Allianz

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48° 09′ 16″ N 11° 35′ 20″ E / 48.15444, 11.5889

Allianz

alt=Description de l'image Allianz-Asobal.png.
Création 1891
Forme juridique Société européenne depuis 2006
Slogan Avec vous de A à Z
Siège social Drapeau d'Allemagne Munich, Bavière (Allemagne)
Direction Michael Diekmann (CEO)
Activité assurance de personnes, assurance de biens et responsabilité, assurance crédit, assistance, gestion d’actifs, banque
Filiales 5 % de Bayer (entreprise)
Assurances générales de France
Effectif Monde : 144 094 (2012[1]) – France 11 800 (2010)
Site web www.allianz.fr
Chiffre d’affaires en augmentationMonde : 110,8 milliards d'euros (2013)
+2,7 %
Résultat net en augmentation 6.0 milliards d’euros (2013)
+14.6 %
Le logo original de l'entreprise

Allianz SE, créé en 1890 à Berlin, est un groupe d'assurances, le premier assureur européen, et le deuxième gestionnaire d'actifs au monde[réf. nécessaire].

Le groupe est diversifié entre l'assurance-dommage et l'assurance-vie, et est actif en Allemagne, en France et en Italie. Le groupe utilise également son réseau d'agents d'assurance pour vendre des produits bancaires.

En février 2007, Allianz acquiert 100 % du capital d'AGF. Le groupe est l'ancien propriétaire de la Dresdner Bank en Allemagne, cédée à Commerzbank en septembre 2008 pour 9.8 MM €.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création d'Allianz et premiers développements[modifier | modifier le code]

À l'été 1890, le directeur de Munich Re (Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft), Carl von Thieme (18441924), et le banquier munichois Wilhelm Finck (18481924) décident de s'associer pour lancer une compagnie d'assurances. Les deux hommes avaient remarqué une augmentation des risques liés aux activités de l'ère industrielle durant les quinze dernières années, du fait de la Grande dépression. La nouvelle compagnie, au capital de 4 millions de marks[2], fut nommée Allianz Versicherungs-Aktiengesellschaft et les statuts signés à Munich en Allemagne, mais le siège fut établi à Berlin, dans la capitale. Offrant au départ des services d'assurances pour le transport et les risques d'accidents, Allianz développa rapidement une offre de couverture incendie[3].

Le logo est alors composé de l'aigle du reich (Reichsadler), de l'enfant munichois (Münchner Kindl), et de l'ours de Berlin[2].

Paul von der Nahmer devient le deuxième dirigeant à partir de 1904 et renforce considérablement les activités internationales. Dès 1913, 20 % des revenus proviennent de l'étranger[3], principalement par ses bureaux londoniens spécialisés dans la protection des risques financiers. Mais les conséquences de la Première Guerre mondiale restreignent dans un premier temps le développement international d'Allianz.

Durant les années 1920, Kurt Schmitt, directeur général, initie une série d'acquisitions : la Bayerische Versicherungsbank, puis la Stuttgarter Verein fusionnèrent avec Allianz. Durant l'été 1929, la Favag (Frankfurter Allgemeine Versicherungs-AG), leader allemand du marché de l'assurance, fait faillite après avoir maquillé ses comptes pendant plusieurs années : le scandale est énorme et Allianz se porte acquéreur des actifs[2]. En 1932, Allianz ouvre un centre de test de résistance des matériaux, l'actuel Centre Allianz pour la Technologie, entièrement consacré à la recherche sur les dommages.

Allianz sous le nazisme[modifier | modifier le code]

L'arrivée du Parti national-socialiste des travailleurs allemands au pouvoir en octobre 1932 conduit la direction d'Allianz à participer à la mise en place du nouveau régime. Comme dans la plupart des grandes entreprises allemandes, les délégués du personnel furent remplacés par des membres du parti nazi et les salariés de confession juive furent licenciés. Hauts dirigeants d'Allianz dès 1930, Kurt Schmitt et Eduard Hilgard s'impliquèrent tout spécialement dans la montée au pouvoir du parti, soutenant par exemple Hermann Göring. Schmitt fut par la suite nommé ministre de l'économie de 1933 à 1935 ; il aimait beaucoup poser en uniforme nazi[4]. Hilgard, lui, dirigea le Reichsgruppe Versicherungen (association au sein du Reich des assureurs privés).

Au lendemain de la Nuit de Cristal, Hilgard, en tant que directeur d'Allianz, se retrouve face à un dilemme : soit rembourser des clients juifs victimes des dégâts commis par les nazis (200 synagogues incendiées, 7 500 magasins détruits par les Sturmabteilung[5]), soit refuser de les indemniser, dans la mesure où l'État couvrait ces crimes. Durant la période qui vit peu à peu la disparition des juifs allemands et étrangers (exil, déportation), Allianz se refusa à payer les indemnités dues au titre de l'assurance-vie ; elle s'associa, au contraire, à la Solution finale : ainsi, Allianz fut l'assureur de la plupart des entreprises SS, et donc de l’État nazi, installées dans les camps de concentration et d'extermination[6],[4].

L'annexion de la Pologne par l'Allemagne nazie en 1939 conduisit à une intensification des besoins d'assurance des risques liés à la guerre dans des secteurs en croissance comme la Marine, la Construction, l'Assurance-vie et incendie des secteurs industriels.

Mais les ravages de la guerre furent tels qu'il devint très difficile pour Allianz de continuer ses opérations : elle vit peu à peu son patrimoine immobilier détruit, et à la fin de la guerre, la majorité des avoirs d'Allianz étaient également anéantis[réf. nécessaire].

Les compensations après 1945[modifier | modifier le code]

Après le 8 mai 1945, une série de lois votées par les Alliés obligèrent l'Allemagne à indemniser les personnes victimes des confiscations et spoliations orchestrées sous le régime nazi. À partir de 1993, Allianz, à l'instar de la plupart des grosses entreprises allemandes impliquées sous le nazisme, ouvre ses archives et pratique une politique de transparence[7] en confiant à des historiens indépendants le soin d'en rédiger les pages, dont le cabinet d'audit Arthur Andersen[7]. Une ligne téléphonique est également ouverte en Europe, Aux Etats-Unis et en Israël pour permettre aux victimes ou à leurs descendants de faire valoir leurs droitsref name="ouverture archives"/>. En 1997, Henning Schulte-Noelle, alors président d'Allianz, prit finalement la décision d'ouvrir librement les archives en demandant à Gerald D. Feldman, historien de l'Université de Berkeley de mener un vaste projet sur les activités d'Allianz durant la Seconde Guerre mondiale[8]. Ces recherches entraînèrent de nouvelles réclamations de victimes du nazisme et de leurs descendants. En 1997, Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), appelle au boycott de la compagnie d'assurances après que le journal Der Spiegel révéla qu'Allianz fournissait des polices d'assurance à plusieurs camps de concentration nazis, dont celui d'Auschwitz[7].

En 1998, Allianz rejoint un groupe d'industriels allemands, qui, sous l'impulsion de Gerhard Schröder, décide d'indemniser les victimes des années de guerre, et devient membre de l'International Commission on Holocaust Era Insurance Claims. La société déclara alors avoir rapidement payé les demandes qu'elle estimait justifiées, ce qui fut contesté par la suite[réf. nécessaire].

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Les activités reprirent lentement après la guerre et ce n'est qu'à la fin des années 1950 qu'un bureau parisien fut inauguré et, dans les années 1960, une filiale ouvrit en Italie. Pendant les années 1970, Allianz ouvre des filiales au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne, au Brésil et aux États-Unis. Avec la prise de contrôle de Cornhill Insurance PLC, Londres, et une prise de participation dans la Riunione Adriatica di Sicurt' (RAS, Milan), Allianz renforça sa présence en Europe du Sud et de l'Ouest dans les années 1980.

La présence à l'international[modifier | modifier le code]

La présence internationale d'Allianz (2009)

Les années 1990 et 2000 furent dominées par les activités internationales. La Hongrie fut le premier des 8 pays d'une expansion en Europe de l'Est. En 1990, Allianz fait l'acquisition de l'américain Fireman's Fund Insurance Company pour 3,3 milliards de dollars[9] puis de la française AGF en 1998, à la suite d'une bataille financière contre l'italien Generali, vente qui détrône alors Axa de sa position de leader européen[10]. La fin des années 1990 fut aussi le début de rapprochements et d'acquisitions en Chine et en Corée du Sud.

En novembre 2000, Allianz fut introduite au NYSE (New-York Stock Exchange) puis en est sortie en 2008[11].

En 2001, Allianz acquit Dresdner Bank pour la revendre à Commerzbank (avec une prise de participation dans l'acquéreur) sept ans plus tard avec une forte dépréciation. C'est en 2003 que l'actuel CEO, Michael Diekmann, succéda à Henning Schulte-Noelle qui est Président du Conseil de surveillance du groupe[12] depuis cette date[13].

2005 fut l'année de l'inauguration de l'Allianz Arena, le nouveau stade de football de Munich.

C'est en 2006 que le groupe devint la première entreprise à adopter le statut de Societas Europaea[14].

Malgré une légère baisse du bénéfice au cours du premier semestre 2014, le groupe Allianz maintient le pas face à Axa[15]. Afin de contrecarrer cette légère baisse de bénéfice de presque 2,9 % par rapport au premier trimestre 2013, des assurances ont été réadaptées et d’autres ont été créés, notamment en Allemagne, proposant de nouvelles options pour la retraite[16].  Il est prévu que la tendance s’inverse au cours du prochain semestre et qu’Allianz reparte sur un bénéfice plus élevé qu’au second trimestre 2013.

AGF devient Allianz France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assurances générales de France.

En 1998, après un bras de fer avec l’Italien Generali[10], le groupe Allianz acquiert 58 % du capital de l’assureur français AGF. Le groupe AGF est alors constitué d'AGF, PFA, Athena, et Allianz France. Dix ans plus tard, en 2007, le groupe Allianz lance une OPA sur le groupe AGF et rachète l’intégralité de ses actions. AGF devient sa filiale à 100 %. En 2009, AGF prend le nom d’Allianz[17].

L'acquisition d'AGF permet également à Allianz de mettre un pied en Afrique, particulièrement au Maghreb et en Afrique de l'est[18].

Activité et métiers d’Allianz France[modifier | modifier le code]

En 2013, Allianz France compte près de cinq millions de clients et 11 300 salariés (et non collaborateurs selon le code du travail).

En France, les métiers d’Allianz couvrent l’assurance, l’assistance et les services financiers auprès des particuliers, des professionnels, des entreprises et des collectivités. Ceux-ci sont couverts principalement par le réseau des Agents Généraux d'Assurances. Profession libérale, l'Agent est indépendant et dirige sa propre structure, son rôle est l'intermédiation entre la compagnie d'assurance et le client.

Créée en 2000, sous le nom de Banque AGF, puis devenue Allianz Banque en 2009, Allianz Banque est une banque patrimoniale exclusivement dédiée aux particuliers, reposant sur des intermédiaires (6 000) et couvrant le spectre des activités suivantes : banque au quotidien, épargne, crédit immobilier, crédit adossé, gestion de comptes titres, banque privée.

Après l'Allianz Arena à Munich, l'Allianz Stadium à Sydney et l’Allianz Park à Londres, la marque Allianz associe son nom en 2012 au stade de Nice, l'Allianz Riviera, pour un coût de 16 millions d'euros sur 9 ans. Le stade est imaginé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte[19].

Allianz Global Investors France[modifier | modifier le code]

Allianz Global Investors est un des leaders mondiaux de l’asset management avec 304 milliards d’euros d’actifs gérés pour le compte d’investisseurs institutionnels et privés (chiffres au 31 décembre 2012). Sur le marché français, Allianz Global Investors France est un acteur majeur, avec 80 milliards d’euros d’encours, dont plus de 20 milliards gérés et conseillés dans l’investissement socialement responsable (ISR) :

  • Allianz Global Assistance : connu en France sous la marque Mondial Assistance, il est le leader mondial dans le domaine de l’assistance. Avec une intervention toutes les deux secondes, la société est présente dans 28 pays. La France reste son principal marché avec 20 % de parts de marché.
  • Euler Hermes : numéro un mondial de l’assurance-crédit. Présent dans plus de 50 pays, Euler Hermès propose aux entreprises une offre complète de services pour gérer et protéger leurs créances clients. Euler Hermes est cotée sur Euronext Paris.
  • AGCS : Allianz Global Corporate & Specialty est l’entité du groupe Allianz créée en 2006 et dédiée à l’ensemble des risques industriels, maritimes, aériens et transports. Elle est leader sur le marché des grands risques internationaux de dommages et de responsabilité et des projets majeurs de construction. La filiale française Allianz Global Corporate & Specialty (France) compte 400 collaborateurs et a parmi ses clients 90 % des entreprises du CAC 40.
  • Allianz Real Estate France : gère le patrimoine immobilier du Groupe Allianz en France et au Benelux. La valeur totale des actifs sous gestion est de l’ordre de 6,9 milliards d’euros. 75 % sont des bureaux, 13 % de résidentiel et 8 % de commerce. Allianz Real Estate France compte environ 150 collaborateurs basés à Paris.

Direction[modifier | modifier le code]

Directoire d’Allianz SE[modifier | modifier le code]

  • Michael Diekmann– PDG

Le comité exécutif d’Allianz France[20][modifier | modifier le code]

  • Jacques Richier, président-directeur général d’Allianz et président du Comité Exécutif d’Allianz France
  • Peter Etzenbach, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Finances
  • Virginie Fauvel, membre du Comité Exécutif responsable de l'Unité Digital et Market Management
  • Hervé Gloaguen, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Fonctions Centrales et activités Groupe.
  • Patrick Grosjean, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Opérations
  • Jean-Marc Pailhol, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Distribution
  • Matthias Seewald, responsable de l’Unité Investissements
  • Pascal Thébé, membre du Comité Exécutif responsable de l’Unité Métiers

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 2014 le régulateur des assurances inflige une amende de 50 millions d'euros, assortie d'un blâme, au groupe Allianz en lui reprochant « trop de laxisme pour retrouver les ayants droit de contrats d'assurance-vie non réclamés ». C'est la sanction la plus lourde jamais infligée par le régulateur des assurances[21]. L'assureur réagit à cette amende : « cette décision ne reflète pas l'engagement fort d'Allianz depuis la loi de décembre 2007 en termes de moyens financiers et humains dédiés à l'identification des décès et à la recherche des bénéficiaires, ni les résultats significatifs obtenus »[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b et c (en) Gerald D. Feldman, « Allianz and the German Insurance Business, 1933–1945 », Cambridge University Press,‎ 22 oct. 2001
  3. a et b « Allianz : un assureur allemand devenu leader international des assurances et des services financiers », sur Allianz.fr
  4. a et b Archives Allianz, en ligne.
  5. L'honneur retrouvé des entreprises allemandes, in L'Express, 24 août 2006.
  6. Martin Douglas, « Gerald D. Feldman, Historian of the Nazis and Finances, Dies at 70 », The New York Times, 15 novembre 2007
  7. a, b et c Muriel Jasor, « Serge Klarsfeld appelle à boycotter Allianz », sur Les Echos,‎ 3 juin 1997
  8. Gerald Donald Feldman, Allianz and the German Insurance Business, 1933-1945, Cambridge University Press, 2001.
  9. (en) Kurt Eichenwald, Fund Insurance Company « German Company to Buy Fireman's Fund », sur The New York Times,‎ 3 août 1990
  10. a et b Thierry Fabre, « Les petits secrets de l'OPA qui bouleverse la finance française », sur L'Express,‎ 4 décembre 1997
  11. (en) Allianz to delist from NYSE, European exchanges, Market Watch, 22 septembre 2009
  12. Communiqué de nomination
  13. relations investisseurs
  14. « Allianz, première grande entreprise à devenir une société européenne », sur Les Echos,‎ 13 octobre 2006
  15. Légère baisse du bénéfice d’Allianz au premier trimestre 2014, Estelle Durand, 7 Mai 2014
  16. Neue Rentenversicherung Allianz Perspektive im Test, Anja Schlicht, Finanzen.de Nachrichten, 22 avril 2014
  17. Gilles lockhart, Pourquoi les AGF se laissent absorber par Allianz, L'Express, 18 janvier 2007
  18. Michael Pauron, « Assurances : Allianz Africa, un centenaire très actif », sur Jeune Afrique,‎ 6 février 2012
  19. Aliette de Broqua, « Le stade de Nice devient Allianz Riviera », sur Le Figaro,‎ 23 juillet 2012
  20. communiqué de presse Allianz, 20 janvier 2010
  21. Assurance-vie non réclamée : Allianz écope d'une amende de 50 millions d'euros, Challenges, 22/12/2014
  22. Une amende de 50 millions d'euros infligée à l'assureur Allianz, le Monde, 22/12/2014

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]