Rubis (1931)

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Rubis
Image illustrative de l’article Rubis (1931)
Le 25 août 1941, protégé par les avions de la RAF, le Rubis fait route en surface vers Dundee (Écosse), après avoir été avarié par l'explosion du cargo finlandais Hogland qu'il avait torpillé 4 jours plus tôt, sur les côtes norvégiennes.
Type Sous-marin mouilleur de mines
Classe Saphir
Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale
Naval Jack of Free France.svg Forces navales françaises libres
Chantier naval Arsenal de Toulon
Commandé
Lancement
Armé
Statut désarmé en 1949, coulé volontairement en 1958
Équipage
Équipage 42 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 65,9 m
Maître-bau 7,1 m
Tirant d'eau 4,3 m
Déplacement Surface: 773 tonnes
En plongée: 940 tonnes
Propulsion 2 moteurs diesels (en surface)
2 moteurs électriques (en plongée)
Puissance 1 300 cv (2 diesel de 650 cv )
1 100 cv (2 électriques de 550 cv )
Vitesse En surface : 12 nœuds (22 km/h)
En plongée : 9 nœuds (17 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 3 tubes tubes lance-torpilles de 550 mm
2 tubes tubes lance-torpilles de 400 mm
1 canon de 75 mm
1 mitrailleuse de 13,2 mm/76 Aa
2 mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914 de 8 mm
32 mines sous-marines
Rayon d'action En surface : 7 000 nautiques (12 964 km) à 7,5 nœuds
4 000 nautiques (7 400 km) à 12 nœuds
En plongée : 80 nautiques (148 km) à 4 nœuds
Carrière
Port d'attache Cherbourg, Bizerte, Dundee
Localisation
Coordonnées 43° 10′ 59″ nord, 6° 42′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Var
(Voir situation sur carte : Var)
Rubis
Rubis

Le Rubis (H4, 202, P15) était un sous-marin mouilleur de mines de classe Saphir qui a servi dans la Marine nationale et dans les Forces navales françaises libres (FNFL). En raison de ses services dans les FNFL, le Rubis a été fait Compagnon dans l'Ordre de la Libération par un décret du général de Gaulle en date du .

Rubis est aussi le nom de trois autres sous-marins français et d'une classe de sous-marin : le Rubis (Q43) de classe Émeraude, opérationnel entre 1907 et 1919, le Rubis (Q601) sous-marin nucléaire d'attaque de classe Rubis, opérationnel depuis 1983, et le Rubis (S639) de classe Suffren, en construction.

Conception[modifier | modifier le code]

Les sous-marins de la classe Saphir avaient un déplacement en surface de 773 tonnes et un déplacement en plongée de 940 tonnes.
Ils mesuraient 65,9 m de long, 7,1 m de large et 4,3 m de tirant d'eau.
La propulsion en surface était assurée par deux moteurs diesel Normand-Vickers d'une puissance totale de 1 300 cv (969 kW) et en plongée par deux moteurs électriques d'une puissance totale de 1 100 cv (810 kW) par l'intermédiaire de deux arbres, permettant une vitesse maximale de 12 nœuds (22 km/h) en surface et de 9 nœuds (17 km/h) en plongée.
Leur soute contenant 97 tonnes de gazole leur donnaient un rayon d'action en surface de 7 000 nautiques (13 000 km) à 7,5 nœuds (13,9 km/h), et de 4 000 nautiques (7 400 km) à 12 nœuds (22 km/h) et leurs batteries un rayon d'action en plongée de 80 nautiques (150 km) à 4 nœuds (7,4 km/h).
Leur équipage était de 42 marins[1],[2].
Les sous-marins de la classe Saphir pouvaient plonger jusqu'à 80 m (250 ft)[3].

Ces sous-marins étaient armés de 3 tubes lance-torpilles de 550 mm et de 2 tubes lance-torpilles de 400 mm. Pour les attaques et défenses en surface, ils étaient équipés d'un canon de 75 mm, d'une mitrailleuse de 13,2 mm/76 Aa et de 2 mitrailleuses Hotchkiss Mle 1914 de 8 mm.

Ces sous-marins étaient conçus pour mouiller des mines sans faire surface. Les 32 mines à orin Sautter-Harlé HS 4, portant une charge de 220 kg de tolite et utilisables par 200 m de fond dont ils étaient équipés, étaient fixées à l’extérieur de la coque sous un revêtement hydrodynamique : chacun des huit puits situés de chaque bord du sous-marin contenait deux mines, disposées l’une au-dessus de l’autre.
Arrivé au lieu choisi, le sous-marin larguait ses mines avec un système à air comprimé Normand-Fenaux (du nom de son inventeur Fernand Fenaux, ingénieur chez Normand) ; du fait de l’allégement ainsi causé, il fallait rééquilibrer rapidement la pesée, de façon à ne pas faire surface en pleine zone ennemie.

Historique[modifier | modifier le code]

Il est mis sur cale en à l'arsenal de Toulon, lancé le et entre en service le .

Après avoir appartenu aux 7e et 5e divisions de sous-marins de Toulon, le Rubis a été affecté en 1937 à l'escadrille des sous-marins de Cherbourg.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Rubis est en mer Méditerranée dans le cadre du 20e division du 6e escadron de la 4e flottille de sous-marins à Bizerte en Tunisie avec ses sister ships Nautilus, Saphir et Turquoise).
Le 7 février 1940, les Nautilus, Rubis et Saphir escortent l'aviso Commandant Rivière au départ d'Oran.
Après avoir traversé le détroit de Gibraltar, ils rejoignent les convois 9-R et 63-KS, puis atteignent Brest pour une courte période d'entretien.

Au cours de la campagne de Norvège, en , le Rubis mouille ses mines le long de la cote norvégienne.
Celles-ci touchent quatre bâtiments norvégiens en mai et juin, puis trois navires de commerce en juillet.
Le jour de l'armistice, le , le Rubis est basé dans le port de Dundee en Écosse.
Sous l'impulsion de son commandant, le lieutenant de vaisseau Georges Cabanier, il rallie sans hésiter les Forces navales françaises libres avec la quasi-totalité de son équipage.

Lors d'un mouillage de mines au large de la Norvège le , le Rubis aperçoit et torpille le navire de commerce finlandais Hogland. Avarié par la déflagration du torpillage et incapable de plonger, le Rubis regagne Dundee en surface, protégé par les avions de la Royal Air Force, à l'approche des côtes écossaises. Plus tard au cours de la guerre, le Rubis mouille des mines dans le golfe de Gascogne. Elles coulent trois dragueurs de mines allemands, un chalutier armé et un remorqueur français en 1942, ainsi qu'un quatrième dragueur de mines allemand en 1943. En opération au large de Stavanger en , ses mines toucheront deux chasseurs de sous-marins et deux navires de commerce. En octobre et novembre, le Rubis continue ses mouillages de mines dans les eaux norvégiennes, endommageant deux navires, mais sans les couler. Toutefois, le , ses mines coulent trois chasseurs de sous marins, un navire de commerce allemand et un dragueur de mines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Rubis aura accompli 22 patrouilles opérationnelles, mouillant 683 mines et coulant des navires pour un total d'environ 21 000 tonneaux de jauge brute. Il coula au total 22 navires ennemis, incluant 16 navires de l'Axe[4] (dont 14 allemands, incluant 12 navires de guerre), le Rubis a eu le plus long palmarès des Forces navales françaises libres. Il fut nommé compagnon de la Libération.

De 1946 à 1948, le Rubis est utilisé comme sous-marin école à Toulon.

Le Rubis a été désarmé le et coulé volontairement le pour éviter qu'un Compagnon de la Libération ne soit livré aux chalumeaux des ferrailleurs. L'épave du Rubis repose à plat sur le sable par 42 mètres de fond au large du Cap Camarat à la position 43° 11′ N, 6° 42′ E, entre Cavalaire et Saint-Tropez. D'abord utilisé comme cible sonar par la Marine nationale, l'épave du Rubis est devenue un site de plongée réputé de la Méditerranée après avoir été « inventée » par deux plongeurs de « L'Idéal » le bateau de l'École de Plongée de Saint-Tropez en [5].

Commandants[modifier | modifier le code]

Membres notables de l'équipage[modifier | modifier le code]

En plus de ses deux commandants, six membres de l'équipage du Rubis ont été faits Compagnon de la Libération à titre individuel.

Autres membres

  • Gaston Sanz (1921-2003), quartier-maître cuisinier, a également servi comme torpilleur. Il a fait partie de l'équipage du Rubis pendant toute la guerre. Il était de confession juive et ce n'est qu'à l'issue du conflit qu'il a appris que ses parents avaient été déportés et avaient disparu dans les camps d'extermination nazis. Il est décédé en 2003 et conformément à ses dernières volontés ses cendres ont été dispersées au-dessus de l'épave du Rubis.
  • André Vallois (1918-2010), second maître mécanicien. Il a fait toute la guerre sur le Rubis.
  • André Palares, dernier survivant de l'équipage[8]
  • « Bacchus », chien mascotte, décoré de la Valiant Dog par la Ligue canine (Grande-Bretagne)[9].

Navires coulés ou endommagés[modifier | modifier le code]

1940[modifier | modifier le code]

1941[modifier | modifier le code]

1942[modifier | modifier le code]

1943[modifier | modifier le code]

1944[modifier | modifier le code]

  •  : le chasseur de sous-marin allemand UJ 1106 (antérieurement Grönland), 464 tjb, touche une mine mouillée le et coule en 58° 45′ 00″ N, 5° 24′ 00″ E.
  •  :
  •  : le patrouilleur allemand V 5304 (antérieurement Seehund) touche une mine mouillée le en 60° 55′ 00″ N, 4° 40′ 00″ E. Le navire est fortement endommagé.
  •  : le navire de commerce norvégien Castor (1 683 tjb), de Egersund, touche une mine mouillée le même jour et subit des dommages.
  • , au large de la Norvège :
    • le cargo allemand Weichselland (antérieurement Letton Gundega), 3654 tjb, touche une mine mouillée le et coule.
    • le chasseur de sous-marins allemand UJ 1113 / KUJ 7, 970 tjb, touche une mine mouillée le et coule.
    • le chasseur de sous-marins allemand UJ 1116 / KUJ 11, 970 tjb, touche une mine mouillée le et coule.
    • le chasseur de sous-marins allemand UJ 1702 / KUJ 16, 970 tjb, touche une mine mouillée le et coule.
    • le dragueur de mines allemand R 402, 140 t, touche une mine mouillée le et coule.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships, 1906–1921, London, Conway, (ISBN 0851771467), p. 274
  2. Paul E. Fontenoy, Submarines: An Illustrated History of Their Impact, ABC-CLIO, (ISBN 9781851095636, lire en ligne), p. 188
  3. Spencer Tucker, World War II at Sea: An Encyclopedia, Volume 1, ABC-CLIO, (ISBN 9781598844573, lire en ligne), p. 717
  4. Dominique Lormier, C'est nous les Africains : L'épopée de l'armée française d'Afrique 1940-1945, Paris, Calmann-Lévy, , 267 p. (ISBN 2-286-02021-3)
  5. Le magazine Plongeur International classe le Rubis parmi « Les 101 plus belles plongées du monde », Plongeur International, vol. Hors série N°2,‎
  6. Claude Huan et Jean Moulin, Les sous-marins français 1945-2000, Rennes, Marines éditions, , 119 p. (ISBN 978-2-35743-041-9 et 2-35743-041-9, EAN 978-2-35743-041-9), p. 39.
  7. « Jean René Marie Joachim GUILLOU (1915 - 2014) », sur Parcours de vies dans la ROYALE (consulté le ).
  8. [1]
  9. « Les chiens mascottes des sous marins - Amicale RUBIS », sur www.sectionrubis.fr (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]