Eddy Merckx

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Eddy Merckx au championnat du monde de 1966

Le baron Edouard Louis Joseph Merckx, plus connu sous le nom de Eddy Merckx, est un cycliste belge né le 17 juin 1945 à Meensel-Kiezegem, professionnel de 1965 à 1978. Souvent considéré comme le plus grand cycliste depuis l'apparition de ce sport, il a remporté 525 courses durant ses 14 années d'activité. Surnommé « Le Cannibale » pour son insatiabilité, il a notamment remporté 5 Tours de France, 5 Tours d’Italie, 3 championnats du monde en ligne, un Tour d’Espagne, le record de l'heure et 31 victoires dans les Classiques.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Un amateur prometteur (1961-1964)

Eddy Merckx commence sa carrière de coureur cycliste le 16 juillet 1961 à Laeken chez les débutants. En 1962, il remporte le titre de champion de Belgique dans cette catégorie à Libramont. Il gagne son premier grand trophée, celui de champion du monde amateur, deux ans plus tard à Sallanches.

[modifier] La formation d'un futur grand (1965-1968)

Le 1er mai 1965, il passe professionnel. Il est second du championnat de Belgique la même année et gagne le premier de ses sept Milan-San Remo en 1966 sous les couleurs Peugeot. L'année suivante est celle de la passation de pouvoir entre Jacques Anquetil et Eddy Merckx. Le Normand commence son lent déclin tandis que le Belge commence à glaner les plus beaux succès. Merckx gagne cette année-là un second Milan-San Remo, le premier de ses trois Flèche Wallonne, Gand-Wevelgem, deux étapes du Giro qu'il finit 8e et enfin son premier titre de champion du monde conquis à Heerlen, devançant au sprint Jan Janssen notamment. En 1968, il passe chez les italiens de Faema et remporte deux succès majeurs : Paris-Roubaix en battant Van Springel au sprint mais surtout le premier de ses cinq Tour d'Italie en réussissant notamment un exploit lors de l'étape alpestre des Trois Cimes du Lavaredo. Son arrivée sur le Tour de France est prévue pour l'année suivante.

[modifier] L'ère Merckx (1969-1975)

De 1969 à 1975, Merckx domine très largement le cyclisme international, remportant la plupart des courses où il s'engage. Coureur complet, il gagne les Grands Tours comme les Classiques, les critériums comme les contre-la-montre. La liste de ses exploits durant cette époque est impressionnante et il est difficile de tous les énumérer. Ne retenons que les principaux, ceux qui ont marqué l'histoire du cyclisme.

En 1969, il gagne le premier de ses 3 Paris-Nice, rejoignant puis dépassant Jacques Anquetil, parti avant lui dans le contre la montre du col d'Èze. Il fait un véritable festival au Tour des Flandres qu'il gagne sous la pluie avec plusieurs minutes d'avance sur Felice Gimondi et Marino Basso. Enfin, à Liège-Bastogne-Liège (qu'il gagnera à 5 reprises), il franchit en vainqueur la ligne d'arrivée avec son coéquipier Van Schil au vélodrome de Rocourt. Il est en passe de remporter sans coup férir un second Giro quand il est déclaré positif. Exclu de la course, il est blanchi au dernier moment par sa fédération et peut participer au Tour. Cette Grande Boucle, il va l'écraser de toute sa classe. Il relègue son second, Roger Pingeon à près de 18 minutes, remporte au passage les classements par points et de la montagne et réussit un exploit d'anthologie dans l'étape des Pyrénées qui mène à Mourenx. Le lendemain, Jacques Goddet dans l'Équipe intitulera son article "Merckxissimo". Il remportera encore quelques beaux succès en fin de saison notamment Paris-Luxembourg. Toutefois, il fit une chute sévère sur la piste de Blois le 9 septembre 1969, dont il lui restera quelques séquelles au dos.

En 1970, il gagne en solitaire un Paris-Roubaix pluvieux avec plus de cinq minutes d'avance sur Roger De Vlaeminck, prend sa revanche au Giro face à Gimondi un an après son exclusion et décroche pour la première (et dernière fois) le titre de champion de Belgique professionnel à Yvoir. Enfin, il remporte à nouveau la Grande Boucle en reléguant le hollandais Joop Zoetemelk à plus de 12 minutes, gagnant au passage 8 étapes et le classement du meilleur grimpeur. Au bilan, il aura remporté plus de 50 victoires pour cette saison.

L'année 1971 est marquée par la révolte (très minime) du peloton contre sa domination. Sous les couleurs de sa nouvelle équipe Molteni, et malgré plus de 50 succès encore cette année-là, il frôle la correctionnelle sur trois courses importantes. Alors qu'il fonce vers un succès facile, il est rejoint par le Belge Pintens à quelques hectomètres de l'arrivée de Liège-Bastogne-Liège qu'il remporte tout de même. Dans le Dauphiné libéré gagné également, il est attaqué et parfois lâché dans les cols de la Chartreuse par Joop Zoetemelk, Bernard Thévenet et Luis Ocaña. Enfin, il est à deux doigts de perdre le Tour 71 : écrasé par Luis Ocaña à Orcières-Merlette, il bénéficie de la chute puis de l'abandon de l'Espagnol dans la descente du col de Menté pour récupérer le maillot jaune. Sa fin de saison est néanmoins remarquable, avec une victoire au Tour de Lombardie et au Grand Prix des Nations.

1972 est considérée comme sa meilleure année par les spécialistes. Malgré une défaite surprise à Paris-Nice face à Poulidor, il gagne Milan-San Remo, remporte la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège puis réussit de nouveau le doublé Tour d'Italie-Tour de France après celui de 70. Après un nouveau succès au Tour de Lombardie, à la stupéfaction des observateurs, il s'envole pour Mexico et bat le record de l'heure (49,431) sans entraînement spécifique.

En 1973, il gagne encore Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Gand-Wevelgem et Paris-Bruxelles. Il réalise au printemps un doublé inédit Vuelta-Giro ce qui l'oblige à déclarer forfait pour le Tour. À noter qu'à chaque fin de saison, il remporte de nombreux succès sur la piste lors des 6 jours en compagnie de Patrick Sercu.

En 1974, il réalise le mythique triplé Tour d'Italie-Tour de France-Championnat du Monde (à Montréal). Exceptionnellement, il ne gagne pas de classique du printemps cette année-là du fait de petits problèmes de santé. Vainqueur également du tour de Suisse.

1975 est sa dernière grande année. il réalise le meilleur printemps de sa carrière dans les classiques : 1er à Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège, à l'Amstel Gold Race et au Tour des Flandres lachant notamment le pauvre Frans Verbeeck dans les derniers kilomètres, deuxième à Roubaix battu au sprint par Roger De Vlaeminck et 3e à la Flèche Wallonne. Après un Dauphiné décevant où l'on perçoit ses difficultés en montagne, il est tout près de remporter un 6e Tour quand il reçoit un coup de poing d'un spectateur dans l'ascension du Puy de Dôme. Cette agression sera lourde de conséquence pour la suite. Il est lâché par Bernard Thévenet à Pra Loup et dans l'Izoard dans les Alpes. Ce dernier gagnera le tour avec panache, Merckx terminant 2e.

[modifier] Des dernières années plus difficiles (1976-1978)

Après cette défaite cuisante, rien ne sera plus comme avant pour le champion belge. Une 7e victoire à Milan-San Remo (record) en 76, une deuxième victoire à la Semaine Catalane la même année puis un succès au Tour Méditerranéen en 77 ne font que retarder l'inévitable. Son dernier Tour en 1977 où il finit 6e est le crépuscule d'une formidable carrière. Bernard Hinault domine désormais le cyclisme mondial dans les classiques et les courses par étapes. C'est sous le maillot anecdotique de C&A que Eddy Merckx prend sa retraite le 17 mai 1978.

[modifier] Merckx et le dopage

Il a été sanctionné à trois reprises pour des affaires de dopage : Tour d'Italie 1969 (exclu par la fédération italienne, il sera finalement blanchi par la fédération mondiale), Tour de Lombardie 1973 (positif à la noradrénaline, déclassé), Flèche Wallonne 1977 (positif au stimul, déclassé).

Il a également reconnu avoir couramment eu recours à l'échange d'urine avec d'autres coureurs dont Roger De Vlaeminck.

En septembre 2007, les organisateurs des championnats du monde de Stuttgart, désireux de promouvoir un cyclisme propre, le déclarent indésirable sur leur épreuve[1].

[modifier] Merckx après sa retraite sportive

Depuis lors, il tient une usine de cycles à son nom (Entreprise Eddy Merckx) et est aussi consultant pour la RTBF. Jusqu'en 2004, il organisa aussi le « Grand Prix Eddy Merckx », une course contre-la-montre autour de Bruxelles qui réunissait quelques-uns des meilleurs spécialistes de la discipline.

Il est considéré par beaucoup comme le plus grand cycliste de tous les temps. Il est aussi considéré comme le meilleur sportif belge ayant jamais existé. Il a été nommé Sportif mondial de l'année à trois reprises.

En fin 2007, Eddy Merckx a visité un projet d'Action Damien à Kinshasa. Il est le parrain de cette ONG belge (qui lutte contre la lèpre et la tuberculose) pour 2008 et 2009.

[modifier] Records

  • Plus grand nombre de victoires dans une carrière cycliste : 525 (333 hors-critérium)
  • Recordman de l'heure sur piste: 49,431 km.
  • Plus grand nombre de victoires en une saison : 54.
  • Plus grand nombre de victoires d'étapes au Tour de France : 34.
  • Plus grand nombre de victoires d'étapes en un Tour de France : 8 en 1970 et en 1974 (record partagé avec Charles Pelissier en 1930 et Freddy Maertens en 1976).
  • Plus grand nombre de jours avec le maillot jaune du Tour de France sur ses épaules : 96.
  • Il est le seul coureur à avoir gagné le maillot jaune, vert et le classement de la montagne lors du même tour de France en 1969 (le maillot distinctif blanc à pois rouge du meilleur grimpeur ne fut créé qu'en 1975).

[modifier] Anecdotes

  • Son fils, Axel Merckx, a aussi été coureur cycliste. Il a pris sa retraite en 2007.
  • Guillaume Driessens, son directeur sportif, disait de lui : Eddy n'est pas payé pour se marrer, mais pour gagner.
  • Il fit plus de 12 fois le tour de la terre à vélo lors de sa carrière.
  • Albert II, roi des Belges, lui a conféré le titre de baron en 1996.
  • Il reçoit, de l'UCI, le titre de meilleur cycliste du siècle.
  • Il apparaît dans le film Le Prix de l'exploit (American Flyers) de John Badham (1985), avec Kevin Costner et David Marshall Grant. Il y donne le départ, au pistolet, de la course L'Enfer de l'Ouest, à laquelle participent les protagonistes du film. L'image est probablement empruntée à un événement réel.
  • Une station du Métro de Bruxelles porte son nom.
  • Lors d'une course avec notamment Patrick Sercu qui arriva bon dernier, celui-ci apprit que Merckx avait eu 5 crevaisons et avait gagné.

[modifier] Équipes

  • Solo-Superia : 29 avril 1965-1965 (...aux côtés de Rik Van Looy et Rik Van Steenbergen)
  • Peugeot BP Michelin : 1966-1967
  • Faema : 1968-1969 (l'équipe Faema (italienne) d'Eddy Merckx remporte la Coupe du Monde Intermarques en 1969)
  • Faemino : 1970
  • Molteni : 1971-1976 (avec Eddy Merckx et son lieutenant, Joseph Bruyère, Molteni (équipe italienne) remportent la Coupe du Monde Intermarques en 1971, 1972 et 1975)
  • Fiat : 1977
  • C&A : 1978-19 avril 1978

[modifier] Palmarès professionnel

[modifier] Distinctions et classements de fin de saison

  • Trophée UCI du meilleur cycliste du XXe siècle
  • Lauréat du Super Prestige Pernod : 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975 (2e: 1967)
  • Lauréat du Mendrisio d'Or : 1972
  • Lauréat du Challenge Gan : 1973, 1974, 1975
  • Trophée du mérite sportif belge : 1967
  • Sportif belge de l'année : 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974
  • Athlète belge du XXe siècle
  • 2e des Awards du sportif du Millénaire entre Michael Jordan et Carl Lewis (décerné en décembre 2000)

[modifier] Record du monde

  • Record du monde de l'heure : 49 km 431,957, le 25 octobre 1972 à Mexico (vélo de 5 kg 900)
  • Record du monde des 20 km : 24' 06" 80, le 25 octobre 1972
  • Record du monde des 10 km : 11' 53" 20, le 25 octobre 1972 (départ arrêté sans entraîneur)

[modifier] Sur les Grands Tours

  • Tour de France (5) (34 victoires d'étapes): 1969, 1970, 1971, 1972, 1974 (2e: 1975) ; classements par points : 1969, 1971, 1972 (2e: 1970, 1974, 1975) ; Grand Prix de la montagne: 1969, 1970 (2e : 1972, 1974, 1975; 3e:1971) ; l'équipe Faema de Merckx remporte le classement par équipes en 1969 ; Merckx est le seul coureur à avoir remporté les trois classements individuels la même année (1969); il détient le record absolu de jours passés avec le maillot jaune (96 jours).
  • Tour d'Italie (5) (24 victoires d'étapes) : 1968, 1970, 1972, 1973, 1974 (classement par points : 1973 ; classement du combiné : 1973)
  • Tour d'Espagne (1) : 1973 (6 victoires d'étapes ; classement par points ; classement du combiné ; classement des étapes volantes)

[modifier] Championnats

[modifier] Classiques

Le tableau ci-dessous présente les top 10 d'Eddy Merckx sur les classiques majeures de son époque.

Année Milan-
San Remo
Tour des Flandres Gand-Wevelgem Paris-Roubaix Liège-
Bastogne-Liège
Flèche Wallonne Amstel Gold Race Championnat de Zurich Paris-Tours Tour de Lombardie
1966 Vainqueur 9e 8e 2e
1967 Vainqueur 3e Vainqueur 8e 2e Vainqueur 6e
1968 9e 9e Vainqueur 8e 3e
1969 Vainqueur Vainqueur 2e Vainqueur 5e 3e 4e
1970 8e 3e Vainqueur Vainqueur 3e Vainqueur 8e 4e
1971 Vainqueur 5e Vainqueur Vainqueur
1972 Vainqueur 7e 3e 7e Vainqueur Vainqueur Vainqueur
1973 3e Vainqueur Vainqueur Vainqueur 2e Vainqueur 6e
1974 3e 2e 4e 2e
1975 Vainqueur Vainqueur 6e 2e Vainqueur 3e Vainqueur 2e 9e 6e
1976 Vainqueur 10e 6e 6e 4e 7e
1977 6e 9e 4e



(Manquent à son palmarès Paris-Tours, Championnat de Zurich et Bordeaux-Paris à laquelle il n'a jamais participé)

[modifier] Courses à étapes

[modifier] Autres compétitions

[modifier] Six-jours

  • 17 courses de Six-Jours (dont 15 avec Patrick Sercu, 1 avec Ferdinand Bracke, 1 avec Jean-Pierre Stevens)
    • de Gand : 1965, 1967, 1975, 1977
    • de Charleroi : 1968
    • de Milan : 1971 (avec Stevens) (2e: 1969)
    • de Dortmund : 1973 (2e: 1975)
    • de Grenoble : 1973, 1975 (2e: 1977)
    • d'Anvers : 1974, 1975, 1976 (2e: 1966, 1967)
    • de Rotterdam : 1976 (2e: 1973)
    • de Berlin : 1977 (2e: 1967)
    • de Maastricht : 1977
    • de Munich : 1977 (2e: 1975)
    • de Zurich : 1977

[modifier] Piste

  • Omnium d'Yvetot : 1969
  • Omnium de Milan : 1970 (avec Jean-Pierre Monséré)
  • Omnium d'Ostende : 1973
  • Tournoi de poursuite d'Amsterdam : 1973
  • Omnium de Genève : 1974, 1975
  • Omnium de Luxembourg : 1974
  • Omnium de Zurich : 1975
  • Omnium de Marseille : 1976
  • Omnium de Vincennes : 1977

[modifier] Jeux olympiques

Merckx n'a participé qu'à une seule édition des Jeux olympiques, car à l'époque il fallait être amateur pour participer.
Il termina 12e de l'épreuve de la course en ligne aux Jeux olympiques de Tokyo.

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et Références

  1. tsr.ch - Sport Eddy Merckx pas le bienvenu à Stuttgart pour les organisateurs allemands.

[modifier] Documentation

[modifier] revues

[modifier] livres

  • Coureur cycliste de Eddy Merckx et Pierre Chany Coll. Un Homme et son métier Robert Lafont 1974
  • Le Phénomène Eddy Merckx et ses rivaux de François Terbeen Del Duca Paris 1971

[modifier] Filmographie

  • Eddy Merckx : La Course en Tête de Joël Santoni 1974
  • The greatest show on Earth magnifique documentaire sur le giro 1974 gagné par Merckx.

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Eddy Merckx.



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