SOE en France

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Article général Pour un article plus général, voir Special Operations Executive.

Cet article traite du Special Operations Executive en France. Il évoque l’action des différentes sections de ce service secret britannique qui ont été impliquées à des titres divers dans l'action subversive de soutien à la Résistance intérieure dans ce pays pendant la Seconde Guerre mondiale.

Rôle du SOE en France[modifier | modifier le code]

Rappel de la mission du SOE[modifier | modifier le code]

Comme indiqué dans l’article principal sur le SOE, Winston Churchill confia à ce service secret britannique « action », qu’il créa spécialement à cette fin dès juillet 1940 et qu’il plaça sous son autorité quasi-directe, la mission principale de soutenir les divers mouvements de résistance par l’action subversive : — « Mettez le feu à l’Europe ! », avait-il donné comme consigne.

Le SOE constitua, en France comme dans les autres pays mais avec davantage d’ampleur, un tissu de réseaux clandestins dirigés par des officiers recrutés et formés par ses soins en Grande-Bretagne. Malgré un désaccord formel du général de Gaulle, certains pouvaient agir sans coordination avec la France libre : les réseaux dits « Buckmaster », de la section F créée dès l’origine du service en août 1940. Les autres agissaient avec coordination obligée : c’est à cette fin que le SOE créa au printemps 1941 une deuxième section pour la France, la section RF. Et au printemps 1942, il mit en place une section évasion, DF, complétant ainsi son organisation pour l’ensemble de ses opérations clandestines en France (l’espionnage proprement dit restant du ressort de l’Intelligence Service). Avec des succès et des échecs divers, ce tissu, qui débuta dans l’Indre en mai 1941, se développa progressivement dans l’ensemble du territoire jusqu’à la libération du pays : sur l’ensemble de la période, une centaine de réseaux furent créés, dont la moitié environ étaient actifs au moment de la libération.

Sur le terrain, ces réseaux se développèrent, en constituant des groupes nouveaux ou en se liant à d’autres groupes, à des réseaux, à des maquis ou à des corps francs existants, sans se préoccuper de leurs obédiences politiques. Pour être aidés dans leur tâche, ils bénéficiaient d’un important soutien du service, basé en Angleterre, pour les aspects matériels : logistique de fourniture d’armes et d’argent, communications radio ; moyens de transport (mis à la disposition du service par la RAF et la Royal Navy). Grâce à cela, ils recrutèrent, formèrent, entraînèrent et encadrèrent les résistants français pour exécuter l’ensemble des actions clandestines nécessaires : identifier des objectifs et repérer des cibles ; réceptionner des parachutage d’armes ; accueillir sur le terrain ou exfiltrer vers l’Angleterre des agents secrets ou des personnalités, par avion, par bateau, par sous-marin, via l’Espagne ; manier les armes fournies ; apprendre le système de codage des messages radio cryptés échangés avec Londres ; apprendre les strictes consignes de sécurité édictées par le service. Ils fournirent les liaisons radio clandestines entre la France et l’Angleterre nécessaires à leurs opérations « action » (F et RF) ou « évasion » (DF), et marginalement à du « renseignement ». Ils fournirent aussi les consignes opérationnelles d’action, participèrent au commandement ou commandèrent les groupes de résistants français dans le cadre des sabotages, des attentats, des coups de force, des opérations de guérilla et des combats dans lesquels les Résistants étaient engagés pour maintenir l’occupant dans l’insécurité jusqu’à la libération et pour soutenir les armées alliées à partir du débarquement.

En s’engageant dans leurs missions en France, les agents venus d’outre-Manche mais d’origines diverses (Britanniques, Français, Canadiens, Mauriciens, Américains, Belges, Australiens), la plupart très jeunes, étaient conscients des risques qu’ils couraient : beaucoup furent arrêtés et déportés ; un quart d’entre eux y laissèrent la vie.

Reconnaissance en France du rôle joué par le SOE[modifier | modifier le code]

Le SOE et le rôle qu’il a joué dans la lutte contre l’occupant sont restés longtemps mal connus et encore plus mal reconnus en France. À ce sujet, Jean-Louis Crémieux-Brilhac écrit en 2013 [1] :

« Un pays ne s’honore pas en esquivant sa vérité. Ce n’est ni diminuer ni démystifier la Résistance française, comme le veulent aujourd’hui certains, que de redonner sa place à l’apport britannique. Il importe de le dire : sans la BBC, sans les parachutages et atterrissages clandestins et sans le rôle du SOE, ni l’action en France des services secrets du général de Gaulle, ni la Résistance française, ni l’« insurrection nationale » n’auraient pu être ce qu’elles ont été. »

Liste des sections du SOE impliquées dans l’action en France[modifier | modifier le code]

Les deux sections principales sont la section F et la section RF :

  • Section F

Cette section française du SOE agissait sans relation avec la France libre. C'est la section la plus importante. Elle donna lieu à la formation d'une centaine de réseaux.

  • Section RF

Elle était chargée de travailler avec les gaullistes (en l'occurrence André Dewavrin « Passy », chef des services de renseignements, qui devint le BCRA).

Sept autres sections, plus modestes, sont impliquées dans l’action en France :

  • Section DF : chargée de la mise en place des filières d'évasion devant permettre le retour des agents au Royaume-Uni.
  • Section EU/P : en relation avec les réseaux polonais du nord de la France.
  • Section AL : servait de bureau de liaison avec le ministère de l'Air britannique, elle était chargée des liaisons aériennes clandestines avec le territoire français.
  • Section Stockage-Emballage : responsable des chargements de ravitaillement.
  • Section MT : organisait les écoles d'entraînement spécial qui formaient les agents à la guerre secrète et subversive.
  • Section AMF : basée à Alger à partir de fin 1942, opérait dans le midi de la France ; après avoir brièvement collaboré avec les giraudistes, elle se mit au service des gaullistes.
  • Section Devonshire : travaillait avec les giraudistes.

Section F[modifier | modifier le code]

Organisation de la section F[modifier | modifier le code]

À la tête de la section F sont nommés successivement : Leslie Humphreys (août 1940), H.R. Marriott (décembre 1940), Maurice Buckmaster (début de l'été 1941). Le nom de ce dernier est particulièrement connu en France, où les réseaux de la section F sont souvent appelés réseaux Buckmaster ou familièrement réseaux Buck.

Au poste d'adjoint, Nicolas Bodington, un brillant diplômé d'Oxford de 35 ans, est nommé fin 1940. Correspondant de presse à Paris avant-guerre, il a collaboré à cette époque avec le MI6 et conserve des relations avec son ancien patron Claude Dansey.

L'assistante de Buckmaster est Vera Atkins. Elle est considérée comme l'« âme de la section »[note 1].

L'équipe du quartier général de la section F comprend également[2] :

  • Lieutenant-colonel Robert Archibald Bourne-Paterson, le responsable planning (certaines sources le citent comme responsable financier).
  • Major Jacques Vaillant de Guélis, le responsable du briefing.
  • Major Lewis Gielgud et Selwyn Jepson, responsables du recrutement.
  • Major Gerry Morel, le responsable des opérations (fin mars 1942-juillet 1944).
  • Capitaine George Noble (alias de Georges Bégué), responsable des transmissions.
  • Major Huot, US 2i/c.
  • Mr. Park, portier (janitor).

Réseaux de la section F[modifier | modifier le code]

Système d’attribution des noms de code[modifier | modifier le code]

La section F attribue des noms de code à ses agents et à ses réseaux, comme suit :

  • Au moment où un agent part pour la France, il reçoit, en plus d'une identité de couverture, deux noms :
    • un nom de code opérationnel : c'est généralement un nom de métier en anglais (exemple : ACTOR), ou plus rarement de plante ou d'arbre (exemple : PRUNUS). Ce nom n'est généralement pas connu sur le terrain, son usage étant destiné aux communications avec Londres.
    • un nom de guerre (« field name » en anglais) qui est généralement un prénom français. Exemple : « Jules ».
  • En formant ou en homologuant un réseau, le SOE section F lui donne pour nom de code celui de son chef. Cela a deux conséquences :
    • lorsqu'un réseau change de chef, il change de nom, même si le reste de la structure est inchangé. Exemples : AUTHOR devient DIGGER lorsque Jacques Poirier prend la succession de Harry Peulevé.
    • lorsqu'un chef de réseau change de région pour monter un nouveau réseau, il peut changer de nom de guerre mais conserver le nom de réseau. Exemple : Claude de Baissac dirige SCIENTIST en Aquitaine en 1942-43 avec le nom de guerre « David », et un autre Scientist en Normandie en 1944 avec le nom de guerre « Denis ». Dans les récits, il est utile de les distinguer : Scientist I et Scientist II.

Dans la littérature sur le sujet, on observe fréquemment qu'un réseau, comme son chef, soit désigné par une combinaison des deux noms de son chef. Exemple : Jean-Marie Régnier ayant pour code opérationnel MASON et pour nom de guerre « Portos », pour désigner le réseau dont il est le chef, on écrit indifféremment MASON, MASON-Porthos et Porthos-MASON.

Rôle des réseaux de la section F au sein de la Résistance intérieure française[modifier | modifier le code]

Sur le terrain, les réseaux de la section F utilisèrent, selon le cas, deux méthodes de développement de leurs effectifs et donc de leur action : un certain nombre recrutèrent sur place sans s’appuyer sur une organisation préalable constituée ; d'autres purent se greffer sur des organisations existantes, et constituèrent la pièce manquante de ces organisations en apportant souvent les éléments qui leur manquaient, à savoir la capacité de faire arriver des armes d’Angleterre, de recruter, former et entraîner les équipes, et de communiquer avec les Alliés.

Certains réseaux relevèrent selon l’époque du premier ou du deuxième cas. Le tableau suivant donne quelques exemples de ces relations. Ces binômes sont perçus souvent de manière différente en France et au Royaume-Uni : selon la vision française, les agents de la section F étaient des « fournisseurs de moyens », la direction d’ensemble et le commandement des hommes étant assurés par les responsables des organisations françaises ; selon la vision britannique, la direction d’ensemble était assurée par le chef de réseau (organizer), les organisations françaises étant considérées comme des composantes de l’exécution (planification et réception des parachutages, actions de sabotage ou de guérilla, etc.). Cette différence de vision est effective dans les organes de direction à Londres et perdurera après la guerre, y compris dans l’esprit de nombreux historiens qui conserveront souvent un point de vue national, voire régional, ne permettant pas facilement de souligner la complémentarité des rôles. En réalité, comme l’a souligné Jean-Louis Crémieux-Brilhac [1], une bonne entente entre les deux parties a permis que ces distinctions ne jouent pas vraiment dans l’action, les décisions opérationnelles ayant été le plus souvent prises d’un commun accord.

Zone SOE, section F Résistance intérieure
Période de l’action Réseau Agents Organisations Responsables
ZN. — Bordelais 1942-43 SCIENTIST I (C) Claude de Baissac (David)
(R) Roger Landes (Stanislas)
OCM André Grandclément
ZN. — Bordelais mars 1944 – libération ACTOR (C) Roger Landes (Aristide) FFI (B2)
6 corps francs[3]
J. B. Morraglia (B)
J. de Milleret (Landes),
etc. [4]
ZS. — Gers, Landes-est, Toulouse novembre 1942 – libération WHEELWRIGHT (C) George Starr (Hilaire)
(R) Yvonne Cormeau (Annette)
(1942-43) Victoire Maurice Rouneau
(1944) Bataillon de l'Armagnac Maurice Parisot
ZS. — Alpes [5], Provence,
Côte d’Azur
mars 1943 – libération JOCKEY (C) Francis Cammaerts (Roger) (à partir d'avril 44) FFI (R1 et R2)
dont le maquis du Vercors
Henri Zeller
ZS. — Châlonnais janvier - juillet 1943 JUGGLER (C) Jean Worms (Robin) Groupes de résistants locaux Jacques Weil
ZN. — Seine-et-Marne avril - septembre 1943 PUBLICAN (C) Marcel Fox (Ernest) Groupes de résistants locaux Maurice Braun
ZS. — Haut-Jura, Ain octobre 1943 – libération MARKSMAN (C) Richard Heslop (Xavier) Maquis de l'Ain et du Haut-Jura Henri Romans-Petit
ZS. — Indre mai 1944 – libération WRESTLER (C) Pearl Witherington (Pauline) Maquis Nord-Indre et Vallée du Cher Francis Perdriset
ZS. — Limousin juin 1944 – libération SALESMAN II[6] (C) Philippe Liewer (Hamlet)
(S) Bob Maloubier (Clothaire)
(Co) Violette Szabo (Louise)
Maquis du Limousin Georges Guingouin
ZS. — Lot janvier 1944 – libération FOOTMAN (C) George Hiller (Maxime)
(R) Cyril Watney (Eustache)
Groupes Vény du Lot Henri Collignon
Légende :
Colonne 1 Zone : ZN = zone nord ; ZS = zone sud.
Colonne 4 Agents : C = Chef de réseau (organizer) ; Co = courrier ; R = opérateur-radio ; S = saboteur.
Colonnes 5 et 6 Résistance intérieure : B = région de Bordeaux (cette région est en zone nord), comprenant B2 au sud et B1 au nord ; B2 = couvre 5 départements (Charente-Maritime, Gironde, Landes, Dordogne, Pyrénées-Atlantiques) ; B1 = couvre 4 départements (Deux-Sèvres, Vienne, Vendée, Charente) ; R1 = région de Lyon, couvrant dix départements (Loire, Ardèche, Rhône, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Saône-et-Loire, Ain, Jura) ; R2 = région de Marseille, couvrant sept départements (Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Vaucluse, Hautes-Alpes, Basses-Alpes, Gard).

Premières de la section F[modifier | modifier le code]

Les opérations de la section F se déroulent du à la libération de la France, en septembre 1944. Les actions suivantes constituent des premières de son action en France.

Première Quand Qui Où, comment, etc.
Premier agent infiltré en France nuit du 5 au Georges Bégué Reboursin (Indre)
Propriété de l’Abeaupinière
Parachutage de nuit, à l’aveugle.
Premier agent parachuté
Premier opérateur radio sur le terrain
Première femme infiltrée en France fin mai 1941 Giliana Balmaceda épouse Gerson entrée grâce à son passeport chilien muni d'un visa de l’« État français »[7].
Premier Résistant recruté sur le terrain Max Hymans Contact établi par Georges Bégué à Valençay (villa du Nahon, 92, rue Nationale).
Première boîte aux lettres à partir du chez Henri Renan Châteauroux, pharmacie rue des Marins [8]
Premier message radio envoyé de France vers Londres Georges Bégué depuis Châteauroux, 14 rue des pavillons[9].
Premier chef de réseau infiltré nuit du 10 au Pierre de Vomécourt « Lucas » chef du réseau Autogiro, parachuté près de Châteauroux
Premier parachutage d'armes Pierre de Vomécourt « Lucas » Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne)[10],
Premier message codé diffusé par la BBC septembre 1941 pour Georges Bégué le message « Lisette va bien » annonce le déclenchement du parachutage attendu
Premier agent amené par avion (avec atterrissage) [11] nuit du 4 au Pilote : John Nesbitt-Dufort
Agent amené : Gerry Morel
La Champenoise (Indre) (au nord de Châteauroux)
avion : Lysander
Premier agent ramené par pick up [11] Pilote : idem
Agent ramené : Jacques Vaillant de Guélis
Premier parachutage simultané d'armes et d'agents nuit du 10 au quatre agents parachutés : Clément Jumeau, Jack Hayes, Jean Le Harivel et Daniel Turberville. Beleymas (Dordogne) ;
Mission Corsican.
Premier comité de réception Membres du comité : Jean Pierre-Bloch « Gabriel », Édouard Dupuy et Albert Rigoulet
Première femme infiltrée en France par mer [12] Yvonne Rudellat « Suzanne » Cap d'Antibes, bateau (le Seadog)
Premières femmes parachutées nuit du 24 au Andrée Borrel « Denise »
et Lise de Baissac « Odile »
Nouan-sur-Loire, lieu-dit Bois Renard.
Premier doublé de Lysander réussi nuit du 22 au Pilotes : Wd Cdr Pickard et Flt Lt Bridger
deux agents amenés et trois ramenés.
terrain des Lagnys
Première femme infiltrée comme opérateur radio nuit du 16 au Noor Inayat Khan « Madeleine », dans le réseau Phono d’Henri Garry déposée par Lysander sur le terrain Indigestion près de Villevêque (Maine-et-Loire).
Premier (et seul) pick up effectué par nuit noire nuit du 23 au pilote : sqn Ldr Hugh Verity [13]
organisateur : Henri Déricourt
Personnes amenés (2) : Émile Bonotaux, Robert Lyon
Personnes ramenées (2) : Richard Heslop, P. Taylor.
Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire), terrain Bronchite ;
opération Curator/Acolyte ;
appareil : Lysander.
Première opération de parachutage effectuée en plein jour Philippe Liewer, pour Georges Guingouin * opération Zebra en Haute-Vienne,
Francis Cammaerts * dans le Vercors
Richard Heslop * dans l’Ain
Gonzague de Saint-Geniès * dans le Jura

Chronologie[modifier | modifier le code]

1941
  • Mars. Les douze premiers agents commencent leur entraînement.
  • Mai. Les quatre premiers agents SOE sont parachutés en France :
    • dans la nuit du 5 au 6 mai, entre Valençay et Vatan (au nord de Châteauroux, dans l'Indre) : amené par un bombardier Whitley du Flight 1419, Georges Bégué est parachuté seul avec une valise radio, avec pour mission d'entrer en contact avec Max Hymans (ancien député de la circonscription de Valençay, dont la maison de campagne se trouve aux environs). Georges Bégué transmet à Londres l'acceptation de Max Hymans de coopérer avec Londres et d'apporter son soutien à la fondation de groupes de résistance locaux;
    • dans la nuit du 10 au 11 mai, Pierre de Vomécourt « Lucas » et Louis Lefrou de la Colonge « Bernard » sont parachutés près de Châteauroux, Georges Bégué assurant la réception. Pierre de Vomécourt a pour mission de constituer le premier réseau SOE. Le 12, il se rend près de Limoges, où habite son frère Philippe, qu'il recrute aussitôt. Les deux frères se partagent les zones d'action : basé à Paris, Pierre interviendra en zone occupée (réseau AUTOGIRO) ; Philippe interviendra en zone libre (réseau Ventriloquist) ; et ils vont proposer à leur frère aîné Jean - qui acceptera - d'intervenir dans l'est de la France;
    • dans la nuit du 12 au 13 mai, Roger Cottin « Albert ».
1942
  • Janvier. [Contexte] Le 20, de Gaulle, dans une lettre à Anthony Eden, exige que la section F passe sous commandement français. Les Britanniques refusent[note 2].
  • Avril. Finalement, le 25, Pierre de Vomécourt est arrêté par Bleicher, puis Autogiro démantelé. Pierre de Vomécourt survivra à la guerre à Colditz.
  • Juillet. Le matin du 16, onze prisonniers réussissent leur évasion du camp de Mauzac et pourront ainsi, en quelques semaines, parvenir à Londres et poursuivre activement la lutte[16]. Le 29, Nicolas Bodington, le numéro 2 de la section F à Londres, débarque près d’Antibes accompagné d’Henri Frager, un agent français du SOE. Il vient contacter un certain André Girard, connu sous le pseudonyme de « Carte » et qui s'est fait connaître à un agent britannique en prétendant avoir derrière lui un réseau dont les nombreux membres sont prêts à passer à l'action armée. Il est décidé que dix hommes iront au Royaume-Uni pour y suivre un entraînement. En fait, le 31 août 1942, seuls deux volontaires embarquent pour le Royaume-Uni. Carte est en partie un mythomane, mais il a réellement constitué un carnet d'adresses copieusement fourni qui servira de base de recrutement pour le réseau Prosper-PHYSICIAN. Or, ce carnet d'adresse est riche d'individus que Carte ne connaît même pas. La zone sud n'est pas encore occupée, et beaucoup de fichiers de résistants potentiels circulent librement. L'Abwehr aussi a pu profiter de cette liberté.
  • Août. [Contexte] Le 18, échec du raid de Dieppe.
  • Septembre.
  • Octobre. [Contexte] Le 18, publication de l'Ordre Commando secret de Hitler[note 3]
  • Novembre
    • 11. [Contexte] En raison du débarquement réussi des Alliés en Afrique du nord (opération Torch du 8 novembre), la Wehrmacht envahit la zone libre. Cela entraîne la dissolution de l'armée française.
    • 18. Gustave Biéler « Guy », chef du réseau Tell - Musician et Michael Trotobas « Sylvestre », chef du réseau Farmer sont parachutés en France.
1943
  • Janvier. [Contexte] À la conférence de Casablanca, les alliés décident que le débarquement en France aura lieu en 1944. Le 30, création de la Milice française, en remplacement de l'armée d'armistice.
  • Février. [Contexte] Le 2, capitulation allemande à Stalingrad ; le 10, le plan de mystification Cockade, préparé par la LCS, est adopté : il doit faire croire aux Allemands à un débarquement dans le Pas-de-Calais le 9 septembre 1943, de manière qu'ils fixent leurs unités au nord, avec pour conséquence attendue la baisse de la pression en Russie (demande pressante de Staline) et en Sicile (débarquement prochain) ; le 16, cédant à la pression allemande, le gouvernement de Vichy instaure, sous l'appellation de Service du travail obligatoire - qui remplace la Relève - la mise du monde du travail à la disposition de l'occupant : tous les jeunes nés en 1920, 1921 ou 1922, doivent partir travailler pour l'industrie allemande. En réaction, de nombreux « réfractaires » refusant de partir, préfèreront s'évaporer dans la nature. C'est ainsi que vont se développer les maquis, que le SOE contribuera largement à armer et à soutenir.
  • Avril. Le réseau SPINDLE subit un revers, par l'arrestation de Peter Churchill et d'Odette Sansom.
  • Juin. Le réseau ARCHDEACON avorte : les deux Canadiens Frank Pickersgill « Bertrand », le chef du réseau, et John Macalister « Valentin », son opérateur radio, qui doivent le mettre en place dans les Ardennes, sont arrêtés peu de temps après leur arrivée en Sologne. Cela se transforme en une opération conduite par les Allemands : Josef Placke, un assistant de la section radio au 84, avenue Foch, se fait passer pour Pickersgill auprès des groupes des Ardennes et en Picardie ; Josef Götz utilise le poste radio de Macalister, avec ses codes, pour transmettre de faux messages à Londres arrangeant des parachutages qui finissent aux mains des Allemands. Cette fausse opération, appelée Funkspiel (ou jeu radio) continuera jusqu'en mai 1944, provoquant la capture d'un instructeur de sabotage et de six autres agents envoyés pour rejoindre le réseau.
  • Fin juin. Effondrement du réseau Prosper-PHYSICIAN, avec arrestation de ses dirigeants et de nombreux agents et Résistants.
  • Octobre. Arrestation de Noor Inayat Khan « Madeleine ». Début de l’intensification générale de l’action des réseaux, qui croîtra jusqu’au débarquement : création de réseaux, recrutements, parachutages, etc.
1944
1945

Moyens mis en œuvre[modifier | modifier le code]

Avions

Le nombre d'avions mis par la RAF à la disposition du SOE évolue au cours du temps. Vers la France, les chiffres sont les suivants : 5 en 1940 ; 27 en novembre 1942 ; 36 au printemps 1944. Au début, il n'y a que le squadron RAF No. 138, mais ensuite, la RAF fournit un deuxième squadron, le no 161. Ensuite, le No. 161 s'occupe des atterrissages et, lorsque cela est possible, de quelques parachutages. Le no 161 qui a sa base à Tempsford, dispose plus tard d'un terrain auxiliaire à Tangmere, plus près de la Manche, qui permet d'assurer des missions plus au sud.

Sorties d'avions

Dans le tableau suivant, les données présentées couvrent[17] :

  • la période totale d'activité, de mai 1941 à septembre 1944. Sont distingués (1) les 38 premiers mois, du premier parachutage de Bégué début mai 1941 à fin juin 1944 ; et (2) les trois derniers mois (troisième trimestre 1944), pendant lesquels l'intensité de l'action est en rapport avec le débarquement en Normandie ;
  • les missions partant d’Angleterre et celles via la Méditerranée ;
  • les missions britanniques RAF (pour le SOE) et les missions américaines USAAF. Deux escadrilles RAF exécutent les missions aériennes pour le SOE : la 138e pour les parachutages, la 161e pour les atterrissages/pick up.
RAF + USAAF
Provenance Royaume-Uni + Méditerranée
Périodes (1) + (2)

RAF
Provenance Royaume-Uni
Périodes (1) + (2)

RAF
Provenance Royaume-Uni
(1) avant 01.07.44 (38 mois)
(2) après 01.07.44 ( 3 mois)
Nombre de sorties d'avions
réussies (avec survol de la France,
pour parachutage ou atterrissage)
7498
3679
(1) 2035
(2) 1644
Nombre d'agents
envoyés en France
1784 (dont 53 femmes)
840
(1) 582
(2) 258
Tonnes
de matériels livrés
10485
5680
(1) 2457
(2) 3223
Nombre de conteneurs
de livraison des matériels
73918
53725
(1) 23793
(2) 29932
Nombre de paquets
de livraison des matériels
20354
10125
(1) 5534
(2) 4591
Armement livré en conteneurs[18] 
Type d'armement

Total
F + RF

Part
section F

Part
section RF

Kg explosifs
594010
307023
286987
Pistolet-mitrailleur Sten 9 mm. (Royaume-Uni)
197480
104536
92944
Fusil-mitrailleur BREN (Royaume-Uni)
20518
10584
9934
Fusils
127330
63857
63473
Pistolets
57849
31270
26579
Grenades Mills (Royaume-Uni)
722631
409224
313407
Grenade gammon
113830
57585
56245
Mines anti-chars
9010
5470
3540
Fusils anti-chars Boyes Rifle 13,9 mm
61
46
15
P.I.A.T. (US). Lance-roquettes à charge creuse servi par un seul homme
1206
708
498
Bazookas (Royaume-Uni). Lance-roquettes à charge creuse servi par deux hommes, tireur et servant
2440
1536
904
Mortiers
285
100
185
Carabines 300 (US)
9371
6776
2595
Marlin (US) Pistolet-mitrailleur (à partir de 1942)
1893
1317
576
Grenades incendiaires
123343
70335
53008
Divers : couteaux, plaquettes incendiaires de poche, charges altimétriques,
crayons-allumeurs à retardement, détonateurs, cartouches...
.....
.....
.....
Autres matériels livrés en paquets

Postes émetteurs, postes émetteurs-récepteurs (valise), vêtements, nourriture, tabac, boîtes de pansements de campagne, pièges (crayons truqués, lacets de souliers creux, objets courants dissimulant des explosifs, cigarettes incendiaires, etc.)

Argent fourni aux agents sur le terrain

402 millions de francs, se décomposant en :

  • 317 millions envoyés avec les opérations de la section F,
  • 63 millions levés par des emprunts sur place auprès d'hommes d'affaires amis,
  • 22 millions acheminés par les filières de la section DF.

Sort des agents de la section F[modifier | modifier le code]

  • Agents arrêtés : 1 sur 4 (1 sur 2 aux Pays-Bas, 1 sur 3 en Belgique).
  • Agents tués : 104 (91 hommes et 13 femmes). Ils sont honorés au mémorial de Valençay.

Résultats obtenus[modifier | modifier le code]

  • Résistants français armés par les agents du SOE pour réaliser les actions de sabotage : 250 000.
  • Usines sabotées : 93.
  • À partir du débarquement en Normandie, l'action de la résistance intérieure et des forces spéciales, selon le général Eisenhower, a représenté l'équivalent opérationnel de quinze divisions (Voir la boîte déroulante « Témoignages du haut commandement interallié »).

À signaler également le soutien moral à la population française qu’a constitué la présence des réseaux de la section F dès 1941. L’historien Michael R. D. Foot se remémore une conversation avec le général Colin Gubbins, chef du SOE, qui lui aurait confié : « Je crois que probablement c’est grâce aux agents SOE en France en 41-42 que la plupart des Français ont commencé à croire qu’il était possible de contester l’occupation nazie »

Section RF[modifier | modifier le code]

Créée en 1941 pour permettre la réalisation d'opérations coordonnées avec la France libre du Général de Gaulle (c'est-à-dire en pratique avec le BCRA d'André Dewavrin « Passy »), la section RF recrute des agents français.

Ses chefs successifs sont :

  • le capitaine Eric Piquet-Wicks, au début,
  • J.R.H. Hutchinson, à partir d'août 1942,
  • Bickam Sweet-Escott, à partir de l'automne 1943,
  • L.H. Dismore.

Elle a pour adresse : 1 Dorset Square, Londres[19].

  • Opérations réalisées par le SOE en liaison avec le BCRA avant la création de la section RF : Opération Savanna et Joséphine B.
  • Réseaux de la section RF : Armada, Circonférence, Cockle, Cod, Cone, Dastard, Fabulous, Fantassin, Mainmast, Oronte, Outclass, Overcloud, Périmètre, Péritoine, Rectangle, Torture, Trombone.
  • Missions de la section RF : Asymptote, Marie-Claire, Seahorse (avec Arquebuse-Brumaire du BCRA), Shrimp.
  • Raids de la section RF :Barter, Pilchard, Sling.

Section DF[modifier | modifier le code]

En tant que section indépendante du SOE chargée des lignes d'évasion, la section DF fut créée au printemps de 1942 à partir d’une branche de la section F. Les lignes d'évasion de la section DF sont : Édouard, Greyhound, Loyola, Mango, Pierre-Jacques, Sally, Stanislaus, Troy, Var, Vic.

Section EU/P[modifier | modifier le code]

La section EU/P comprend le réseau Adjudicate et la mission Monika.

Section AMF[modifier | modifier le code]

Après le débarquement en Algérie de novembre 1942, le SOE créa la base de Guyotville, à l'ouest d'Alger, commandée par Douglas Dodds-Parker. Nom de code : Massingham. Nom administratif : Issu 6 BNAF (Inter Services Special Unit/ Unité Spéciale Inter-Armées ; BNAF British North Africa Forces). L'officier chargé de l'instruction est John Anstey. Le SOE coopère avec l'OSS dans le cadre du SPOC (special operations centre). L’OSS soutient Darlan, puis Giraud. Le SOE soutient les Français Libres et les militants antifascistes. Guyotville est le point de départ d’opérations spéciales dans toute la Méditerranée occidentale. Dodds-Parker joue un rôle capital dans les négociations secrètes en vue de l’armistice signé avec l’Italie en septembre 1943.

Le centre Massingham comprenait des sections nationales. À la tête de la section AMF (Allied Mediterranean Forces), unique section nationale française, il y eut successivement Jacques Vaillant de Guélis, jusqu'en octobre 1943, puis Brooks Richards, jusqu'en octobre.

L'ennemi[modifier | modifier le code]

Côté allemand, les responsables de la lutte contre le SOE en France le plus souvent cités dans l'histoire du SOE sont les suivants. Sont présentés séparément ceux qui sont rattachés à l’Abwehr et ceux qui sont rattachés au SIPO-SD (organisation combinée état-parti calquée sur celle du RSHA).

L'Abwehr
Le SIPO-SD
  • Au niveau supérieur du SIPO-SD en France :
  • Au niveau des opérations et de l'exécution :
    • SS Sturmbannführer Karl Bömelburg, chef de la section IV du SIPO-SD en France. Cette section IV constitue la Gestapo proprement dite, chargée de « la recherche des ennemis du régime » (Juifs, opposants, communistes, résistants...) et de la répression. Elle prend progressivement en charge les tâches abandonnées par l'Abwehr, telles que le contre-espionnage.
    • SS Sturmbannführer Hans Kieffer, chef de la section IV E, chargé de la lutte contre la Résistance.
    • Josef Götz, section IV F, responsable de la conduite des Funkspiele (jeux-radio).
    • Josef Placke
    • Ernst Vogt, interprète.

Lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Le plus important lieu de mémoire relatif au SOE en France est le mémorial de Valençay, où sont honorés les 104 agents de la section F qui sont morts en mission.

Dans les camps de concentration où des agents du SOE ont été assassinés par les nazis, des plaques leur rendent hommage. Voir une liste ici.

Dans chaque région de France, des lieux de mémoire spécifiques (monuments, stèles, plaques, voies) honorent certains agents, réseaux, groupes ou résistants ayant pris part aux réseaux britanniques du SOE venus soutenir la Résistance française. Compte tenu de la mauvaise connaissance du sujet en France, le rattachement au SOE ne s’y trouve pas toujours mentionné. Le tableau suivant en présente une liste (ouverte).

Lieu de mémoire Type Organisations et personnes honorées
Commune Département Emplacement Section Réseaux, agents cités, membres des réseaux SOE cités, commentaires (*)
Valençay Indre RD 956, sortie N de Valençay Monument F Ensemble des réseaux de la section F : les 104 agents du SOE-F tués au combat ou morts en déportation
Châteauroux Indre 14, rue des Pavillons Plaque [20] F AUTOGIRO : Georges Bégué.
Tendu Indre Lieu-dit Le Cerisier Stèle [21] F Auguste Chantraine, Benjamin Cowburn, Victor Gerson, Georges Langelaan, Michael Trotobas, Jean du Puy, André Bloch, Pearl Witherington.
Beleymas Dordogne Lieu-dit Lagudal Stèle F Mission CORSICAN [22] : Clément Jumeau, Jack Hayes, Jean Le Harivel et Daniel Turberville.
Échallon Ain Prairie d'Échallon Monument F MARKSMAN : Richard Heslop « Xavier », chef du réseau ; Raymond Aubin ; Owen Denis Johnson « Gaël » et Marcel Veilleux « Yvello », opérateurs radios.
Cérans-Foulletourte Sarthe RD 323 (ex-N23),
S/O de la Chesnaie
Monument [23] F LIGHTERMAN : André Dubois « Hercule », chef du réseau
SACRISTAN : Ernest Floege « Alfred », chef du réseau.
Antibes Alpes-Mar. Bord de mer Plaque F SPINDLE : Peter Churchill « Michel », chef du réseau ; Dr Élie Lévy « Louis ».
Neaufles-Saint-Martin Eure r. Alexandre Laurent r. S. Sénécaux Monument F Prosper-PHYSICIAN : Groupe Darling, groupe local (S&O) du réseau
Paris (17e) 61 rue La Condamine Plaque F PUBLICAN : Marcel Fox ; BUTLER : Jean Bouguennec et Marcel Rousset.
Paris (3e) 9, rue Payenne Jardin DF VIC : Lazare Rachline, no 2 de ce réseau d’évasion.
Haut-Valromey Ain Plans d'Hotonnes (Hotonnes) Monument RF Mission MUSC : Forest Yeo-Thomas
Noisy-sur-École Seine-et-Marne Forêt Trois-Pignons
chemin de la Vallée Close.
Monument F PUBLICAN : Marcel Fox « Ernest », chef du réseau.
Romorantin Loir-et-Cher Quai de l’Île Marin Monument F Muriel Byck, Yvonne Rudellat, Frank Pickersgill, John Macalister
Dole Jura Maison des Orphelins[24] Plaques F SCHOLAR : Gonzague de Saint-Geniès « Lucien », chef du réseau ; Yvonne Baseden « Odette », opérateur radio.
Luzy Nièvre Monument F GONDOLIER : Paul Sarrette, alias Paul Sawyer « Louis ».
Le Mans Sarthe Poste centrale Plaque HEADMASTER : Sydney Hudson « Albin », chef du réseau
Baule Loiret Place de l’Église Monument [25] F Prosper-PHYSICIAN : Abbé Émile Pasty, membre du Groupe 55
La Chapelle-Montmartin Loir-et-Cher Les Souches Stèle F WRESTLER : Pearl Witherington-Cornioley « Pauline », chef du réseau.
Néret Indre Monument F LABOURER : Marcel Leccia « Baudouin », chef du réseau ; Élisée Allard « Henrique », second ; Pierre Geelen, « Pierre », opérateur radio..
Falaise Calvados Plaque F Prosper-PHYSICIAN : Jean-Michel et Marie Cauchy, groupe local
Loubressac Lot Route de Sarrouil Stèle F GARDENER : Gaston Collin « Horace » ; FIREMAN : frères Edmund Richard Mayer « Maurice » et Percy Mayer « Barthélémy » ; Richard Pinder
Verneix Allier Devant la mairie Plaque F FREELANCE : Nancy Wake « Hélène » courrier du réseau.
Belfort Terr. de Belf. 2 bis rue Pierre Denfert-Rochereau Plaque F STOCKBROKER : Harry Rée « César », chef du réseau.
Pierrefitte-en-Cinglais Calvados D23, au nord de Pont-d'Ouilly Monument F VERGER : Jean Renaud-Dandicolle « René », chef du réseau
Thiverval Yvelines École de Grignon AgroParisTech Plaque F PHONO : Noor Inayat Khan « Madeleine », opérateur radio de ce sous-réseau de Prosper-PHYSICIAN
Losse Landes Quartier de Lapeyrade Monument F STATIONER : Maurice Southgate « Hector », chef du réseau
WHEELWRIGHT : Yvonne Cormeau « Annette », opérateur radio ; Anne-Marie Walters « Colette », courrier ; Claude Arnault, instructeur-saboteur ; Denis Parsons « Pierrot », opérateur radio.
SCHOLAR : Gonzague de Saint-Geniès « Lucien », chef de réseau ; Yvonne Baseden « Odette », opérateur radio.
Lille Nord Cimetière de Lille-sud, section 92A Monument fun. F FARMER : Michael Trotobas « Michel », dit capitaine Michel, chef du réseau et autres morts du réseau.
(*) Légende : SOE-F = section F du SOE.

Annexes[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques et filmographiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste bibliographique sur le SOE.
  • Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8), (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre est une référence essentielle pour l'histoire du SOE en France.
  • Des Anglais dans la Résistance, une guerre irrégulière, documentaire de Jean-Louis Crémieux-Brilhac et Laurène L’Allinec, 60 min., 2012 ; première diffusion : France 5, 16 décembre 2012.
  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Robert Laffont, 1976 ; éd. revue et complétée, Crémille & Famot, 1982.
  • Dominique Venner, Histoire critique de la Résistance, Pygmalion/Gérard Watelet, 1995.
  • Hugh Verity, Nous atterrissions de nuit... Les atterrissages secrets de la RAF en France 1940-44, 1978 ; 5e éd. revue et augmentée, Vario, 2004.
  • Jean Deuve, La Guerre des magiciens, l'intoxication alliée 1939-1944, Charles Corlet, 1995.
  • Anthony Cave Brown, La Guerre secrète, le rempart des mensonges, Pygmalion/Gérard Watelet, 1981.
  • Jean Le Morillon, Un breton en Indochine. Mission Oiseau mouche , Cheminements, Collection Gens d’Ici, 2000. Jean Le Morillon, officier du BCRA, de la Force 136 du SOE puis de la DGSE, a collaboré avec le colonel britannique David Smiley pendant sa mission en Thaïlande en 1945. Son aventure est aussi racontée dans la revue Historia no 586 d’octobre 1995 et dans un reportage diffusé sur la chaîne TV Breizh en août 2001.
  • Maurice Buckmaster, They Fought Alone, the story of british agents in France (Ils combattirent seuls, l'histoire des agents britanniques en France), Odhams Press Limited, 1958. L'auteur est le chef de la section française (F).
  • Professor William Mackenzie, The Secret History of SOE - Special Operations Executive 1940-1945, BPR Publications, 2000. (ISBN 0953615189).
  • David Stafford, Secret Agent - The True Story of the Special Operations Executive, BBC Worldwide Ltd, 2000. (ISBN 0563537345).
  • Jean Overton Fuller, The Starr Affair. Ce livre raconte l'histoire de John Renshaw Starr.
  • Leo Marks, Between Silk and Cyanide, 1998. Marks fut le chef des Codes au SOE, et son livre relate son combat pour introduire un meilleur cryptage utilisable par les agents.
  • Marcel Ruby, La Guerre secrète. Les Réseaux Buckmaster, Éditions France-Empire, 1985.
  • Alain Guérin, Chronique de la Résistance, Omnibus, 2000, (ISBN 2-7441-5190-4). (Cet ouvrage constitue une édition revue, corrigée, complétée et augmentée de La Résistance : Chronique illustrée (1930-1950), Livre-Club Diderot, 1972-1976)
  • Gérard Le Marec, Les Maquis dans la guerre, Famot, 1980.
  • Robert et les ombres, documentaire de Jean-Marie Barrère, 2005. Histoire de résistants français et d'agents du SOE, dans le Gers et les Landes.
  • La Guerre au jour le jour. Résistance et collaboration; Pour ou contre l'occupation nazie, Edito-Service S.A., Genève, 1981.
  • André Courvoisier, Le réseau Heckler : de Lyon à Londres, Paris, France-Empire, , 299 p. (ISBN 978-2-704-80342-2).
  • Janusz Piekałkiewicz, Les grandes réussites de l'espionnage, édition française : Fayard et Paris-Match, 1971.
  • (en) Peter Jacobs, Setting France Ablaze. The SOE in France during WWII, Pen & Sword, Military, copyright Peter Jacobs, 2015, (ISBN 978 1 78346 336 7).
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, France — Grande-Bretagne. Deux visions de la Résistance française, Le Débat, no 177, novembre-décembre 2013.

Odette Sansom[modifier | modifier le code]

Nancy Wake[modifier | modifier le code]

  • Nancy Wake, La Gestapo m'appelait la souris blanche, une australienne au service de la France, coll. Résistance-Liberté-Mémoire, éd. du félin, 2001. Cette autobiographie est la traduction du livre paru en Australie, Nancy Forward, The White Mouse, 1985.
  • (en) Nancy Wake Codename: The White Mouse, 1987, documentaire sur l'activité de Nancy Wake pour le SOE, en partie racontée par elle-même.
  • Alain Decaux, Alain Decaux raconte 2, Librairie Académique Perrin, 1979.

Affaire de la Chatte[modifier | modifier le code]

Épisode de la lutte de l'Abwehr, l'affaire de la Chatte (pseudo de l'agent triple Mathilde Carré), dans lequel le Feldwebel Hugo Bleicher joua un rôle déterminant en démantelant, en 1941, le réseau de renseignements franco-polonais INTERALLIÉ et, en 1942, le premier réseau du SOE en France, Autogiro, de Pierre de Vomécourt.

Réseau Prosper-PHYSICIAN[modifier | modifier le code]

  • Richard Seiler, La Tragédie du Réseau Prosper, Pygmalion, 2003.
  • John Vader, Nous n'avons pas joué, l'effondrement du réseau Prosper 1943, traduction, notes et annexes de Charles Le Brun, Le Capucin, 2002. Ce livre est la traduction française de (en) Prosper double-cross, Sunrise Press, 1977.
  • Jacques Bureau, Un soldat menteur, Robert Laffont, 1992. Témoignage direct d'un membre du réseau.
  • Jean Lartéguy et Bob Maloubier, Triple jeu, l'espion Déricourt, Robert Laffont, 1992.
  • Georges Mourier, Mentir ?, documentaire, collection Le Choix des Hommes, 2000.
  • (en) Francis J. Suttill, Shadows in the Fog, the true story of Major Suttill and the Prosper French Resistance network, The History Press, 2014, (ISBN 978 0 7509 5591 1).

Réseau Salesman, Violette Szabo, Bob Maloubier[modifier | modifier le code]

Fictions librement inspirées du SOE[modifier | modifier le code]

  • (film) Jean-Paul Salomé, Les Femmes de l'Ombre, 2008 ; (livre du même titre) Laurent Vachaud, 2008.
  • (roman) Joël Dicker, Les Derniers Jours de nos Pères, Éditions de Fallois/L’Âge d’Homme, 2012.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Débat, revue bimestrielle, no 177, novembre-décembre 2013.
  2. Source : M. Buckmaster, They fought alone, p. 74.
  3. Six corps francs : Pierre de Mérignac, Dédé le Basque (André Bouillard), Léon des Landes (Léonce Dussarat), Arcachon, Fernand, Georges
  4. Responsables des corps francs : André Bouillard (Dédé le Basque), Léonce Dussarat (Léon des Landes), etc.
  5. Sauf Jura et Ain
  6. SALESMAN avait réalisé une mission en Normandie en 1943 : SALESMAN I.
  7. Foot, p. 243.
  8. la confirmation est donnée par Georges Bégué dans son message à Londres du lendemain, 9 mai 1941.
  9. À noter l'antériorité des liaisons établies vers Londres par certains réseaux de renseignements, tels que :
  10. dans la propriété « Bassoleil » de son frère Philippe de Vomécourt
  11. a et b Dix mois plus tôt, l’Intelligence Service avait réalisé le premier atterrissage et la première récupération, en ramenant Phillip Schneidau dans la nuit du 19-. Source : magazine Icare, numéro 141, 1992, p. 27.
  12. Brooks Richards, p. 928.
  13. Commentaire d’Hugh Verity : « Atterri avant lever de la lune (expérience à ne pas renouveler) ». [Source : Verity, p. 271].
  14. Courvoisier 1984, p. 116.
  15. Cette villa, située sur la corniche, à Marseille, retirée au fond d'une impasse et difficile à surveiller (selon la police) a pour adresse exacte « Villa des Bois, vallon de la Baudille, Marseille » et pour téléphone D. 44.22. [Source : Maurice Nicault, Les insurgés, p. 78]
  16. Georges Bégué, Jean Bouguennec (alias Francis Garel), Clément Jumeau, George Langelaan, Jean Le Harivel, Philippe Liewer, Robert Lyon, Jean Pierre-Bloch, Raymond Roche, Michael Trotobas, Jack Hayes
  17. Les données sont déduites de M. R. D. Foot, SOE in France.
  18. Selon Gérard Le Marec.
  19. Les Réseaux Action de la France Combattante, 1986, p. 19
  20. Plaque posée pour l’émission vers Londres du premier message radio SOE-F, le .
  21. Stèle érigée en hommage au propriétaire du champ, Auguste Chantraine et aux agents parachutés là : six le et Pearl Witherington le , ainsi que
  22. Mission Corsican : premier parachutage d’hommes et d’armes de la section F, le 10/.
  23. Monument dit Hercule-Buckmaster
  24. 175, avenue Jacques-Duhamel
  25. Monument « À l’abbé Pasty ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'écrivain Ian Fleming, qui connaissait Maurice Buckmaster et son assistante Vera Atkins, est connu pour les avoir pris partiellement comme modèles pour « M » et « Miss Moneypenny » dans ses romans d'espionnage James Bond. Dans son premier roman Bond, Fleming aurait fondé le personnage « Vesper Lynd » sur la belle Krystyna Skarbek (Christine Granville), agent SOE.
  2. Les Britanniques écriront : « Nous ne pouvons accepter votre proposition. Le gouvernement de Sa Majesté considère comme essentiel que le SIS et le SOE puissent établir des contacts avec tout élément français de leur choix, sans devoir tenir compte de leur allégeance politique. »
  3. L'Ordre Commando stipulait que tous les commandos trouvés en Europe et en Afrique soient tués immédiatement, même s'ils étaient en uniforme et même s'ils voulaient se rendre.