Pierre Lefaucheux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pierre-André Lefaucheux (30 juin 1898 à Triel-sur-Seine- (à 56 ans) est un industriel français et un Compagnon de la Libération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-petit-fils de l'inventeur Casimir Lefaucheux, Pierre Lefaucheux naît à Triel en 1898. Il est le second des quatre enfants d'André Lefaucheux et de Madeleine Dulac.

Engagé volontaire, il rejoint le front en septembre 1917, est cité deux fois et reçoit la croix de guerre. De retour à la vie civile, il intègre l'École Centrale des Arts et Manufactures dont il est diplômé en 1922.

Il commence sa carrière à la Compagnie des chemins de fer du Nord, puis chez Dyle et Bacalan. Mais c'est à la Compagnie générale de construction de fours qu'il effectue l'essentiel de sa carrière avant guerre, de 1925 à 1939. Il occupera à la fin la fonction de directeur. En parallèle, il commence en 1929 une thèse de doctorat qu'il soutiendra en 1935: La peseta et l'économie espagnole depuis 1928.

Monument dédié à Pierre Lefaucheux, sur le site de son fatal accident de voiture en 1955. Le monument se situe au bord de l'autoroute à l'ouest de Saint-Dizier, le site réel de l'accident ayant été lourdement modifié à la suite d'une vaste refonte de l'intersection.

La guerre change le cours de la vie de Lefaucheux, qui est remobilisé en 1939 et nommé en janvier 1940 directeur de la Cartoucherie du Mans. Mais c'est aussi et surtout son implication dans la Résistance (sous le nom de "Gildas") qui va avoir des conséquences importantes. Membre de l'Organisation Civile et Militaire (OCM), il rejoint les FFI et, à la suite de l'arrestation de plusieurs de ses chefs, devient le chef des FFI de la Région Parisienne. Par ailleurs, il est le "9e sage de la Résistance"[1], dernier membre du Comité Général d'Études (CGE), l'organisme créé par Jean Moulin pour penser l'après-guerre.

Arrêté par le SD en juin 1944, déporté à Buchenwald il ne doit son salut qu'à l'action de sa femme Marie-Hélène Lefaucheux (née Postel Vinay, qu'il a épousée en 1925) : elle parvient à convaincre un membre de la Gestapo de le faire transférer à Metz pour interrogation complémentaire. Ce dernier, de retour dans une ville désertée à cause de l'avancée du front, abandonne son prisonnier.

De retour à Paris en septembre 1944, il est nommé le 4 octobre administrateur provisoire des Usines Renault réquisitionnées. Puis, après la nationalisation de Renault le 15 janvier 1945, il en devient officiellement le PDG le 7 mars 1945.

Sous sa direction, il fera de la Régie Renault le premier constructeur français d'automobiles et l'un des premiers en Europe. Il prendra la décision de lancer la 4CV, la Frégate mais aussi la Dauphine et préparera la "toute petite voiture" que sera la R4.

Il fera également construire l'Usine Renault de Flins et préparera celle de Cléon. Il est aussi le père de ce qui sera connu sous le nom de l'"accord Renault de 1955", signé par son successeur en septembre.

Décès[modifier | modifier le code]

Alors que l'entreprise amorce un âge d'or (tous les indicateurs étant au vert depuis le second semestre de 1953), il est prévu que Lefaucheux en fasse une présentation aux étudiants catholiques de Strasbourg le vendredi 11 février 1955. Automobiliste passionné, il décide au dernier moment de voyager en voiture malgré les conditions particulièrement inclémentes. Il place sa valise non pas dans le coffre, mais sur le siège arrière de sa Renault Frégate.

Approchant de Saint-Dizier par l'Ouest, sur la Route Nationale 4 (N4), il est surpris par un signe de déviation temporaire et braque au dernier moment pour suivre la route imposée, tentant de freiner sur ce qui s'avère être une plaque de verglas. Après plusieurs tonneaux, le véhicule termine sa course dans un champ. Il est en grande partie intact ainsi que l'habitacle, mais la valise de Lefaucheux a quitté le siège arrière et lui a brisé la nuque. On retrouvera dans sa poche le billet de train, inutilisé, qu'il avait initialement acheté. [2]

Un monument à la mémoire de Lefaucheux a été érigé sur le bord de la N4 près de Saint-Dizier. L'Usine Renault de Flins a été rebaptisée en son honneur ainsi qu'un boulevard au Mans. Il est enterré à Saint-Quentin-des-Prés.

Site du monument dédié à Pierre Lefaucheux: 48° 38′ 26.559″ N 4° 55′ 03.52″ E / 48.64071083, 4.9176444 ()

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Fridenson, L’avenir vu par les patrons : Pierre Lefaucheux , in Vincent Duclert, Rémi Fabre, Patrick Fridenson (dir.), Avenirs et avant-gardes en France XIXe-XXe siècle, Paris, La découverte, 1999, p. 223-238.
  • Gilbert Hatry, Pierre Lefaucheux : le commandant Gildas, Renault Histoire, n°2, juin 1990.
  • Cyrille Sardais, Leadership et création d'institution. Les actions, intentions et perceptions d'un dirigeant: Pierre Lefaucheux, PDG de la Régie Renault, thèse de doctorat, HEC, 2005.
  • Cyrille Sardais, Patron de Renault: Pierre Lefaucheux (1944-1955), Paris, Les Presses de Sciences-Po, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diane de Bellescize, Les neuf sages de la Résistance. Le Comité Général d’études dans la clandestinité, Paris, Plon, 1979
  2. « Renault Histoire (en allemand) », Renaultoloog - Andreas Gaubatz : « Freitag, 11. Februar 1955: LEFAUCHEUX hat zugesagt, in Strassburg einen Vortrag zu halten. Er hat eine Fahrkarte für die Bahn in der Tasche, das Wetter ist schlecht, es wird Glatteis vorausgesagt. Doch in letzter Minute entscheidet sich LEFAUCHEUX für die Fahrt mit dem Auto. Er wirft seinen Koffer auf den Rücksitz seiner Frégate. Als die Stadt Saint-Dizier in Sicht kommt, überrascht ihn ein Schild, das eine Umleitung anzeigt. Er hätte geradeaus weiter fahren können, doch er versucht im letzten Moment der Umleitung nachzufahren. Er bremst, doch auf der Strasse ist Glatteis. Die Frégate dreht und überschlägt sich und kommt in einem Acker auf der Seite zum Liegen. Die Fahrgastzelle ist nahezu unbeschädigt. Doch der Koffer auf dem Rücksitz trifft LEFAUCHEUX im Nacken. PIERRE LEFAUCHEUX war auf der Stelle tot! »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]