Peugeot 103

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Peugeot 103
Peugeot-103-vs-de-1974.jpg
L'un des tout premiers modèles
Constructeur Drapeau : France Peugeot
Années de production 1971-
Type Cyclomoteur
Moteur et transmission
Moteur(s) Monocylindre 2 temps refroidi par air ou liquide
Démarrage pédalage ou kick selon modèle
Cylindrée 49.13
Puissance maximale 2,0 - 3,0 ch à 5 000-5 500 tr/min
Couple maximal environ 0,4 mkg à 4 000 tr/min
Alimentation 1 carburateur
Embrayage automatique centrifuge
Boîte de vitesses à monovitesse ou à variateur rapports
Transmission par courroie et chaîne
Vitesse maximale limité à 45 km/h
Débridé : 60 à 70 km/h
Cadre, suspensions et freinage
Suspension avant (débattement) fourche télescopique (50 mm)
Suspension arrière (débattement) ressorts ou rigide (50 mm)
Frein avant tambour
Frein arrière tambour
Poids et dimensions
Empattement 1 120 mm
Poids à sec 39 à 56 kg
Réservoir (réserve) 3,7 litres (0,5 litres)

La Peugeot 103 est un cyclomoteur lancé en France en 1971, plus puissant, confortable mais plus cher que le 102 qu'il remplacera. L'étude du 103 comme du 102/101 a été dirigée par l'ingénieur Edmond Padovani, ex-directeur technique du constructeur de moto Terrot absorbé par Peugeot en 1959.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des années 1970 aux années 1990, la « mob » (abréviation de mobylette, modèle de cyclomoteur créé par Motobécane), ou encore la « brèle » était le symbole des jeunes. La bataille faisait rage entre le 103 de chez Peugeot et les séries "50" et "51" de chez Motobécane.

Le Peugeot 103 était doté d'un moteur de 49,13 cm3 (alésage x course 40 mm x 39,1 mm), ce qui lui permettait de rouler sans permis. Pour être conforme à la législation française, sa vitesse maximale était de 45 km/h (environ 55 km/h compteur), mais il était possible d'atteindre, selon les modèle, 60 voire 70 km/h (70 à plus de 80 km/h compteur) en débridant le variateur et en modifiant ou en remplaçant le pot d'échappement. Son réservoir, d'une capacité de 3,7 litres (dont 0,5 litres de réserve) de mélange essence/huile (4 % d'huile) lui offrait une autonomie d'environ 100 km (dont 10 km en réserve). La puissance des premiers modèles était de 2,0 chevaux DIN, mais elle culmina à 3,0 ch à la fin de la production, ce qui représente une évolution importante.

Les éléments composant un 103 étaient essentiellement fabriqués en France et assemblés à Mandeure dans le Doubs. Le dernier 103 français a été fabriqué en 2006 et depuis les quelques modèles vendus sont fabriqués en Chine. Des modèles très approchants sont fabriqués en Turquie pour le marché local sous la marque Ramzey.

Une innovation intéressante était la « réserve », héritée de la moto. Le carburant était absorbé à une hauteur de 10 % de la taille du réservoir. Quand 90 % du carburant était consommé et que le moteur s'arrêtait, l'utilisateur pouvait échapper à la panne sèche en tournant le robinet sur la position « réserve » qui aspirait le fond du réservoir (souvent sale) ce qui constituait un avertissement. Il lui restait alors quelques kilomètres d'autonomie, de quoi aller se ravitailler à la pompe la plus proche. Le mélange à 4 % était vendu dans les stations-services 20 % plus cher que le litre d'essence.

C'était la grande époque de la modification sauvage des petits moteurs des mobylettes, allant du simple pot d'échappement au gros carburateur en passant par des kits de toute cylindrée ; les mobs grimpaient alors en toute illégalité à 90-100 km/h (actuellement certains engins arrivent à dépasser les 140 km/h au lieu des 45 km/h, la vitesse maximale autorisée pour un cyclomoteur). Remarquons toutefois que les indications fournies par les compteurs Peugeot d origines sont généralement fantaisistes (entre 10 et 20 km/h de plus que la vitesse réelle), comme la plupart des compteurs de cyclomoteurs et scooters. Le seul moyen alors d avoir une indication de vitesse fiable était d adapter un compteur électronique de vélo.

Les « kits » les plus répandus allaient de 50cm3 à 80 cm3, selon les marques, pistons allant de 44 mm à 47 mm au lieu de 40 mm, voire 50 mm avec changement de carters, et très rarement vilebrequin porté d'une course de 39,1 mm à une course de 42.1 mm (soit 82,66 cm3 en 50mm x 42.1mm) couplé à un pot de détente et des carburateurs souvent de marque Dell'orto de 15 à 30 mm de diamètre contre le carburateur Gurtner 12mm d'origine. Peu fiables, surchauffant et serrant facilement, ces kits offraient (beaucoup) plus de puissance, plus de régime au détriment de consommations ahurissantes avoisinant les 10L/100 km. Le problème était de trouver un compromis entre la discrétion (forme d'origine) et le refroidissement (surchauffe). Les kits ayant des petites ailettes surchauffaient rapidement, seuls les polygonaux à ailettes monstrueuses ou les kits à refroidissement liquide tenaient la distance. Mais la maréchaussée veillait !

En 2013, soit plus de 40 ans après sa sortie, Peugeot propose toujours le 103 Vogue à son catalogue à partir de « seulement » 849 €. Avec quelques évolutions par rapport à ses aieux. Réservoir de 5 litres, éclairage permanent, circuit 12V contre 6 auparavant, compteur rétro-éclairé (il a fallu attendre l'arrivée du Peugeot 103 FOX-L pour voir l'arrivée du rétroéclairage des compteurs des 103. Aucun n'en disposait d'origine alors que MBK et même motobécane le proposait déjà depuis des années).

En France en 2012 environ 1700 "Vogue" se sont vendues.Le 103 n'est pas mort.

Conception[modifier | modifier le code]

Partie cycle[modifier | modifier le code]

Cadre[modifier | modifier le code]

Les cadres de 103 sont fabriqués à partir de tôles embouties et de tubes cintrés d'acier. Le réservoir en deux demi-coques fait partie de la structure du cadre. On distingue deux sortes de 103, le modèle initial sur lequel la boite à outils qui sert aussi de support pour le tube de la selle est rapportée et vissée sur le cadre et les derniers modèles (ayant cohabité) où le support de selle fait partie du cadre. Mis à part quelques versions très bas de gamme sans suspension arrière, les 103 ont la particularité d'avoir un bras oscillant en tube ovale (suspension arrière) qui soit articulé en avant du moteur. Le moteur est solidaire de ce bras. Cette technique permet d'éliminer toute tension de chaine quand la suspension fonctionne puisque le moteur, le plateau et la roue arrière sont solidaires. En revanche, l'inconvénient est que le très long bras oscillant est moins rigide que chez le concurrent de toujours : le 51 de Motobécane. Pour pallier ce problème, Peugeot va améliorer la conception de la suspension en utilisant à partir de 1988 sur certains modèles un bras de section court articulé sous le tube de selle. À la fois plus court et plus rigide, la tenue de route en est d'autant augmentée. C'était d'ailleurs un élément de marketing important dans les années 80. Ce bras est de forme ovale classique sur les modèles standard (Vogue, Z, etc) et à la fois plus gros et rectangulaire sur la série SPX/RCX et ses dérivé. Sur certaines séries "sportives", une barre de renfort entre la selle et le tube de direction apparait de série (RCX, Racing, Chrono) Les amortisseurs sont articulés en arrière de la selle et vont se fixer proche de l'axe de roue arrière. Selon les modèles, ils sont sertis ou à ressorts apparents sur les versions sport. Au milieu des années 80, les versions sportives reçoivent des amortisseurs de marque Paioli réglables et même, en option équipés d'une bombonne de gaz (sauf sur le RCX LC où ils sont de série).

Fourche[modifier | modifier le code]

La fourche est sur les modèles standard de type inversé et à ressorts sans hydraulique. La partie coulissante est proche de l'axe de roue avant. Le phare est intégré à la fourche, la partie supérieure pouvant recevoir un compteur. Sur les versions sport, une fourche, toujours à ressorts et sans huile est montée. Elle reçoit un phare rond puis une tête de fourche aérodynamique avec un phare carré encastré et un compteur. Certains modèles de petite série reçoivent des têtes de fourches spécifiques (T16, CRX). Seules certaines séries HPL chopper avaient une fourche Paioli hydraulique de série. La grande majorité des 103 reçoivent un porte bagage sur le tube arrière au-dessus de la roue. Mais certaines versions comme le Racing, les RCX ont reçu des parties arrières plus ou moins carénées faisant à la fois siège et carrosserie.

Peugeot 103 SP2, 1988, roues Leleu

Roues[modifier | modifier le code]

Les roues sont à rayons et de 17 pouces au début de la série. Les bâtons en acier apparaissent à la fin des années 70 pour se généraliser avec les versions sport. Figure emblématique du 103, la roue à 5 bâtons en acier Leleu. À la fin des années 80, les 103 reçoivent des roues en alliage qui passeront à 16 pouces à la fin de la série dans les années 2000. Cas particulier, le chopper Indiana reçoit des roues à 60 rayons chromées spécifiques.

Freinage[modifier | modifier le code]

Les 103 sont équipés de série de freins à tambour à commande par câble. Les freins sont de 80mm sur la majorité des premiers modèles et ont évolué vers 90mm avec les jantes en aluminium. Le freinage des 103 (comme de leurs concurrents) n'a jamais été à la hauteur des freins à disques.

Moteurs[modifier | modifier le code]

Le moteur 103 est un mono-cylindre 2 temps incliné. L'alimentation se fait par carburateur et clapets via des lumières. Ces lumières sont passées du nombre de 2 à 3 au milieu des années 80. La cylindrée est de 49,1 cm3 (alésage 40 mm, course 39,1 mm). Les puissances avec des carburateurs (d'origine Gurtner) de 12 à 14 mm vont de 2 à 3 chevaux DIN autour 5 000 tr/min. Le taux de compression a évolué au cours de l'histoire de 8,5/1 à 10/1 sur les derniers modèles. L'allumage par magnétos (sans batterie) est implanté sur la partie droite du moteur. D'abord à rupteurs classiques, il deviendra électronique au milieu des années 80 améliorant la fiabilité. Le moteur s'arrête par utilisation d'une soupape dé-compresseur manuelle sur la culasse.

Le refroidissement est par circulation naturelle de l'air sur les ailettes de la culasse et du cylindre. Avec le 103 SLC de 1985 apparait le premier refroidissement liquide de série. Ce système fonctionne par thermosiphon sans pompe de circulation. Le radiateur est alors placé sous le réservoir, face à la route et habillé par des élytres. Le refroidissement par liquide permettra aux moteurs améliorés de mieux fonctionner car le positionnement des ailettes à 45 degrés de la route et partiellement masquées par la culasse sur les 103 ne permettait pas un refroidissement satisfaisant, en particulier sur les mécaniques trafiquées dégageant beaucoup de chaleur.

Le démarrage du moteur se fait en pédalant mobylette sur la béquille centrale ou en poussant (à la poussette) roues au sol. La famille SPX introduit un démarrage par kick avec décompresseur automatique, agissant sur le plateau de transmission via la courroie, faisant disparaitre les pédales.

Les moteurs sont équipés d'origine d'un pot d'échappement cylindrique silencieux puis apparut avec le SPX un pot "sport" de type "Cobra III" à détente monté progressivement sur une grande partie de la gamme.

Transmission[modifier | modifier le code]

La transmission est hybride par courroie entre le moteur et le plateau et par chaine entre le plateau et la roue arrière. Le moteur est équipé d'un variateur centrifuge qui augmente le diamètre de la poulie avant avec la vitesse. Seuls quelques modèles d'entrée de gamme n'avaient pas de variateur. Sur les 103 historique, l'embrayage centrifuge automatique est co-implanté avec le variateur. Sur la famille SPX, l'embrayage est déporté sur le plateau central, seul le variateur est fixé au moteur.

Modèles[modifier | modifier le code]

Épave de 103
Peugeot 103 SP, années 80

Plusieurs gammes passées et présentes existent :

  • V, MV, MVL : La MVL est la version orientée utilitaire, avec porte-bagages arrière (des sacoches latérales peuvent être montées). Le moteur est refroidi par air et démarre avec les pédales. Par rapport au "V", elle reçoit en série des roues à bâtons, un compteur de vitesse et une finition générale plus poussée. La puissance est de 2,5 ch. Evolue avec l'allumage électronique en 1987.
  • L, L2, ML : correspond aux versions esthétiquement proches des V mais sans variateur
  • SP : Le SP est mécaniquement équivalent au 103V, mais son look tout terrain reprend les diverses modifications apportées par les jeunes de l'époque avec une grande fourche, des amortisseurs arrières plus longs et un phare rond. Les premiers 103SP sont de couleur verte métallisée et les jantes à rayons, puis a bâtons. La gamme est enrichie par une version "SPR" en 1979 qui est de couleur bleu métal avec jantes à bâtons et selle "confort". Par la suite, de nouveaux coloris ont fait leur apparition : bleu nuit, rouge, noir, bleu clair, blanc. La 103 SLC (Sport Liquid Cooled) était une 103 SP avec refroidissement liquide (type de cadre chez Peugeot : V51), premier modèle de la marque équipé de ce type de refroidissement. Le SP évolue en 103 SP2 en 1986 (phare rectangulaire caréné et 2,8 ch (2,9 pour le moteur refroidi par liquide) allumage électronique, puis en SP3 avec jantes en aluminium en 1989.
  • Land ou "SPL": Version "militaire", de couleur kaki, de la 103 SPR. A obtenu un très grand succès chez les lycéens qui l'associaient à une sacoche "US" de la même couleur en guise de cartable.
  • Chrono : Un MVL au look sportif, selle biplace et guidon rabaissé, coloris agressifs noir et rouge.
  • TLX : Modèle disponible au milieu des années 1980, typé "cross/enduro" qui comporte des pneus à crampons, des amortisseurs réglables, un habillage en plastique façon enduro. C'est l'équivalent Peugeot de la MBK FX.
  • RCX / RCX LC / RCX R / SPX / SPX LC / MVX/ FUN : Importante évolution du cadre 103 par l'adjonction d'un démarrage au kick. Les pédales disparaissent, moteur de 3 ch avec carburateur de 14 mm, bras de suspension court à section rectangulaire, phare caréné à l'avant des SP2. La différence pour la RCX, est sa position couchée, sa barre de renfort centrale, sa selle deux places, son guidon court. Les versions LC sont à refroidissement liquide et ont des amortisseurs à gaz réglables. La MVX est basée sur la même mécanique, mais revêt le style des MVL. La Fun est produite sur base de SPX mais à des couleurs détonantes (violet, rose, jaune vif, sur une même mobylette).
  • Clip : Édition limitée, à la mécanique de SPX mais moins cher avec un rétro-look de SP car il conserve un phare rond. Décoration et peinture spécifique.
  • Vogue / Vogue Évolution : ML ou MVL, châssis et esthétique modernisés, roues de 16 pouces, avec des clignotants supplémentaires et un rétroviseur droit, il est toujours produit en 2013 dans sa déclinaison Vogue Evolution avec deux versions : SX et VSX.
  • HPL : Style Chopper avec guidon haut, selle biplace et fourche hydraulique Paioli. Évolue en "Arizona" et "Indiana" avec roues à 60 rayons spécifiques.
  • Fox : Il est très utilisé par les livreurs de pizza. À mi-chemin entre la 103 et le scooter, cet engin est formé d'un cadre de 103 et d'une motorisation de scooter (moteur 5 transferts au lieu de trois sur les autres 103 voire deux pour les plus anciens et double variateur de vitesse).
  • FXR : Le modèle Fox racing.
  • CRX : un modèle cross qui est devenu très rare (une dizaine de modèles en France).
  • 103 racing, Turbo 16 + la 103gti : un modèle antérieur au 103 chrono devenu très rare (une dizaine de modèles en France).

Modèles apparentés[modifier | modifier le code]

  • Country MX : sorte de gros BMX équipé d'un moteur de 103 sous le tube de selle, peu diffusé et très rare de nos jours
  • XP : cyclomoteur ayant l'apparence d'une petite moto trail

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]