Domination

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La domination désigne une situation dans laquelle un être et ou un groupe est en position d'imposer (voir autorité), par n'importe quel moyen (y compris la force) ses idées, sa loi, ses règles, ses vérités ou ses croyances. La domination peut ainsi être associée à la survie, à la quête de pouvoir mais aussi à un acte délibéré de méchanceté.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Domination vient du latin dominus (maître, seigneur, propriétaire) et peut se décliner entre plusieurs significations voisines : [interprétation personnelle] [réf. nécessaire]

  • la domination au sens géographique : être au-dessus (la montagne domine la plaine) ;
  • la domination en termes de position tactique : être majoritaire en nombre ou en efficacité (dans un jeu, l'équipe – qui est en avance au score – domine les autres) ;
  • la domination (en termes de comportement relationnel) : expression d'une conception et d'une pratique asymétriques et inégalitaires de la relation sociale avec autrui.

Acception générale (sociologie)[modifier | modifier le code]

Max Weber évoque le concept de domination dans ses livre Économie et société (1921) et surtout La domination [1]. Pour cet auteur la domination est « toute chance qu'a un individu de trouver des personnes déterminables prêtes à obéir à un ordre de contenu déterminé. » Dans le troisième chapitre de son ouvrage, Weber distingue trois types de dominations qui n'ont pas vocation à se succéder historiquement ; elles peuvent coexister et ne doivent pas être considérées comme opposées :

– la domination traditionnelle,
– la domination charismatique et
– la domination rationnelle-légale ou légale-rationnelle.

Ces formes de domination découlent de quatre types d'action possibles : action rationnelle en finalité, action rationnelle en valeur, action affective et comportement habituel.

Domination traditionnelle[modifier | modifier le code]

Cette forme de domination repose sur la croyance coutumière et quotidienne en la sainteté des traditions valables en tout temps et sur la croyance en la légitimité de ceux qui sont appelés à exercer la domination par ces moyens. Trois caractéristiques en découlent :

– ancienneté : la tradition existe depuis très longtemps ;
– habitude : les individus veulent et sont habitués à respecter la tradition ;
– héritage : le titulaire du pouvoir est issu d'une lignée liée à l'exercice du pouvoir.

Pour Max Weber, ces concepts sont des « idéaux-types » qui ne se rencontrent pas de manière pure dans la réalité. Il existe cependant des cas où cette forme de domination est plus présente que les dominations charismatique et rationnelle légale, sans pour autant que celles-ci soient absentes : la royauté pré-révolutionnaire en France, les monarchies, etc.

Domination charismatique[modifier | modifier le code]

Cette forme de domination repose sur la soumission au caractère exceptionnel, sacré, à la vertu héroïque ou à la valeur exemplaire de la personne qui exerce le pouvoir.
Quatre caractéristiques y sont associées :

– l'obéissance en la personne du chef et non aux règles ;
– des conditions particulières d'arrivée au pouvoir (exemples : coup d'État, guerre…) ;
– l'instabilité : le chef doit constamment trouver un moyen de mettre en avant ses qualités (exemples : victoires militaires, plébiscites…) et lorsqu'il n'y parvient pas, c'est la chute du régime.

Domination rationnelle-légale[modifier | modifier le code]

Ce type de domination repose sur la croyance en la légitimité des règles légales adoptées et du droit de donner des directives qu'ont ceux qui exercent la domination par ces moyens.
Quatre caractéristiques sont à rattacher à cette forme de domination :

– les règles sont adoptées rationnellement (c'est-à-dire qu'elles sont approuvées par le peuple ou ses représentants selon une procédure fixe et déterminée) ;
– les règles sont formulées de façon abstraite et impersonnelle ;
– le détenteur du pouvoir est lui aussi soumis au droit (principe de l'État de droit) ;
– les gouvernés obéissent aux règles qui organisent la fonction de détenteur du pouvoir et non à la personne du détenteur du pouvoir.

Acception économique[modifier | modifier le code]

L'abus de position dominante est le comportement d'une entreprise en position de domination qui influence la structure d'un marché.
Pour François Perroux, la domination caractérise d'une manière générale le fait qu'une entité économique est capable de mobiliser à son profit des effets d'asymétrie qui lui permettent d'influencer de façon forte et durable d'autres entités ou acteurs économiques.

Acception sexuelle[modifier | modifier le code]

La domination est également une pratique sexuelle composant les jeux de domination/soumission (voir BDSM).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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= Notes & références[modifier | modifier le code]

  1. traduit en 2014, éd la Découverte