Antoine Béthouart

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Officier général francais 5 etoiles.svg Antoine Béthouart
Illustration.
Fonctions
Sénateur représentant les Français établis hors de France
Réélection
Législature Ier Sénat
Groupe politique UCDP
Sénateur représentant les Français au Maroc
Législature IVe Sénat
Groupe politique MRP
Chef d'État-Major général de la défense nationale
Prédécesseur poste créé
Successeur Alphonse Juin
Biographie
Nom de naissance Marie Émile Antoine Béthouart
Date de naissance
Lieu de naissance Dole (France)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Fréjus (France)
Nationalité française
Profession Officier

Antoine Béthouart, né le à Dole et mort le à Fréjus, est un militaire français.

Général de la Seconde Guerre mondiale, Compagnon de la Libération, il achève sa carrière militaire en 1949 au rang de général d'armée et devient ensuite sénateur représentant les Français établis hors de France de 1955 à 1971.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Antoine Béthouart nait à Dole où son père est conservateur des hypothèques[1]. Sa famille est originaire de Picardie[1].

Après le lycée privé Sainte-Geneviève, il entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion de Fès (la même que celle d'Alphonse Juin et de Charles de Gaulle[1]), en 1909 et en sort en 1912 en qualité de sous-lieutenant. Il est alors affecté au 152e régiment d'infanterie dans les Vosges[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il participe à la Grande guerre dans l’infanterie, où il est chef de section, commandant de compagnie puis commandant de bataillon[1] dans différentes unités réparties sur toute l’étendue du front ouest : Alsace, Verdun, la Somme, le Chemin des Dames, le mont Kemmel en Belgique[1]. Trois fois blessé et trois fois cité, il est fait chevalier de la Légion d’honneur et finit la guerre au grade de capitaine[1].

Carrière d’officier dans l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1919, il est envoyé en Finlande comme conseiller militaire, puis à partir de 1920, il suit les cours de l’École de guerre pendant deux ans. En 1922, il est affecté à l'état-major du 12e corps d'armée[1].

Il sert dans les troupes alpines de 1925 à 1928 où il est professeur au Centre d’études de montagne, puis il commande le 24e bataillon de chasseurs alpins en garnison à Villefranche-sur-Mer.

De 1930 à 1938, il est d'abord l'adjoint de l'attaché militaire en Yougoslavie puis, promu lieutenant-colonel, il devient le chef de cette mission militaire. Il est ensuite affecté au 3e bureau de l’état-major de l'armée avant de recevoir le commandement de la 5e demi-brigade de chasseurs alpins en . Il est en poste au début de la Seconde Guerre mondiale, dans les Alpes puis sur la ligne Maginot en Moselle[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Narvik[modifier | modifier le code]

En , il prend le commandement de la brigade de haute montagne qu'il constitue afin de participer au combat dans les pays scandinaves. Le , il embarque à la tête du corps expéditionnaire français d'abord à destination de la Finlande mais il se trouve dérouté sur la Norvège pour y « barrer la route du fer suédois », selon l'expression de Paul Reynaud. Il reçoit ses deux étoiles de général de brigade avant le débarquement de Narvik qui est la première victoire alliée de la Seconde Guerre mondiale, les et . Il est légèrement blessé le à Namsos et remporte des succès à Bjerkvik le et à Narvik, qu'il reprend aux Allemands le , les repoussant à la frontière suédoise[1].

Cette victoire est inexploitée car le , après la percée allemande des Ardennes du qui met un terme à la « drôle de guerre », le corps expéditionnaire est évacué le vers l'Angleterre puis rapatrié en France pour y combattre, laissant ainsi le champ libre aux troupes allemandes, qui occupent Narvik sans affrontement.

Maroc[modifier | modifier le code]

Le général Béthouart choisissant la voie « de l'obéissance » est affecté au Maroc, où il est nommé commandant de la subdivision de Rabat, puis de la division de Casablanca en 1942. Il organise malgré tout l’aide au débarquement des Alliés en Afrique du Nord le . Il est alors arrêté et traduit en cour martiale par le général Noguès, résident général au Maroc. Libéré quatre jours plus tard, il est promu au grade de général de division.

Libération[modifier | modifier le code]

Le général Giraud l'envoie en à Washington[1] comme chef de mission militaire afin de négocier l’aide américaine, principalement le réarmement de l'Armée française[1]. Chef d’état-major de la défense nationale à Alger en , il est alors élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée. Il accompagne le général de Gaulle, chef de la France libre lors de ses déplacements à Rome, Londres et il débarque avec lui à Courseulles en Normandie le [1]. Le général Alphonse Juin lui succède à la tête de l'état-major général en août.

Il participe au débarquement de Provence en à la tête du 1er corps d'armée (remplaçant le général Martin) et remonte la vallée du Rhône. En , il s'illustre dans la bataille des Vosges[1], puis il est chargé d'attaquer sur la trouée de Belfort à la mi-. Après avoir atteint le Rhin le , il libère Mulhouse le lendemain[1]. En , il participe aux combats qui enfoncent le front sud allemand en Alsace. Ses troupes franchissent le Rhin le et traversent la Forêt-Noire, atteignent le Danube le [1], et sont au col d'Arlberg, dans l'ouest de l'Autriche le [1].

Occupation de l'Autriche[modifier | modifier le code]

Il est nommé au commandement en chef des forces françaises en Autriche avant de devenir haut-commissaire de à , et reçoit sa cinquième étoile en . La zone d'occupation française en Autriche comprend une partie du Tyrol et le land de Vorarlberg. Dans le secteur français de Vienne, il fonde le lycée français de Vienne. Afin de résider dans la capitale, il réquisitionne la villa de la princesse de Windischgrätz (1883-1963), dite l'« archiduchesse rouge », petite-fille de l'empereur François-Joseph.

Sénateur[modifier | modifier le code]

Il quitte le service actif et devient sénateur des Français résidant hors de France et membre de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées de cette assemblée. Il collabore aussi au journal Le Figaro.

Il meurt le à Fréjus mais est inhumé à Rue, dans la Somme.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

  • 1909-1912 : École militaire de Saint-Cyr (promotion de Fès)
  •  : Général de brigade
  •  : Général de division
  •  : Général de corps d'Armée
  • 1948 : Général d'Armée

Hommages[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Des Hécatombes glorieuses au désastre, 1914-1940, 1 vol. in-8° rel. éditeur sous jaquette illustrée, 219 p., Paris, Presses de la Cité, 1972. ;
  • Cinq Années d'espérance ; mémoires de guerre (1939-1945), 1 vol. in-8°, 362 p., cahier de 16 p. d'ill. hors texte., Paris, Plon, 1968 ;
  • La Bataille pour l'Autriche, in-8 rel. éditeur, jaquette illustrée, 320p., Presses de la cité, 1965.
  • Le Prince Eugène de Savoie, Librairie Académique Perrin. 1975. (Biographie-463 pp.)
  • Le livre de l'Alpin , 183 p. , Paris, Charles-Lavauzelle, 1933

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p et q « Antoine Béthouart », sur le site de l'ordre de la Libération (consulté le 9 mai 2014).
  2. Lydia Harambourg dans ouvrage monographique Nelly Marez-Darley, la trame du visible, Area, Paris, 1988, p.11.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]