Vincenzo Nibali

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Vincenzo Nibali
Image illustrative de l'article Vincenzo Nibali
Nibali sur le podium du Tour de Californie 2009
Informations
Nom Nibali
Prénom Vincenzo
Surnom Le Requin de Messine
Date de naissance 14 novembre 1984 (29 ans)
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Équipe actuelle Astana
Spécialité Descendeur-Grimpeur
Course par étapes
Équipe amateur
2003
2004
Mastromarco-Chianti Sensi
Mastromarco-Chianti Sensi-Iperfinish
Équipe professionnelle
2005
2006-2009
2010
2011-2012
2013-
Fassa Bortolo
Liquigas
Liquigas-Doimo
Liquigas-Cannondale
Astana
Principales victoires
1 championnat

Maillot de champion d'Italie Champion d'Italie sur route 2014
3 grands tours
Maillot jaune Tour de France 2014
Maillot rose Tour d'Italie 2013
Jersey red.svg Tour d'Espagne 2010
Course par étapes
Tirreno-Adriatico 2012 et 2013
1 classique
Grand Prix de Plouay 2006
1 classement annexe de grand tour
Maillot blanc Combiné du Tour d'Espagne 2010
10 étapes de grands tours
Tour d'Italie (5 étapes)
Tour de France (4 étapes)

Tour d'Espagne (1 étape)

Vincenzo Nibali, né le 14 novembre 1984 à Messine (Sicile), est un coureur cycliste italien. Professionnel depuis 2005, il est membre de l'équipe Astana. Il a notamment remporté le Tour d'Espagne 2010, le Tour d'Italie 2013 ainsi que le Tour de France 2014, devenant ainsi le sixième coureur à compter les trois grands tours à son palmarès. Sur ces courses, il a également terminé sur le podium des Tours d'Italie 2010 (troisième) et 2011 (deuxième) ainsi que sur le podium du Tour d'Espagne 2013 (deuxième) et du Tour de France 2012 (troisième). Il a également obtenu des résultats sur les monuments du cyclisme comme Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années juniors et espoirs[modifier | modifier le code]

Champion d'Italie chez les juniors, Vincenzo Nibali est régulièrement sélectionné en équipe nationale dans les catégories juniors et espoirs. Il est ainsi troisième du championnat du monde du contre-la-montre juniors en 2002 et espoirs en 2004. Il est également cinquième de la course en ligne cette année-là. À cette période, Nibali a comme modèles Francesco Moser et Andrea Tafi et souhaite courir au plus haut niveau Paris-Roubaix[1].

Débuts professionnels (2005)[modifier | modifier le code]

Vincenzo Nibali fait ses débuts professionnels en 2005 sous le maillot de l'équipe Fassa Bortolo. Commençant sa saison par le Trofeo Laigueglia, il figure parmi les meilleurs coureurs jusqu'à l'avant-dernière montée. Nibali est ensuite douzième du Tour du Haut-Var puis sixième de Milan-Turin que gagne son coéquipier Fabio Sacchi[1]. Il remporte avec son équipe le contre-la-montre par équipe de la Semaine internationale Coppi et Bartali. Il termine second d'une étape de montagne du Tour de Suisse derrière Christopher Horner[1] et se classe quatrième du championnat d'Italie du contre-la-montre. La Fassa Bortolo disparaissant en fin de saison, il s'engage en octobre avec la Liquigas pour l'année 2006[1].

Affirmation chez Liquigas (2006-2009)[modifier | modifier le code]

Nibali lors du Tour de France 2009.

En 2006, Nibali remporte le Grand Prix de Plouay à seulement 21 ans. Il continue à obtenir des places d'honneur sur des épreuves contre-la-montre de haut niveau (Tour d'Autriche, du Danemark, Eneco Tour). Il remporte également en solitaire une étape de la Semaine internationale Coppi et Bartali et se classe deuxième de cette course derrière Damiano Cunego[1].

Ces bons résultats lui permettent de disputer son premier grand tour, le Tour d'Italie 2007. Il remporte le contre-la-montre par équipe avec Liquigas et se classe dix-neuvième au classement général[1]. Il brille sur le Tour de Slovénie en remportant deux étapes et en se classant deuxième au classement général. Il se classe troisième au championnat d'Italie du contre-la-montre et remporte le Trofeo Città di Borgomanero (it) avec Roman Kreuziger.

En 2008, Nibali dispute son second Tour d'Italie. Il améliore son classement général en terminant à la onzième place, tout en travaillant pour son leader Franco Pellizotti, 4e. Il participe ensuite au Tour de France, qu'il termine à la vingtième place. Riccardo Riccò étant déclassé, il récupère le maillot blanc de meilleur jeune et le porte quatre jours, après avoir passé les Pyrénées. Cette même année, il remporte une étape et le classement général du Tour du Trentin. Il se classe également dixième à Liège-Bastogne-Liège, à min 3 s d'Alejandro Valverde, dans un groupe avec Paolo Bettini, Óscar Freire et Kim Kirchen.

Au début de l'année 2009, il termine sixième du Tour de Californie, devant Lance Armstrong, en faisant deux places d'honneur sur des étapes. Il se classe dixième du Tirreno-Adriatico, huitième du Tour du Pays basque[n 1], dix-huitième de l'Amstel Gold Race[n 2] et septième du Critérium du Dauphiné libéré. Il remporte le Tour des Apennins quelques jours avant le départ du Tour de France.

Il prend le départ de cette épreuve avec l'ambition de terminer parmi les dix premiers au classement général[5]. Il se classe neuvième du prologue de Monaco devant Lance Armstrong. Dans les Pyrénées, il reste avec les favoris, dans une course où les attaques entre leaders sont inexistantes. Lors de l'étape de Verbier, il se classe à la troisième place à une minute d'Alberto Contador, en ayant attaqué les favoris. Deux jours plus tard, il est distancé lors de l'étape du Grand Bornand, finissant quatrième à 2 minutes des frères Andy et Fränk Schleck et du maillot jaune Alberto Contador. Le lendemain, il finit vingt-deuxième du contre-la-montre d'Annecy, il termine 9e au Mont Ventoux grimpant avec les meilleurs et se classe 7e au général et 2e au classement du meilleur jeune derrière Andy Schleck.

Victoire au Tour d'Espagne (2010)[modifier | modifier le code]

Vincenzo Nibali commence la saison au mois de janvier au Tour de San Luis, qu'il remporte, grâce notamment à sa victoire dans le contre-la-montre. Il se contente d'assurer dans les étapes montagneuses. Il ne court pas en février, mais il reprend la compétition en mars à l'occasion de Tirreno-Adriatico. Il termine à la 8e place, à 42 secondes du vainqueur, Stefano Garzelli. Il entame ensuite une série de classiques printanières. D'abord à l'œuvre à Milan-San Remo, où il attaque dans les derniers kilomètres sans pour autant faire une bonne place au général, il se classe ensuite 21e de l'Amstel Gold Race, puis 13e de la Flèche wallonne.

Avec le maillot rouge de leader du classement général lors du Tour d'Espagne 2010.

Il prend ensuite le départ, en mai, du Tour d'Italie, où il est co-leader avec Ivan Basso, à la suite de la suspension provisoire de son coéquipier Franco Pellizotti mis en cause par le passeport biologique[6]. Dès les premières étapes, on le voit à l'œuvre, en se classant aux alentours de la 10e place. Lors de la 4e étape, il s'empare du maillot rose de leader, grâce à la victoire de son équipe Liquigas-Doimo lors d'un contre-la-montre par équipes. Ivan Basso est alors 2e. Il le porte 3 jours avant de chuter à la 7e étape. Il gagne la 14e étape, Ferrara-Asolo, avec une descente mémorable par le haut du Monte Grappa. À la faveur d'un dernier contre-la-montre rapide, il termine sur le podium de ce Giro, devançant Michele Scarponi d'une poignée de secondes.

Il participe en septembre au Tour d'Espagne. Le premier jour, son équipe termine à la deuxième place du contre-la-montre par équipes disputé en nocturne à Séville. Lors des troisième et quatrième étapes, il s'affirme, au même titre qu'Igor Antón et Joaquim Rodríguez, comme un prétendant sérieux à la victoire finale, en terminant quatrième dans la côte finale de Malaga et deuxième dans la montée de Valdepeñas de Jaen. Il termine à chaque fois placé dans le groupe des favoris dans les étapes de moyenne montagne, avant le début de la haute montagne. Lors de la onzième étape arrivant à Andorre, Nibali craque dans les derniers mètres et lâche 23 secondes sur Igor Antón, qui s'empare du maillot de leader. Lors de la 14e étape, Igor Antón chute un peu avant la montée vers Peña Cabarga et est contraint à l'abandon. Joaquim Rodriguez remporte l'étape et Nibali finit deuxième à 20 secondes. Il s'empare du maillot rouge de leader. Aux lacs de Covadonga, l'échappée arrive au bout, mais Ezequiel Mosquera reprend 11 secondes sur Nibali qui termine en même temps que Rodriguez et Peter Velits. Il perd son maillot lors de la 16e étape au profit de Joaquim Rodriguez. Il pointe à 33 secondes de celui-ci, mais reprend son maillot rouge lors de l'étape suivante, un contre-la-montre de 46 km, malgré une crevaison. Rodriguez pointe à 3 minutes, mais le principal adversaire de Nibali devient Ezequiel Mosquera, qu'il ne devance que de 38 secondes. Il reprend 12 secondes dans le final de l'étape de Tolède, grâce aux cassures, en frottant avec les sprinters. Dans la montée de la Bola del Mundo, ascension de 20 kilomètres, Fränk Schleck dynamite le peloton, et Mosquera parvient à faire un écart. Nibali revient au train, puis est à nouveau distancé. Derrière lui, Fränk Schleck, Joaquim Rodriguez et Peter Velits se disputent la troisième place. Nibali parvient à revenir sur Ezequiel Mosquera, qui gagne cette étape. Il s'adjuge ainsi cette 65e édition de la Vuelta. À 25 ans, il gagne son premier grand tour et est le cinquième Italien à remporter un Tour d'Espagne[7],[8],[9] .

Nouveau podium sur le Giro (2011)[modifier | modifier le code]

Après le stage hivernal de l'équipe à Tenerife, Nibali commence la saison le 22 février au Tour de Sardaigne. Dans Tirreno-Adriatico, il doit aider Ivan Basso dans sa conquête du titre, mais ce dernier ne finit que quatrième, une place devant Nibali. Lors de Milan-San Remo, il se trouve dans le groupe de tête et attaque deux fois, dont une fois à la flamme rouge. Il est finalement repris et termine huitième. La préparation pour le Tour d'Italie se termine en avril au Tour du Trentin, où il finit vingt-quatrième, et à Liège-Bastogne-Liège, où il est de nouveau huitième. En mai débute le Tour d'Italie. Il est alors leader de l'équipe Liquigas-Cannondale et a des ambitions pour la victoire, après son succès à la Vuelta l'année précédente. Au cours des trois semaines de course, malgré sa troisième place sur le Zoncolan et la deuxième à Nevegal, il ne peut inquiéter l'Espagnol Alberto Contador : il termine la course sur la troisième marche du podium à Milan, à près de sept minutes de Contador et à moins d'une minute de Michele Scarponi. Contador est déclassé en 2012 par le tribunal arbitral du sport[10] et Nibali est reclassé à la deuxième place[11] et il devient lauréat de la 16e étape[12].

Il arrive en tant que vainqueur sortant et favori lors de la Vuelta. Il termine à la septième place, 4 minutes 31 secondes derrière le vainqueur Juan José Cobo.

Victoire sur Tirreno-Adriatico et podiums sur la Primavera, la Doyenne et le Tour (2012)[modifier | modifier le code]

Nibali, au début de la saison, a comme objectif principal le Tour de France mais n'exclut pas de participer aussi au Tour d'Italie[13]. Il commence la saison au Tour de San Luis où il obtient la cinquième place du classement général général. Il participe ensuite au Tour d'Oman où il décroche son premier succès de la saison lors de la 5e étape. Il y prend la seconde place au classement général général, à une seconde du vainqueur Peter Velits. En mars, il participe au Tirreno-Adriatico, qu'il remporte. Un succès construit dans la 5e étape où il s'impose en solitaire avant de s'emparer du maillot de leader lors du contre-la-montre final. Il prend ensuite part à Milan-San Remo. En ayant attaqué dans le Poggio, il reussit à former un trio en tête de la course en compagnie du Suisse Fabian Cancellara et de l'Australien Simon Gerrans. Les trois coureurs résistent au peloton dans la descente et c'est finalement Simon Gerrans, déjà lauréat du Tour Down Under plus tôt dans la saison, qui s'impose, Nibali terminant troisième. De retour ensuite en avril sur la Flèche wallonne, il réalise son meilleur classement sur cette épreuve avec une huitième place. Quatre jours plus tard, sur Liège-Bastogne-Liège, il part en solitaire dans la descente de la côte de la Roche-aux-faucons. Rejoint par Maxim Iglinskiy dans la montée de la côte de Ans, il est distancé par celui-ci au niveau de la flamme rouge du dernier kilomètre. Nibali se classe finalement deuxième[14]. À la suite des classiques ardennaises, il annonce finalement qu'il ne participe pas au Giro[15]. Il entame alors sa préparation pour le Tour de France en participant à la mi-mai au Tour de Californie où il n'obtient aucun résultat notable tandis que son coéquipier Peter Sagan remporte 5 étapes. Il poursuit sa préparation au Critérium du Dauphiné, course capitale pour la préparation de nombreux favoris, tels le précédent vainqueur du Tour, Cadel Evans, le tenant du titre Bradley Wiggins ou le grimpeur luxembourgeois Andy Schleck. Là encore, Nibali se fait discret[réf. souhaitée] malgré une échappée dans la descente du col du Grand Colombier en compagnie, entre autres, d'Evans, et obtient la 28e place au classement général. Malgré son absence de résultat lors des deux mois précédents, c'est avec un statut de sérieux outsider qu'il se présente au départ du Tour. Lors du prologue, il termine à 17 secondes du vainqueur Fabian Cancellara. Lors de la première grande ascension de la course, à la Planche des Belles Filles, il termine à 5 secondes des deux favoris, Cadel Evans et Bradley Wiggins, tandis que le coéquipier de ce dernier, Christopher Froome, remporte l'étape. Il perd néanmoins plus de 2 minutes sur Wiggins lors du premier contre-la-montre à Besançon. Il tente de refaire son retard sur celui-ci plusieurs fois dans les Alpes puis les Pyrénées, sans succès, et lui concède du temps lors de la dernière étape de montagne, à Peyragudes. Nibali perd encore du temps dans le dernier contre-la-montre, à Chartres, et se classe finalement troisième, à plus de 6 minutes du maillot jaune Bradley Wiggins et plus de 3 minutes de son équipier Christopher Froome.

Il poursuit ensuite sa saison au Jeux olympiques où il porte de nombreuses attaques pour déstabiliser les Britanniques. Cette tactique sera fructueuse mais c'est Alexandre Vinokourov qui en récolte les fruits, en glanant la médaille d'or, tandis que Nibali ne termine que 101e de la course. Le 1er août, le transfert de Nibali dans l'équipe Astana en fin de saison est annoncé. Il est accompagné dans sa nouvelle équipe par ses équipiers Valerio Agnoli et Alessandro Vanotti[16]. Nibali reprend la compétition fin août au Tour du Colorado, aux États-Unis, où il s'échappe à plusieurs reprises sans résultat. Il rentre ensuite en Europe pour participer au Tour de Padanie, où il remporte la 4e étape ainsi que le classement général.

Victoire au Tour d'Italie, deuxième du Tour d'Espagne (2013)[modifier | modifier le code]

Nibali en maillot rose à Brescia.

Vincenzo Nibali commence sa saison 2013 au Tour de San Luis, où il prend la 4e place du contre-la-montre de la 4e étape et la 10e du classement général. Il se montre ensuite régulier sur le Tour d'Oman (4e de la 2e étape, 5e de la 4e étape, 11e de la 3e étape), se classant ainsi 7e du classement général. Il participe à son retour en Europe à deux courses d'un jour en Italie : il se classe 11e du Grand Prix de la ville de Camaiore et 40e de la Roma Maxima. Lors de Tirreno-Adriatico, il termine 3e au sommet du Prati di Tivo (4e étape) et 7e à Chieti (5e étape). Il s'empare du maillot de leader après la 6e étape, disputé sous la pluie et marquée par de très fortes pentes[17]. 12e du contre-la-montre final, il remporte pour la 2e fois consécutive la Course des 2 mers. Il se pose alors comme un outsider et un dynamiteur potentiel de Milan-San Remo[18]. Après un abandon sur le Grand Prix Nobili Rubinetterie, il abandonne finalement sur la classique italienne, disputée dans des conditions très difficiles. Pour peaufiner sa forme, il participe à un stage à Tenerife, sur le volcan Teide, puis part reconnaître les finals des 18e, 19e et 20e étapes du Tour d'Italie. Pendant ce temps, il annonce qu'il participera au Tour du Trentin, à Liège-Bastogne-Liège, puis au Giro[19]. Lors du Tour du Trentin, son équipe prend la 2e place de la 1reb étape, un contre-la-montre par équipes, puis il termine 3e de la 2e étape, à Vetriolo Terme, à 17 s du vainqueur Kanstantsin Siutsou. Mais il distance ses adversaires lors de la 4e étape, se terminant au sommet la Sega di Ala, il remporte l'étape et le classement général devant Mauro Santambrogio. Cadel Evans et Bradley Wiggins, considérés comme deux de ses plus sérieux concurrents sur le Giro, concèdent respectivement 1 min 02 s et 1 min 39 s. Deux jours plus tard, il se classe 23e de Liège-Bastogne-Liège.

Il se présente alors comme un des grands favoris du Tour d'Italie. Le deuxième jour, Astana prend la 3e place du contre-la-montre par équipe. Nibali réussit ensuite à ne pas perdre de temps, puis s'empare de la 2e place du classement général à 5 s de Beñat Intxausti lors de la 7e étape, où Bradley Wiggins concède 1 min 24 s. L'italien prend le maillot rose le lendemain, lors du contre-la-montre. Il consolide sa position en prenant la troisième place de la 10e étape. Dans un épais brouillard, il se classe 2e de la 14e étape juste derrière Mauro Santambrogio[n 3], puis aucun écart n'est créé en haut du Galibier parmi les cinq premiers du classement général. Il remporte ensuite le chrono en côte et distance Cadel Evans, alors son poursuivant direct. Le lendemain, l'étape reliant Ponte di Legno à Val Martello (it) est annulée pour cause de mauvais temps[22]. Lors de la 20e étape, rabotée de plusieurs cols encore à cause des conditions météorologiques, il attaque et s'en va remporter en solitaire sous la neige la dernière étape de montagne du Giro se terminant en altitude aux Tre Cime di Lavaredo, devançant alors les trois Colombiens Fabio Duarte, Rigoberto Urán et Carlos Betancur. Nibali s'adjuge ainsi son premier Tour d'Italie, ce qui lui permet de dominer le cyclisme mondial[23]. Les prochains grands rendez-vous de sa saison sont le Tour d'Espagne et les mondiaux de Florence, et il annonce qu'il reprendra la compétition au Tour de Pologne[24]. Il reprend effectivement lors du Tour de Pologne. Il s'y montre discret, et termine 53e du classement général. Dans la foulée, il se présente au départ du Tour de Burgos.

Nibali en rouge sur la Vuelta 2013.

Il est 4e de la dernière étape au sommet des Lagunas de Neila, se classant ainsi 3e du classement général. Nibali est alors un favori naturel du Tour d'Espagne, et il souhaite monter en puissance au fil de la course, en vue des mondiaux[25]. Son équipe remporte le contre-la-montre par équipe inaugural, puis il s'empare du maillot rouge le lendemain, 8 s devant le vainqueur Nicolas Roche. Il le cède le jour suivant à Christopher Horner, avant de le reprendre lors de la 4e étape. Lors de la 8e étape, il se classe 16e au sommet de l'Alto de Peñas Blancas à 27 s de Leopold König. Il est alors 4e du classement général, à 18 s de Roche. Le lendemain, il grimpe d'une place au classement grâce à sa 8e place à Valdepeñas de Jaén. Lors de la 10e étape, la première de haute montagne, il prend la 2e place de l'étape et du classement général, à chaque fois derrière Christopher Horner. Après le premier jour de repos, il reprend le maillot rouge à l'issue du contre-la-montre, qu'il finit au 4e rang. Il a effectué ce contre-la-montre en étant géné par une piqûre d'abeille de la veille, car l'UCI ne l'a pas autorisé à prendre des médicaments, ce qui "[lui] paraît injuste"[26]. Il résiste à Christopher Horner dans la difficile ascension de la Gallina en Andorre. Mais il ne peut résister à l’accélération du coureur américain à Peña Cabarga. Le lendemain, il lui cède son maillot de leader dans l’ascension de l’Alto del Naranco au-dessus d’Oviedo et Christopher Horner consolide son avance dans la dernière étape de montagne arrivant au sommet du terrible col de l’Angliru. Nibali est donc finalement deuxième. Chef de file de l'Italie et figurant parmi les favoris de la course en ligne des championnats du monde de Florence, Nibali est victime d'une chute durant cette course disputée initialement sous la pluie. Réussissant à repartir, il figure parmi les quatre coureurs qui se disputent la victoire mais termine finalement au pied du podium[27]. Le 6 octobre lors du Tour de Lombardie, il chute à environ 90 km de l'arrivée et est contraint à l'abandon.

Victoire au Tour de France (2014)[modifier | modifier le code]

Nibali en jaune lors de la dernière étape du Tour 2014

Il annonce que son objectif principal de la saison est le Tour de France et par conséquent qu'il ne se rendrait pas sur le Giro dont il est tenant du titre[28]. Il entame sa longue préparation au Tour de San Luis, n'obtenant que la 44e place finale. Par la suite, il participe ensuite au Dubaï Tour et au Tour d'Oman arrivant respectivement 17e et 12e au classement général. Ayant prévu de disputer des courses par étapes en France, il prend part à Paris-Nice mais n'arrive pas à se classer dans les dix premiers (21e). Ensuite, il se montre offensif sur Milan-San Remo en attaquant dans le Cipressa, mais se fait reprendre au final par le peloton dans le Poggio[29]. Dans la continuité, il court les classiques ardennaises où il obtient son meilleur résultat à la Flèche wallonne avec une quatorzième place. Au début du mois de mai, Vincenzo Nibali décroche son premier top 10 de l'année dans un classement général à l'occasion du Tour de Romandie qu'il achève au cinquième rang. Critiqué par son directeur sportif Alexandre Vinokourov pour le manque de résultats[30], il fait son retour au Critérium du Dauphiné 2014 dans lequel il est dominé par ses adversaires pour le Tour de France (Christopher Frooome et Alberto Contador) pour prendre la septième place au classement final. Une semaine avant le Tour, il remporte la course en ligne des championnats d'Italie en battant son dernier concurrent au sprint (Davide Formolo). Cette victoire représente pour lui une « libération » et renforce sa confiance pour le Tour de France[31].

Nibali en jaune au Tour 2014

Une semaine plus tard (le 6 juillet), il gagne la deuxième étape du Tour de France après une attaque décisive dans les deux derniers kilomètres sur le plat et s'empare par la même occasion du maillot jaune de leader avec deux secondes d'avance sur les autres favoris[32]. Lors de la cinquième étape, il réalise la bonne opération du jour sur les pavés (troisième sur la ligne) en reléguant la plupart de ses adversaires directs à plus de deux minutes au classement provisoire[33]. Lors de la neuvième étape entre Gérardmer et Mulhouse, il cède son maillot jaune au Français Tony Gallopin (Lotto-Belisol). Le lendemain lors de la montée de la Planche des Belles Filles, il reprend le maillot jaune. Il passe sans encombre les différents massifs, en remportant deux autres étapes à Chamrousse dans les Alpes et à Hautacam dans les Pyrénées. Il remporte le Tour de France après son arrivée aux Champs-Élysées, 16 ans après son compatriote Marco Pantani.

Performances, capacités physiques[modifier | modifier le code]

Frédéric Portoleau, « calcule depuis les années 90 les puissances développées par les coureurs du Tour de France ». Selon lui, Nibali, Bradley Wiggins et Christopher Froome ont développé dans les derniers cols des étapes de haute montagne du Tour de France 2012 une puissance de 415 watts en moyenne dans les cols de fin d’étape[34]. Ce chiffre est supérieur aux 410 watts moyens dans les cols de fin d’étape qu'Antoine Vayer considère comme le seuil du dopage « avéré »[35],[36]. Pour l'entraîneur Aldo Sassi, « un effort prolongé à 6,2 W/kg (watts/kilogramme) en fin d’étape pouvait constituer un signe de dopage. Bradley Wiggins est en dessous, avec un record – pour un col long en fin d’étape – à 6,05 W/kg dans Peyresourde. Frédéric Grappe, maître de conférences à l’université de Besançon et entraîneur de l’équipe Française des Jeux, situe la limite physiologique à 5,5 W/kg pour une ascension longue de 45 minutes, et autour de 5,8 W/kg pour des efforts d’une demi-heure. Selon les calculs de Frédéric Portoleau, les dix premiers du classement général ont, à un moment ou l’autre de ce Tour, dépassé ces puissances en fin d’étape »[34].

Style[modifier | modifier le code]

Avant de commencer sa carrière professionnelle, Nibali est un adepte du VTT et des courses d'un jour. Il déclare rêver à une participation à Paris-Roubaix[1]. Son profil évolue une fois devenu professionnel. Excellent descendeur, très bon grimpeur et bon rouleur, Nibali est un coureur complet. De plus, il est considéré en 2012 comme un coureur offensif, sauf sur les grands tours[37].

Palmarès, résultats, classements et distinctions[modifier | modifier le code]

Palmarès amateur[modifier | modifier le code]

Palmarès professionnel[modifier | modifier le code]

Classiques et grands championnats[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant présente les résultats de Vincenzo Nibali lors des classiques de l'UCI World Tour (ex-ProTour), ainsi que les Grands championnats (Jeux Olympiques et championnats du monde).

Année Milan-
San Remo
Amstel Gold Race Flèche wallonne Liège-
Bastogne-Liège
Classique de Saint-Sébastien Grand Prix de Plouay Tour de Lombardie JO-CLM JO-Course en ligne Mondial-CLM Mondial-Course en ligne
2005 70e 113e 69e 80e
2006 70e 112e 52e Vainqueur 16e
2007 71e 34e 19e
2008 10e 27e 37e 15e
2009 49e 18e[n 2] 31e 39e
2010 28e 21e 12e 28e 76e 5e 40e
2011 8e 8e 40e
2012 3e 104e 8e 2e 26e 101e 29e
2013 Ab. 23e Ab. 4e
2014 44e 52e 14e 30e

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

5 participations

  • 2007 : 19e, vainqueur de la 1re étape (contre-la-montre par équipes)
  • 2008 : 11e
  • 2010 : 3e, vainqueur des 4e (contre-la-montre par équipes) et 14e étapes, Maillot rose maillot rose pendant 3 jours
  • 2011 : 2e[11], vainqueur de la 16e étape[12].
  • 2013 : Maillot rose Vainqueur du classement général, vainqueur des 14e[n 3], 18e et 20e étapes, Maillot rose maillot rose pendant 13 jours.

Tour de France[modifier | modifier le code]

4 participations

  • 2008 : 20e
  • 2009 : 7e
  • 2012 : 3e
  • 2014 : Maillot jaune Vainqueur du classement général, vainqueur des 2e, 10e, 13e et 18e étapes, Jersey yellow.svg maillot jaune pendant 19 jours.

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

3 participations

  • 2010 : Maillot rouge Vainqueur du classement général, Maillot blanc vainqueur du classement du combiné, vainqueur de la 20e étape, Maillot rouge maillot rouge pendant 7 jours
  • 2011 : 7e
  • 2013 : 2e, vainqueur de la 1re étape (contre-la-montre par équipes), Maillot rouge maillot rouge pendant 13 jours.

Classements mondiaux[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2004, le classement UCI concerne tous les coureurs ayant obtenu des points lors de courses du calendrier international de l'Union cycliste internationale (324 courses en 2004). En 2005, l'UCI ProTour et les circuits continentaux sont créés, ayant chacun leur classement. De 2005 à 2008, le classement de l'UCI ProTour classe les coureurs membres d'équipes ProTour en fonction des points qu'ils ont obtenu lors des courses du calendrier UCI ProTour, soit 28 courses en 2005, 27 en 2006, 26 en 2007. En 2008, le calendrier du ProTour est réduit à 15 courses en raison du conflit entre l'UCI et les organisateurs de plusieurs courses majeures. Les trois grands tours, Paris-Roubaix, la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie, Tirreno-Adriatico et Paris-Nice ne sont donc pas pris en compte dans le classement ProTour 2008. En 2009 et 2010, un « classement mondial UCI » remplace le classement ProTour. Il prend en compte les points inscrits lors des courses ProTour et des courses qui n'en font plus partie, regroupées dans un « calendrier historique », soit au total 24 courses en 2009 et 26 en 2010. Ce nouveau classement prend en compte les coureurs des équipes continentales professionnelles. En 2011, l'UCI ProTour devient l'UCI World Tour et reprend dans son calendrier les courses qui l'avaient quitté en 2008. Il comprend 27 courses en 2011 et son classement ne concerne plus que les coureurs membres des 18 équipes ProTeam.

Vincenzo Nibali obtient son meilleur classement en 2012 : 4e.

Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Classement ProTour[40] nc[41] 25e[42] 122e[43] nc[44]
Classement mondial UCI[45] 36e[46] 5e[47]
UCI World Tour[48] 7e[49] 4e[50] 5e[51]
Légende : nc = non classé

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nibali remporte le Memorial Gastone Nencini qui récompense le meilleur jeune coureur italien en 2006. Il remporte également le Mendrisio d'or 2010 et est nommé coureur italien de l'année (Giglio d'Oro) en 2010 et 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
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  30. (en) Stephen Farrand, « Nibali hits back at his critics before the Critérium du Dauphiné », sur cyclingnews.com,‎ 8 juin 2014
  31. (en) Andrew Hood, « Vincenzo Nibali gets 1st win of 2014 at Italian national road championship », sur velonews.com,‎ 28 juin 2014
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  33. Baptiste Bouthier, « Le squale fait un carnage », sur velochrono.fr,‎ 9 juillet 2014
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  38. Résultats de la vingtième étape du Tour d'Espagne 2010, sur le site de l'Union cycliste internationale (consulté le 7 juillet 2014)
  39. L'épreuve est commune au Trophée Melinda.
  40. « Classement ProTour », sur uciprotour.com (consulté le 11 novembre 2011)
  41. « Classement ProTour au 15/10/2005 », sur mémoire-du-cyclisme.eu,‎ 15 octobre 2005 (consulté le 6 avril 2013)
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  44. « Classement ProTour au 20/09/2008 », sur memoire-du-cyclisme.eu,‎ 20 septembre 2008 (consulté le 6 avril 2013)
  45. « Classement mondial UCI », sur uci.ch (consulté le 11 novembre 2011)
  46. « Classement Mondial UCI 2009 », sur uci.ch,‎ octobre 2009 (consulté le 6 avril 2013)
  47. « UCI WorldTour Ranking - 2010 - Final result », sur uci.html.infostradasports.com (consulté le 6 avril 2013)
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  49. « UCI WorldTour Ranking - 2011 - Final result », sur uci.html.infostradasports.com (consulté le 6 avril 2013)
  50. « UCI WorldTour Ranking - 2012 », sur uci.html.infostradasports.com (consulté le 6 avril 2013)
  51. « UCI WorldTour Ranking - 2013 », sur uci.html.infostradasports.com (consulté le 15 octobre 2013)
Notes 
  1. a et b Antonio Colom, initialement deuxième du Tour du Pays basque 2009, a été déclassé par l'UCI[2]. Nibali, initialement neuvième, est reclassé huitième.
  2. a et b Christian Pfannberger, initialement neuvième de l'Amstel Gold Race 2009, a été déclassé par l'UCI[3],[4]. Nibali, initialement 19e, est reclassé 18e.
  3. a, b et c Mauro Santambrogio, initialement vainqueur de la quatorzième étape du Tour d'Italie 2013, a été déclassé par l'UCI[20],[21]. Vincenzo Nibali, initialement deuxième, est déclaré vainqueur.
  4. Initialement deuxième de l'étape derrière Ezequiel Mosquera, la victoire lui a été décernée suite à la disqualification pour dopage de ce dernier

Liens externes[modifier | modifier le code]

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