Alfred Touny

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Alfred Touny
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Alfred Touny.
Alias
Alfred Langlois - Murat - Mortier
Naissance
Paris
Décès (à 57 ans)
Arras
Nationalité Française
Distinctions

Alfred Touny, né à Paris le et fusillé à la fin du mois d'avril 1944 dans les fossés de la citadelle d'Arras, est un résistant français, compagnon de la Libération. Il contribua notamment à la création de l'Organisation civile et militaire (OCM) et siégea au Conseil national de la Résistance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred-Georges-Jean René Touny est le fils de Marie-Cécile-Armantine Catois (1863-1908) et du commissaire Émile Touny (1852-1933), directeur de la police municipale de Paris entre 1897 et 1914[1].

Après de brillantes études au lycée Henri-IV à Paris, il entre à Saint-Cyr en 1904 et en sort, en 1906, major de la promotion « Centenaire d'Austerlitz ». Il est affecté à l'État-major du corps de cavalerie. Le [Quand ?], il est blessé par balle à Nanteuil-le-Haudouin. En 1917, il est nommé capitaine et, au terme de la Grande Guerre, il est décoré de la Légion d'honneur ; il reçoit six citations. En 1920, il démissionne de l'armée et s'inscrit au barreau de Paris, qu'il quitte en 1923 pour l'industrie. Lieutenant-colonel de réserve en 1938, il est rappelé en pour servir à nouveau à l'État-major du corps de cavalerie à Saint-Quentin puis, en , au 2e Bureau de l'État-major de la IVe Armée, sur le front de Lorraine.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Officier conservateur, Alfred Touny adhère aux Croix-de-Feu du colonel de La Rocque. Lorsque l'association est dissoute en , il rejoint la formation qui lui succède, le Parti social français (PSF). Il préside le comité PSF du 16e arrondissement de Paris, une importance section de la capitale. En , La Rocque lui remet sa rosette d'officier de la Légion d'honneur. Cependant, comme bon nombre d'anciens Croix-de-Feu, Touny accepte mal la transformation politique du mouvement. À l'instar de Joseph Pozzo di Borgo, il finit par démissionner du PSF et rompt avec La Rocque. À l'automne 1937, il témoigne même contre ce dernier dans le procès en diffamation qu'il intente au colonel Guillaume, directeur du magazine d'extrême-droite Choc, dans l'affaire des fonds secrets[2],[3].

Résistance[modifier | modifier le code]

Dès il essaie d'établir des contacts et de chercher des renseignements. Il rencontre Jacques Arthuys et participe avec lui à la création de l'Organisation civile et militaire (OCM), dont il dirige le réseau de renseignements. Il recrute lui-même un grand nombre d'agents avec lesquels il constitue un réseau couvrant tout le Nord et l'Ouest de la zone occupée. En , le fondateur de l'OCM, Jacques Arthuys, est arrêté et le lieutenant-colonel Touny prend sa place à la tête du mouvement.

Pierre Brossolette met l’OCM en contact avec Gilbert Renault, alias le colonel Rémy, fondateur du réseau Confrérie Notre-Dame, grâce auquel les informations de l'OCM peuvent être transmises aux services secrets de la France libre, le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Engagé dans les Forces françaises libres le , Alfred Touny, avec le soutien de la Confrérie Notre-Dame, voit son réseau de renseignements, devenu le réseau Centurie, s'agrandir considérablement. Il règle avec Londres et le Bureau des opérations aériennes (BOA) les opérations de parachutage qui permettent d'armer les membres de l'organisation.

D'autre part, sous le nom de « Langlois », il siège au Conseil central de la Résistance puis au Conseil national de la Résistance (CNR) comme président de la commission militaire, où il contribue à réaliser en zone Nord les projets du général Vidal (alias Charles Delestraint) premier chef de l'Armée secrète (AS), arrêté en à Paris, et à constituer avec les éléments de diverses organisations de résistance l'Armée secrète.

Décès[modifier | modifier le code]

Arrêté à son domicile parisien le , il est fusillé dans les fossés de la citadelle d'Arras à la fin du mois d'. Son corps est inhumé dans le caveau no 10 du Mémorial de la France combattante au mont Valérien (Suresnes).

Son fils Roger Touny (1922-1991), engagé dès juillet 1940 dans la France libre alors qu'il n'avait que 18 ans, est également Compagnon de la Libération.

Plaque commémorative près du domicile parisien d'Alfred Touny au no 5 de la rue du Général-Langlois.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, état civil du 2e arrondissement, registre des naissances de 1886, acte no 1167 (vue 4 sur 31).
  2. Jean-Paul Thomas, « Le Parti social français et le monde militaire » dans Militaires en République: les officiers, le pouvoir et la vie publique en France (1870-1962), Olivier Forcade, Eric Duhamel, Philippe Vial (dir.), Paris, Publications de La Sorbonne, 1999, p. 423.
  3. Il s'agit d'un scandale politique qui secoua la droite française à la fin des années 1930. André Tardieu, ancien ministre et président du Conseil, confia aux adversaires de La Rocque que ce dernier avait émargé aux fonds secrets distribués par lui. Guillaume publia ces accusations dans son mensuel, ce qui valut, à lui et d'autres, une série de procès en diffamation intentés par La Rocque dans les années 1937-1938.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Piketty, article « Alfred Touny » in Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]