Johan Museeuw

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Johan Museeuw
Image illustrative de l'article Johan Museeuw
Johan Museeuw
Informations
Nom Johan Museeuw
Surnom Le lion des Flandres
Date de naissance 13 octobre 1965 (49 ans)
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Spécialité Sprinteur
Classiques flandriennes
Équipe professionnelle
1988-1989
1990-1992
1993-1994
1995-2000
2001-2002
2003-2004
AD Renting
Lotto
GB-MG
Mapei
Domo-Farm Frites
Quick Step-Davitamon
Principales victoires
2 classements mondiaux

Coupe du monde 1995 et 1996
3 championnats
MaillotMundial.PNG Champion du monde sur route 1996
MaillotBélgica.svg Champion de Belgique sur route 1992 et 1996
11 classiques
Tour des Flandres 1993, 1995 et 1998
Paris-Roubaix 1996, 2000 et 2002
Championnat de Zurich 1991 et 1995
Paris-Tours 1993
Amstel Gold Race 1994
HEW Cyclassics 2002
2 étapes dans les grands tours

Tour de France (2 étapes)
Johan Museeuw lors du Critérium de Lèves 1997.

Johan Museeuw [mysew], né le 13 octobre 1965 à Varsenare, est un ancien coureur cycliste belge. Surnommé "Le Lion des Flandres", ce spécialiste des classiques du nord a remporté le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à trois reprises et été champion du monde de cyclisme en 1996. Son imposant palmarès lui vaut d'être considéré comme l'un des meilleurs coureurs des années 1990.
Il a été rattrapé par une affaire de dopage après avoir pris sa retraite et suspendu deux ans par sa fédération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts chez AD Renting (1988-1989)[modifier | modifier le code]

Johan Museeuw devient professionnel en 1988 dans l'équipe AD Renting. Durant cette première année, il s'emploie avant tout à aider le leader Eddy Planckaert, qui remporte le Tour des Flandres et le maillot vert du Tour de France. Il remporte une première victoire (le GP Briek Schotte) et obtient quelques places d'honneur sur Paris-Bruxelles (7e), ou le Grand Prix d'Isbergues (2e). Toujours dans la même équipe l'année suivante, il participe à la victoire de Greg LeMond au Tour de France.Il remporte la 5e étape du Tour de Belgique, sur lequel il termine 3e au classement final. Il prend la même place sur Paris-Tours, À travers les Flandres et le Grand Prix Eddy Merckx.

Révélation chez Lotto (1990-1992)[modifier | modifier le code]

L'équipe AD Renting étant dissoute, Museeuw signe en 1990 pour l'équipe Lotto. Il use alors de ses talents de sprinter pour remporter onze victoires dans l'année, dont 2 étapes du Tour de France.

En 1991, pour sa dernière année chez Lotto, il s'impose au Championnat de Zurich ; il prend également la 2e place du Tour des Flandres, et la troisième de Paris-Bruxelles. L'année suivante il remporte le Grand Prix E3, devient champion de Belgique et termine 3e de Milan-San Remo et 7e de Paris-Roubaix.

Premier Tour des Flandres chez GB-MG (1993-1994)[modifier | modifier le code]

À partir de 1993, Johan Museeuw court sous la direction de Patrick Lefevere, alors manager de l'équipe italienne GB-MG. Le coureur belge commence alors à se consacrer davantage aux classiques qu'aux sprints. Ce choix est vite couronné de succès, comme en témoignent ses victoires sur le Tour des Flandres en début de saison, puis sur Paris-Tours en fin de saison. Entre-temps il porte le maillot jaune du Tour de France durant 2 jours.

À compter de sa victoire sur le Tour des Flandres, Johan Museeuw devient un des principaux favoris pour les classiques du nord que sont Paris-Roubaix et le "Ronde van Vlaanderen". Il remporte chacune de ces épreuves à trois reprises. Il y joue cependant de malchance à plusieurs reprises. Ainsi, en 1994 il concède la victoire sur la Ronde à Gianni Bugno pour une différence de 7 mm.

L'homme de la Coupe du monde (1995-1997)[modifier | modifier le code]

En 1995, Museeuw remporte dès le début de saison le Trofeo Laigueglia[1]. Cependant, pour la première fois depuis 1991, il ne remporte aucune semi-classique pavée, terminant sixième de Het Volk[2] et septième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne[3], et prend la quatorzième place de Milan-San Remo[4]. Sur le Tour des Flandres, malgré une crevaison à 53 km de l'arrivée, il attaque vingt kilomètres plus loin, rejoint Fabio Baldato échappé, le distance dans le mur de Grammont et remporte la course pour la deuxième fois[5]. Cette victoire lui offre la tête du classement de la Coupe du monde, qu'il conforte la semaine suivante en prenant la troisième place de Paris-Roubaix derrière son coéquipier Franco Ballerini et Andreï Tchmil[6]. Au cours des deux manches suivantes de la Coupe du monde, il termine treizième de Liège-Bastogne-Liège[7], puis septième de l'Amstel Gold Race[8], toutes deux remportées par Mauro Gianetti. Museeuw perd alors la tête de la Coupe du monde au profit du Suisse, mais la retrouve à l'issue du Grand Prix de Francfort, où il prend la huitième place et Gianetti la dix-neuvième[9].

Dès le lendemain, Museeuw participe aux Quatre jours de Dunkerque, où il termine troisième du contre-la-montre, remporte la 6e étape, et profite des bonifications qui lui sont accordées pour sa deuxième place dans la 7e étape pour prendre à François Simon la victoire finale de l'épreuve[10]. En juin, après avoir participé au Tour de Suisse, Museeuw prend la troisième place du championnat de Belgique, devancé au sprint par Wilfried Nelissen et Tom Steels[11]. Il prend à nouveau part au Tour de France, mais avec moins de réussite que les années précédentes. Il termine 73e sans avoir pesé sur la course[12].

En août, Museeuw profite de la blessure de Gianetti pour accroître son avance au classement de la Coupe du monde. Il termine ainsi cinquième de la septième manche, la Leeds International Classic, devançant Laurent Jalabert au sprint[13]. Lors de la Clasica San Sebastian, la semaine suivante, son coéquipier Stefano Della Santa attaque à quelques kilomètres de l'arrivée, suivi par Lance Armstrong, qui le bat au sprint. Museeuw, mécontent du comportement de Della Santa, doit se contenter d'obtenir la troisième place au sprint, à nouveau devant Jalabert. Il est toujours en tête de la Coupe du monde avec 43 points d'avance sur Jalabert et 49 sur Gianetti[14]. Une semaine plus tard, il attaque avec Gianni Bugno dans la dernière difficulté du Grand Prix de Zurich, bat Bugno au sprint et remporte la course pour la deuxième fois. Cette victoire lui donne un avantage décisif de 88 points sur Jalabert au classement de la Coupe du monde, après neuf manches sur onze[15],[16]. En grande forme, il remporte ensuite en Belgique le Grand Prix Eddy Merckx, course contre-la-montre dont il n'est pas spécialiste[17], la Course du Raisin et le Championnat des Flandres, mais décide de ne pas participer aux championnats du monde, dont il juge le parcours trop difficile pour lui[17].

Lors de Paris-Tours, avant-dernière manche de la Coupe du monde, Museeuw attaque dans la dernière côte avec Nicola Minali, Gabriele Missaglia et Maurizio Fondriest, mais est repris à 900 m de l'arrivée[18]. Il termine 14e de la course remportée par Minali et s'assure la victoire finale au classement de la Coupe du monde pour la première fois. Il devance Andreï Tchmil, qui n'a remporté aucune manche, et Gianetti[19]. Museeuw est ainsi le premier coureur à terminer trois fois consécutivement sur le podium de la Coupe du monde. Il permet également à son équipe de remporter le classement par équipes de la compétition, et termine la saison à la quatrième place du classement UCI. À l'issue de la saison, il prologe son contrat avec Mapei pour trois années supplémentaires, après lesquelles il envisage de prendre sa retraite[20].

En 1996, un problème technique l'empêche de disputer la victoire sur le Tour des Flandres, et l'année suivante Bruno Boscardin lui casse le nez.

Blessure et retour (1998-2002)[modifier | modifier le code]

En 1998, une semaine après sa troisième victoire au Tour des Flandres, il chute durant Paris-Roubaix, dans la tranchée de Wallers-Arenberg, et se fracture la rotule. Contractant un virus, l'amputation est même envisagée un moment. Museeuw revient cependant aussi fort, et s'impose encore à Roubaix à deux reprises.

Fin de carrière (2003-2004)[modifier | modifier le code]

Pour son dernier Paris-Roubaix en 2004, il semble encore mesure de pouvoir l'emporter jusqu'à ce qu'une crevaison vienne mettre fin à ses espoirs.

Il prend sa retraite le 2 mai 2004 à l'occasion d'un critérium organisé en son honneur.

Outre un titre de champion du monde (1996) et ses victoires sur les classiques du nord, Johan Museeuw compte à son palmarès deux Championnats de Zurich, l'Amstel Gold Race et la HEW Cyclassics, ainsi que les semis-classiques flamandes que sont Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Het Volk, le Grand Prix E3 et la Flèche brabançonne.

Museeuw compte onze épreuves de coupe du monde à son palmarès. Il s'agit d'un record. Ses places sur le podium du Tour des Flandres (trois fois 1er, trois fois 2e et 2 fois 3e) en constituent un également.

Museeuw et le dopage[modifier | modifier le code]

Peu après avoir pris sa retraite, Museeuw est impliqué dans l'affaire dite "Landuyt" (du nom d'un vétérinaire belge soupçonné de trafic de produits dopants), comme d'autres coureurs belges (Mario De Clercq, Jo Planckaert et Chris Peers). Il est suspendu deux ans par la commission de discipline de la fédération belge pour dopage intentionnel. Sa réputation entamée, la télévision publique flamande a mis fin à sa collaboration en tant que consultant lors de retransmissions de compétitions cyclistes.

Cette affaire lui vaut d'être condamné à 10 mois de prison avec sursis[21].

Palmarès, résultats, distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Palmarès par année[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

  • 1988 : abandon (18e étape)
  • 1989 : 106e
  • 1990 : 81e et vainqueur de deux étapes
  • 1991 : non-partant (15e étape)
  • 1992 : 73e
  • 1993 : 50e et Jersey yellow.svg maillot jaune pendant 2 jours
  • 1994 : 80e et Jersey yellow.svg maillot jaune pendant 1 jour
  • 1995 : 73e
  • 1996 : 95e
  • 1997 : abandon (18e étape)
  • 2001 : abandon (13e étape)

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Trofeo Laigueglia », sur cyclingnews.com,‎ 14 février 1995
  2. (en) « Het Volk », sur cyclingnews.com,‎ février 1995
  3. (en) « Kuurne-Brussels-Kuurne », sur cyclingnews.com,‎ février 1995
  4. (en) « Milan-San Remo », sur cyclingnews.com,‎ 18 mars 1995
  5. (en) « Tour of Flanders », sur cyclingnews.com,‎ 2 avril 1995
  6. (en) « Paris-Roubaix », sur cyclingnews.com,‎ 9 avril 1995
  7. (en) « Lui-Bastenaken-Luik », sur cyclingnews.com,‎ 16 avril 1995
  8. (en) « Amstel Gold Race », sur cyclingnews.com,‎ 23 avril 1995
  9. (en) « GP Frankfurt », sur cyclingnews.com,‎ 1er mai 1995
  10. (en) « Quatre jours de Dunkerque », sur cyclingnews.com,‎ mai 1995
  11. (en) « National Cycling Championships », sur cyclingnews.com,‎ 25 juin 1995
  12. (en) « Final stage results », sur cyclingnews.com,‎ 23 juillet 1995
  13. (en) « Leeds International Classic », sur cyclingnews.com,‎ 8 août 1995
  14. (en) « Clasica San Sebastian », sur cyclingnews.com,‎ 16 août 1995
  15. Une victoire rapporte 50 points
  16. (en) « World Cup - Zuerich », sur cyclingnews.com,‎ 20 août 1995
  17. a et b (en) « G.P. Eddy Merckx », sur cyclingnews.com,‎ 30 août 1995
  18. (en) « Paris-Tours », sur cyclingnews.com,‎ 15 octobre 1995
  19. (en) « Final World Cup Standings », sur cyclingnews.com,‎ 25 octobre 1995
  20. (en) « Museeuw con Mapei-GB fino a tutto l'anno 1998 », sur cyclingnews.com,‎ 29 novembre 1995
  21. Dopage: dix mois de prison avec sursis pour Johan Museeuw

Liens externes[modifier | modifier le code]

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