Stavelot

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Stavelot
Le perron de la place Saint-Remacle.
Le perron de la place Saint-Remacle.
Blason de Stavelot
Héraldique
Drapeau de Stavelot
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Arrondissement Verviers
Bourgmestre Thierry de Bournonville (MR)
Majorité MR-LB
Sièges
MR-LB
cdH
ENS
PS
17
9
4
3
1
Section Code postal
Stavelot
Francorchamps
4970
4970
Code INS 63073
Zone téléphonique 080
Démographie
Gentilé Stavelotain(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
6 919 (1er janvier 2014)
50,01 %
49,99 %
81 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
21,69 %
61,27 %
17,05 %
Étrangers 3,13 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 12,26 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 12 457 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 23′ 47″ N 5° 56′ 04″ E / 50.396309, 5.934522 ()50° 23′ 47″ Nord 5° 56′ 04″ Est / 50.396309, 5.934522 ()  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
85,07 km2 (2005)
34,03 %
49,63 %
11,44 %
4,90 %
Localisation
Situation de la ville dans l’arrondissement de Verviers et la province de Liège
Situation de la ville dans l’arrondissement de Verviers et la province de Liège

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Liens
Site officiel stavelot.be

Stavelot (en wallon Ståvleu prononcé Stâvleû, en luxembourgeois Staweler[1]) est une ville belge située dans la province de Liège, en Région Wallonne.

Elle se trouve au confluent de l'Amblève et de l'Eau rouge, dans les Ardennes belges. Elle fut longtemps, par son abbaye, le chef lieu d'une petite principauté abbatiale qui disparut dans les changements politiques qui suivirent la Révolution française.

La ville a une superficie de 8 507 hectares et comptait le 1er juillet 2006 une population de 6 671 habitants.

Elle est située à 50 kilomètres de Liège et à 150 de Bruxelles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Stavelot est une des plus anciennes villes de Belgique. Sa fondation remonte à 648 par saint Remacle, qui à la demande de Sigebert III, fut chargé de l'évangélisation de la contrée.

L'abbaye unie à celle de Malmedy, érigée en principauté ecclésiastique, était rattachée au Saint-Empire romain germanique. Le souverain, qui portait le titre de Prince-abbé disposait de tous les pouvoirs spirituels et temporels. Cette autonomie prit fin à la Révolution liégeoise en 1794. Le Congrès de Vienne sépara la ville sœur de Malmedy qui alla à la Prusse tandis que Stavelot fut rattaché au Royaume des Pays-Bas.

Après l'effritement de l'Empire romain dû aux fréquentes invasions barbares du Ve siècle plusieurs évêques missionnaires viennent, surtout du sud de la France, pour défricher, cultiver et construire des abbayes qui deviendront rapidement des foyers de christianisation, culture et de civilisation.

C'est ainsi qu'au milieu du VIIe siècle, le roi Sigebert III, fils du bien connu roi Dagobert Ier, confia à Remacle, abbé de la florissante abbaye de Solignac dans le Limousin, la mission d'évangéliser une partie de la forêt d'Ardenne. Remacle s'arrêta d'abord à Cugnon, sur les bords de la Semois (644 à 648); le site ne lui convenant pas, il se dirigea plus au Nord pour s'arrêter à Malmunderio (Malmedy), dans la vallée de la Warche, où il érigea un premier monastère en 648. Ensuite à Stabelaco (Stavelot), quelques lieues plus loin, sur les bords de l'Amblève, il en fonde un second en 651. Abbaye double mais sous la houlette d'un seul abbé, Stavelot-Malmedy connaît de multiples conflits internes car chacune des abbayes revendique la préséance sur l'autre. Finalement, la primauté revient à Stavelot (lieu de réunion du chapitre) car Remacle y a établi sa résidence et y trouvera sa sépulture. Stavelot et Malmedy bénéficiaient d'un isolement propice au recueillement mais cette solitude n'était qu'apparente... Situé entre les vallées du Rhin et de la Meuse, au sein de tout un réseau de communications comme Liège et Aix-la-Chapelle (Aachen), de Cologne (Köln) à Trèves (Trier), ce double monastère allait connaître un épanouissement politique et culturel remarquable.

Ces deux abbayes, relevant du point de vue spirituel, l'une de l’évêché de Cologne pour Malmedy, l'autre de l’évêché de Liège pour Stavelot, donnèrent naissance à une principauté indépendante, jusqu'à sa suppression le 12 septembre 1796 à la suite de la révolution liégeoise de 1789.

Fidèles aux règles monastiques austères et pures des saints Colomban et Benoît les moines s'occupèrent principalement à des tâches agricoles. Un premier oratoire dédié aux saints Martin, Pierre et Paul fut construit au milieu des modestes cellules monacales.

De nombreuses légendes se rattachent à cette époque. La plus célèbre est sans doute celle du ""loup bâté"[2] qui devint par la suite l'emblème de la ville de Stavelot. Cette légende nous raconte comment Remacle pour punir le loup d'avoir dévoré son âne qui l'aidait à transporter des pierres pour construire sa première église, lui ordonna de le remplacer et de porter lui-même les hottes de pierres.

Quelques années après la mort de Remacle, une première église, en pierre, fut construite au nord de l'oratoire primitif. Elle fut consacrée sous l'abbé Goduin, le 25 juin 685. Le même jour, on y plaça les restes du saint fondateur conservés dans une petite châsse d'or et d'argent.

Article détaillé : Abbaye de Stavelot.

Quelques dates[modifier | modifier le code]

  • 1021 : Avènement de l'abbé Poppon. Grand bâtisseur, Poppon fera construire une imposante église de plus de cent mètres, en présence de l'Empereur d'Allemagne Henri III, cette nouvelle église abbatiale fut consacrée le 5 juin 1040.
  • 1098 : naissance de Wibald de Stavelot[3] à Chevrouheid, petit hameau des environs de Stavelot. Wibald jouera sur la scène internationale un rôle religieux capital pour la région et notamment pour les abbayes de Stavelot et de Malmedy.
  • 1689 : le 4 octobre les troupes de Louis XIV ravagent et incendient la ville, il ne restera que l'abbaye, la basse-cour... Plus de 360 maisons sont détruites.
  • À partir de 1770 : construction des Levées (routes), des fontaines ainsi que des améliorations dans le centre ville.
  • En 1899, le poète français Guillaume Apollinaire fait un séjour bref, mais déterminant à Stavelot ; il en évoquera fréquemment le souvenir.
  • Au cours de la bataille des Ardennes, la ville connait de violents combats et des éléments de la 1re SS Panzer Division commandés par le lieutenant-colonel Peiper, qui s'étaient déjà rendus coupables du massacre de Baugnez, tuent plus de 130 civils à Stavelot et dans ses alentours entre le 18 et le 20 décembre 1944.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune, située au cœur de la Haute Ardenne, est logée au centre d'une large vallée issue du confluent de l'Amblève, et de l'Eau Rouge.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Roch

Économie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Wilhelm de Kostrowitzky, futur Guillaume Apollinaire, à l'âge de 19 ans, vécut à Stavelot, en compagnie de son frère Albert, pendant l'été 1899. Pendant que sa mère (aristocrate polonaise) passe ses journées au casino de Spa, le jeune homme découvre Stavelot, sa région et...l'amour en la personne de Maria Dubois. Elle lui inspire son seul poème en wallon : Mareye. N'ayant pas reçu l'argent que sa mère devait lui envoyer, il quitta l'auberge sans payer, le 5 novembre 1899.
    Il décrivit la région dans un poème : Fagnes de Wallonie.
  • Jules Bastin, chanteur lyrique.
  • François Prume, violoniste et compositeur.
  • Raymond Micha, compositeur.
  • Alphonse Jacques de Dixmude, général, fondateur d'Albertville, aujourd'hui Kalemie.
  • William Degouve de Nuncques, peintre mort à Stavelot en 1935

Stavelot et ses Blancs-Moussis[modifier | modifier le code]

Un Blanc Moussis

Il semblerait que jadis, les moines de Stavelot avaient l'habitude de participer avec les Stavelotains aux festivités du carnaval. À la suite d'un édit du prince-abbé, G. de Manderscheidt en 1499, cette pratique fut interdite.

Les Stavelotains qui appréciaient la présence des moines à leur fête, renaclèrent à cette interdiction et décidèrent de la tourner en dérision à leur façon. Ils participèrent d'abord au carnaval déguisés eux-mêmes en moines jusqu’à ce que tombât une nouvelle interdiction ! Alors faisant appel à leur imagination, ils créèrent un costume blanc avec capuchon, évoquant plus discrètement l'habit monacal… Ils ajoutèrent à ce déguisement un étrange masque, impersonnel, avec un très long nez rouge et pointu : les Blancs-Moussis étaient nés ! Il semblerait que leur première apparition dans la ville date du XVIe siècle. Durant la période française, leurs sorties furent interdites pour n'en être que plus actives après 1820.

Depuis 1947, les Blancs-Moussis, érigés en confrérie vénérable avec chevalerie d'honneur aux costumes rutilants, jouent un rôle important dans la vie de la ville. Ils sont devenus les ambassadeurs dynamiques du folklore belge et leur présence en invités d'honneur aux carnavals de Düsseldorf, Cologne, Compiègne, Saint-Quentin... a contribué au renom de la ville de Stavelot.

L'apothéose du cortège de la Laetare à Stavelot est le rondeau des Blancs-Moussis sur la place Saint Remacle. Un règlement et des indications détaillées précisent la façon dont il doit être exécuté. Les Blancs-Moussis closent le défilé. Avec leurs costumes blancs, ils entourent géants et leurs chars dotés de canons à confettis. Les Blancs-Moussis trimbalent des sortes de ballons faits de vessies de porc gonflées et s'en servent pour taper sur les passants. Ils profitent aussi de la dispersion du cortège pour placarder sur les murs de Stavelot, des affiches avec des jeux de mots raillant parfois les habitants de la ville.

Article principal : Laetare de Stavelot.

Par ailleurs un groupe folklorique "Le Réveil Ardennais" a remis à l'honneur la "Maclote" ainsi que d'autres danses anciennes de la région. La maclote fut immortalisée par des vers de Guillaume Apollinaire écrits lors de son séjour à Stavelot dans les dernières années du XIXe siècle.

Une cité d’espoir et de culture[modifier | modifier le code]

Stavelot vu de l'ancienne voie de chemin de fer

Autour du site abbatial (repris sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Région wallonne), Stavelot montre le visage préservé d'une cité du XVIIIe siècle avec sa grand-place, ses maisons de pierre et de colombage, ses venelles, ses fontaines, son trésor religieux (la châsse de saint Remacle, chef-d’œuvre de l'art médiéval).

  • Site classé de l'abbaye et musées (circuit, principautaire, Apollinaire et expos temporaires).
  • Le Triangle Bleu (galerie d'art contemporain).
  • Un centre culturel avec animation permanente (chanson française, jazz, expos…).
  • Des festivals internationaux de musique, de théâtre et du conte.
  • Des brocantes saisonnières.
  • Le Laetare de Stavelot et ses Blancs moussis, l'un des plus renommés carnavals de Belgique, le troisième dimanche avant Pâques.
  • Des sites historiques de la bataille des Ardennes de décembre 1944.
  • 250 km de promenades nature dans la vallée de l'Amblève, joyau de la Haute Ardenne.
  • L'église primaire Saint-Sébastien (les trésors, les orgues...)
  • Un centre de recherches archéologiques (CSA)(fouilles des vestiges de l'église abbatiale, du château de Stavelot et d'autres sites de la région proche).
  • Le Fonds de documentation régionale de la bibliothèque de Stavelot rassemble toute une série de documents sur l'ancienne principauté de Stavelot-Malmedy, ainsi que sur les Hautes-Fagnes et la Haute-Ardenne. Il héberge le Fonds "Environnement et Patrimoine" de l'Ardenne (FEPA)

Voir aussi la liste du patrimoine immobilier classé.

Chantier de fouilles de l'abbatiale[modifier | modifier le code]

Situés dans le parc communal de la ville, les vestiges de l'église abbatiale forment, avec les bâtiments conventuels, le cœur historique de l'ancienne principauté de Stavelot-Malmedy. Classé depuis 1958, le site archéologique est fouillé scientifiquement depuis 1986 par le Centre stavelotain d'archéologie en collaboration avec l'université de Liège. Ces campagnes de fouilles ont mis au jour l'extrémité orientale des nefs, le transept, le chœur, le déambulatoire et la crypte extérieure de l'imposante église construite au XIe siècle par l'abbé Poppon. Élevée à l'emplacement d'une église primitive dédiée à saint Remacle, le fondateur du monastère au VIIe siècle, ce vaste édifice constitue un exemple remarquable de fusion d'influences française et germanique appliquée à une importante église de pèlerinage. Embellie et transformée durant les siècles qui suivirent, elle fut détruite au début du XIXe siècle et dépouillée de ses matériaux utiles. Seule la tour d'entrée et les vestiges mis au jour témoignent aujourd'hui de son importance. Le site a livré un important matériel archéologique : vitraux, céramiques, monnaies, objets en ivoire, en cuivre et pièces d'orfèvrerie.

Sport[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zesummegestallt vum Henri Leyder-Lëtzebuerger Marienkalender 1997-iwwerschaft 3/2011.
  2. Saint Remacle et le loup bâtè
  3. Wibald/Editing Catholic Encyclopedia (1913)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BAIX, Fr., Étude sur l'abbaye et la principauté de Stavelot-Malmédy (des origines à 1021), Paris et Charleroi, 1924.
  • BASTIN, J., Wibald, abbé de Stavelot et Malmédy, du Mont Cassin et de Corbie, Verviers, 1931, 59p.
  • COURTEJOIE, A., Les Illustrations de Stavelot et les vies des saints Remacle, Théodart, Hadelin, Lambert, Poppon, et d'autres grands civilisateurs des Ardennes, Liège, 1898, 320p.
  • VANDERSCHAEGHE, Michel; LEGRAND, Jean-Philippe (ill.) C'était au temps du XIXe siècle : Stavelot, 1794 à 1899: récit de la vie quotidienne, Stavelot : Bibliothèque communale, Fonds régional et local, 2003, 400 p.
  • VANDERSCHAEGHE, Michel, Stavelot au travers d'un siècle, 1900-1999 : par la presse locale, M. Vanderschaeghe, 2000, 372 p.
  • VANDERSCHAEGHE, Michel, La Vie quotidienne à Stavelot pendant la guerre 1914-1918, Stavelot : M. Vanderschaeghe, 1982, 184 p.
  • VANDERSCHAEGHE, Michel, Stavelot : en traversant ses rues, lieux-dits, villages et hameaux, Stavelot : M. Vanderschaeghe, 2008, 350 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]