François Vallée (résistant)

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François Vallée ( - 1944), fut pendant la Seconde Guerre mondiale un résistant français, agent du service secret britannique Special Operations Executive. Ses missions le conduisirent en Tunisie où son organisation coula des navires transportant du minerai[1], et en Bretagne. Arrêté par les Allemands, il fut déporté et exécuté.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : François Marie Joseph Emile Vallée[2]
  • Comme agent du SOE, section F :
    • Nom de guerre (field name) : « Oscar »
    • Nom de code opérationnel : PARSON (en français ECCLÉSIASTIQUE)
    • Autres pseudos : Franck, Jacques André de Lormes.

Parcours militaire :

  • Armée française : 6e Dragons ; 7e Groupe de la division de reconnaissance (Sergent-chef).
  • SOE, section F ; grade : captain.

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Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

1912. Naissance de François Vallée le 1er janvier à Plounévez-Moëdec (Côtes-du-Nord)[1]. Son père est papetier et exploite une usine à Plounévez-Moëdec[1]. Son oncle et homonyme François Vallée est un spécialiste de linguistique bretonne.

Scolarité : Saint-Pol-de-Léon et Saint-Brieuc.

1931-1932. Il sert au 6e régiment de dragons.

Activité dans la vie civile : responsable des ventes.

1939. Il sert comme sergent-chef au 7e GRD (groupe de reconnaissance divisionnaire).

1940. Le 17 juin, il est fait prisonnier et s'évade, réussissant à rejoindre Toulon.

1941. Il est à Tunis. Pendant sa période tunisienne, il réalise les exploits suivants : • À deux reprises, de nuit, il passe des documents à un sous-marin au large de Tunisie, en récupérant des matériels radio et des explosifs. • À la gare de Tunis, il sabote les moteurs d'un convoi de camions en livraison aux Italiens en Tripolitaine. • Dans la cour du quartier des zouaves à Gabès, il endommage, à l'aide de grenades incendiaires, les réservoirs d'essence d'un autre convoi de camions destiné aux Italiens. • En nageant de nuit dans le port de Tunis, il attaque les bateaux italiens Siris et Achille avec des charges spéciales. Mais comme elles n'explosent pas la première fois, l'opération doit être répétée. L’Achille coule dans le port de La Goulette avec un chargement complet de 3 500 tonnes de minerai. Le Siris coule en mer entre Tunis et Naples, avec un chargement estimé entre 4 000 et 5 000 tonnes. • Après la vente du tanker Beauce aux Italiens, le lieutenant François Vallée s'approche en nageant et pose dessus une charge, juste avant son départ. Il est découvert et arrêté le 21 juin 1941 à La Goulette. Condamné le 31 juillet 1941 à 2 ans d'emprisonnement par la Cour Martiale de Bizerte. Mais quand les Allemands envahissent Tunis, les autorités françaises le relâchent après 17 mois en prison le 8 novembre 1942[3].

1943. Réseau MOUNIER à Tunis. Il rejoint le SOE.

  • Janvier. Venant de Tunis, via Gibraltar, il arrive par bateau en Angleterre le 27.

Il reçoit l'entraînement intensif. Il est élevé au grade de capitaine. Il se déclare volontaire pour une mission en France.

Mission en France
Définition de la mission : monter et diriger le réseau PARSON en Bretagne. Préparer les sabotages pour le D-day. Son nom de guerre est « Oscar ».
  • Juin. Le 17, il est parachuté en Bretagne. Il établit son quartier général à Rennes, dans la maison de Madame Prod'homme (pseudo Herminie), 1, boulevard Magenta.
  • Juillet. René Bichelot « Alvar » (connu aussi sous le nom de Raymond Bachelier) reçoit l'ordre de se présenter au Bureau des travailleurs à envoyer en Allemagne. Étudiant à l'École dentaire de Rennes, il part aussitôt se cacher à 6 km de Martigné-Ferchaud, ayant obtenu une fausse carte d'identité au nom de René Bertrand. Là, avec André Hubart (véritable nom André Hunter-Hue), il fait la connaissance de François Vallée, qui les recrute pour aider à la réception d'un parachutage. Celui-ci a lieu le 24, et amène : Georges Clément « Edmond », qui vient comme opérateur radio du réseau ; lieutenant Henri Hubert Gaillot « Ignace », qui vient comme assistant de Vallée.
  • Août. Le 10, le capitaine Vallée signale qu'il a organisé des groupes de sabotage de 10 à 15 hommes chacun, dans plusieurs départements : Ille-et-Vilaine, Mayenne, Côtes du Nord, Loire-inférieure. Il rapporte également qu'il dispose de bandes de guerilla prêtes à harceler les mouvements de l'ennemi sur ordre de Londres. Il freine les sabotages du moment de façon à éviter les représailles. Vallée indique vingt terrains possibles pour recevoir des parachutages. Mais seuls ceux situés à l'ouest et au nord-est de Noyal-sur-Souillard[4] et au Bois-Jean[5], à deux kilomètres au sud-est de Guer furent utilisés pour trois parachutages.
  • Septembre. Vers la fin du mois, après le bombardement de Nantes, neuf aviateurs américains atterrissent dans les environs. Trouvés par diverses personnes, ils sont récupérés par René Bichelot et emmenés à la maison du général Allard à Messac. On leur fournit de fausses identités ; et une semaine plus tard René Bichelot les emmène à Rennes où ils sont installés dans deux maisons sûres en attendant d'être évacués par un réseau d'évasion. Ils arriveront en Angleterre le 2 décembre. André Hubart, quant à lui, va se cacher près de Pleurnel[6]. Il ira directement en Angleterre par mer, où il arrivera le et se portera volontaire pour d'autres missions.
  • Octobre. Une opération de parachutage a lieu près de Guer. Le temps était très mauvais. Le comité de réception récupère les 15 containers d'armes et d'explosifs attendus, les enterre et plante des choux par-dessus. Le matin suivant, René Bichelot remarque des gens qui examinent des morceaux d'un container qui, poussé par un vent violent, a dérivé et a heurté le toit d'une maison. Le vicomte Bouexic de la Driennay est un membre du groupe de Guer et travaille avec Touzet. Bien que le vicomte fut absent pendant le parachutage, l'un de ses ouvriers, agent du Francisme, qui a assisté à l'enterrement des containers, livre le réseau à la Gestapo. 35 personnes furent arrêtées. 17 déportées, 11 ne sont pas revenues des camps[7]. Le capitaine Vallée ordonne à René Bichelot de quitter la France.
  • Novembre. Georges Clément est arrêté pendant qu'il émet depuis une ferme à Hédé[8]. Il sera exécuté à Mauthausen en septembre 1944.
  • Décembre. Le réseau PARSON est infiltré par la Gestapo. François Vallée et Henri Gaillot doivent se réfugier à Paris.

1944.

  • 3 février. Après que le réseau PARSON s'est effondré, Vallée cherche à rentrer en Angleterre avec Gaillot. Ils sont arrêtés par la Gestapo au moment de quitter Paris pour une opération de ramassage par Lysander. On les voit pour la dernière fois dans la prison du 3, place des États-Unis.
  • Août ou septembre. Ils sont exécutés au camp de concentration nazi de Gross-Rosen[9]

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • En tant que l'un des 104 agents de la section F du SOE morts pour la France, François Vallée est honoré au mémorial de Valençay, Indre, France.
  • Au mémorial du camp de concentration de Gross-Rosen, situé près de Rogoźnica (Pologne), une plaque honore la mémoire des dix-neuf agents de la section F qui y ont été exécutés en août-septembre 1944, dont François Vallée. Réalisée en granit local, en provenance d'une carrière où devaient travailler les détenus, elle a été élevée sur l'initiative du Holdsworth Trust.
  • À Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vilaine), un monument, inauguré en janvier 1950, rappelle le triste sort que les Allemands réservèrent aux 57 membres du réseau, dont François Vallée, dont le nom figure en tête de liste.

Utilisation de son nom[modifier | modifier le code]

  • Le musée des nageurs de combat, au centre parachutiste d'entraînement aux Opérations maritimes de Quélern, a été baptisé Musée François Vallée, Compagnon de la Libération lors d'une cérémonie qui s'y est tenue le [10].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alain Lozac'h, Petit lexique de la Deuxième Guerre mondiale en Bretagne, Éditions Keltia Graphic, Spézet, 2005, p. 174.
  2. État civil
  3. Division des archives des victimes des conflits contemporains de Caen. Dossier François Vallée
  4. Nom exact à vérifier.
  5. http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/oscar/intro.htm#deb1
  6. À vérifier.
  7. http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/oscar/synth.htm#deb1
  8. Il a l'habitude d'émettre depuis plusieurs endroits : • Château de La Flèche, à un kilomètre de Guer • Châteaubriant • Saint-Aubin-du-Cormier, • Ferme d’Hamelin-l'Augaudière (nom à vérifier), près de Retiers • Près de Saint-Brieuc.
  9. Notice du site de l'Ordre de la Libération.
  10. Source : Libre résistance, no 11, 1er trimestre 2004, p. 5

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]