Diego Brosset

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Diego Brosset
Monument Diego Brosset-Paris.jpg
Monument à Diego Brosset, promenade d'Australie (Paris).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 46 ans)
ChampagneyVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Diego Charles Joseph BrossetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Période d'activité
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Père
Georges Brosset (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Guy Brosset (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Armes
Grade militaire
Général de Division Army-FRA-OF-07.svg
Conflits
Distinctions
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Képi de général de division de Diego Brosset

Diego Brosset, né le à Buenos Aires (Argentine) et mort le à Champagney (Haute-Saône), est un général de division français, Compagnon de la Libération.

Il s'illustre lors de la Seconde Guerre mondiale au commandement de la 1re division française libre (1re DFL).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Diego, né à Buenos Aires, est le fils de Georges Brosset (1862-1936), agent de change à Buenos-Aires, et de Jeanne Mestret (1877-1966), tous deux d'origine lyonnaise, mariés à Buenos Aires en 1895.

Diego Brosset épouse en 1931 Jacqueline Mangin (1910-1996), fille du général Charles Mangin. Ils possédaient une maison sur le littoral à Pen er Men en Arradon ainsi que l'Île Irus, située en face dans le Golfe du Morbihan[2], où ils avaient reçu l'écrivain Jean Bruller (Vercors), ami de Diego dont il avait fait la rencontre au camp de Châlons en 1928.

Sa fille, Isabelle Robinet est sinologue spécialiste du taoïsme.

Il est le beau-frère de Stanislas Mangin, compagnon de la Libération, et fils du général Mangin.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il arrive en France à l'âge de 2 ans.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, engagé volontaire « pour la durée de la guerre », comme deuxième classe, le 7 septembre 1916, il combat au 28e bataillon de chasseurs alpins. Il est promu caporal le 23 février 1918 et sergent le 16 septembre. Il termine la guerre à ce grade avec quatre citations.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il suit un stage d'élève aspirant à Issoudun, et obtient ce grade le 20 avril 1919. Il est promu adjudant le 13 août 1919. En 1920, il entre à l'École militaire d'infanterie, alors à Saint-Maixent, dont il sort sous-lieutenant en 1921. Il va alors servir pendant une quinzaine d'années comme officier colonial méhariste au Sahara, sillonnant la Mauritanie, le Sud algérien, le Sud marocain et ce que l'on appelle le Soudan français (aujourd'hui le Mali). Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 26 décembre 1927. Il est promu capitaine en 1930 avec cinq citations de plus.

De retour en métropole, il se marie avec Jacqueline Mangin, en 1931.

De 1934 à 1936, il commande le 29e goum marocain, stationné à Imiteq (territoire de Tiznit), puis est officier des Affaires indigènes jusqu'en 1937 dans le sud marocain, commandant du secteur d'Akka[3],[4] .

Il est diplômé des Langues orientales puis est admis à l'École de Guerre en 1937. Il est affecté à l'état-major du corps d'armée colonial au début de la guerre mais il en est écarté à cause de son anticonformisme. Dans le cadre d'une coopération avec la Colombie, il est nommé professeur de stratégie et tactique à l'école supérieure de guerre de Bogota en avril 1940 pendant la Drôle de guerre.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il rallie le général de Gaulle dès le 27 juin 1940 et quitte la Colombie pour la Grande Bretagne en octobre. Il est promu lieutenant-colonel en décembre 1940. Il est officier d'état-major personnel du général de Gaulle lors de l'inspection, au printemps 1941, de la Brigade française libre d’Orient, en Érythrée. Il l'accompagne aussi dans les colonies britanniques du Tchad, d'Égypte, d'Abyssinie, de Somalie et du Kenya. En 1941, il est envoyé en mission en Éthiopie et devient ensuite chef d'état-major du général Catroux.

Le 10 avril 1941, la Cour martiale du régime de Vichy, siégeant à Gannat, le condamne par contumace à la peine de mort « pour crimes et manœuvres contre l'unité et la sauvegarde de la Patrie »[5].

En octobre 1941, il est nommé colonel et prend la charge de l'Est syrien puis, en janvier 1943, il prend le commandement de la 2e brigade coloniale. Il se bat alors en Libye puis en Tunisie, où sa brigade se distingue notamment au djebel Takrouna. Il y reprend à l'ennemi des positions fortement défendues et fait 28 000 prisonniers de la 90e division allemande et la division italienne Trieste.

Le 1er août 1943, il commande la 1re division française libre, succédant au général Koenig, et est promu général de brigade. Il complète la formation de son unité pendant les quelques mois précédant son débarquement d'avril 1944 en Italie. En mai, il participe successivement aux batailles de la boucle de Liri, du Garigliano et de Pontecorvo puis, après avoir percé la ligne Hitler, participe à la prise de Rome. C'est dans la capitale italienne que les Alliés lui remettront la Legion of Merit américaine.

Le 16 août 1944, il débarque en Provence, à Cavalaire, et participe à la prise de Toulon, et d'Hyères le 24 août. Il remonte la vallée du Rhône et rejoint les FTP de l'Azergues, les FFI du commandant Mary et les FFI sous les ordres de son propre beau-frère, Stanislas Mangin. Ils traversent le pont de l'Homme-de-la-Roche puis libèrent Lyon le 3 septembre au matin. Le général Brosset administre Lyon pendant quelques jours en l'absence de maire, de préfet, et de téléphone. Il libère Autun le 8 septembre puis part ensuite pour le Jura, Belfort, l'Alsace ; il est alors promu général de division. Il commande désormais sa division lors de la bataille des Vosges du 20 septembre au 19 novembre 1944. Les nombreuses batailles qu'il a menées en Afrique du nord, en Italie, et sa participation active à la libération de plusieurs villes françaises lui valent sa promotion d'officier de la Légion d'honneur par décret du 9 novembre 1944 pour prendre rang à compter du 28 août 1944. Anticonformiste, il dit de lui : « J'entraîne ma division comme une compagnie, je grimpe sur les chars en marche, j'engueule Pierre et Paul, je dis merde aux obus et ça avance. Je ne serai jamais un vrai général. Mais ma division est une vraie division ! »[6]

Le , au matin, il exhorte ses soldats avec ces quelques mots : « Dans les jours qui suivent, je compte sur vous, les plus vieilles et les plus jeunes troupes de la nouvelle armée française, pour atteindre Giromagny et le Rhin au Nord de Mulhouse ». Il meurt accidentellement le même jour dans l'après-midi, la Jeep qu'il conduisait, dérapant sur le pont du Rahin, à Champagney (Haute-Saône), et tombant dans le torrent. L'acteur Jean-Pierre Aumont alors lieutenant, qui était son aide de camp, réussit à sortir vivant de l'accident ainsi que le chauffeur, qui n'était donc pas au volant[7].

Diego Brosset a été inhumé dans la nécropole nationale de Rougemont dans le Doubs.

Le 28 décembre 1944, le grand chancelier de la Légion d'honneur Paul Dassault, par un arrêté, annule la suspension de droit prononcé par son prédécesseur le général Charles Brécard le 10 juin 1941 à la suite de la condamnation à mort du 10 avril de la même année par le régime de Vichy.

Publication[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Médailles de Diego Brosset au musée de l’armée.

Placard[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Croix de Guerre 1914-1918 ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg
Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Ruban de la croix du combattant volontaire de la guerre 1914-1918 (2).PNG Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Ordre de l'Etoile Noire Chevalier ribbon.svg
Us legion of merit rib.png

Hommages[modifier | modifier le code]

Le monument sur le pont du Rahin, qui marque la frontière entre les communes de Champagney et de Plancher-Bas.
  • Un monument commémoratif a été élevé au pont du Rahin, au bord de la route départementale reliant Champagney et Plancher-Bas, dans la Haute-Saône, à l'endroit même où le général trouva la mort.
  • Ces deux communes ont toutes deux donné le nom du général à l'une de leurs rues. Elles ont été libérées par ses troupes.
  • Une plaque commémorative se trouve dans le parc Brosset à Rillieux-la-Pape, lieu de la demeure familiale. Un autre monument commémoratif se trouve promenade d'Australie (Paris), devant le quai Branly et en face de la Maison de la culture du Japon.
  • Une place de Lyon, située en face de la gare des Brotteaux, porte son nom. Un buste du général Brosset y est installé.
  • En 1971, la poste française a émis son honneur un timbre-poste, où figure son portrait, ainsi que la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon.
  • Une rue porte le nom du Général à Marseille, 9e arrondissement, quartier de Sainte-Marguerite
  • Une rue porte également son nom à Exincourt dans le département du Doubs.

Liens avec la famille Chirac[modifier | modifier le code]

Lors du débarquement en Provence, Diego Brosset est hébergé chez la famille Chirac, réfugiée au village du Rayol sur la côte varoise. Il se lie alors d'affection avec le jeune Jacques Chirac, âgé d'une douzaine d'années. Ce dernier, apprenant la mort du général quelques mois plus tard, décide de son propre chef, de baptiser par un panneau un chemin du Rayol « avenue du Général-Brosset », panneau qui restera une trentaine d'années en place. En 1975, le conseil municipal du Rayol décide de baptiser officiellement une rue du village du nom du général. Se souvenant du premier nommage sauvage, la municipalité convie Jacques Chirac, alors Premier ministre, qui assiste à la cérémonie en présence des deux enfants du général[9],[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Salkin, Général diego brosset - de buenos aires à champagney, via l'afrique et la france libre, Economica, 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://francearchives.fr/fr/file/ad46ac22be9df6a4d1dae40326de46d8a5cbd19d/FRSHD_PUB_00000355.pdf »
  2. http://francaislibres.over-blog.com/article-la-maison-de-pen-er-men-est-liee-a-l-histoire-de-l-ile-d-irus-80617953.html
  3. Monuments et lieux de mémoire « aux goumiers morts pour la france », site de la koumia.fr
  4. Affaires indigènes
  5. Décret officiel
  6. Lettre citée par Vercors in Portrait d'une amitié, préface à Un homme sans l'Occident, L'Harmattan, Paris, 1990 (ISBN 2-7384-0599-1), p. LIV
  7. Xavier du Crest de Villeneuve, Chemin de Damas … à Vendeuvre : hommages, témoignages. Paris : Pour Mémoire, 2009.
  8. « Cote LH/373/30 », base Léonore, ministère français de la Culture
  9. in Jacques Chirac, l'inconnu de l'Élysée de Pierre Péan, 2007
  10. Mémoires 1, chaque pas doit être un but, Jacques Chirac, p. 26-27, NiL, Paris, 2009 (ISBN 978-2-84111-393-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]