Col du Tourmalet

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Col du Tourmalet
Image illustrative de l'article Col du Tourmalet
Col du Tourmalet
Altitude 2 115 m
Massif Pyrénées
Coordonnées 42° 54′ 30″ N 0° 08′ 42″ E / 42.9083, 0.145 ()42° 54′ 30″ Nord 0° 08′ 42″ Est / 42.9083, 0.145 ()[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée du Gave de Pau
(ouest)
Vallée de Gripp
(est)
Ascension depuis Luz-Saint-Sauveur Sainte-Marie-de-Campan
Déclivité moy. 7,7 % 7,4 %
Déclivité max. 10,2 % 10,5 %
Kilométrage 18,3 km 17,1 km
Accès RD 918 RD 918
Fermeture hivernale décembre-mai

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Col du Tourmalet

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Col du Tourmalet

Le col du Tourmalet est un col de montagne des Pyrénées centrales françaises, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées en région Midi-Pyrénées.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'étymologie que donnent souvent les guides touristiques du nom Tourmalet est « mauvais détour » : la racine mal- étant interprétée dans le sens du latin malum voulant dire « mauvais ». Toutefois l'association tour = détour en gascon bigourdan n'a rien d'évident et la réputation de mauvais détour peut-être une ré-interprétation du nom local au xixe et xxe siècles à la suite de nombreuses mésaventures des premiers « touristes ».

En gascon, l'appellation pour un lieu-dit « mauvais » utilise plutôt la racine ma[u]- (prononcez maou) comme dans Pic de Maupas, la racine mal- signifie plutôt « montagne » (et même « montagne sèche ») comme dans Vignemale, Batchimale, Maladeta, etc. Le préfixe t[u]r (prononcez tour) indiquerait une distance. Dans ce cas, Tour-mal-et ne s'applique à l'origine pas qu'au col et désigne « la montagne lointaine ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Le col du Tourmalet est le plus haut col routier des Pyrénées situé entièrement en France avec 2 115 m.

Topographie[modifier | modifier le code]

Vue au nord vers l'observatoire du pic du Midi de Bigorre.

Il est dominé par le pic du Midi de Bigorre au nord (2 877 m) et au sud par le pic d'Espade (2 467 m).

Il permet de relier les hautes vallées de l'Adour (Bagnères-de-Bigorre, Campan, La Mongie) à l'est et du gave de Pau à l'ouest (Luz-Saint-Sauveur et Barèges).

Géologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un col de transfluence d'origine glaciaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien avant que les cyclistes se lancent à l'assaut des cols pyrénéens, le Tourmalet faisait déjà parler de lui.

Parcouru depuis longtemps par les bergers, les pèlerins ou les colporteurs, le col du Tourmalet est franchi en 1088 par Béatrix Ire de Bigorre, qui part de Bagnères percevoir des impôts à Barèges. Le col obtient ses lettres de noblesse en 1675, date où Madame de Maintenon (1635-1719) et le duc du Maine enfant le franchissent pour la première fois pour aller « prendre les eaux » à Barèges. À la suite de ce trajet, le chemin est aménagé en 1688. La route est construite en 1730[2].

La route de la vallée des Gaves, de Luz à Barèges étant très dangereuse et coupée par une crue, il ne reste plus que cette solution pour aller « prendre les eaux » à Barèges afin de soigner le duc du Maine (1670-1736).

La modernisation du chemin qui passe au col attend le milieu du XIXe siècle : la route thermale, une étape qui marque l'histoire et le début d'une grande aventure dans les Pyrénées. Elle est inaugurée le 30 août 1864, au sommet du col. Les travaux avaient été financés par Napoléon III en 1859. En 1930, la route thermale devient la RN 618 puis est déclassée en RD 918 dans les années 1970.

M. Achille Jubinal, lors de la séance du corps législatif du 22 juin 1868, s'exclame :

« Écoutez ceci : il y a cinq ou six ans, on ne traversait le col d'Aspin qu'à cheval. Maintenant, grâce à l'Empereur, qui a eu personnellement l'idée des routes thermales, nous passons au col de Torte et au col d'Aspin, à 1 800 mètres au-dessus du niveau de la mer ; à Tourmalet, ainsi qu'au col de Geyresourde, qui descend par Luchon ; nous passons à 2 000 mètres d'altitude avec des voitures à quatre chevaux, aussi facilement que vous traversez en Daumont la place de la Concorde. (Exclamations et rires.)
Pourquoi donc un chemin de fer ne pénétrerait-il pas là où vont à présent les voitures[3] ? »

Accès[modifier | modifier le code]

Il est en général fermé à la circulation début décembre et rouvert début juin.

Pratique sportive[modifier | modifier le code]

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Profil[modifier | modifier le code]

Vue à l'ouest vers la vallée de Barèges.

Par le versant ouest, l'ascension débute à Luz-Saint-Sauveur pour 18,3 km à 7,7 %. Ce versant ouest est un peu moins pentu, comprenant souvent des pentes à 7 ou 8 %, que le versant est. Entre Luz-Saint-Sauveur et Barèges au km 7, on trouve fréquemment des lignes droites. À la sortie de Barèges, les cyclistes rencontrent une pente à 9 % pendant un kilomètre. Entre Barèges et le km 16, la route serpente entre de superbes pâturages. À 5 km du sommet, on aperçoit le pic du Midi de Bigorre. Entre les km 14 et 17 (avant-dernier km) la pente est régulièrement à 8 %. Le dernier km présente 10,5 % de déclivité. La sortie de Barèges et le dernier km sont donc les passages les plus difficiles de cette ascension mais sur l’ensemble la pente est régulière.

Vue à l'est vers La Mongie.

Commençant par le versant est à Sainte-Marie-de-Campan, l’ascension a un profil de 17,2 km à 7,3 % de moyenne. Le début est facile avec le grand plateau mais une fois à la sortie du hameau de Gripp au km 4, cela se corse. Un peu plus loin, la route passe à côté du petit village d’Artigues-Campan. Entre ce petit village et la station de La Mongie au km 11,5 les pentes sont souvent à 8,5 % de moyenne alors que l’on traverse parfois de la forêt. 3 km avant La Mongie, on commence à passer sous des paravalanches et on devine un barrage plus bas à droite. À La Mongie, la pente est raide avec 9,5 %. C’est dans cette station qu’on trouve un téléphérique qui monte au pic du Midi de Bigorre (2 877 m). Après il reste 4,5 km dans un décor de pâturages et de remontées mécaniques. Certaines épingles sont effrayantes et nécessitent des relances énergiques. Finalement, ce versant est plus dur que le versant ouest malgré sa moyenne de pente inférieure car ce sont les quatre premiers km qui baissent la moyenne mais après il y a peu de répit.

Stèle commémorative à Jacques Goddet.

Une stèle dédiée à Jacques Goddet, ancien directeur du Tour de France, est présente au sommet. Se trouve également, une partie de l'année, une sculpture représentant un coureur en danseuse : Le Géant.

Histoire cycliste[modifier | modifier le code]

La première course cycliste passant par le col du Tourmalet dont il est fait mention a lieu le 18 août 1902. Elle est baptisée « concours de bicyclette de tourisme » et est organisée par le Touring club de France. Le départ et l'arrivée de la course sont situés à Tarbes, le Tourmalet est gravi à deux reprises sur une distance de 215 km. Jean Fischer passe les deux fois en tête au col. Victime de crevaisons durant la fin de la course, il est rattrapé par Rodolfo Muller qui le devance de 8 minutes et 30 secondes sur la ligne d'arrivée[4].

Le col du Tourmalet fait partie intégrante de la « légende du Tour ». Il est emprunté pour la première fois en 1910 lors de la première grande étape pyrénéenne.

Depuis, le Tour de France l'a franchi à 78 reprises, soit plus d'une année sur deux. C'est le col qui a été le plus souvent franchi par la course, tous massifs montagneux confondus[5],[6]. En 1974, l'arrivée de la 17e étape a eu lieu au sommet du col.

Octave Lapize passa en tête le col du Tourmalet le 21 juillet 1910, au cours de la grande étape Bayonne-Luchon (325 km), pour la première ascension de l'histoire du Tour. À cette occasion, il lança aux organisateurs : « vous êtes des assassins ! »[7].

De nombreuses légendes ont marqué l'histoire de ce col, on cite encore aujourd'hui le courage exemplaire d'Eugène Christophe, dans le Tour de France 1913, qui, après avoir brisé sa fourche au début de la descente du col, marcha pendant quatorze kilomètres jusqu'à Sainte-Marie-de-Campan où il effectua lui-même sa réparation dans la forge d'Alexandre Torné.

En 2010, à l'occasion du centenaire des Pyrénées dans le Tour de France, il est franchi à deux reprises, dont une arrivée au sommet.

Passages du Tour de France[modifier | modifier le code]

Voici la liste des passages du Tour de France avec les coureurs passés en tête :

En plus des passages par le sommet du Tourmalet, le Tour de France a fait trois fois étape sur les pentes du Tourmalet, à La Mongie : en 1970 avec la victoire de Bernard Thévenet, en 2002 avec celle de Lance Armstrong et en 2004 avec Ivan Basso.

Ski et randonnée[modifier | modifier le code]

Le col est un point de départ d'excursions vers le pic du Midi de Bigorre et un centre de sports d'hiver. Il est le point de jonction entre les stations de La Mongie et de Barèges. Il a également donné son nom au domaine du Tourmalet, plus grand domaine skiable des Pyrénées françaises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : cartes IGN à l'échelle 1:25000 sur Géoportail
  2. L. Laborde-Balen, « Tourmalet (Col du) » dans Le Dictionnaire des Pyrénées, Toulouse, Privat,‎ 1999, 923 p. (ISBN 2708968165)
  3. Annales du Sénat et du Corps législatif, Volumes 13-14, 1868, page 29, lire en ligne
  4. de Mondenard 2010, p. 57-59
  5. Mémoire du cyclisme
  6. Le dico du Tour (passages depuis 1947)
  7. "Vous êtes des assassins - Tour de France 1910
  8. a et b Le Tour 1974 emprunte deux fois le col : d'abord comme arrivée d'étape, puis au cours de l'étape suivante.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]