Antonin Betbèze

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Antonin Betbèze
Naissance
Juillan (Hautes-Pyrénées)
Décès (à 82 ans)
Nice (Alpes-Maritimes)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau français République française
Drapeau de la France Forces françaises libres
Arme Infanterie
Armée de l'air
Grade French Air Force-colonel.svg Colonel
Années de service 1931-1965
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Distinctions Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération
Croix de guerre 1939-1945
Croix de la Valeur militaire

Antonin Betbèze (Juillan, 6 septembre 1910 - Nice, 2 février 1993) est un militaire français, Compagnon de la Libération. Déjà engagé avant le début de la Seconde Guerre mondiale, il participe à la bataille de France au cours de laquelle il est fait prisonnier par les Allemands. Après plusieurs évasions et réincarcérations, il parvient à rallier la France libre avec laquelle il reprend le combat, participant notamment à la Libération de Paris. Après la guerre, passé dans l'armée de l'air, il commande plusieurs bases aériennes avant de prendre sa retraite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et engagement[modifier | modifier le code]

Antonin Betbèze naît le 6 septembre 1910 au sein d'une famille de cultivateurs de Juillan dans les Hautes-Pyrénées[1]. Après avoir obtenu son baccalauréat, il se destine à la marine marchande mais son service militaire effectué de 1931 à 1933 le convainc de choisir la carrière des armes[2]. Il s'engage donc en avril 1934 dans les rangs du 6e régiment de tirailleurs sénégalais[3]. Servant au Maroc pendant trois ans, il est promu caporal puis sergent et finit par être admis à l'école d'officiers de Saint-Maixent-l'École en 1938[2].

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Sorti de l'école d'officier avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté le 28 août 1939 au 6e régiment d'infanterie coloniale[1]. À peine arrivé dans son nouveau régiment, Antonin Betbèze est engagé dans les premiers combats de la Seconde Guerre mondiale lors de l'offensive de la Sarre en forêt de Warndt[3]. Il est ensuite impliqué dans la bataille de France en mai 1940 et se distingue en participant à plusieurs contre-attaques vers les troupes allemandes[2]. Le 12 juin, dans l'Aisne, il se retrouve encerclé avec les hommes de sa section mais poursuit le combat jusqu'au corps à corps[1]. Capturé par la Wehrmacht, il est transféré en Pologne et incarcéré à l'Oflag II-D[2]. Tentant dès son arrivée de s'évader, il échoue à six reprises avant d'y parvenir en août 1942[2]. Réussissant à rejoindre la France, il entre en contact avec la résistance mais il est arrêté par la Gestapo le 11 mars 1943 suite à une dénonciation[3]. En cours de transfert vers le camp de Royallieu, il parvient à nouveau à fausser compagnie à ses geôliers à Toulouse et gagne l'Espagne où il est cette fois arrêté et incarcéré par les troupes franquistes[2]. À nouveau évadé le 1er novembre, il réussit à passer en Algérie et rallie les Forces françaises libres[3]. Il est alors envoyé à Londres et affecté au BCRA puis au 2e régiment de chasseurs parachutistes[2].

Entraîné au parachutisme, il est gravement blessé le 4 mars 1944 lors d'un exercice de saut où, son parachute s'étant mis en torche, il se fracture la colonne vertébrale[1]. Toujours désireux de poursuivre la lutte, il quitte prématurément l'hôpital et passe en France où il rejoint le 2e RCP en Bretagne[1]. Il s'illustre à la tête d'un groupe de neufs hommes en s'emparant d'un poste de DCA allemand à Nostang puis en menant des patrouilles offensives à Ploërmel[3]. À la fin du mois d'août 1944, il est affecté au groupe du colonel Rémy et participe à la libération de Paris en occupant l'hôtel Majestic, siège du commandement militaire allemand en France[2]. Le mois suivant, détaché auprès de l'US Army, commande des patrouilles entre Autun et Chalon-sur-Saône[1]. Nommé commandant-adjoint du 2e RCP, il combat ensuite lors de la bataille des Ardennes en hiver 1944-1945[1]. Le 7 avril 1945, Betbèze est parachuté sur les Pays-Bas près de la ville de Westerbork[2]. Apprenant l'existence d'un poste de commandement allemand à proximité, il décide de l'attaquer en plein jour avec ses vingt hommes et y élimine le général responsable de la protection anti-parachutistes en Hollande ainsi que son état-major[2]. Il parvient ensuite à se replier et à rejoindre ses lignes.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Une fois la guerre terminée, Antonin Betbèze est soigné pendant de longs mois des blessures subies à l'entraînement et à la guerre[1]. Il est finalement réintégré en 1953 dans l'armée de l'air[1]. Promu commandant, il prend la tête de la base-école de Caen où sont formés les élèves-officiers de réserve et les fusiliers de l'air[2]. En 1960, après avoir été promu lieutenant-colonel, il devient le commandant de la base aérienne d'Alger puis est affecté à l'état-major des forces aériennes d'Algérie en 1962[3]. Après un passage à l'état-major de la 4e région aérienne à Aix-en-Provence, il est muté à la tête de la base aérienne de Lahr où il prend sa retraite en 1965 avec le grade de colonel[2]. Antonin Betbèze meurt le 2 février 1993 à Nice et est inhumé dans son village natal de Juillan[1].

Décorations[modifier | modifier le code]

Oorlogsherinneringskruis 1940-1945.gif Meritomilitar1946.gif
Commandeur de la Légion d'Honneur Compagnon de la Libération Croix de Guerre 1939-1945
Croix de la Valeur militaire Médaille de la Résistance française Médaille des évadés
Croix du combattant volontaire Croix du combattant volontaire de la Résistance Médaille de l'Aéronautique
Croix du combattant Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre
Avec agrafe "Algérie"
Médaille des blessés de guerre Distinguished Service Order
(Royaume-Uni)
Medal of Freedom
(États-Unis)
Croix du Souvenir de Guerre
(Pays-Bas)
Médaille du Mérite militaire
(Portugal)

Publications[modifier | modifier le code]

  • Antonin Betbèze, Qui ose gagne., Éditions du CEP, .

Hommages[modifier | modifier le code]

  • À Juillan, sa ville natale, une place a été baptisée en son honneur[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Biographie - Ordre National de la Libération »
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 2-356-39033-2)
  3. a, b, c, d, e et f Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Éditions Perrin, (ISBN 2-262-01606-2)
  4. « Place Antonin Betbeze à Juillan », sur Google Maps (consulté le 6 janvier 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]