Courants anti-industriels

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Les courants anti-industriels (ou anti-productivistes ou encore techno-critiques[1]) sont des mouvements militants élaborant une critique du "progrès technique"; idéologie née au XIXe siècle durant la Révolution industrielle et qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, s'ancre dans les consciences, principalement sous l'effet de l'automation, de l'informatisation et des réseaux électroniques.

A leurs propos, l'historien François Jarrige décrit "une pensée profondément duale et ambivalente (...) à l'égard du phénomène technique : refusant l'idée de sa neutralité, affirmant au contraire que chaque technique transporte avec elle des formes politiques. Pour transformer la société, l'État et le marché, il faut d'abord changer les infrastructures matérielles sur lesquelles ils s'appuient."[2]

Description[modifier | modifier le code]

Ces courants peuvent être caractérisés par dix principes ayant valeur de fondements :

  • considérant que "la recherche de l'efficacité maximale en toutes choses"[3] est devenue la valeur cardinale de la société industrielle, ils qualifient celle-ci de technicienne [4].
  • considérant que le communisme a constitué un capitalisme d'état et que le socialisme n'est qu'une version édulcorée du capitalisme, ils se situent en marge du traditionnel clivage gauche-droite et occupent une place marginale sur l'échiquier politique (quelques courants anti-industriels sont toutefois proches de l'extrême-gauche [5]);
  • considérant que la montée en puissance de l'industrialisation a coïncidé avec celle des états-nations, ils sont portés par une sensibilité libertaire, voire explicitement anarchiste ;
  • considérant que "la plus extraordinaire machine jamais inventée et construite par l'homme n'est autre que l'organisation sociale"[6], ils ne réduisent pas la notion de technique au machinisme et aux "technologies" mais incluent par exemple la bureaucratie dans le système technicien[7] ;
  • considérant que, sous l'effet de l'urbanisation (causée elle-même par l'industrialisation), la société s'est massifiée et que, du coup, la démocratie s'est fortement institutionnalisée et bureaucratisée (système parlementaire centralisé, poids croissant des partis, professionnalisation du personnel politique...), ils estiment que celle-ci s'est vidée de son sens : on la dit "représentative" mais elle ne correspond plus en fait qu'à un gigantesque système de délégation de la responsabilité[8] ;
  • considérant que l'industrialisation a généré une prolétarisation massive de la société mais fondant leurs analyses sur une critique de la valeur-travail, ils s'inscrivent dans l'héritage intellectuel de Karl Marx tout en se démarquant radicalement du marxisme [9];
  • considérant que l'industrie affecte gravement les écosystèmes, ils axent leurs réflexions sur l'écologie tout en se différenciant des tenants du développement durable, lesquels ne remettent pas en question la notion de développement ;
  • considérant que l'industrialisation s'appuie sur une conception du monde étroitement matérialiste (depuis le mouvement de déchristianisation qui s'est amorcé en Europe au XVIIIe siècle), ils se mobilisent pour une déqualification du confort matériel en tant que valeur et pour une requalification de la sensibilité et de la spiritualité ;
  • considérant qu'aux valeurs telles que, par exemple, la liberté, l'égalité et la fraternité l'idéologie technicienne leur a substitué "la recherche de l'efficacité maximale en toutes choses" [10] ils se réclament d'une éthique de la « non-puissance »[11] et de la "simplicité volontaire", invitent à rompre avec le paradigme de la croissance économique et promeuvent le concept de décroissance :
  • considérant enfin qu'il est "illusoire de croire que l'on modifiera quoi que ce soit par la voie institutionnelle"[12], ils affirment que c'est uniquement par un changement radical de leurs modes de penser (prise de conscience) et de vivre (responsabilités assumées sans médiation) que les humains peuvent se libérer de l'aliénation technicienne.

Ces principes ne doivent pas laisser supposer que les courants anti-productivistes forment un mouvement unitaire. Il existe en effet entre eux plusieurs lignes de fracture. On peut en particulier distinguer deux grandes tendances :

  • l'une, objectiviste et volontariste, héritée du luddisme et plus ou moins technophobe, où l'on postule que la technologie, à travers ses multiples artefacts, exerce une véritable "tyrannie" sur les humains[13], de laquelle ceux-ci ne peuvent se libérer qu'en les éliminant de leurs cadres de vie et/ou en recourant à des "technologies douces" ;
  • l'autre, cultivant la dialectique sujet-objet et d'orientation essentiellement ellulienne, où l'on considère que ce n'est pas la technique qui nous aliène mais le sacré transféré à la technique"[14] et où l'on estime qu'il n'est possible de se libérer de cette aliénation qu'en cultivant en profondeur une réflexion d'ordre éthique, réhabilitant les valeurs spirituelles et axée sur une redéfinition de la liberté[15].

D'autres points font dissensus, quand ils ne sont pas à l'origine de divergences :

  • dans quelle mesure, comme l'affirme Jacques Ellul, est-il "vain de déblatérer contre le capitalisme" ou, au contraire, doit-on mener de concert sa critique de celle de l'idéologie technicienne ?
  • qui est avant tout responsable ? Le scientifique qui conçoit un nouveau principe, l'ingénieur qui le met en application, l'industriel qui produit l'artefact, celui qui pille les ressources naturelles nécessaires à la fabrication du produit, l'investisseur qui finance la production et en tire profit, le publicitaire qui crée le besoin de son usage ou bien le commun des mortels, qui exige toujours plus d'applications à son ordinateur et espère acquérir toujours plus de prothèses dans sa panoplie ?
  • quelles stratégies militantes adopter ? Faut-il être légaliste ou au contraire bafouer certaines lois afin de créer de nouveaux droits ? Faut-il s'inscrire dans le cadre de la politique institutionnelle (même si on la critique) dans le but de la transformer de l'intérieur ou au contraire n'agir que de l'extérieur[16] ? Faut-il agir en électrons libres et en donneurs de leçons ou au contraire au sein d'associations déclarées, voire subventionnées, afin de créer des occasions de débat public ?

Histoire des idées[modifier | modifier le code]

Le mouvement anti-industriel peut être considéré comme une réaction de rejet de la Révolution industrielle, apparue en Grande-Bretagne et en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1811-1812 en Grande-Bretagne, plusieurs artisans tondeurs et tricoteurs s'opposent violemment à leurs employeurs quand ceux-ci introduisent des machines (notamment des métiers à tisser) dans le travail de la laine et du coton. Baptisé luddisme (du nom présumé de leur leader, Ludd) et se concrétisant par la destruction massive de machines, leur mouvement constitue la première manifestation connue contre le développement industriel.

En 1854, aux États-Unis, Walden ou la vie dans les bois, l'œuvre majeure du philosophe et naturaliste Henry David Thoreau, fait l'éloge de la vie simple menée dans les bois, loin de la société. Son auteur peut être considéré comme un pionnier de l'antiproductivisme dans son pays.

Durant les années 1880-1890, l'Anglais William Morris parcourt la Grande-Bretagne en tant qu'activiste pour y faire des conférences où il prône l'amélioration de la qualité de la vie, notamment grâce à l'éducation, les loisirs et la défense de l'environnement.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Europe
Durant les années 1950 les théoriciens de l'École de Francfort, notamment Marcuse[17] et Habermas[18], inscrivent leur critique de la société industrielle dans la filiation marxiste. Ils contribueront au succès de Mai 1968 et de sa dénonciation de la "société de consommation". Mais dès le début des années 1980 (qui voient l'avènement de l'idéologie néolibérale), Habermas considèrera que la "communication"[19] est "la seule manière de produire un accord démocratique"[20].

Durant cette même décennie des années 1950, d'autres intellectuels prennent leurs distances avec le marxisme et voient avant tout dans le progrès technique l'expression paroxystique d'un penchant prométhéen partagé par toutes les catégories sociales, du monde ouvrier aux classes dirigeantes. C'est le cas notamment de l'Allemand Günther Anders et des Français Bernard Charbonneau et Jacques Ellul. Ces derniers ont amorcé ensemble leur réflexion dès le milieu des années 1930 mais ils n'ont pas réussi à trouver d'éditeur. C'est finalement en 1954 qu'Ellul parvient à publier son maître ouvrage : La technique ou l'enjeu du siècle. Il y avance la thèse que, depuis que les techniques se sont automatisées et qu'elles sont reliées entre elles, elles tendent à se constituer en milieu à part entière qui, peu se substitue au milieu naturel, le phagocyte de l'intérieur tel un cancer envahit tout un organisme. La technique a donc changé de statut. Elle se développe désormais de façon autonome : plus les hommes s'imaginent la contrôler, plus en réalité elle les façonne. Ayant étudié l'ensemble de la pensée de Karl Marx et l'ayant enseigné à l'université de Bordeaux, il se démarque radicalement du marxisme. Dans La Technique, il affirme : "Il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n'est plus lui qui façonne notre monde mais la machine"[21]. A la même période, dans L'obsolescence de l'homme[22], Günther Anders essaie lui aussi de démontrer que la technique est une idéologie à part entière, qui façonne toutes les autres. Il précise : "on n'évalue pas une idéologie aux réponses qu'elle apporte mais aux questions qu'elle évacue". Peine perdue : durant les quatre décennies qui suivent[23], ils ne parviennent ni l'un ni l'autre à constituer un véritable courant de pensée. Dès 1988, Ellul affirme « Actuellement, j’estime que la partie est perdue. Exalté par la puissance informatique, le système technicien a échappé définitivement à la volonté directionnelle de l’homme ».

États-Unis
C'est dès le début du siècle que l'industrialisation atteint un seuil paroxystique, avec l'introduction du travail à la chaîne dans les usines automobiles Ford, à Detroit. Basé sur la division du travail, le procédé est appliqué par l'ingénieur Frederick W. Taylor, donnant naissance au taylorisme et, plus généralement, à l'organisation scientifique du travail.

La critique de la technique prend alors différentes formes, y compris artistiques. En 1936, dans son film Les Temps modernes, le cinéaste Charles Chaplin décrit aliénation de l'homme par le machinisme.

Au début des années 1960, Ellul est davantage connu aux USA que dans son pays mais sa pensée, pas plus que celle de Lewis Mumford, qui s'en rapproche, ne s'incarne dans aucun courant militant. Les deux penseurs, en effet, axent leurs critiques dans le temps long[24] et dans une perspective anthropologique qui les rend inapplicables dans le champ politique, lequel ne s'inscrit que dans le court terme.

En revanche, dans les années 1970, le mouvement hippie s'appuie sur les analyses marxistes de l'École de Francfort et sur les théories anarcho-primitivistes de John Zerzan, qui prône un retour au mode de vie préhistorique des chasseurs-cueilleurs et un mode de vie non violent. Un peu moins radicales que ces dernières mais tout autant passéistes et technophobes, certaines communautés refusent le mode de vie moderne, en particulier le recours à l'électricité et l'énergie à la vapeur. Établis près de Philadelphie, les Amish s'habillent comme on le faisait au début du XIXe siècle.

A l'opposé de leur pacifisme, le mathématicien Theodore Kaczynski, surnommé « Unabomber », recourt à la violence : entre 1978 et 1995, il envoie une vingtaine de colis piégés contre des représentants du complexe industriel et des universitaires. Dans la prison californienne où il purge sa peine, il publie un manifeste où il prédit "l'effondrement du système technologique".

Aux États-Unis plus encore qu'en Europe, l'idéologie néo-libérale "recycle l'esprit libertaire dans la culture d'entreprise"[25] : un grand nombre d'anciens hippies investissent dans les high tech et créent des start-up qui, pour quelques unes d'entre elles, deviendront les multinationales les plus importantes du début du XXIe siècle (Apple, Google...).

Asie
En Inde[26] et en Chine, devant la destruction de l'environnement et des économies de subsistance, des mouvements d'opposition à l'industrialisation se manifestent dans la paysannerie déracinée.

Vandana Shiva, épistémologue, écologiste et féministe indienne, dirige la « Fondation de recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles » et fonde l'association « Navdanya » (association pour la conservation de la biodiversité et la protection des droits des fermiers).

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

(paragraphe à développer)

Chronologie du mouvement[modifier | modifier le code]

Les courants anti-productivistes apparaissent à partir des années 1960, quand les effets négatifs de l'idéologie productiviste commencent à devenir patents, notamment sur l'environnement. Ils se manifestent non seulement au travers des prises de position théoriques (rédaction et publication d'articles, de revues, de manifestes, de pétitions; animation de sites internet, blogs, forums...) mais également sous la forme d'actions concrètes qui vont des plus légales (création d'associations et de comités de défense, organisation de débats publics, manifestations de rue...) aux occupations de terrains ou des actions plus radicales mais n'ayant qu'une valeur symbolique, dans l'esprit de la désobéissance civile (par exemple les arrachages de plants d'OGM). Les auteurs de ces actions reconnaissent qu'elles sont illégales mais font valoir qu'elles sont en revanche totalement légitimes. En France, les militants qui y recours rappellent que le droit à l'insurrection est inscrit dans la constitution. La non-violence étant l'un des principes d'action fondamentaux revendiqués, il n'est recouru à la violence que très rarement et dans le cas de débordements (par exemple lorsque des casseurs profitent d'une manifestation de rue pour se livrer à des actions de vandalisme sur des lieux symboliques de domination)[27]. Le cas de Ted Kaczynski, aux États-Unis, constitue l'unique exemple connu d'atteintes aux personnes (attentats piégés).

Années 1960[modifier | modifier le code]

(paragraphe à alimenter)

Années 1970[modifier | modifier le code]

Après Mai 1968, un courant contestataire rompt avec la thématique de la réappropriation des moyens de production que soutenait la gauche libertaire et marxiste[28] :

  • La revue Survivre et vivre, créée en 1970, à l'initiative de scientifiques critiques dont Alexandre Grothendieck : « Les scientifiques sacrifient tout aux prétendues nécessités de l'expansion et du progrès ».
  • 1971-1981 : Lutte du Larzac
  • De la pollution considérée sous tous ses aspects (Montpellier, 1971), où les nuisances ne sont pas présentées comme des dysfonctionnement mais comme étant intrinsèques au capitalisme.
  • La rubrique de Pierre Fournier dans Charlie-Hebdo (1972)
  • La Gueule ouverte (1972-1980) journal créé par Pierre Fournier. Mensuel jusqu'en 1974 puis hebdomadaire. Fusionne avec Combat non violent en 1977.
  • Les fondateurs de Longo Maï publient en 1972 l'« Appel de Bâle » : « Nous abandonnons donc la société industrielle à elle-même, cette société qui sans rémission court à la catastrophe. Nous allons prendre refuge dans des bases de survie, dans ces territoires exsangues que le capitalisme triomphant a cyniquement condamnés à mourir. »
  • Dans La véritable scission dans l'Internationale (1972), Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti écrivent : « La pollution et le prolétariat sont aujourd'hui les deux côtés concrets de la critique de l'économie politique »
  • De 1975 à 1981, la collection Technocritique dirigée au Seuil par Jean-Pierre Dupuy, diffuse la pensée d'Ivan Illich et de Cornelius Castoriadis.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

1993 : Création du réseau de La Via Campesina, mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans. Le mouvement inscrit comme l'un de ses axes de travail prioritaire : « la biodiversité et la lutte contre les OGM ».

Années 2000[modifier | modifier le code]

  • À partir de 2003, le collectif grenoblois Pièces et main d'oeuvre formule une position radicale : les "nouvelles technologies" constituent le fondement d'un contrôle social totalitaire.
  • Le 8 décembre 2007, est créée la « Coordination des associations opposées au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes »

Années 2010[modifier | modifier le code]

  • À partir de 2012, l'association Technologos développe, entre autres, les thèses de Jacques Ellul, qui postule que la sortie du l'idéologie technicienne ne peut s'opérer que sur la base d'une éthique de la liberté.
  • En 2013-2014, les éditions du Passager clandestin publient une collection d'ouvrages intitulée "Les précurseurs de la décroissance".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Jarrige, Technocritiques, La Découverte, 2014
  2. Ibid. p. 282
  3. Jacques Ellul, La technique ou l'enjeu du siècle, 1954.
  4. A l'origine, La technique ou l'enjeu du siècle devait s'intituler La société technicienne. Mais l'éditeur (Armand Colin) s'y est opposé. Justice sera rendue à Ellul aux USA en 1964 quand le livre y sera traduit et publié sous le titre The Technological Society.
  5. Même si, en France, par exemple, la position du leader du Front de gauche vis-à-vis du productivisme est assez confuse : http://biosphere.blog.lemonde.fr/2012/03/27/jean-luc-melenchon-entre-productvisme-et-decroissance
  6. Serge Latouche, La mégamachine, La Découverte, 2004
  7. Jacques Ellul, Le système technicien, Calmann-Lévy, 1977 (réédité aux éditions du cherche-midi).
  8. Position résumée par le slogan soixante-huitard : "Élections, pièges à cons".
  9. La reconnaissance de Marx et la défiance envers le marxisme (considéré comme une subversion de la pensée de Marx) apparente les courants anti-productivistes aux marxiens.
  10. dont la quête du profit, défendue par l'idéologie marchande, n'est qu'une déclinaison
  11. cf le sous-titre d'un ouvrage posthume de Jacques Ellul : Théologie et technique. Pour une éthique de la non-puissance, Labor et Fides, 2014
  12. Jacques Ellul, De la révolution aux révoltes, 1972
  13. La tyrannie technologique. Crise des valeurs éducatives et postmodernité. Cédric Biagini, Guillaume Carnino, Célia Izoard, Pièces et Main d'oeuvre, éditions L'Échappée, 2007
  14. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973. Réédition en 2003
  15. Jacques Ellul, Éthique de la liberté, volumes 1 et 2, Labor et Fides, Genève, 1973-1974
  16. Cette question taraude l'ensemble du mouvement écologiste.
  17. Herbert Marcuse, L'homme unidimensionnel. Essai sur l'idéologie de la société industrielle avancée, 1968
  18. Jürgen Habermas, La technique et la science comme idéologie, 1973
  19. Jürgen Habermas, Theorie des kommunikativen Handelns, 1981. Traduction Théorie de l'agir communicationnel,
  20. François Jarrige, Technocritiques, op. cit. p. 287
  21. Jacques Ellul, La technique ou l'enjeu du siècle, Armand Colin, 1954. Réédition, Economica, 2008.
  22. Günther Anders, L'obsolescence de l'homme, 1956
  23. Anders décède en 1992, Ellul deux ans plus tard. L'obsolescence de l'homme ne sera traduit en français qu'en 2002
  24. Expression de l'historien Fernand Braudel.
  25. François Jarrige, Technocritiques, op. cit. p. 285
  26. Historiquement, dans ce pays, le premier mouvement organisé de résistance au processus d'industrialisation et de tentative de construction d'un autre mode d'organisation -et de production- de la société s'est cristallisé autour de Gandhi, puis de son disciple Vinoba Bhave. Depuis, d'autres mouvements de résistance ont vu et voient le jour, sans pour autant qu'un lien puisse être nécessairement établi entre leurs actions et l'héritage gandhien.
  27. Par exemple le 22 février 2014 à Nantes, lors d'une manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
  28. Ce paragraphe est issu de « Notes pour servir à l'histoire du courant anti-industriel contemporain », In extremis, bulletin de liaison et de critique anti-industrielle, n° 1, automne 2001, p.13
  29. « La véritable utilité du développement technique du monde moderne est désormais là : sa fonction sociale est d'empêcher la solution des problèmes qu'il pose en en créant toujours de nouveaux. En accord avec l'adage "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?", la prolifération d'une technologie autodestructrice permet de contourner la contradiction historique d'une richesse perpétuellement confisquée. », Relevé provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse à l'occasion de l'extension des lignes du TGV, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1998, p. 26.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • Invariance (revue de Jacques Camatte)
  • Encyclopédie des Nuisances, 15 numéros parus entre 1984 et 1992
  • Interrogations, 1986-1991
  • Le Point d'Interrogation, 1991-1996
  • Les amis de Ludd, Bulletin d'information anti-industriel (trad. de l'espagnol), éd. Petite Capitale, 2005, 142 p.(ISBN 2-9519619-1-X)
  • Les amis de Ludd, Bulletin d'information anti-industriel, vol. II (trad. de l'espagnol), éd. La Lenteur, 2009.
    Plusieurs articles de Miguel Amorós. Sommaire : Les hackers et l'esprit du parasitisme, L'anti-machinisme rural et la mécanisation de l'agriculture sous le franquisme, George Orwell critique du machinisme, Notes sur la société du travail mort, Le mythe du progrès, L'abondance et la technologie dans le mouvement anarchiste, L'Etat social hydrogéné, Du progrès dans la domestication, Michel Seidman et la Guerre civile, Contre la production d'euphémismes.
  • Notes & Morceaux Choisis, Bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle, 11 numéros parus, éd. La Lenteur.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique décroissant)

XXIe siècle

XXe siècle

XIXe siècle

  • William Morris, L'âge de l'ersatz et autres textes contre la civilisation moderne, conférence donnée le 18 novembre 1894 à Manchester (texte réédité en 1996 à l'Encyclopédie des Nuisances) [lire en ligne]
  • Thomas Carlyle, Past and Present, 1843 (réédité chez L'Harmattan en 2010, sous le titre Cathédrales d'autrefois et usines d'aujourd'hui).

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Philippe Borrel, Les insurgés de la Terre, Arte France, 2010, 54mnn, voir en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]