Laure Diebold

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Laure Diebold
Nom de naissance Mutschler
Alias
Mona[1]
Mado[1]
Naissance
Erstein, Bas-Rhin
Décès (à 50 ans)
Lyon
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Secrétaire de Jean Moulin

Laure Diebold, parfois orthographié Laure Diebolt, de son nom de jeune fille Laure Mutschler (née le à Erstein, Bas-Rhin - morte le à Lyon) est une résistante française. Secrétaire de Jean Moulin, elle fut faite Compagnon de la Libération alors qu'elle était portée disparue en Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille alsacienne très patriote, Laure passe une grande partie de sa jeunesse à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin, où ses parents s'étaient établis en 1922. À la fin de ses études, Laure entre comme secrétaire aux Établissements Baumgartner. Lors de la Drôle de guerre, elle est secrétaire d'un industriel de Saint-Dié.

En Alsace annexée[modifier | modifier le code]

Après la Blitzkrieg, elle reste en Alsace annexée fin juillet 1940. Elle rejoint une filière de passeurs. Très souvent, elle héberge des prisonniers de guerre évadés au domicile paternel, 46 rue Jean Jaurès à Ste Marie aux mines, ainsi que chez son fiancé, Eugène Diebolt, qui est secrétaire de la mairie. Dès 1940, Laure s'associe au cercle de résistants du Dr Bareiss rattaché à l'Armée des Volontaires. Repérée, elle doit quitter l'Alsace. La veille de Noël 1941, elle fuit à Lyon, cachée dans une locomotive.

Lyon avant l'occupation[modifier | modifier le code]

Laure est secrétaire au bureau des réfugiés d'Alsace-Lorraine, un service officiel. Le 31 janvier 1942, elle épouse Eugène Diebold, réfugié, comme elle, à Lyon. En mai 1942, elle rentre au réseau Mithridate où, en qualité d'agent de liaison, elle recueille des informations qu'elle code et fait passer sous forme de courrier à Londres. Le 18 juillet 1942, elle est arrêtée, avec son mari, par la police française, mais tous deux sont relâchés, faute de preuves, six jours après. Réfugiée à Aix-les-Bains, Laure Diebold devient Mona dans la clandestinité. En septembre 1942, surnommée Mado, elle entre à la délégation de Jean Moulin en zone Sud. Affectée au secrétariat de Daniel Cordier, elle travaille jour et nuit.

Paris occupé[modifier | modifier le code]

Fin mars 1943, avec Daniel Cordier, Hugues Limonti, Georges Archimbaud, Louis Rapp, Jean-Louis Théobald et Suzanne Olivier, elle se rend à Paris afin de préparer l'implantation de la délégation en zone Nord. Après l'arrestation de Jean Moulin, elle travaille aux côtés de Georges Bidault. Après la guerre, ses services seront validés par les Forces françaises libres, en qualité d'agent p. 2, assimilé au grade de lieutenant.

Déportation[modifier | modifier le code]

À la suite de la perquisition des allemands au siège de la Délégation générale à Paris représentée par Claude Bouchinet-Serreules et Jacques Bingen, et au démantèlement de nombreux réseaux parisiens consécutifs à «l'affaire de la rue de la Pompe», avec l'arrestation de Pierre Marchal puis celle de Jacqueline Pery d'Alincourt, Laure Diebold est arrêtée le 24 septembre 1943, en compagnie de son mari, est conduite à la prison de Fresnes[2].

Elle est torturée ( précis dans l' allocution du Général de Gaulle lors de son intronisation dans l'ordre de la Légion d'Honneur ) , malgré avoir prétendu n' être qu'une simple boîte aux lettres. Le 17 janvier 1944, elle est déportée à la prison de Sarrebruck. Du 28 janvier au 13 juin 1944, elle est en prison à Strasbourg. Puis au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck. Ensuite, à la prison de Gaggenau. Retour au camp de Schirmeck. Envoi à la prison de Mulhouse. Ensuite, une prison berlinoise. Déportée à Ravensbrück, elle est ensuite transportée près d'Altenbourg, au Kommando de Meuselwitz, satellite de Buchenwald, puis, le 6 octobre 1944, au Kommando de Leipzig-Taucha, autre satellite de Buchenwald. Le 20 novembre elle est faite Compagnon de la Libération. Gravement malade, mourante, son corps aurait été jeté au crématoire]] sans l'intervention d'un médecin tchèque du laboratoire du camp qui, à deux reprises, escamote sa fiche.[pas clair]

Libération[modifier | modifier le code]

Libérée en avril 1945 par les Américains, Laure rentre à Paris, où elle arrive, très affaiblie, le 16 mai 1945, et y retrouve son mari, également de retour de déportation.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Laure travaille à la DGER. En 1957, elle entre comme secrétaire dans une entreprise lyonnaise où elle devient bibliothécaire.

Morte à Lyon le 17 octobre 1965, elle est enterrée selon son désir à Sainte Marie-aux-Mines le 21 octobre, où elle avait passé son enfance et connu son mari.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs rues et places portent son nom :

En janvier 2015, une plaque commémorative est dévoilée à l'emplacement de sa maison natale à Erstein, à l’époque restaurant « Zum Goldenen Faß » (« Au Tonneau d’Or »), aujourd’hui remplacé par un parking, à l'angle de la rue du Général de Gaulle et de la rue du Renard[4],[5].

Un timbre postal à son effigie d'une valeur faciale de 0,68€ paraît le 19 octobre 2015[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Laure Diebold », sur Biographies des Compagnons de la Libération (consulté le 16 août 2015).
  2. * (en) Mark Seaman, The Bravest of the Brave, Michael O'Mara Books, 1999, p. 102.
  3. Annonce dans le bulletin municipal du 8e arrondissement, janvier 2014.
  4. Anne-Marie Wimmer, « Communiqué de presse - Commémoration nationale de Laure Diebold-Mutschler »,‎ (consulté le 16 août 2015).
  5. « Borne historique Laure Diebold-Mutschler à Erstein (67) » (consulté le 16 août 2015).
  6. http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/sites/regions_france3/files/styles/top_big/public/assets/images/2015/10/13/timbre_8.jpg?itok=eVpw4Mrm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Cordier, Alias Caracalla, Gallimard, 2009
  • Jean-Louis Théobald, Avoir vingt ans avec Jean-Moulin, de Fresnes à Cassino, éd. Cêtre, 2005
  • Pierre Péan, Vies et Morts de Jean Moulin, Fayard, 1998
  • Raymond Valentin et Léon Strauss, « Laure Diebold (née Mutschler) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 44, p. 4559
  • Anne-Marie Wimmer, Code: Mado, Mais qui est donc Laure Diebold-Mutschler ?, Ponte-Vecchio éditions, 2011

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]