Louis Armand (ingénieur)

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Louis Armand, né à Cruseilles (Haute-Savoie) le et mort le à Villers-sur-Mer (Calvados), est ingénieur, haut fonctionnaire et résistant français. Il est dirigeant d'entreprises publiques, dans le domaine ferroviaire et de l'énergie atomique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est dispensé des classes de sixième et de cinquième, pour entrer directement en classe de quatrième au lycée Berthollet à Annecy, puis au lycée du Parc à Lyon, avant de poursuivre ses études supérieures à l’École polytechnique (promotion 1924). Il en sort deuxième et choisit le corps des Mines, et en 1926, il sort major de l’École des mines.

En 1928, il épouse Geneviève Gazel (1904-1984), fille d'un enseignant de Cruseilles.

À partir de 1929, il est ingénieur aux Mines de Clermont-Ferrand et il se consacre à des travaux sur les eaux minérales, puis entre en 1934 à la Compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient directeur général adjoint. En 1938, il devient ingénieur en chef de la SNCF nouvellement créée.

Plaque commémorative,
30, avenue de Villiers, Paris

En , il organise le groupe « Résistance-fer » avec le soutien de Jean-Guy Bernard du réseau Noyautage des Administrations Publiques. Après l’arrestation de Jean-Guy Bernard en janvier 1944, il prend la direction du réseau secondé par Jean Marthelot. Le , Louis Armand est arrêté par la Gestapo. Il sort de la prison de Fresnes grâce à la libération de Paris et reçoit la Croix de la Libération par décret du .

En 1945, il est nommé directeur général adjoint de la SNCF, puis directeur général en juin 1949. De 1951 à 1959, il est président de l'Union internationale des chemins de fer. En 1957, il crée la Société du tunnel sous la Manche et relance les études, qui n'ont pas de suite, avec des Britanniques. En 1958 et 1959, il préside aussi la communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom).

À la tête de la SNCF, il attache une grande importance à la recherche industrielle et est responsable d'innovations capitales dans le domaine de la traction ferroviaire. Il améliore le système de traitement des eaux d'alimentation des locomotives à vapeur et est à l'origine du choix de la traction électrique alimentée en courant alternatif à fréquence industrielle de 50 Hz. La locomotive intègre un transformateur abaisseur de tension qui alimente soit des moteurs directs (système abandonné par la suite), soit un convertisseur mono-triphasé suivi de moteurs triphasés, soit un redresseur (ou un convertisseur) suivi de moteurs à courant continu. La tension efficace, à la caténaire a été fixée à 20 puis 25 kV. La ligne Aix-les-Bains - La Roche-sur-Foron servira de ligne d'expérimentation. C'est le système d'électrification le plus récent, le plus performant, et le plus économique[réf. souhaitée], utilisé dans le monde entier, et sur les lignes à grande vitesse.

Les auditeurs du Centre de hautes études administratives bénéficient en 1951 de ses exposés sur le problème des transports[1].

En 1960, il est un des rédacteurs du plan Rueff-Armand. Ce plan, préfigurant le Marché commun, alors en formation, et rédigé en collaboration avec Jacques Rueff, à la tête d'un comité d'experts ad hoc, recommande l'ouverture à la concurrence et la suppression des obstacles à l'expansion économique.

En , il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques, en , il est nommé président de l'AFNOR, avant d'être élu à l’Académie française le .

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Plaidoyer pour l’avenir (en collaboration avec Michel Drancourt)
  • 1965 : De la Savoie au Val d’Aoste par le tunnel du Mont-Blanc
  • 1968 : Simples propos
  • 1969 : Propos ferroviaires
  • 1970 : De la cybernétique à l’intéressement (en collaboration avec Michel Drancourt)
  • 1970 : L’Entreprise de demain
  • 1971 : Le Pari européen (en collaboration avec Michel Drancourt)
  • 1974 : Message pour ma patrie professionnelle (posthume)
  • 1961 : Expérience d'urbanisme provincial, Jacques Riboud, préface de Louis Armand (ingénieur), Éditions Mazarine

Citation célèbre[modifier | modifier le code]

« Le chemin de fer sera le moyen de transport du XXIe siècle, s'il parvient à survivre au XXe siècle. »[2]

Contribution scientifique : le TIA[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traitement intégral Armand.

Louis Armand est à l'origine d'un procédé chimique destiné à éviter la formation de tartre dans les tuyauteries des locomotives à vapeur. Inventé dans les années 1940, ce procédé est appelé « traitement intégral Armand » (TIA). Il a été déployé avec succès sur le parc de locomotives à vapeur de la SNCF.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Inventaire du fonds Louis Armand », Archives départementales cg74
  2. cité dans Gares d'Europe, José Antonio Pruneda et Inaki Barron de Angoiti, édition française Mengès, Paris, 2005, page 245

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Teissier du Cros, Louis Armand, visionnaire de la modernité, Éditions Odile Jacob (1987).
  • Josette Buzaré, Louis Armand, le Savoyard du siècle, Saint-Julien-en-Genevois, Éditions La Salévienne (2000).

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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