Alain de Boissieu

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Alain de Boissieu
Alain de Boissieu

Naissance
Chartres (France)
Décès (à 91 ans)
Clamart (France)
Origine Drapeau de la France France
Grade Général d'armée
Années de service 1936-1975
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Commandement École militaire de Saint-Cyr
État-major de l'Armée de Terre
Faits d'armes Débarquement de Dieppe
Débarquement de Normandie
Distinctions Légion d'honneur (Grand Croix)
Compagnon de la Libération
Ordre de l'Étoile noire (Grand Croix)
Ordre national du Mérite (Grand Croix)
Croix de Guerre 1939-1945 (7 citations)
Croix de la Valeur Militaire (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille des évadés
Autres fonctions Grand chancelier de la Légion d'honneur
Chancelier de l'Ordre national du Mérite
Chancelier de l'Ordre de la Libération
Famille Famille de Boissieu
Époux d’Élisabeth de Gaulle

Alain Henry Marie Joseph de Boissieu-Déan de Luigné, né le à Chartres et mort le à Clamart, est un militaire français, compagnon de la Libération et gendre du général de Gaulle. Grand chancelier de la Légion d'honneur du au .

Homme d'éclat qui attache une grande importance à son honneur, il commande en juin 1940, contre des troupes allemandes, l'une des dernières charges de cavalerie sabre au clair de l'armée française. Fait prisonnier, il s'évade par la Pologne vers la Russie, passant des camps de prisonniers nazis aux camps staliniens. Une fois l'URSS entrée en guerre contre l'Allemagne en 1941, il rejoint la France libre et participe aux combats de la Libération. Il sert au sein de la célèbre 2e DB jusqu'au Berghof, résidence d'Hitler, où il découvre un livre du général de Gaulle annoté de la main du Führer[1].

Devenu l'un des fidèles du général de Gaulle, il épouse sa fille Élisabeth de Gaulle et fait ainsi partie de son premier cercle. Lors de l'attentat du Petit-Clamart en 1962, il sauve probablement la vie du président de la République Charles de Gaulle son beau-père en lui disant de se baisser pour échapper à la mitraille. En 1981, il démissionne de la Grande chancellerie de la Légion d'honneur, afin de ne pas avoir à remettre le collier de grand maître de l'Ordre au nouveau président François Mitterrand.

Sa carrière militaire est notamment couronnée par le commandement de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1964) puis par le poste de chef d'état-major de l'armée de terre (1971-1975).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Henri de Boissieu et de Marguerite Froger de Mauny, Alain de Boissieu étudie au lycée privé Sainte-Geneviève puis entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1936 (promotion du « Soldat inconnu ») et poursuit sa formation militaire à l'École d'application de la cavalerie de Saumur en 1938.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il se fait remarquer en arrêtant une attaque ennemie le , au nord d'Époye (Marne). Il y fait preuve de beaucoup de calme et de sang-froid : alors que son peloton de canons antichars est encerclé, le sous-lieutenant de Boissieu charge les Allemands sabre au clair à la tête de ses 35 cavaliers. Épisode héroïque – et historique – puisqu'on peut penser que ce fut la dernière charge en France de la cavalerie française[2],[3].

C'est alors qu'il est prisonnier et en partance pour la captivité en Allemagne qu'il entend parler de l'appel du 18 juin du général de Gaulle. Il ne cesse de vouloir s'évader pour reprendre la lutte et rejoindre l'homme de Londres. Il parvient à s'évader de son oflag du nord-est de l'Allemagne, en Poméranie, le . En compagnie de Jacques Branet et de Aloyse Klein, il atteint la Pologne occupée puis l'URSS où il est de nouveau interné, les Soviétiques n'étant officiellement pas en guerre. Ce n'est qu'après l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht que — parmi les 185 militaires français autorisés par Staline à reprendre le combat contre le Troisième Reich en échange des réfugiés russes livrés par le Royaume-Uni — Alain de Boissieu se trouve en mesure de rejoindre le général de Gaulle à Londres.

Il sert ce dernier au sein de son état-major particulier, et participe aux opérations de Bayonne (Pâques 1942) et au raid sur Dieppe (août 1942). Il participe également aux opérations de transfert d’autorité entre l’Empire britannique et la France libre sur les colonies françaises de Madagascar et de Djibouti, que le premier avait reconquis sur les forces françaises fidèles au régime de Vichy. Il débarque ensuite en Normandie le et est blessé le 12 août. Il se fait encore remarquer par ses actes d'héroïsme lors des combats de la forêt d'Écouves puis à Paris le . Le il succède au capitaine Branet à la tête de la 3e compagnie (devise « Partout où passe le vent ») du 501 RCC et participe avec elle à l'entrée en Allemagne jusqu'à la prise de Berchtesgaden.

Promu en 1945 chef d'escadron, il entre au cabinet militaire du général de Gaulle. Le , il épouse la fille aînée de ce dernier, Élisabeth de Gaulle, dont il a une fille, Anne de Boissieu en 1959.

En 1956, lors de la guerre d'Algérie, le colonel de Boissieu fait à nouveau la preuve de ses qualités militaires : il reçoit alors la croix de la Valeur militaire avec deux citations et la cravate de commandeur de la Légion d'honneur. Promu par la suite général de brigade, il obtient en septembre 1964 le commandement de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et celui de l'École militaire interarmes de Coëtquidan, commandements qu'il exerce pendant trois ans.

Le , accompagnant dans leur voiture le général et madame de Gaulle, il est assis à côté du chauffeur de la DS 19 présidentielle quand celle-ci essuie des tirs d'armes automatiques, lors de l'attentat du Petit-Clamart. De Gaulle rapporte que son gendre lui a intimé l'ordre de se mettre à l'abri, lui disant : « À terre, père ! » (« père » ou « mon père » était le qualificatif qu'il employait communément lorsqu’il s’adressait au général).

Par la suite, il est nommé inspecteur de l'Arme blindée et cavalerie puis devient membre du Conseil supérieur de la guerre (1969-1971).

Général d'armée en , il exerce les fonctions de chef d'état-major de l'Armée de terre jusqu'en février 1975. Devenu grand chancelier de la Légion d'honneur et chancelier de l'Ordre national du Mérite, il démissionne de ses fonctions avec fracas en afin de ne pas avoir à remettre le collier de grand maître de l'Ordre à François Mitterrand, nouvellement élu président de la République. Il lui reprochait d’avoir considéré Charles de Gaulle comme un « dictateur » dans son livre Le Coup d'État permanent.

Il meurt à Clamart, le . Ses obsèques furent célébrées le dans la cour d'honneur de l'hôtel national des Invalides à Paris en présence de Jacques Chirac, président de la République et de nombreuses autres personnalités dont les anciens premiers ministres, Pierre Messmer et Édouard Balladur.

Alain de Boissieu a été inhumé à Colombey-les-deux-Églises dans une tombe voisine de celle du général de Gaulle.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Rubans aux couleurs des décorations françaises plus certaines décorations étrangères :
                   Presidential Unit Citation                                                         Légion d'honneur Compagnon de la Libération Ordre national du Mérite Croix de Guerre 1939-1945
                                                                                    Croix de la Valeur militaire Médaille de la Résistance Médaille des évadés Combattant volontaire de la Résistance
                                                                                    Services volontaires dans la France libre Palmes académiques Ordre de l'Étoile noire Legion of Merit

Intitulés des décorations françaises[modifier | modifier le code]

Intitulés des décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Pour combattre avec de Gaulle (1940-1945) 1981
  • Pour servir le Général (1946-1970) 1982

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]