDL ont alors décidé de se rassembler et de former la Compagnie Fred Scamaroni. Léonard Gille fut l'un des chefs de la « scama »[20].
- En 1958, un timbre français de 12 francs est réalisé à son effigie (coloris bleu clair et vert bleu, 1er jour d'émission le ). Il fait partie de la deuxième série dédiée aux héros de la résistance. Le timbre est dessiné par Albert Decaris et gravé par Jean Pheulpin[21].
- Dans la rue Fred Scamaroni à Charleville-Mézières (Ardennes) se trouve le collège public Fred Scamaroni[22].
- Il existe un lycée professionnel Fred Scamaroni à Bastia (Haute-Corse) [23].
- Un premier paquebot a porté le nom de Fred Scamaroni. Construit pour le compte d'un armateur norvégien, sous le nom de Kong Dag et mis en service en 1923 sur la ligne Oslo - Kiel. Le paquebot est acheté en 1946 par le Ministère de la Marine marchande. Il est confié en gérance à la Compagnie Fraissinet et rebaptisé Fred Scamaroni. Il est mis en service sur les lignes de la Corse. Transféré à la Compagnie générale transatlantique en pour le même service. Il est rendu à l'État en 1953 et utilisé comme navire de réserve. Il est finalement démantelé à La Seyne en 1955, après une carrière de plus de 32 ans[24].
- Un nouveau transbordeur Fred Scamaroni est mis sur cale en et lancé à la Seyne-sur-Mer le lundi . Il effectue les rotations entre Marseille et Ajaccio pour la Cie Gale Transméditerranéenne. Le navire est ensuite transféré à la Société Nationale Maritime Corse-Méditerranée, héritière de la CGTM le et navigue encore 4 ans sous ce pavillon. Un buste de Fred Scamaroni était installé dans une grande coursive qui traversait dans la largeur du bateau. Il y avait l'inscription - "Je meurs pour la France" -. Le bateau sera remplacé par le nouveau Cyrnos et sera vendu à Olau Line au Danemark, pour près de quatre millions de dollars. Livré à son nouvel armateur le jeudi , il est renommé Nuits Saint Georges pour le service trans-manche Ramsgate-Dunkerque, où il entre en service le jeudi . La société armatrice (Ole Lauritzen France) ayant été liquidée en septembre de la même année, le navire est désarmé à Vlissingen (Hollande). Il est racheté en pour 3,6 millions de florins par Lord Maritime Enterprise une compagnie Égyptienne et est rebaptisé Lord Sinaï. En 1982, il assure des rotations entre Suez et Aqaba sur la Mer Rouge. Le ferry prend le nom de Al Tahra en 1984. Revendu en 1988 à Samatour Shipping Company (Égypte) et renommé Salem Express pour la desserte de Jeddah et Safaga sur la Mer Rouge au départ de Suez. L'ancien Fred Scamaroni après une erreur de navigation heurte par mauvais temps des récifs corallien le dimanche au large de Safaga à 6 milles de distance du port et coule sous le nom de Salem Express (il reliait Jeddah à Suez), faisant 450 disparus sur les 654 pèlerins à bord [25].
- Le , le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls venu en Corse lui rend un hommage public dans un discourt[26].
- La 24e promotion (2004-2005) de l'Institut Régional d'Administration (I.R.A.) de Bastia lui a rendu hommage en se plaçant sous son patronage et portant son nom[27].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 Colette Bécourt-Foch, « Fred Scamaroni, du berceau à la tombe : l’action d’un Français libre dans la guerre », Revue de la France libre, no 204, (lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 « Interview de Marie-Claire Scamaroni ».
- ↑ François-Edmond Severi, né à Alger le , fils d’Antoine Severi et de Jeanne Blaise.
- 1 2 Voir sur resistance-corse.asso.fr.
- 1 2 Jean-Louis Panicacci, L'Occupation italienne : Sud-Est de la France, juin 1940-septembre 1943, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2010, p. 230.
- 1 2 3 4 Voir sur curagiu.com.
- ↑ Jean-Louis Panicacci, op. cit., p. 230.
- ↑ Jean-Louis Panicacci, op. cit., p. 335.
- ↑ « Rendre hommage aux morts : Fred Scamaroni, sur le site de la Fondation de la France libre ».
- ↑ Bernard Ceccaldi : Mort en déportation. Né le 11 février 1895 à Ajaccio. Déporté par le convoi du 21 mai 1944 (2 004 hommes) depuis le Frontstalag 122 de Royallieu-Compiègne à destination du KL Neuengamme. Mort à Bergen-Belsen le 16 février 1945.
Source : J.O.R.F. no 265 du p. 13349, cité dans le Livre Mémorial des déportés de France de la Fondation pour la mémoire de la déportation, tome 2 p. 674. - ↑ Jean-Louis Panicacci, op. cit., p. 227.
- ↑ « Marie-Claire Scamaroni », dans Marie Rameau, Des femmes en résistance : 1939-1945, Paris, Éditions Autrement, (ISBN 978-2-7467-1112-9), p. 30-32 [extraits en ligne].
- ↑ Jean-Louis Panicacci, L'occupation italienne : Sud-Est de la France, juin 1940-septembre 1943, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2010, pages 334-335.
- 1 2 « Scamaroni, Fred - TracesOfWar.com », sur www.tracesofwar.com (consulté le )
- ↑ Voir sa fiche sur « Mémoire des hommes »
- ↑ Voir http://canonici.skyrock.com/2050445853-DEUXIEME-PARTIE-OCCUPATION-RESISTANCE-LIBERATION-A-BONIFACIO.html
- ↑ « L'hommage d'Ajaccio à Fred Scamaroni, sur le site de la Fondation de la France libre »
- ↑ Voir les photos de la plaque et de la cellule dans l'article « Rendre hommage aux morts : Fred Scamaroni, sur le site de la Fondation de la France libre »
- ↑ Édouard et Régis Tribouillard, L’histoire des rues de Caen, supplément à la Liberté de Normandie, Caen, 1981, p. 200.
- ↑ « Résistants du Calvados », Liberté-Le Bonhomme Libre, numéro hors série, juin 1994
- ↑ Voir la série sur les héros de la résistance http://www.phil-ouest.com/Series.php?Nom_serie=Heros_Resistance
- ↑ Voir le site du collège Fred Scamaroni http://xxi.ac-reims.fr/clg-scamaroni
- ↑ Voir le site du lycée Fred Scamaroni http://www.montesoro.net
- ↑ Voir le site http://www.frenchlines.com/ship_fr_180.php
- ↑ Voir les photos et les informations sur http://ferries.online.fr/cgtm/fred_scamaroni.htm
- ↑ « Manuel Valls rend hommage à Fred Scamaroni », Corse Matin, (consulté le )
- ↑ « irabastia.voila.net/24.htm »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France libre, Gallimard, 1996.
- Marie-Claire Scamaroni, Fred Scamaroni. Mort pour la France, Éditions France-Empire, 1986 ; nouvelle éd., 1999.
- Jean-Louis Panicacci, L'Occupation italienne : Sud-Est de la France, juin 1940-septembre 1943, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2010.
Sources sur le web
[modifier | modifier le code]- « Biographie de Fred Scamaroni », sur le site de l'ordre de la Libération.
- Portrait de Fred Scamaroni sur le site des archives du Calvados.
- « Autres anniversaires signalés pour l'année 1914. Godefroy (dit Fred) Scamaroni », sur le site des Archives nationales.
- « Fred Scamaroni », sur curagiu.com.
- Marie-Claire Scamaroni, « La sœur de Fred Scamaroni (Compagnon de la Libération), témoigne », sur le site de l'Union locale des anciens combattants de Bagnolet.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense (GR 16 P 295685, GR P 28 4 311 4, AC 21 P 154001)
- Archives nationales du Royaume-Uni (HS 9/1346/4)
- Ressources relatives aux militaires :
- Ressources relatives à la vie publique :
- Résistant corse
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1946
- Officier des Forces aériennes françaises libres
- Décoré de la Légion d'honneur à titre posthume
- Compagnon de la Libération
- Titulaire de la croix de guerre 1939-1945
- Titulaire de la médaille des blessés de guerre
- Compagnon de l'ordre du Service distingué
- Personnalité de la France libre
- Bureau central de renseignements et d'action
- Préfet sans affectation territoriale
- Naissance en octobre 1914
- Naissance à Ajaccio
- Décès en mars 1943
- Suicide par sectionnement en France
- Décès à Ajaccio
- Décès à 28 ans
- Personnalité inhumée en Corse
- Mort pour la France
- Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale
- Capitaine français
- Militaire français de la Seconde Guerre mondiale
