Amphétamine

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Amphétamine
L-amphétamine (à gauche) et D-amphétamine (à droite)
L-amphétamine (à gauche) et D-amphétamine (à droite)
Identification
Nom IUPAC (±)-1-phénylpropan-2-amine
No CAS 300-62-9 (racémique)
51-64-9 (D) ou S(+)
156-34-3 (L) ou R(–)
No EINECS 206-096-2
Code ATC N06BA01
N06BA02
DrugBank DB00182
PubChem 3007
ChEBI 2679
SMILES
InChI
Apparence poudre blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C9H13N  [Isomères]
Masse molaire[2] 135,2062 ± 0,0083 g/mol
C 79,95 %, H 9,69 %, N 10,36 %,
pKa 10.13[1]
Propriétés physiques
ébullition 203 °C[1]
Solubilité sol. dans méthanol
28 g·l-1 (eau,25 °C)[1]
Pression de vapeur saturante 0,24 mmHg à (20 °C)[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC[3]
Toxique
T



NFPA 704

Symbole NFPA 704

SGH[3]
SGH06 : Toxique
Danger
H301, H311, P280, P301, P310, P312,
Écotoxicologie
LogP 1,76[4]
Données pharmacocinétiques
Métabolisme hépatique et rénal
Demi-vie d’élim. 10-13 heures
Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Drogue Illicite
Grossesse Risque d'Avortement Spontanée
Précautions Augmente la pression sanguine et les battements du coeur
Caractère psychotrope
Catégorie Stimulant
Mode de consommation * Inhalation: prisé ou fumé
  • Ingestion
  • Injection intraveineuse
Autres dénominations * Amphét, Amphé
  • Speed, Deuspi, Peanut, Marde, Pill,
  • Wake-Up, Upper,
Composés apparentés
Autres composés Méthamphétamine
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
DL-amphétamine en gélules

L'amphétamine (DCI) est une substance sympathomimétique aux effets anorexigène et psychoanaleptique. Elle est utilisée comme coupe-faim, comme stimulant du système nerveux central et pour le traitement de l'hyperactivité chez l'enfant. En Occident, l'amphétamine est considérée comme un stupéfiant, connu sous le nom de speed.

Le nom « amphétamine » provient d'un de ses noms chimiques : α-méthyl-phényléthanamine (d'où a-m-phe-eth-amine = amphétamine).

Sommaire

Historique [modifier]

La première synthèse d'amphétamines fut réalisée le 18 janvier 1887 par le chimiste roumain Lazăr Edeleanu qui lui donna le nom de phénylisopropylamine mais cette découverte tomba en désuétude.

En 1914, un chimiste allemand re-découvre cette molécule et l'utilise durant la guerre comme sérum de vérité.

Les recherches reprirent de nombreuses années plus tard et elles furent redécouvertes lors de recherches d'un produit ayant des propriétés bronchodilatatrices. D'abord isolée de l'Ephedra vulgaris sous le nom d'éphédrine vers 1920, elle sera synthétisée par Gordon Alles à l'université de Los Angeles en 1927. En 1932, elle est lancée sur le marché sous la marque utilisée comme nom de benzédrine et prescrite comme bronchodilatateur. En 1935, son action stimulante est constatée et utilisée pour des prescriptions concernant la narcolepsie.

Elle sera largement utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour améliorer les performances et surtout l'endurance des soldats (par l'ensemble des belligérants) et c'est alors que les premiers excès seront constatés[réf. souhaitée].

Classées comme psychotrope par la Convention sur les substances psychotropes de 1971, elles seront progressivement déclarées illégales à mesure que les pays adapteront leur législation, réduisant l'usage médical au traitement limité de quelques maladies.

Leur usage, désormais clandestin, concerne principalement l'augmentation des performances en sport et la résistance à la fatigue (lors de soirées festives ou lors de période de travail intense).

En France, parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans, 1,7 % déclarent avoir déjà consommé des amphétamines au cours de leur vie, mais seulement 0,2 % l’a fait au cours de l’année (usage actuel). Contrairement à toutes les autres drogues illicites, les femmes sont plus nombreuses à avoir expérimenté les amphétamines (1,5 % contre 0,8 % des hommes). Cette caractéristique des amphétamines correspond en grande partie à des usages ayant eu lieu à une époque ou elles étaient encore présentes dans la pharmacopée et classiquement utilisées par certaines femmes dans la perspective de perdre du poids, grâce à leur puissant effet anorexigène[5].

Groupe des amphétamines et diversité des dérivés [modifier]

Article détaillé : amphétamines.

Les « amphétamines » (au pluriel) sont un groupe de molécules apparentées à l'amphétamine de structure phényléthylamine. On peut distinguer trois grands types de dérivés amphétaminiques selon leur effet principal, psychostimulant, hallucinogène ou anorexigène. En modifiant plus ou moins la molécule de phényléthylamine, il a été possible d'obtenir des produits dont l'un des effets (stimulant, hallucinogène ou anorexigène) est renforcé au détriment des autres. On a pu ainsi mettre au point des anorexigènes comme la fenfluramine qui ne présente pas d'effet psychostimulant ou des hallucinogènes puissants comme le STP.

Les trois types de dérivés peuvent donner lieu à abus et connaissent des modes de consommation différents selon la nature des produits et les effets recherchés. Jusqu'aux années 1970, le commerce illicite des amphétamines concernait essentiellement des dérivés psychostimulants. Depuis, des dérivés hallucinogènes s'y sont ajoutés, en particulier l'ecstasy qui fait l’objet d’une importante consommation. En outre, certains dérivés anorexigènes, dont l'effet psychostimulant n'est pas complètement aboli, sont détournés de leur usage médical.

Chimie [modifier]

L'amphétamine possède deux énantiomères, le terme amphétamine désigne le mélange racémique (mélange 50/50 de D-amphétamine et de L-amphétamine). La D-amphétamine est dénommée Dexamphétamine (ou dextro-amphétamine), la L-amphétamine est nommée lévo-amphétamine.

Formule chimique : C9H13N
Masse molaire : 135,20 g/mol

Pharmacologie [modifier]

La structure chimique de l'amphétamine ressemble à celle de stimulants naturels produits par le corps : les bioamines dont l'adrénaline, la noradrénaline, la dopamine. L'amphétamine inhibe la récapture de la dopamine. Elle a aussi une action libératrice de la noradrénaline et de la dopamine, par action du transporteur vésiculaire VMAT2 (presynaptique)[6]. Ce phénomène serait la cause de la perturbation de la production de dopamine.

Usage médical [modifier]

Elle est principalement employée en Amérique du Nord pour traiter les troubles de l'attention, la narcolepsie et parfois dans le traitement de l'obésité. Même si la forme pure est proscrite depuis 1959, elle reste utilisée sous forme de sulfate de dextroamphétamine.

Son utilisation comme anti-fatigue dans l'armée est connue[7].

Usage détourné et récréatif [modifier]

L'amphétamine est utilisée comme drogue ou comme dopant, le plus souvent sous le nom de speed, notamment, pendant les free parties ou les rave parties. La drogue est aussi utilisée par certains pour une recherche de productivité accrue, lors de la réalisation d'un travail scolaire par exemple.

La drogue se présente généralement en poudre blanche, parfois colorée. On la trouve également en gélule, comprimé ou cristaux.

Le produit vendu clandestinement sous le nom de speed peut contenir ou non des amphétamines (notamment amphétamine, dextroamphétamine, méthamphétamine), d'autres produits actifs aux effets similaires ou non dont des psychotropes ou même des excipients parfois dangereux, comme toutes les drogues utilisées de façon illégale.

Effets et conséquences [modifier]

L'amphétamine agit en libérant de la dopamine dans le cerveau. Elle bloque la recapture de la dopamine dans la synapse. Elle inhibe l'activité de l'enzyme MAO à forte dose(monoamine oxydase)

Elle agit dans le corps environ de 30 à 60 minutes après avoir été ingérée. Tout dépendant de la quantité prise et si elle est combinée avec d'autres stimulants, l'amphétamine peut s'avérer très dangereuse. Elle traverse la barrière placentaire et cause de nombreux dégâts au fœtus.

Effets recherchés [modifier]

  • Diminution des sensations de faim et de fatigue[8].
  • Augmentation de l'endurance.
  • Sensation d'augmentation des facultés cérébrales notamment la concentration[9].
  • Euphorie et bien-être[9].
  • Désinhibition.

L'amphétamine étant un produit psycho-actif, les effets recherchés peuvent parfois se transformer en bad trip.

Effets à court terme [modifier]

  • accélération du rythme cardiaque (tachycardie)[9] ;
  • augmentation de la fréquence respiratoire et de la pression sanguine[9] ;
  • hyperthermie et transpiration ;
  • dilatation des bronches ;
  • réduction de la circulation vers les muscles due à la vasodilatation ;
  • diminution de salive ;
  • dilatation des pupilles (mydriase)
  • crispation des mâchoires (trismus) ;
  • dans certains cas chez les hommes, diminution temporaire des capacités érectiles, ou l'inverse, durée de l'érection augmentée (peut être dû à un blocage de l'éjaculation ou du fait que le cerveau et le cœur, déjà surexcités, ne s'emballent pas du fait de l'activité sexuelle);
  • vomissements;
  • douleur musculaire

Il arrive parfois que les amphétamines, du fait de leur caractère stimulant, induisent des hallucinations à forte dose, cet effet ne doit pas être confondus avec celui des psychostimulants.

La descente - fin des effets - est souvent très difficile et peut s'accompagner de :

La consommation d'amphétamines cause un effet d'indifférence et/ou un effet sérum de vérité.

Effets à long terme [modifier]

L'usage régulier entraîne une accoutumance. L'arrêt brutal d'une consommation régulière entraîne un syndrome de sevrage[9].

Le sevrage des amphétamines peut résulter en une idée fixe qui peut amener à une irritation ou agressivité soudaine, ou un rattrapage de sommeil extrême (à ne pas confondre avec la fatigue chronique).

L'absorption de fortes doses peut entraîner une action hallucinogène[9].

Le mode de consommation entraîne aussi d'autres risques :

  • prisé : risque d'endommagement des cloisons nasales, saignements de nez, contamination (VIH, hépatites B et C, tuberculose...) via l'échange des pailles servant à inspirer la poudre ;
  • injecté : abcès et contamination (HIV, hépatites B et C, endocardite...) via l'échange des seringues.

Décès imputés à la consommation d'amphétamine [modifier]

Les décès dus à la consommation d'amphétamine sont imputables à :

Code ATC [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c et d (en) « Amphetamine » sur ChemIDplus, consulté le 5 octobre 2009
  2. Masse molaire calculée d’après Atomic weights of the elements 2007, sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a et b L-amphetamine chez Sigma-Aldrich.
  4. Entrée du numéro CAS « 300-62-9 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 5 octobre 2009 (JavaScript nécessaire)
  5. (en) François Beck, Romain Guignard, Jean-Baptiste Richard, Stanislas Spilka et al., « Les niveaux d’usage des drogues en France en 2010 », Tendances, no 76, 2011, p. 1–6 [texte intégral [PDF]] 
  6. Amphétamine et méthamphétamine, www.centres-pharmacodependance.net
  7. « La police mise sur son besoin de sommeil et joue la montre », Le Figaro, 22 mars 2012.
  8. a, b et c Amine Benyamina, Le cannabis et les autres drogues, Solar, 2005 (ISBN 2-263-03904-X) 
  9. a, b, c, d, e, f et g Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation, Eyrolles, coll. « Eyrolles Pratique », 2003 (ISBN 2-7081-3532-5) 
  10. a, b et c Drogues, savoir plus risquer moins, comité français d'éducation pour la santé et de la mildt, juillet 2000 (ISBN 2-908444-65-8)