Pierre Pouyade

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Pierre Pouyade
Alias
Pepito[1]
Naissance
Cerisiers (Yonne)
Décès (à 68 ans)
Bandol (Var)
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Diplôme
Brevet de pilote (1934)
Profession
Militaire
Activité principale
Officier aviateur
Autres activités
Industriel
Formation
Saint-Cyr
Distinctions
Compagnon de la Libération, général de brigade

Compléments

Commandant de l'escadrille puis régiment aérien Normandie-Nièmen, il finit Général de Brigade de l'Armée de l'Air

Pierre Pouyade, né le à Cerisiers dans l'Yonne et mort le à Bandol dans le Var, est un aviateur (As aux huit victoires), résistant et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant de troupe, il étudie à Tonnerre puis à l' Ecole Militaire Préparatoire d'Autun (actuel Lycée militaire d'Autun) de 1924 à 1928. Après le Prytanée militaire de la Flèche, il est reçu en 1930 à Saint-Cyr où il opte pour l'aviation. Il est breveté pilote en juillet 1934. En 1935-1937, il est affecté à Chartres (future Base aérienne 122 Chartres-Champhol ), à la 6e Escadre de chasse, avec le grade de lieutenant. En 1937-1939, il est capitaine, affecté à Reims, où il devient commandant à la fin de l'année 1939.

Jusqu'à octobre 1940, pendant la Campagne de France, en tant que responsable d'escadrille de chasse de nuit, il est crédité d'une victoire probable. Après avoir été abattu, il est transféré en novembre 1940 en Indochine alors sous l'emprise de Vichy et sous influence japonaise. Il prend en charge une escadrille. Il découvre, avec écœurement, la collaboration de plus en plus marquée des autorités françaises d'Indochine avec l'occupant japonais. Il a l'ordre d'abattre sans sommation les avions américains basés en Chine.

En 1941 et jusqu'en octobre 1942, il organise la résistance contre l'occupant nippon qui vise l'utilisation des appareils français contre les Alliés. Un avion des Flying Tigers est abattu par la DCA française près de la frontière chinoise ; les autorités militaires françaises livrent le pilote aux Japonais qui l'exécutent. Bouleversé par cette attitude française, il décide de quitter l'Indochine. Après avoir dérobé le plan complet de la défense aérienne japonaise en Indochine et laissé à son commandant une lettre corsée, la police japonaise à ses trousses, il s'empare d'un avion et fuit vers le nord en direction de la Chine le 2 octobre 1942, en partant de la base de Bach M'ai sous contrôle japonais aux commandes d'un Potez 25, totalement dépassé, lent et poussif. À court de carburant, il effectue un atterrissage forcé sur un terrain de fortune à Mongtzeu, au sud de Kunming, dans le Yunnan. Il est alors recueilli par des Tigres Volants et contacte les FFL à Chongqing. En commence alors un périple de cinq mois.

Grâce à l'aide de son camarade de promotion de Saint-Cyr Jacques Guillermaz et du général américain Joseph Stilwell, il monte à bord d'un avion américain à destination de Calcutta. Un hydravion britannique le conduit ensuite au Caire, puis il traverse le Soudan, le Tchad, le Nigeria, où il embarque pour les États-Unis avant de traverser à nouveau l'Atlantique pour l'Angleterre via l'Islande. Il arrive à Londres en février 1943 et il est présenté au général de Gaulle par le général Martial Valin. Ce dernier le charge de trouver des volontaires pour le Groupe de Chasse Normandie sur le Front de l'Est, le Chef voulant que la France libre soit présente sur tous les fronts. En représailles à son départ pour les forces de la France Libre , considérée comme une désertion par les autorités vichystes d'Indochine, il est ensuite condamné par ces autorités à mort et elles confisquent également ses biens.

En juin 1943, il rejoint son poste en URSS. Le , à la suite de la mort au combat du commandant Jean Tulasne, il prend le commandement du Groupe Normandie jusqu'au où il est remplacé par le commandant Louis Delfino. En février 1945, alors qu'il est en France pour une permission, il est victime d'un accident d'automobile. En avril 1945, il est promu au grade de lieutenant-colonel.

De 1947 à 1950, Pierre Pouyade est au service du Président Vincent Auriol comme attaché de l'air. Il est ensuite attaché militaire en Argentine de 1950 à 1953. Puis il occupe de hautes fonctions à l'OTAN (1953-1956). Il est nommé général de brigade le en deuxième section. De 1956 à 1966, en raison de ses relations privilégiées avec l'Union soviétique, il occupe des postes importants dans l'industrie aéronautique en liaison avec cette dernière et les pays du Pacte de Varsovie. À partir de 1966, il se consacre à sa carrière politique : député UDR de Corrèze (1966-1968), puis député UDR du Var (1968-1973), et conseiller général. En 1977, il reçoit le Prix Lénine pour la paix.

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations françaises
Décorations étrangères

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lycée militaire d'Autun, secrétariat, dossier scolaire Pierre Pouyade 1924-1928 contenant en sus un article de journal non déterminé Pierre Pouyade, le Général Courage.
  • Pour la période 1940-1945 : Yves Courrière, Un temps pour la guerre : Normandie-Niémen, Paris, Presses de la Cité, (ISBN 2-258-00590-6), p. 68 - 407.
  • Pour l'ensemble de sa vie : Barry Ketley (trad. Patrick Facon, ill. Mark Rolfe), Les forces aériennes françaises les as français de la Seconde Guerre Mondiale, Barcelone, RBA, (ISBN 8447365867 et 978-8-447-36586-9), p. 52, 55, 63, 83-84.
  • Daniel Porret et Franck Thévenet, Les as de la guerre, 1939-1945, vol. 2 : L à W, Vincennes, Service historique de l'Armée de l'air, (ISBN 978-2-904-52116-4).
  • Yves Courriére (photogr. revue ICARE), Normandie Niemen : Un temps pour la guerre, Paris, Presses de la Cité, , 414 p. (ISBN 2-258-00590-6)

Références[modifier | modifier le code]

  1. op. cit. Yves Courrière 1979 pp. 68-73 et ...

Liens externes[modifier | modifier le code]