Dopage sur le Tour de France

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Affiche de spectateurs sur le Tour de France 2006.

Le dopage est un problème récurrent du Tour de France, du cyclisme et du sport professionnel de manière générale. Dès les débuts de l'épreuve le dopage fait son apparition, puis évolue avec des techniques de plus en plus sophistiquées et performantes. Avec souvent un temps de retard, les contrôles évoluent également, faisant aujourd'hui du Tour de France une compétition à la pointe de la lutte contre le dopage. De ce fait, de nouveaux cas sont régulièrement détectés et des affaires incluant médecins et managers éclatent périodiquement. Ces révélations sur ce qui constitue une culture de la triche généralisée et systématique sont très médiatisées et passionnent le public de l'épreuve[1].

Le dopage généralisé (1903-1966)[modifier | modifier le code]

Les pro et anti-dopage s'affrontent par plumes interposées durant près d'un demi-siècle. Le camp des anti-dopage est clairement plus faible de celui des pro-dopage. Roland Barthes fait ainsi figure d'exception quand il écrit en 1957 : « Doper le coureur est aussi criminel, aussi sacrilège que de vouloir imiter Dieu ; c'est lui voler le privilège de l'étincelle. »[2]. Les journalistes sur la course sont souvent liés d'amitié avec les coureurs, et ils restent muets sur le sujet ou défendent même le dopage. Antoine Blondin écrit ainsi : « Nul ne disconviendra que le dopage puisse être une pratique catastrophique, l'arme illusoire des plus faibles. À travers lui, alors que tout devrait s'affirmer dans une allégresse contagieuse - l'audace, le courage, la santé -, une planète révèle qu'elle possède aussi sa face d'ombre où tout se tait. » et ajoute « On a certes envie de leur dire qu'il ne fallait pas faire ça, mais on peut demeurer secrètement ému qu'ils l'aient fait. Du moins se seront-ils une fois offerts aux acclamations et aux outrages pour que tourne le somptueux manège, ce concours permanent où ils se veulent élus. »[3].

Des témoignages de pratiques dopantes[modifier | modifier le code]

Certains coureurs n'hésitent pas à déclarer publiquement qu'ils se dopent et que cela fait partie de leur liberté individuelle.

Les frères Pélissier décrivent leur consommation lors du Tour de France 1924 au journaliste Albert Londres, qui les retranscrit dans un article titré L'abandon des Pélissier ou les martyrs de la route[4] (et non pas les Forçats de la Route, comme la légende l'a pourtant retenu[5]). Henri Desgrange, organisateur du Tour jusqu'en 1936 y réplique par un éditorial cinglant dans lequel il accuse les frères Pélissier d'être des millionnaires mal préparés. L'article d'Albert Londres fera grand bruit, mais le journaliste, novice en la matière, a sans doute été trompé par les 2 coureurs. Quelques années plus tard, Francis Pélissier expliquera : « Nous l’avons un peu bluffé avec notre cocaïne et nos pilules ! Ça nous amusait d’emmerder Desgrange. Cela dit, le Tour de France, en 1924, c’était pas de la tarte ! » [6].

En 1949, Fausto Coppi, vainqueur des Tours de France 1949 et 1952, avoue, à la télévision italienne, utiliser des amphétamines en course[7].

En 1960, Pierre Dumas fait une ronde dans les chambres des coureurs. Il entre dans celle du futur vainqueur, Gastone Nencini qui se trouve sur son lit avec un tube de plastique dans chaque bras relié à une bouteille contenant des hormones[8]. Cependant, l'injection d'hormone n'était pas illégale à cette époque et donc, Nencini ne put être disqualifié.

Jacques Anquetil défend le principe de « préparation optimale » et déclare : « Après tout, l'épreuve du dopage est identique à celle du froid, de la canicule, de la pluie ou de la montagne » avant d'ajouter « Laissez moi tranquille. Je me dope parce que tout le monde se dope (...). Bien souvent je me suis fais des piqûres et si, maintenant, on veut m'accuser de me doper, ce n'est pas bien difficile, il suffit de regarder mes fesses et mes cuisses, ce sont de véritables écumoires.  »[9]. Le général de Gaulle, lui-même, a clairement choisi son camp : « Dopage ? Quel dopage ? A-t-il oui ou non fait jouer la Marseillaise à l'étranger ? »[10].

Divers accidents dus au dopage[modifier | modifier le code]

Pendant le Tour de France 1955, durant l'ascension du Mont Ventoux, Jean Malléjac est victime d'un malaise dû à un abus d'amphétamines. Cet incident entraîne l'exclusion de son soigneur, qui est également celui du Luxembourgeois Charly Gaul. Il s'agit du premier cas d'exclusion pour dopage sur le Tour de France[11].

En 1960, Roger Rivière est ainsi victime d'un malaise suivi d'une chute dans la descente du col du Perjuret. On retrouve dans ses poches des cachets de palfium, un puissant analgésique.

Le décès de Tom Simpson (1967)[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion du docteur Pierre Dumas, médecin du Tour de France, les premiers contrôles inopinés sur le Tour sont mis en place en 1966, provoquant l'indignation du peloton.

Tom Simpson meurt sur les pentes du mont Ventoux lors de la 13e étape du Tour de France 1967. Selon le rapport d'autopsie, « le décès [...] est dû à un collapsus cardiaque imputable à un syndrome d'épuisement dans l'installation duquel ont pu jouer certaines conditions atmosphériques défavorables (chaleur, anoxémie, humidité de l'air), un surmenage intense, l'usage de médicaments du type de ceux découverts sur la victime qui sont des substances dangereuses. À cet égard, les experts toxicologues confirment qu'il a été décelé dans le sang, les urines, le contenu gastrique et les viscères du défunt, une certaine quantité d'amphétamine et de méthylamphétamine, substances qui entrent dans la composition des produits pharmaceutiques retrouvés dans les vêtements de Simpson [...]. Les mêmes experts précisent que la dose d'amphétamine absorbée par Simpson n'a pu, à elle seule, déterminer sa mort ; qu'elle a pu, par contre, l'entraîner à dépasser la limite de ses forces et, par là-même, favoriser l'apparition de certains troubles liés à son épuisement[12]. »

La mort de Simpson a « l'effet d'un électrochoc »[13] et « [déclenche] la guerre contre le dopage »[14]. À partir de 1968, des contrôles antidopage sont effectués à l'arrivée de chaque étape[15]. À partir de cette édition également, le ravitaillement en course est autorisé[16].

Années 1970-1980 : premiers contrôles anti-dopage, stéroïdes et autres anabolisants[modifier | modifier le code]

Les contrôles se multiplient et deviennent quotidiens en 1968. Les premiers coureurs contrôlés positifs sont exclus du Tour dès 1968. Mais les coureurs s'adaptent et profitent du silence complice des médias et des failles des systèmes de contrôle pour poursuivre leurs pratiques.

Dans les années 1970 et 1980, les cas de dopage sont nombreux mais font l'objet d'une médiatisation discrète. Le coureur explique souvent son contrôle par la prise d'un médicament pour soigner une toux ou par l'utilisation d'un bidon suspect passé par un spectateur. Les amphétamines sont remplacés par les stéroïdes anabolisants.

  • Eddy Merckx, quintuple vainqueur du Tour (de 1969 à 1972 et 1974), fut contrôlé 3 fois positif dans sa carrière : au Tour d'Italie en 1969, au Tour de Lombardie en 1973 et à la Flèche wallonne en 1977. Il a également reconnu avoir couramment eu recours à l'échange d'urine avec d'autres coureurs dont Roger De Vlaeminck[17].
  • Jean-Luc Vandenbroucke, lors d'une interview au journal L'Équipe, des 14-15 octobre 1978, indique au journaliste : C'est vrai que, pendant le Tour de France, où j'étais à la peine, j'ai pris assez régulièrement des anabolisants, sur l'ordre d'ailleurs du médecin. (...) Pendant plus de trois semaines, dans le Tour de France, on nous demande des efforts surhumains et j'avais besoin qu'on me donne quelque chose pour que je tienne le coup. Beaucoup font pareil, croyez-moi, et je ne vois pas la solution, si ce n'est de raccourcir les étapes.

L'affaire Pollentier : le maillot jaune exclu et déclassé (1978)[modifier | modifier le code]

Lors du Tour de France 1978, Pollentier s'empare du maillot jaune en gagnant la 16e étape à l'Alpe d'Huez. Il est cependant déclassé et exclu de la course pour fraude au contrôle antidopage. Lors de ce contrôle, il use d'une technique courante à l'époque, consistant à placer une poire remplie d'urine propre sous le bras et à en faire couler le contenu par un tube dans la manche du maillot, bouché au niveau du poignet. Le tuyau utilisé par Pollentier est cependant obstrué. Le médecin effectuant le contrôle antidopage lui demande de se dévêtir pour se rafraîchir. Pollentier refuse, suscitant ainsi la suspicion du médecin. Le soigneur Willy Voet, rapportant des propos du directeur sportif de Pollentier Alfred De Bruyne, affirme que l'appareil de Pollentier a été saboté. Outre l'exclusion du Tour de France, il écope d'une suspension de deux mois[19].

L'affaire Delgado : le maillot jaune positif (1988)[modifier | modifier le code]

La fédération internationale, elle-même, couvre les coureurs et joue sur les règlements pour couper court aux scandales. L'exemple le plus significatif est celui de Pedro Delgado en 1988, déclaré positif à la probénécide (un diurétique) quelques jours avant son arrivée en jaune à Paris. L'organisation du Tour est plutôt favorable à son exclusion, mais l'UCI met son veto en arguant que ce produit qui figurait bien sur la liste des produits par le CIO ne figurait pas encore sur la liste des produits interdits par l'UCI, à un mois près. Le message de l'UCI est clair : soyez malins.

C'est donc assez naturellement et discrètement que le dopage gangrène petit à petit le cyclisme. En 1977 et 1978, plus de la moitié des participants au Tour de France auraient, à un moment ou un autre de leur carrière, contrevenu avec la réglementation antidopage[20].

Années 1990-2000 : EPO, transfusions sanguines et testostérone[modifier | modifier le code]

Tour de France 1996 : les aveux du vainqueur[modifier | modifier le code]

Au cours de sa victoire dans le Tour de France 1996, Bjarne Riis avait hérité d'une réputation équivoque en matière de dopage. En témoigne le surnom de « Monsieur 60 % » dont il avait alors été affublé en raison de son hématocrite supposé[21].

Le , il reconnaît s'être dopé à l'EPO pendant sa carrière sportive[22] et notamment pendant le Tour de France 1996 qu'il avait remporté[23]. Le , son nom est rayé du palmarès du Tour de France, aucun vainqueur n'est alors mentionné pour cette année 1996. Il est réintégré au palmarès par les organisateurs du Tour de France, le , avec une mention de ses aveux[24].

L'affaire Festina (1998)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : affaire Festina.

En 1998, le scandale de l’affaire Festina éclate. Cette affaire met surtout en lumière la participation active du staff médical (dont Willy Voet) et donc l'organisation du dopage au niveau des équipes. Suite à cette affaire, les contrôles sont renforcés et la France se dote d’une loi anti-dopage plus contraignante. Cette affaire entraîne la création de l'AMA. Malgré tout, d'autres affaires de dopage éclateront par la suite comme l'affaire Cofidis en 2004.

Les révélations de Jesus Manzano[modifier | modifier le code]

En 2003, lors de la 6e étape du Tour de France, Jesus Manzano est pris d'un spectaculaire malaise sous la canicule. Il expliquera au journal AS le dopage organisé au sein de l'équipe Kelme, l'auto-transfusion pratiquée au sein de l'équipe (son leader entre autres, Alejandro Valverde) et les raisons de son malaise lors du Tour de France 2003.

Soupçons de dopage autour de Lance Armstrong[modifier | modifier le code]

Lance Armstrong a été contrôlé positif aux corticoïdes le , à l'issue de la première étape du Tour de France. Ce résultat est révélé par la presse lors de la journée de repos du Tour le 19 juillet. L'Union cycliste internationale annonce qu'Armstrong bénéficie d'une ordonnance médicale pour l'utilisation de Cémalyt afin de soigner une allergie dermatologique.

Le , le journal sportif français L'Équipe publie une enquête annonçant que six échantillons (analysés par le laboratoire national de dépistage du dopage de Châtenay-Malabry) d'urine de Lance Armstrong datant du Tour de France cycliste 1999 contiendraient de l'EPO.

Le 24 août 2012, le président de l'USADA annonce qu'Armstrong va être déchu de tous ses titres depuis le 1er août 1998 et radié à vie du cyclisme[25]. Le 22 octobre 2012, l'UCI déchoit Lance Armstrong de ses 7 titres[26]. En janvier 2013, le coureur avouera finalement s'être dopé durant de longues années[27].

Tour de France 2006[modifier | modifier le code]

En 2006, quelques jours avant le départ du Tour éclate l’affaire Puerto. Les médias espagnols diffusent une liste de coureurs impliqués dans une affaire de dopage par transfusion sanguine. Ceci a pour conséquence l'exclusion de 9 coureurs :

Quelques jours plus tard, l'Américain Floyd Landis remporte le Tour, mais voit rapidement sa victoire remise en cause après que l'on eut décelé un taux de testostérone anormalement élevé à la suite de sa victoire d'étape à Morzine. En 2007, il est déclassé et perd sa victoire au profit d'Óscar Pereiro.

Tour de France 2007[modifier | modifier le code]

Deux jours avant le départ du Tour de France 2007, l'UCI fait signer aux coureurs une charte mentionnant qu'ils acceptent de fournir leur ADN et de verser le montant de leur salaire 2007 en cas de violation de la règle antidopage.

4 contrôles positifs[modifier | modifier le code]

Cela n'empêchera pas le Tour d'être à nouveau touché par plusieurs affaires de dopage : tout commence avec l'Allemand Patrik Sinkewitz, contrôlé positif le 8 juin et qui abandonne le 15 juillet dans le Tour de France après avoir percuté un spectateur. Puis, Alexandre Vinokourov, grand favori de cette édition, est exclu de l'épreuve suite à un contrôle positif aux transfusions homologues. Dans la foulée, et à la demande de Patrice Clerc, l'équipe Astana se retire de la Grande Boucle, emportant avec elle des coureurs de qualité, tels Andreas Klöden et Kashechkin. Le lendemain, c'est l'Italien Cristian Moreni de la Cofidis qui est rattrapé par le dopage. Il reconnait avoir eu recours à de la testostérone (à l'instar de Floyd Landis) durant l'étape Marseille - Montpellier. Pourtant, Éric Boyer, le manager de la Cofidis, n'avait pas été le moins virulent dans ses propos concernant le cas de dopage de Vinokourov. L'équipe Cofidis se retire alors du Tour. Le lundi 30 juillet, les journaux espagnols[28] annoncent que le coureur espagnol Iban Mayo a été contrôlé positif à l'EPO durant la journée de repos du 24 juillet. Cette annonce est ensuite confirmée[29] à l'encontre de celui qui a terminé à la 16e place du Tour.

L'affaire Rasmussen : le maillot jaune exclu[modifier | modifier le code]

Enfin, après avoir largement consolidé son maillot jaune lors de la 16e étape, la dernière étape de montagne du Tour, Michael Rasmussen quitte l'épreuve à la demande de son équipe, la Rabobank, à qui le Danois a menti, notamment sur le lieu de sa préparation pour le Tour (il était en Italie alors qu'il avait déclaré être au Mexique). Par ailleurs, la fédération danoise l'avait, quelques jours avant la 16e étape, exclu de l'équipe nationale en raison de la non-communication de son calendrier d'entraînement empêchant l'UCI de réaliser des contrôles anti-dopage inopinés.

Quelques semaines après la fin du Tour, l'Équipe annonce que des prélèvements effectués sur le coureur danois aurait révélé la présence de Dynepo, une EPO produite à partir de cellules humaines[30]. Cette analyse n'a pour autant pas abouti à un contrôle positif, en raison d'un règlement inadapté à ce type de substance. En janvier 2013, à la suite des aveux d'Armstrong, Rasmussen admettra également s'être dopé entre 1998 et 2010[31].

Contador et l'affaire Puerto[modifier | modifier le code]

Le vainqueur Alberto Contador continue d'être d'accusé de dopage à cause de sa citation dans l'affaire Puerto dont il fut blanchi ultérieurement. Contador a été contrôlé à l'issue des étapes 14, 17, et 18 et n'a pas eté contrôlé positif. Plusieurs participants, tels que Sébastien Hinault, ont affirmé qu'il n'est pas mieux que Rasmussen. Le 30 juillet, l'expert anti-dopage allemand Werner Franke l'a accusé d'avoir pris des médicaments dans le passé.

Nouveaux cas... et nouvelle EPO (2008)[modifier | modifier le code]

Conséquence de la sortie du Tour du giron de l'UCI : les contrôles antidopage ne sont pas effectués par cette dernière mais par l'Agence française de lutte contre le dopage. En outre, celle-ci ne bénéficie pas des données du passeport biologique mis en place en début de saison, l'UCI refusant de les communiquer[32],[33].

Au départ de Brest, les 3 et 4 juillet, l'AFLD a effectué 180 contrôles sanguins[34].

Plusieurs cas entacheront néanmoins ce Tour de France 2008. Tout d'abord, l'Espagnol Manuel Beltrán est contrôlé positif à l'EPO suite à un prélèvement effectué lors de la 1ère étape[35]. L'Espagnol Moisés Dueñas est quant à lui contrôlé positif à l'EPO suite à un contrôle effectué lors de la 4e étape[36]. L'Italien Riccardo Riccò, vainqueur des 6ème et 9ème étapes est également mis hors course suite à un contrôle positif à l'EPO sur un échantillon prélevé lors de la 4e étape[37]. Ce contrôle positif est le premier qui met en évidence l'apparition dans le peloton d'une EPO dite de troisième génération, le CERA. Enfin, le Kazakh Dmitriy Fofonov est contrôlé positif à l'heptaminol suite à un contrôle effectué lors de la 18e étape[38].

En octobre 2008, l'AFLD procède à de nouveaux tests sur les échantillons prélevées lors du Tour de France 2008 afin de détecter le CERA. Ces nouvelles analyses permettent de confirmer le contrôle positif de l'Italien Riccardo Riccò et mettent en évidence la présence de trois nouveaux tricheurs :

Ce Tour 2008 aura ainsi démontré l'efficacité des contrôles anti-dopage et aura été marqué par la découverte de la présence dans le peloton d'une troisième génération d'EPO : le CERA.

Nouveau cas en 2009[modifier | modifier le code]

L'espagnol Mikel Astarloza a été contrôlé positif à l'EPO suite à un contrôle hors compétition juste avant le tour[42], il risque deux ans de suspension, et sa victoire sur la 16e étape du Tour de France 2009 pourrait être invalidée au profit de Sandy Casar.

2010: Alberto Contador, vainqueur déclassé[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 2010, Alberto Contador est suspendu à titre provisoire par l'UCI en raison d'un « résultat d’analyse anormal dans un échantillon d’urine prélevé lors de la deuxième journée de repos du Tour de France 2010 »[43]. Cette analyse a révélé la présence de clenbuterol. La faible concentration de ce produit conduit l'UCI à mener « des investigations scientifiques complémentaires, en collaboration avec l'Agence mondiale antidopage. Alberto Contador affirme avoir été victime d'une contamination alimentaire. La fédération espagnole de cyclisme blanchit le coureur, puis le tribunal arbitral du sport (TAS) se saisit de l'affaire. Le TAS doit prendre sa décision en août 2011, ce qui permet à Contador de participer au Tour 2011. Le 6 février 2012, le tribunal arbitral du sport annonce que le coureur est suspendu pour deux ans avec effet rétroactif[44]. Alberto Contador est déclassé du Tour de France 2010, et la victoire est attribuée par l'UCI à Andy Schleck[45].

2011-2012 : Encore des coureurs contrôlés positifs[modifier | modifier le code]

Lors du Tour de France 2011, le coureur Alexandr Kolobnev (équipe Katusha) est exclu du Tour de France suite à un contrôle positif à un diurétique, l'hydrochlorothiazide (HCT), le 6 juillet lors de la 5e étape[46].

Lors de la première journée de repos du Tour de France 2012, Rémy Di Grégorio est arrêté à l'hôtel de l'équipe Cofidis à Bourg-en-Bresse dans le cadre d'une affaire liée au dopage et l'équipe Cofidis le suspend à titre conservatoire[47]. Lors de la seconde journée de repos, c'est Fränk Schleck qui est contrôlé positif à un diurétique[48] (la xipamide) après l'étape du 14 juillet. Il décide alors de lui-même de se retirer de la compétition.

Le Tour, bouc-émissaire du sport professionnel ?[modifier | modifier le code]

De nombreuses voix s'élèvent contre un traitement médiatique disproportionné qui ferait du Tour de France le bouc émissaire du sport professionnel.

Xavier Louy, ancien directeur du Tour de France, dans un entretien au journal Metro, cite Bernard Tapie pour qui « les cyclistes sont des enfants de chœur comparés aux footballeurs »[49]. Dans le même entretien, il regrette que durant un stage de l'équipe de France de football à Tignes, alors qu'un contrôle inopiné avait été diligenté par le ministère de Sports, « le médecin s’est fait jeter et a dû patienter des heures avant de pouvoir procéder à des prélèvements ».

Dans les colones de Ouest-France, Patrick Keil, le juge ayant instruit en 1998 l'affaire Festina, explique que « ceux qui fournissaient le cyclisme en produits dopants fournissaient aussi des joueurs de football »[50]. Dans le même article, il indique que « c'est parce que l'équipe de France venait de gagner la Coupe du monde 1998 que « ce volet n'a pas pu être exploré » ».

Sur la même longueur d'onde, l'ancien vainqueur du Tour, Stephen Roche, déclare en juin 2008 à Cyclismag : « Oui le vélo a un problème avec le dopage mais il a montré qu'il faisait des efforts pour l'éradiquer contrairement à d'autres sports. Vous croyez qu'il n'y a pas de dopage dans le football, dans le rugby, dans le tennis ? Je pense que dans les autres sports, on trouverait les mêmes chiffres. Vous croyez que les autres sportifs ne prennent rien ? Ils ont les mêmes médecins ! »[51]

Lors de la séance du mardi 18 décembre 2007 à l'Assemblée Nationale, Bernard Laporte, secrétaire d’État chargé des sports, explique qu' « au regard du nombre de licenciés – 105 000 pour le cyclisme, 173 000 pour l’athlétisme et 1,851 million pour le football –, les chiffres sont encore plus éloquents : le cyclisme a été contrôlé trois fois plus que l’athlétisme et cinquante fois plus que le football. »[52]

De plus, le journaliste Pierre Serisier (rue89.com) rappelle à titre d'exemple qu' « aucun contrôle sanguin n’a été pratiqué lors de la Coupe du monde 2006 en Allemagne »[53].

En 2011, l'UCI a effectué 5650 contrôles hors-compétitions (dont plus de la moitié de contrôles sanguins), tandis que l'ITF n'en réalisait que 216 dont 21 sanguins[54] !

Avant le Tour de France 2013, plusieurs coureurs publient un communiqué dans lequel ils affirment payer "souvent au détriment de [leur] vie privée et de [leur] intégrité physique la culture du dopage qui avait lieu dans les années 90, depuis 15 ans [leur] sport combat seul ce fléau du dopage. [Ils] en [sont] même aujourd'hui les précurseurs au regard de beaucoup". La ministre des sports Valérie Fourneyron les soutient et déclare que "le cyclisme a été victime d’un lynchage médiatique" sur la question du dopage[55].

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

Les derniers bilans des contrôles diligentés par l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) montrent que l'athlétisme et le cyclisme sont les sports les plus contrôlés. Dans le même temps, le pourcentage de contrôles positifs dans le cyclisme est inférieur à d'autres sports[56].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'enquête qui met le Tour dans la seringue », Le Canard enchaîné, n° 4575, 2 juillet 2008, p. 4.
  2. Roland Barthes, Le Tour de France comme épopée, Paris, Le Seuil, 1957, p. 106
  3. Antoine Blondin, Sur le Tour de France, Paris, La Table ronde, 1996
  4. L’abandon des Pélissier ou les martyrs de la route, Albert Londres, Le Petit Parisien, 27/06/1924
  5. La vérité sur Albert Londres, Le Parisien, 07/07/2011
  6. Le Tour de France, Pierre Chany, éd. Plon, 1972
  7. (en) Archive extract from Quando Volava l'Airone, part of a programme called Format, Rai Tre television, 1998
  8. Jean-Pierre de Mondenard, Dictionnaire du dopage Paris, Masson, 2004, p.896
  9. Cité dans le documentaire télévisé Les Miroirs du Tour, 2003 où le journaliste Émile Besson admet d'ailleurs : « Il l'a fait devant moi Jacques. Je tenais la porte, alors je peux dire que j'étais complice »
  10. Cité par L'Équipe Magazine du 23 juillet 1994
  11. Frédéric Potet, « Le dopage est une pratique culturelle dans le cyclisme (entretien avec Patrick Laure) » (consulté le 21 août 2008)
  12. Jean-Pierre de Mondenard, Dopage : L'imposture des performances, Paris, Chiron,‎ juin 2006, 3e éd., 288 p. (ISBN 2702706398), p. 175-176
  13. de Mondenard 2006, p. 18
  14. de Mondenard 2006, p. 171
  15. Jean-Luc Bœuf et Yves Léonard, La République du Tour de France, Seuil,‎ 2003 (ISBN 202058073X), p. 180-181
  16. "Chacun son Tour" sur le Ventoux : comment est né le ravitaillement ?, France Bleu, 07/06/2013
  17. « Il était fréquent quand l'un d'entre nous ne pouvait pas uriner qu'un autre le fasse à sa place. De Vlaeminck et moi on s'est dépanné souvent », L'Équipe, 8 octobre 1993, cité par cyclisme-dopage.com
  18. Ceux qui ont osé parler, Libération
  19. Willy Voet, Massacre à la chaîne, 1998, p. 82
  20. Cyclisme & Dopage - Les vrais chiffres du dopage dans le Tour de France
  21. « Le cyclisme est-il toujours trop Riis ? », L'Humanité, .
  22. « Cyclisme - Dopage - Riis se met à table », L'Équipe, 25 mai 2007.
  23. « Au “tour” de Bjarne Riis », La Dernière Heure/Les Sports, 25 mai 2007.
  24. « Le tour 1996 réattribué à Riis », Sport24.com, .
  25. « Armstrong va perdre ses titres », sur www.sport24.com (consulté le 24 août 2012)
  26. « Dopage : Armstrong perd ses 7 titres de Tour de France », sur tempsreel.nouvelobs.com (consulté le 22 octobre 2012)
  27. [1]
  28. (es) « Iban Mayo da positivo por EPO en el Tour de Francia », Marca, 30 juillet 2007.
  29. (fr) « Cyclisme - TDF - Mayo positif et suspendu », L'Équipe, 30 juillet 2007.
  30. Rasmussen : non négatif à l'EPO
  31. [2]
  32. « Les contrôles à la française », dépêche de l'Agence France-Presse, sur le site de la chaîne de télévision Eurosport, 3 juin 2008
  33. « Tour de France: l'épreuve 2008 placée sous l'égide de la FFC », dépêche Reuters, sur le site du magazine Le Point, 3 juin 2008
  34. L'Équipe, 26 juillet 2008
  35. « Premier cas positif sur le Tour! », sur rts.ch,‎ 25 juin 2010 (consulté le 12 juin 2013).
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  39. « Piepoli positif à la CERA »
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