Boris Johnson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Johnson.
Boris Johnson
Boris Johnson en 2015.
Boris Johnson en 2015.
Fonctions
Membre du Parlement
pour Uxbridge and South Ruislip
En fonction depuis le
(1 an et 19 jours)
Prédécesseur John Randall
Maire de Londres

(8 ans et 4 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Ken Livingstone
Successeur Sadiq Khan
Membre du Parlement
pour Henley-on-Thames

(6 ans 11 mois et 26 jours)
Élection
Prédécesseur Michael Heseltine
Successeur John Howell
Biographie
Nom de naissance Alexander Boris de Pfeffel Johnson
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance New York (États-Unis)
Nationalité Américaine
Britannique
Parti politique Parti conservateur
Père Stanley Johnson
Mère Charlotte Johnson Wahl
Fratrie Rachel Johnson
Leo Johnson
Jo Johnson
Conjoint Allegra Mostyn-Owen (1987–1993)
Marina Wheeler (1993–)
Diplômé de Balliol College, Oxford
Profession Journaliste
Religion Anglicanisme
Résidence Londres

Alexander Boris de Pfeffel[1] Johnson, dit Boris Johnson, né le à New York, est un journaliste et homme politique britannico-américain, maire de Londres du au .

Après un cursus scolaire typique de la haute bourgeoisie britannique, il se fait d'abord connaître comme journaliste dans les grands organes conservateurs.

Avec les Tories, il est élu à la Chambres des communes en 2001, dans la circonscription de Henley, puis réélu en 2005. Il gagne les élections municipales de Londres de 2008 face au maire sortant, Ken Livingstone, et celle de 2012 également face à celui-ci. Son mandat est marqué entre autres par plusieurs réformes, comme l'interdiction de la consommation d'alcool dans les transports publics, la mise en circulation d'une nouvelle génération de bus et des Boris Bikes, ainsi que la défense du secteur financier de Londres.

Après avoir quitté le Parlement à la suite de son élection comme maire, il y revient en 2015 en se faisant élire dans la circonscription Uxbridge and South Ruislip, dans le Grand Londres. Il quitte la mairie de Londres l'année suivante, en 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et ancêtre[modifier | modifier le code]

Un ascendant de Boris Johnson, George II.

Boris Johnson est né le dans le quartier de l'Upper East Side à New York. Sa naissance est enregistrée à la fois par les autorités américaines et le consulat britannique de la ville qui lui accordent la citoyenneté américaine et la citoyenneté britannique.

Ses parents sont tout deux Anglais, son père Stanley Johnson, a immigré aux États-Unis pour étudier l'écriture créative à l'Université de l'Iowa, avant de transiter vers des études d'économie à l'Université Columbia de New York. La mère de Boris, Charlotte Johnson Wahl (en) (née Fawcett), provient d'une famille d'intellectuels libérale de gauche et a épousé le conservateur Stanley en 1963, avant de l'accompagner aux États-Unis.

Le père de Stanley, Johnny Johnson, est né Osman Kemal à Bournemouth d'une mère demi-anglaise et demi-suisse, Winifred. Le père de Johnny, Ali Kemal Bey, était un journaliste turc qui avait été tué pour ses sympathies anti-nationalistes pendant la guerre d’indépendance turque . Après le décès de Winifred peu de temps après l'accouchement, Osman est devenu orphelin et s'est déplacé avec sa grand-mère maternelle anglaise, où il a été rebaptisé Wilfred "Johnny" Johnson et rejetant ainsi son héritage turc. La mère de Stanley, Irène Johnson (née Williams), était moitié anglaise et moitié française, descendante d'une fille illégitime du Prince Paul-Charles de Wurtemberg. Paul est un arrière-arrière-grand-père d'Irene et par lui un descendant du Roi George II de Grande-Bretagne. Par cette connexion, Boris Johnson a des liens de parentés avec la majeure partie des familles royales d'Europe et est le cousin du Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron.

Enfance[modifier | modifier le code]

Lorsque Boris Johnson est né, ses parents vivent dans un appartement en face de l'Hôtel Chelsea [réf. nécessaire], bien que bientôt embarqué pour un périple au Canada, dans le New Hampshire et le Vermont avec leur nouveau-né. En septembre 1964, la famille retourne en Grande-Bretagne, permettant à Charlotte d'entreprendre un diplôme anglais à l'Université d'Oxford. Là-bas, elle et son fils ont vécu dans un appartement dans le quartier de Summertown à Oxford; c'est là qu'elle donne naissance en 1965 à une fille, Rachel. En juillet 1965, la famille déménage pour Crouch End à North London, bien qu'en février 1966 elle déménage pour Washington D.C., où Stanley a obtenu un travail avec la Banque mondiale[réf. nécessaire]. Les parents y ont un troisième enfant, Leo, né en septembre 1967 et Charlotte a pris la peinture à son compte pour laquelle elle devient publiquement connue. Après que Stanley a été renvoyé, il obtient un nouveau travail se déplaçant encore en famille pour Harbor Island à Norwalk dans le Connecticut. Enfant, Boris était calme et studieux. Il souffrit de sérieux problèmes de surdité et doit subir à l'âge de huit ans plusieurs opérations, dont notamment l'implantation de drains transtympaniques [réf. nécessaire].

A l'été 1969, la famille retourne au Royaume-Uni, s'installant dans une maison de campagne de la ferme familiale de Stanley à Nethercote, près de Winsford dans l'Exmoor. La maison de campagne était adjacente à une maison habitée par les parents de Stanley, Johnny et Irène Johnson. Stanley était régulièrement absent de Nethercote, laissant Boris pour être élevé en grande partie par sa mère et au pair.[réf. nécessaire]

Eton et Oxford[modifier | modifier le code]

«Lorsque j'étais un enfant j'étais extrêmement boutonneux, extrêmement ringard et terriblement studieux. Mon idée d'une journée parfaite était de voyager à travers Londres par le métro pour visiter le British Museum

Boris Johnson

Il suit une scolarité à l'Ecole européenne de Bruxelles, au collège d'Eton ainsi qu'au Balliol College de l'université d'Oxford, où il étudie les lettres classiques. Il y est élu président de l'Oxford Union, l'union des étudiants. De par ses origines et son parcours, il est généralement perçu comme un membre de l'upper class (élite) traditionnelle britannique.

Il se marie en 1987 avec Allegra Mostyn-Owen mais le mariage ne dure pas un an et est annulé en 1993. Cette même année, il se remarie avec Marina Wheeler, une avocate, fille du journaliste et producteur Sir Charles Wheeler (en) et de son épouse Sikh, Dip Singh. Les familles Wheeler et Johnson se connaissent depuis plusieurs décennies, Marina Wheeler étant à l'European School de Bruxelles en même temps que son futur mari. Ils ont quatre enfants.

C'est en participant à Who Do You Think You Are?, diffusé sur la chaîne de télévision BBC le 20 août 2008 qu'il découvre une partie de sa généalogie qu'il ignore jusque là : une branche de sa famille le fait descendre d'un prince allemand lui-même descendant du roi George II de Grande-Bretagne ; de ce fait, Boris Johnson est apparenté à la reine Élisabeth II.

Carrière journalistique[modifier | modifier le code]

Il commença comme correspondant stagiaire au Times mais il ne resta qu'un an, licencié pour avoir falsifié une citation de son parrain, Sir Colin Lucas (en), plus tard vice-chancelier de l'université d'Oxford. Après une courte période au Wolverhampton Express & Star, il rejoignit le The Daily Telegraph en 1987. Il en sera le correspondant pour l'Europe à Bruxelles de 1989 à 1994, puis rédacteur adjoint de 1994 à 1999. Il travaillera également au The Spectactor, magazine marqué à droite, d'abord comme chroniqueur politique entre 1994 et 1995 puis en 1999 comme rédacteur jusqu'en décembre 2005 où il intègre le Cabinet fantôme avec la responsabilité de l'enseignement supérieur.

Ses articles font alors souvent sensation ou créent la controverse[2] Mais ses propos sont souvent sortis de leur contexte[2] et utilisés par ses adversaires politiques, son style journalistique utilisant souvent la parodie.

Il est l'auteur de trois ouvrages reprenant ces articles ou chroniques : Johnson's Column, Lend Me Your Ears et Have I Got Views For You. Il publia également un premier roman Seventy-Two Virgins en 2004 et un autre est en attente de publication The New British Revolution après l'élection à la mairie de Londres. Il fut nommé en 2004 pour un British Academy Television Award. Il a produit une série documentaire The Dream of Rome, comparant l'Empire romain et l'Union européenne d'aujourd'hui, diffusée en 2006.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Boris Johnson, le , lors d'une manifestation.

En 1997, il est battu aux élections parlementaires dans la circonscription de Clwyd South. En 2001, Johnson réussit son entrée à la Chambre des communes, élu dans la circonscription de Henley-on-Thames, succédant à Michael Heseltine. Il racontera cette campagne dans un livre Friends, Voters, Countrymen: Jottings on the Stump. En 2004, il est nommé au Shadow Minister pour la Culture lors d'un petit remaniement à la suite de la démission de Nick Hawkins. En novembre 2003, Johnson avait été nommé vice-président du Parti conservateur, après une intense campagne.

Johnson est démis de ces postes dans le parti en novembre 2004 à la suite d'accusations de mensonges venues de Michael Howard au sujet d'une relation extra-conjugale de quatre ans qu'il aurait eu avec Petronella Wyatt (en), la correspondante new yorkaise du Spectator et ancienne rédactrice-adjointe. Johnson tourna ces allégations en ridicule les décrivant comme « une pyramide inversée de fadaises » mais Howard avait renvoyé Johnson non à cause du fond de l'affaire elle-même mais parce qu'il pensait, au vu de ce qu'en disait la presse, que Johnson avait menti.

Johnson fut nommé de nouveau dans le Shadow Cabinet responsable de l'Enseignement supérieur le 9 décembre 2005 par le nouveau chef du Parti conservateur, David Cameron, et il démissionna de son poste de rédacteur au Spectator peu après.

Il accède au poste de maire de Londres à la suite de l'élection du 1er mai 2008, battant le maire sortant, le travailliste Ken Livingstone. Il est réélu face à ce dernier[3] quatre ans plus tard[4],[5].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En 2013, il s'oppose au plafonnement des bonus des traders et banquiers européens en particulier ceux de la cité de Londres[6].

Le 21 février 2016, il se positionne en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit)[7].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Boris Johnson est connu du grand public pour sa personnalité excentrique, ses gaffes ou provocations nombreuses (son slogan lors de la campagne en 2004 était ainsi « Si vous votez Tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d'avoir une BMW », en raison de la proposition de bas impôts facilitant la dépense), son humour et son sens de la repartie, réputation cimentée par ses apparitions fréquentes en tant que présentateur invité de l’émission de télévision satirique Have I Got News for You (en) (BBC) ou l'émission anglaise de critique automobile Top Gear (2009). Il est parfois surnommé « BoJo », « Bozzer Bozza » ou encore « Boris le Bouffon »[8] par les tabloïds britanniques ou simplement désigné par son seul prénom. Il est aussi Freeman of the City of London[9].

Johnson se sert de son image dérisoire pour ironiser sur d'autres sujets : il a déclaré que « les djihadistes sont des branleurs qui pratiquent la masturbation intensive » après avoir posé pour une photographie avec des combattants kurdes en Syrie, en étant armé.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son père, Stanley Johnson, est né en 1940. Il se réoriente dans ses études lorsque naît son fils Boris Johnson. Il devient peu après expert en prévention de la pollution à la Banque mondiale. Dans le même temps il fait partie de la Fédération internationale du Planning familial (en). Il travaille par la suite pour la Commission européenne (1973-1979), avant de devenir eurodéputé britannique de 1979 à 1984. Cette année il reçoit un prix de la part de Greenpeace pour « services exceptionnels rendus à l'environnement ». Il travaille à la DG environnement à Bruxelles de 1984 à 1994[10]. Il a publié plusieurs livres et essais sur les questions d'environnement et de surpopulation[11]. Il s'est remarié à Jennifer Kidd, avec laquelle il eut deux autres enfants. Stanley Johnson est d'origine turque par son grand-père paternel, Ali Kemal Bey, ministre de l'Intérieur du gouvernement du grand vizir de l'Empire ottoman, Ahmet Tevfik Pasha (en)[12], et franco-allemande par l'épouse de celui-ci, Mme de Pfeffel. Leurs fils s'installèrent en Grande-Bretagne et prirent le nom de leur grand-mère maternelle, Johnson.

Sa mère est l'artiste Charlotte Fawcett (en). Elle-même est la fille de Sir James Fawcett (en), un avocat reconnu et président de la Commission européenne des droits de l'homme, et de Frances Beatrice Lowe, une Américaine dont les parents étaient les universitaires Elias Avery Lowe, d'origine juive ashkénaze, et Helen Tracy Lowe-Porter (en). En 1963, elle épouse Stanley Johnson, qu'elle a rencontré à Oxford, alors qu'elle étudiait l'anglais. Elle est devenue peintre professionnelle. Elle se remarie en 1988 avec Nicholas Wahl (en), un politologue américain spécialiste de la France, dont elle devient veuve en 1996. Il est l'aîné de quatre enfants d'une fratrie qui compte Rachel Johnson (en), journaliste un temps rédactrice en chef du magazine The Lady, Jo Johnson (en), éditiorialiste au Financial Times, et lui aussi député, et Leo Johnson, un réalisateur de cinéma et entrepreneur.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Winston, éditions Stock, 2015, 464 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « de Pfeffel » n'est pas une composante du nom de famille de Boris Johnson, mais un simple nom intermédiaire, comme il est courant aux États-Unis, mais moins au Royaume-Uni. Le nom de famille de son père est apparemment « Johnson ». Le nom intermédiaire « de Pfeffel » a probablement été donné à Boris Johnson en hommage à son arrière-arrière-grand-père Christian Hubert, baron de Pfeffel 1843-1822, issu de la famille de Pfeffel et de la famille royale de Wurtemberg, et dont la fille (prénom inconnu) mariée avec Stanley Fred Williams 1880-1955, n'a pas transmis ce nom à Irene Williams 1907-1987, grand-mère paternelle de Boris Johnson.
  2. a et b "v", La Croix.com, 4 mai 2008.
  3. «Boris» contre «Ken», un duel pour Londres, Le Figaro, 2 mai 2012.
  4. Boris Johnson réélu maire de Londres, Le Figaro, 5 mai 2012.
  5. Boris Johnson, le maire de Londres rescapé des municipales. L'Humanité 09 mai 2012
  6. L'homme le plus détesté par la City, Eric Albert, lemonde.fr, 17 mars 2013
  7. http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/22/boris-johnson-chez-les-pro-brexit-revers-pour-cameron_4869346_3234.html
  8. « Boris le Bouffon » s'empare de Londres. L'Humanité 05 mai 2008
  9. www.cityoflondon.gov.uk
  10. Site officiel de Stanley Johnson - Biographie
  11. Site officiel de Stanley Johnson - Bibliographie
  12. "Les origines folkloriques de Boris le bouffon", Les Échos, p. 20, mardi 6 mai 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrew Gimson, Boris. The Rise of Boris Johnson, Simon & Schuster, 2006 (ISBN 0-7432-7584-5)
  • Boris Johnson, Une autre histoire de Londres, Laffont, 2013 (ISBN 2-221-13126-6)
  • Churchill, novembre 2014 (édition française prévue pour fin 2015 chez Stock).

Liens externes[modifier | modifier le code]