Henri Pélissier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pélissier.
Henri Pélissier
Image illustrative de l'article Henri Pélissier
Henri Pélissier en 1919
Informations
Nom Henri Pélissier
Date de naissance 22 janvier 1889
Date de décès 1er mai 1935 (à 46 ans)
Pays Drapeau de la France France
Principales victoires
MaillotFra.PNG Champion de France sur route 1919
1 grand tour
Jersey yellow.svg Tour de France 1923
Classiques
Tour de Lombardie 1911, 1913 et 1920
Paris-Roubaix 1919 et 1921
Milan-San Remo 1912
Bordeaux-Paris 1919
Paris-Tours 1922
10 étapes de grand tour
Tour de France (10 étapes)

Henri Pélissier (22 janvier 1889 à Paris 18e arrondissement[1] - 1er mai 1935 à Dampierre) est un cycliste français. Professionnel de 1911 à 1928, il a notamment remporté le Tour de France en 1923, et les classiques Paris-Roubaix (1919, 1921), Bordeaux-Paris (1919), Paris-Tours (1922), Paris-Bruxelles (1920), le Tour de Lombardie (1911, 1913, 1920), Milan-San Remo (1912).

Biographie[modifier | modifier le code]

Aîné de quatre frères dont Jean, qui sera tué sur le front de Sainte-Menehould en 1915, Henri a été élevé "à la dure" par un père auvergnat venu faire fortune à Paris et qui offre à chacun un vélo. Il court en amateur à partir de 1908 et remporte une étape au Tour de France des Indépendants. Il finit troisième au classement général.

Cycliste professionnel de 1911 à 1926, sa carrière, comme celles de tant d'autres, fut interrompue par la Grande Guerre. Le 22 juillet 1923, il remporte le Tour de France avec le soutien de son coéquipier Ottavio Bottecchia.

En 1924, Henri et son frère Francis, opposés au directeur du Tour de France Henri Desgrange qui a exprimé publiquement[2] en 1920 son mépris pour la vedette adulée du public, racontent au journaliste Albert Londres leur expérience du tour :

« Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, dit Henri, c'est un calvaire. Et encore, le chemin de Croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons du départ à l'arrivée. Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez… (de son sac, il sort une fiole).

Ça, c'est de la cocaïne pour les yeux, ça c'est du chloroforme pour les gencives…

– Ça, dit Ville, vidant aussi sa musette, c'est de la pommade pour me chauffer les genoux.

– Et des pilules ? Voulez-vous voir des pilules ? Tenez, voilà des pilules. »

Ils en sortent trois boîtes chacun.

« Bref ! dit Francis, nous marchons à la “dynamite”. »

Henri reprend :

« Vous ne nous avez pas encore vus au bain à l'arrivée. Payez-vous cette séance. La boue ôtée, nous sommes blancs comme des suaires, la diarrhée nous vide, on tourne de l'œil dans l'eau. Le soir, à notre chambre, on danse la gigue, comme saint Guy, au lieu de dormir. Regardez nos lacets, ils sont en cuir. Eh bien ! ils ne tiennent pas toujours, ils se rompent, et c'est du cuir tanné, du moins on le suppose… Pensez ce que devient notre peau ! Quand nous descendons de machine, on passe à travers nos chaussettes, à travers notre culotte, plus rien ne nous tient au corps…

– Et la viande de notre corps, dit Francis, ne tient plus à notre squelette. »[3]

En 1928, l’autobiographie d’Henri Pélissier, publiée en feuilleton dans le Miroir des Sports, est reprise sous la forme d'un livre intitulé Roman de ma vie.

Le 1er mai 1935, il est chez sa maîtresse, Camille Tharault, quand une réflexion à son endroit de la sœur de celle-ci, le met en fureur. Il sort un couteau et lui balafre le visage avant que Camille ne l'arrête d'un coup de revolver. Camille Tharault écoppera d'un an de prison avec sursis[4],[5]. Il repose au cimetière de l'avenue Pierre-Grenier à Boulogne-Billancourt.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Résultats sur le Tour de France[modifier | modifier le code]

Henri Pélissier fait partie des coureurs ayant remporté au moins deux étapes du Tour de France sur plus de dix années.

  • 1912 : abandon (4e étape)
  • 1913 : abandon (6e étape) et vainqueur d’une étape
  • 1914 : 2e du classement général et vainqueur de trois étapes
  • 1919 : abandon (5e étape) et vainqueur d’une étape, leader durant 3 étapes
  • 1920 : abandon (5e étape) et vainqueur de deux étapes
  • 1923 : Vainqueur classement général et vainqueur de trois étapes, Jersey yellow.svg porteur du maillot jaune pendant 6 jours
  • 1924 : abandon (3e étape)
  • 1925 : abandon (4e étape)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 18/438/1889 (consulté le 2 septembre 2012)
  2. L'Auto, Paris, 7 juillet 1920.
  3. Albert Londres, Les Forçats de la route : l'abandon des frères Pélissier, Les frères Pélissier et leur camarade Ville abandonnent. Beeckman gagne la troisième étape, Coutances, 27 juin 1924. http://www.encyclique.com/Pages/Textes/Londres_Pelissier.html
  4. article du petit dauphinois, [1]
  5. Paris-Soir, Paris, 3 mai 1935.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]