Boris Johnson

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Boris Johnson
Boris Johnson en 2016.
Boris Johnson en 2016.
Fonctions
Secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth
En fonction depuis le
(14 jours)
Premier ministre Theresa May
Gouvernement May
Prédécesseur Philip Hammond
Député d'Uxbridge et South Ruislip
En fonction depuis le
(1 an 2 mois et 20 jours)
Élection
Prédécesseur John Randall
Maire de Londres

(8 ans et 5 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Ken Livingstone
Successeur Sadiq Khan
Député d'Henley

(6 ans 11 mois et 26 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Michael Heseltine
Successeur John Howell
Biographie
Nom de naissance Alexander Boris de Pfeffel Johnson[1]
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance New York, États-Unis
Nationalité Américaine
Britannique
Parti politique Conservateur
Diplômé de Université d'Oxford
Profession Journaliste
Religion Anglicanisme
Résidence Londres

Signature de Boris Johnson

Alexander Boris de Pfeffel Johnson, dit Boris Johnson, né le à New York, est un homme politique britannico-américain, actuel secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth et du Royaume-Uni.

Après un cursus scolaire typique de la haute bourgeoisie britannique, il se fait d'abord connaître comme journaliste dans les grands quotidiens britanniques.

Avec les Tories, il est élu à la Chambres des communes en 2001, dans la circonscription de Henley, puis réélu en 2005. Il gagne les élections municipales de Londres de 2008 face au maire sortant, Ken Livingstone, et celles de 2012 également face à celui-ci. Son mandat est marqué entre autres par plusieurs réformes, comme l'interdiction de la consommation d'alcool dans les transports publics, la mise en circulation d'une nouvelle génération de bus et des Boris Bikes, ainsi que la défense du secteur financier de Londres et la promotion de la construction d'un nouvel aéroport pour la capitale.

Après avoir quitté le Parlement à la suite de son élection comme maire, il y revient en 2015 en se faisant élire dans la circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, dans le Grand Londres. Il quitte la mairie de Londres l'année suivante et devient porte-parole du camp favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin 2016. Lorsque Theresa May forme son gouvernement à la suite de la démission de David Cameron, moins d'un mois après le référendum, il est nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth de Sa Majesté.

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Naissance et ancêtres[modifier | modifier le code]

George II, ascendant des Johnson.

Boris Johnson naît le dans le quartier de l'Upper East Side, à New York. Sa naissance est enregistrée à la fois par les autorités américaines et le consulat britannique de la ville qui lui accordent la citoyenneté américaine et la citoyenneté britannique. Ses parents sont tous deux Anglais.

Son père, Stanley Johnson (né en 1940), émigre aux États-Unis pour étudier l'écriture créative à l'université de l'Iowa, avant de s'orienter vers des études d'économie à l'université Columbia de New York. Il devient ensuite expert en prévention de la pollution à la Banque mondiale. Dans le même temps, il fait partie de l'International Planned Parenthood Federation (en) (IPPF). Il travaille par la suite pour la Commission européenne (1973-1979), avant d'être député européen britannique de 1979 à 1984. Cette année, il reçoit un prix de la part de Greenpeace pour « services exceptionnels rendus à l'environnement ». Il travaille à la DG environnement à Bruxelles de 1984 à 1994[2]. Il a publié plusieurs livres et essais sur les questions d'environnement et de surpopulation[3]. Il s'est remarié à Jennifer Kidd, avec laquelle il eut deux autres enfants.

Le père de Stanley, Johnny Johnson, est né Osman Kemal à Bournemouth, d'une mère anglaise et suisse, Winifred. Le père de Johnny, Ali Kemal Bey, est un journaliste turc ayant été tué pour ses sympathies anti-nationalistes pendant la guerre d’indépendance turque. Après le décès de Winifred peu de temps après l'accouchement, Osman, devenu orphelin, part vivre avec sa grand-mère maternelle anglaise, où il est rebaptisé Wilfred « Johnny » Johnson, rejetant ainsi son héritage turc. De son côté, la mère de Stanley, Irène Williams (ép. Johnson), est moitié anglaise et moitié française, descendante d'une fille illégitime du prince Paul-Charles de Wurtemberg. Paul est un arrière-arrière-grand-père d'Irene et par lui un descendant du roi George II de Grande-Bretagne. Par cette connexion, Boris Johnson a des liens de parentés avec la majeure partie des familles royales d'Europe et est le cousin de l'ex-Premier ministre David Cameron.

La mère de Boris Johnson, Charlotte Johnson Wahl (en) (née Fawcett), provient d'une famille d'intellectuels libérale de gauche et a épousé le conservateur Stanley en 1963, avant de l'accompagner aux États-Unis. Elle est la fille de Sir James Fawcett (en), avocat reconnu et président de la Commission européenne des droits de l'homme, et de Frances Beatrice Lowe, une Américaine dont les parents étaient les universitaires Elias Avery Lowe, d'origine juive ashkénaze, et Helen Tracy Lowe-Porter (en). En 1963, elle épouse Stanley Johnson, qu'elle a rencontré à Oxford, alors qu'elle étudiait l'anglais. Elle devient peintre professionnelle. Elle se remarie en 1988 avec Nicholas Wahl (en), un politologue américain spécialiste de la France, dont elle devient veuve en 1996.

Boris Johnson est l'aîné de quatre enfants d'une fratrie qui compte Rachel Johnson, journaliste un temps rédactrice en chef du magazine The Lady, née en 1965, Leo Johnson, réalisateur de cinéma et entrepreneur, né en 1967, et Jo Johnson (en), éditiorialiste au Financial Times, né en 1971.

Enfance[modifier | modifier le code]

À sa naissance, ses parents vivent dans un appartement en face de l'hôtel Chelsea[4], et sont bientôt embarqués pour un périple au Canada, dans le New Hampshire et le Vermont avec leur nouveau-né.

En septembre 1964, la famille retourne en Grande-Bretagne, permettant à Charlotte d'entreprendre un diplôme anglais à l'université d'Oxford. Là-bas, elle et son fils vivent dans un appartement dans le quartier de Summertown à Oxford ; c'est là qu'elle donne naissance en 1965 à une fille, Rachel. En juillet 1965, la famille déménage pour Crouch End, à North London, et en février 1966, pour Washington D.C., où Stanley a obtenu un travail avec la Banque mondiale[4]. Les parents y ont un troisième enfant, Leo, né en septembre 1967. Charlotte apprend la peinture en autodidacte et devient connue. Stanley, renvoyé, obtient un nouveau travail, ce qui le contraint à se rendre, avec sa famille, à Harbor Island, à Norwalk, dans le Connecticut.

Enfant, Boris est calme et studieux. Il souffre de sérieux problèmes de surdité et doit subir, à l'âge de huit ans, plusieurs opérations, dont notamment l'implantation de drains transtympaniques[4]. Il déclarera ensuite : « Lorsque j'étais un enfant j'étais extrêmement boutonneux, extrêmement ringard et terriblement studieux. Mon idée d'une journée parfaite était de voyager à travers Londres par le métro pour visiter le British Museum. »

À l'été 1969, la famille retourne au Royaume-Uni, s'installant dans une maison de campagne de la ferme familiale de Stanley à Nethercote, près de Winsford (en) dans l'Exmoor. La maison de campagne est adjacente à une maison habitée par les parents de Stanley, Johnny et Irène Johnson. Stanley est régulièrement absent de Nethercote, laissant Boris seul. Celui-ci est élevé en grande partie par sa mère et par des jeunes filles au pair[4] qui lui apprennent à parler le français.

Eton et Oxford[modifier | modifier le code]

Boris Johnson suit une scolarité à l'école européenne de Bruxelles I, au collège d'Eton, ainsi qu'au Balliol College d'Oxford, où il étudie les lettres classiques et la philosophie. Il y est élu président de l'Oxford Union (es), l'union des étudiants. De par ses origines et son parcours, il est généralement perçu comme un membre de l'upper class traditionnelle britannique.

Il se marie en 1987 avec Allegra Mostyn-Owen, mais le mariage ne dure pas un an et est annulé en 1993. Cette même année, il se marie avec Marina Wheeler, avocate puis conseillère de la reine, et fille du journaliste et producteur Sir Charles Wheeler (en) et de son épouse Sikh, Dip Singh. Les familles Wheeler et Johnson se connaissent depuis plusieurs décennies, Marina Wheeler étant à l'European School de Bruxelles en même temps que son futur mari. Ils ont quatre enfants.

Carrière journalistique[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière de journaliste comme correspondant stagiaire au Times, mais il est licencié au bout d'un an pour avoir falsifié une citation de son parrain, Sir Colin Lucas (en). Après une courte période au Wolverhampton Express & Star, il rejoint The Daily Telegraph en 1987. Il est le correspondant pour l'Europe à Bruxelles de 1989 à 1994, puis rédacteur adjoint de 1994 à 1999. Il travaille également au The Spectactor, magazine marqué à droite, d'abord comme chroniqueur politique entre 1994 et 1995, puis à partir de 1999 comme rédacteur. En décembre 2005, il intègre le cabinet fantôme avec la responsabilité de l'enseignement supérieur.

Ses articles font alors souvent sensation et créent la controverse[5]. Les propos qu'il rapporte sont parfois sortis de leur contexte et utilisés par ses adversaires politiques[5]. Ses papiers, qui dénoncent souvent les travers des responsables des institutions européennes, plaisent particulièrement à Margaret Thatcher[6].

Boris Johnson est l'auteur de trois ouvrages reprenant ces articles ou chroniques : Johnson's Column, Lend Me Your Ears et Have I Got Views For You. Il publie également un premier roman, Seventy-Two Virgins, en 2004.

Il est nommé, en 2004, pour un British Academy Television Award. Il produit une série documentaire, The Dream of Rome, comparant l'Empire romain et l'Union européenne d'aujourd'hui, diffusée en 2006.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

En 1997, il est battu aux élections parlementaires dans la circonscription de Clwyd South. En 2001, Johnson réussit son entrée à la Chambre des communes, élu dans la circonscription de Henley-on-Thames, succédant à Michael Heseltine. Il racontera cette campagne dans un livre Friends, Voters, Countrymen: Jottings on the Stump. En 2004, il est nommé au Shadow Minister pour la Culture lors d'un petit remaniement à la suite de la démission de Nick Hawkins (en). En novembre 2003, Johnson avait été nommé vice-président du Parti conservateur, après une intense campagne.

Johnson est démis de ces postes dans le parti en novembre 2004 à la suite d'accusations de mensonges venues de Michael Howard au sujet d'une relation extra-conjugale de quatre ans qu'il aurait eu avec Petronella Wyatt (en), la correspondante new yorkaise du Spectator et ancienne rédactrice-adjointe. Johnson tourna ces allégations en ridicule les décrivant comme « une pyramide inversée de fadaises » mais Howard avait renvoyé Johnson non à cause du fond de l'affaire elle-même mais parce qu'il pensait, au vu de ce qu'en disait la presse, que Johnson avait menti.

Johnson fut nommé de nouveau dans le Shadow Cabinet responsable de l'enseignement supérieur le 9 décembre 2005 par le nouveau chef du Parti conservateur, David Cameron, et il démissionna de son poste de rédacteur au Spectator peu après.

Maire de Londres[modifier | modifier le code]

Boris Johnson en 2008.

Il accède au poste de maire de Londres à la suite de l'élection du 1er mai 2008, battant le maire sortant, le travailliste Ken Livingstone. Il est réélu face à ce dernier[7] quatre ans plus tard[8],[9]. Le travailliste Sadiq Khan lui succède en mai 2016. Il est admis « Freeman of the City of London »[10], ce qui lui permet de se présenter s'il le souhaite à l'élection du lord-maire de Londres.

En 2013, Boris Johnson s'oppose au plafonnement des bonus des traders et banquiers européens en particulier ceux de la Cité de Londres[11]. Il retrouve son siège de député lors des élections générales de 2015, se faisant élire dans la circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, sept ans après avoir décidé de quitter la Chambre des communes en raison de son élection à la mairie de Londres.

Meneur du mouvement pour le Brexit[modifier | modifier le code]

Après un temps d'hésitation, il annonce, le 21 février 2016, qu'il souhaite la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. S'opposant ainsi à la majorité des personnalités du Parti conservateur, il devient le porte-parole officiel de la campagne du « Brexit »[12],[13]. À la suite du référendum du 23 juin 2016, à l'issue duquel une majorité de Britanniques se prononcent en faveur du départ du pays de l'UE, il apparaît comme un des grands gagnants du scrutin et fait figure de favori pour succéder au Premier ministre David Cameron, qui a annoncé son intention de démissionner d'ici au mois d'octobre[14],[15]. Mais il doit faire face à des critiques sur sa capacité à rassembler le parti, très divisé à l'issue de ce référendum, et renonce finalement à se présenter à l'élection à la direction du Parti conservateur[16], soutenant quelques jours plus tard la candidature d'Andrea Leadsom[17].

Au cabinet gouvernemental[modifier | modifier le code]

Johnson en conférence de presse, en juillet 2016.

Le 13 juillet 2016, le Premier ministre David Cameron présente sa démission à la reine Élisabeth II. Theresa May lui succède pour former un nouveau gouvernement. Boris Johnson intègre ce cabinet à la tête du bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth[18].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Boris Johnson en Israël en 2015.

Boris Johnson cultive une personnalité excentrique, ses gaffes ou provocations nombreuses (son slogan lors de la campagne en 2004 était ainsi « Si vous votez Tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d'avoir une BMW », en raison de la proposition de bas impôts facilitant la dépense), son humour et son sens de la repartie, réputation cimentée par ses apparitions fréquentes en tant que présentateur invité de l’émission de télévision satirique Have I Got News for You (en) (BBC) ou l'émission anglaise de critique automobile Top Gear (2009). Il est parfois surnommé « BoJo », « Bozzer Bozza » ou encore « Boris le Bouffon »[19] par les tabloïds britanniques ou simplement désigné par son seul prénom.

Johnson se sert de son image pour ironiser sur d'autres sujets : il a déclaré que « les djihadistes sont des branleurs qui pratiquent la masturbation intensive » après avoir posé pour une photographie avec des combattants kurdes en Syrie, en étant armé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « de Pfeffel » n'est pas une composante du nom de famille de Boris Johnson, mais un simple nom intermédiaire, comme il est courant aux États-Unis, mais moins au Royaume-Uni. Le nom de famille de son père est apparemment « Johnson ». Le nom intermédiaire « de Pfeffel » a probablement été donné à Boris Johnson en hommage à son arrière-arrière-grand-père Christian Hubert, baron de Pfeffel 1843-1822, issu de la famille de Pfeffel et de la famille royale de Wurtemberg, et dont la fille (prénom inconnu) mariée avec Stanley Fred Williams 1880-1955, n'a pas transmis ce nom à Irene Williams 1907-1987, grand-mère paternelle de Boris Johnson.
  2. Site officiel de Stanley Johnson - Biographie
  3. Site officiel de Stanley Johnson - Bibliographie
  4. a, b, c et d How Boris Johnson Won London by Giles Edwards, Jonathan Isaby
  5. a et b "v", La Croix.com, 4 mai 2008.
  6. http://www.lepoint.fr/monde/boris-johnson-heraut-des-pro-brexit-se-rapproche-de-downing-street-29-06-2016-2050578_24.php
  7. «Boris» contre «Ken», un duel pour Londres, Le Figaro, 2 mai 2012.
  8. Boris Johnson réélu maire de Londres, Le Figaro, 5 mai 2012.
  9. Boris Johnson, le maire de Londres rescapé des municipales. L'Humanité 09 mai 2012
  10. www.cityoflondon.gov.uk
  11. L'homme le plus détesté par la City, Eric Albert, lemonde.fr, 17 mars 2013
  12. www.lemonde.fr
  13. Quelle place en Europe pour le Royaume-Uni : les pro-Brexit dans le brouillard, L'Express'.
  14. Quoi qu'il arrive, Boris Johnson est devenu incontournable, Le Point, 23 juin 2016.
  15. La Grande-Bretagne et l'UE : Boris Johnson futur Premier ministre?, francetvinfo.fr.
  16. « Brexit : Boris Johnson renonce à se présenter à la succession de Cameron », sur LExpress.fr (consulté le 4 juillet 2016).
  17. Jamie Bullen, « Boris Johnson backs Andrea Leadsom in Conservative Party leadership race », standard.co.uk, 4 juillet 2016.
  18. « Boris Johnson est nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Theresa May. » (consulté le 13 juillet 2016).
  19. « Boris le Bouffon » s'empare de Londres. L'Humanité 05 mai 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrew Gimson, Boris. The Rise of Boris Johnson, Simon & Schuster, 2006 (ISBN 0-7432-7584-5)
  • Boris Johnson, Une autre histoire de Londres, Laffont, 2013 (ISBN 2-221-13126-6)
  • Boris Johnson, Winston : comment un seul homme a fait l'histoire, éditions Stock, 2015, 464 pages (ISBN 978-2234079663)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]