Marcel Duchamp

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Marcel Duchamp
Portait de Marcel Duchamp
Naissance 28 juillet 1887
à Blainville-Crevon
Décès 2 octobre 1968
à Neuilly-sur-Seine
Nationalité Américain
Activité(s) peintre, sculpteur, plasticien
Formation autodidacte
Mouvement artistique Cubisme, Dadaïsme et Surréalisme
Œuvres réputées "Nu descendant un escalier", "Fontaine (ready made)", "Mariée mise à nu par ses célibataires, même"

Marcel Duchamp, né le 28 juillet 1887 à Blainville-Crevon, (Seine-Maritime) et mort à Neuilly-sur-Seine (actuellement Hauts-de-Seine) le 2 octobre 1968, est un peintre, un sculpteur et un plasticien américain d'origine française, [1] inventeur des ready-made.

Sommaire

[modifier] Biographie

Fils du notaire de Blainville-Crevon, petit-fils d'Émile Frédéric Nicolle, homme d'affaires avisé et artiste, qui enseigna l'art à ses petits-enfants, Marcel Duchamp est issu d'une famille de six enfants, dont le sculpteur Raymond Duchamp-Villon (1876-1918) et les peintres Jacques Villon (Gaston Duchamp, 1875-1963) et Suzanne Duchamp (1889-1963), mariée au peintre Jean-Joseph Crotti.

Marcel Duchamp a révolutionné la conception académique de l’art qui, jusqu'alors, ne juge la valeur d'une œuvre qu'à l'aune des efforts et du travail dispensés pour une finalité édifiante. L'hétérogénéité de ses moyens d'expression et la complexité de ses œuvres, de la peinture (Nu descendant un escalier en 1913), à l'installation plastique la plus hermétique (Étant donnés..., inachevée en 1966) en passant par l'objet « tout fait » décrété œuvre d'art par sa seule volonté, associées à sa constante revendication du « droit à la paresse », ne permettent de classer Duchamp dans aucun des mouvements artistiques du XXe siècle. Il a traversé le cubisme, le futurisme, Dada et le surréalisme en s'excluant de lui-même de tout courant.

C’est auprès de ses frères, de sa sœur et de leurs amis qu’il entreprend son apprentissage de la peinture. À ses débuts, il fréquente principalement des artistes d’inspiration cubiste tels que Fernand Léger et Robert Delaunay, ou encore Albert Gleizes et Jean Metzinger, auteurs de l’ouvrage Du Cubisme qui pose les bases théorique du cubisme en 1912.

Il est présent au côté du groupe de la Section d'or en 1912 à Paris pour une exposition à la galerie La Boétie.

Marcel Duchamp, Jacques Villon et Raymond Duchamp vers 1912

En 1913, aux États-Unis, les nouvelles recherches européennes sont présentées lors de l’exposition Armory show à New York. Le Nu descendant un escalier provoque hilarité et scandale. Cette œuvre dénote des tendances cubistes au futurisme de la « photo-dynamique ».

Il s’écarte de la peinture, vers 1913-1915, avec les premiers ready-made, objets « tout faits » qu’il choisit pour leur neutralité esthétique : Roue de bicyclette (1913), Porte bouteille (1914), Fontaine (1917), un urinoir renversé sur lequel il y appose la signature « R. Mutt ». Cet objet est refusé par les organisateurs de l'Armory show. Il a pris un article ordinaire de la vie la plus prosaïque qui soit et l'a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue.

Réformé en 1914, il part à New York et entretient des liens avec Man Ray, Alfred Stieglitz et Francis Picabia avec qui il fonde la revue 291.

Il eut un impact non négligeable sur le mouvement dadaïste, courant auquel on peut rattacher Mariée mise à nu par ses célibataires, même (1912-1923).

Fichier:Marcel Duchamp at the Fountain.gif
Marcel Duchamp à la fontaine
Célèbre photo par Man Ray de Marcel Duchamp en Rrose Sélavy.

Duchamp était préoccupé par le temps, la vitesse et la décomposition des mouvements. Ce qui l'a justement amené, en 1925, à faire du cinéma expérimental, appelé l'« Optical cinema », avec son unique film Anemic cinema (35 mm, noir et blanc de 7 min). Son film présente des plaques rotatives qui deviendront plus tard, en 1935, les Rotoreliefs. Ces plaques tournantes comportent des jeux optiques, des jeux de mots, et de la géométrie.

À travers ses œuvres, Duchamp mène une réflexion sur la notion d’Art, sur l'esthétique, préparant ainsi ce qu'est l'art conceptuel. Le pop-art et le happening ont aussi fait de fréquents emprunts aux pratiques et démarches artistiques de Duchamp. Les écrits de Marcel Duchamp ont été publiés sous les titres Duchamp du signe (1958) et Marchand du sel (1958). Il fut également le créateur d'un personnage fictif, Rrose Sélavy, sculpteur et auteur d’aphorismes maniant la fausse contrepèterie et l’allitération.

Son œuvre la plus riche et la plus étrange, à l’élaboration complexe, est la Mariée mise à nu par ses célibataires, même ou Grand Verre, réalisée sur panneau de verre (1915-1923, musée de Philadelphie). Le Grand Verre est l’aboutissement de plusieurs études préliminaires telles que Neuf moules mâlics (1914-1915) qui correspond à l’obsession d’une « vraie forme » invisible, obtenue par contact, afin de synthétiser toutes ses théories magiques et sa théorie de l’art comme « fait mental ». Réalisée à l’huile, feuille et fil de plomb, montée entre deux plaques de verre, cette étude fut fêlée lors de son transport en 1916, mais Marcel Duchamp refusa de la faire restaurer. Dans les dernières années de sa vie, Duchamp exécuta une œuvre pour le musée des Beaux-Arts de Philadelphie, Étant donnés : 1) La chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage (1944-1968), environnement sculptural érotique, interdit, par sa volonté, à la vue du public.

Marcel Duchamp fut aussi Satrape du Collège de Pataphysique en 1953 et devint membre de l'Oulipo en 1962.

Il fut un excellent joueur d'échecs. Champion de Haute-Normandie en 1924, il participa plusieurs fois au championnat de France et fit partie de l'équipe de France à l'Olympiade d'échecs de la Haye (1928), Hambourg (1930), Prague (1931) et Folkestone (1933).

Le 8 juin 1927, Duchamp épouse Lydie Sarazin-Levassor (1903-1988). Ils divorcent six mois plus tard, le 25 janvier 1928. La rumeur colportait que c’était, pour Duchamp, un mariage de convenance : Lydie Sarazin-Levassor était la petite-fille d’un riche constructeur automobile, Émile Levassor. Au début de janvier 1928, Duchamp dit à sa femme qu’il ne pouvait plus supporter les devoirs du mariage et son enfermement. Moins de trois semaines plus tard, ils divorçaient[2],[3]

En deuxième noce, il épouse Teeny, la première épouse de Pierre Matisse, célèbre marchand d'art du Fuller Building de New York et fils du peintre Henri Matisse.

Cette épitaphe est gravée sur sa tombe au cimetière de Rouen : « D’ailleurs, c'est toujours les autres qui meurent. »

[modifier] Œuvres

Fontaine (1917)
  • Femme-cocher, 1907, dimension de l'œuvre : 31,7x24,5 cm
  • La Broyeuse de chocolat, 1912
  • Le Roi et la Reine entourés de nus vites, 1912
  • Le Passage de la Vierge à la Mariée, 1912
  • Nu descendant un escalier, 1912
  • Roue de bicyclette, 1913
  • Trois stoppages étalon, 1913[4]
  • In advance of the broken arm, pelle à neige, 1914
  • Apolinère Enameled, émail à la façon d'une réclame, 1914
  • Porte-bouteilles, 1914
  • La Broyeuse de chocolat no 2, 1914
  • Le Grand Verre, 1915-1923
  • Fontaine, urinoir renversé et signé « R. Mutt », 1917
  • L.H.O.O.Q., reproduction de La Joconde affublée d'une paire de moustache, 1919
  • Air de Paris, objet, 1919
  • Fresh widow, fenêtre aux carreaux teintés de noir, 1920
  • Rotative plaques verre (optique de précision), œuvre cinétique, 1920
  • Why not sneeze Rrose Selavy ?, boîte surréaliste : morceaux de marbre blanc taillés comme des cubes de sucre contenus dans une cage à oiseaux d'où sortent un os de seiche et un thermomètre, 1921
  • La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, grand verre commencé en 1915 et volontairement inachevé en 1925
  • Anemic cinema, court métrage réalisé avec la collaboration de Man Ray et Marc Allégret, 1926
  • La Boîte-en-valise, 1936-1941 (en série jusqu'en 1968), coffret de cuir rouge contenant 80 œuvres en reproductions diverses : fac-similés et objets miniatures, 41,5 x 38,5 x 9,9[5]
  • Prière de toucher, sein en mousse collé sur la couverture du catalogue de l'Exposition internationale du surréalisme à la Galerie Maeght, 1947
  • Étant donné le gaz d'éclairage et la chute d'eau, peinture (première version), 1949
  • Dada, 1916-1923, 1953, affiche pour la Galerie Sydney Janis, New York[6]
  • Coin de chasteté, objet, 1963
  • Étant donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage, variante tridimensionnelle de Grand verre, élaborée depuis 1946, inachevée en 1966
Écrits théoriques
  • Vitaly Halberstadt et Marcel Duchamp, Opposition et cases conjuguées sont réconciliées, L'Échiquier, 1932
  • Marcel Duchamp, The Creative Act / Le Processus créatif
    Où il développe le concept de coefficient d'art.
  • Marcel Duchamp, Duchamp du signe, Flammarion, 1975 (ISBN 2-08-081614-4)

[modifier] Marché de l'art

Lors de la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé par Christie's les 23, 24 et 25 février 2009 à Paris, l'objet, un flacon, La belle haleine; eau de toilette a été adjugé € 8,913,000 ($ 11,236,407) sur une estimation de € 1,000,000 - € 1,500,000 ($ 1,277,680 - $ 1,916,520)

[modifier] Bibliographie

  • Yves Arman, Marcel Duchamp joue et gagne. (Marcel Duchamp Plays and Wins), Marval Press, 1984 (ISBN 1299242022)
  • Ecke Bonk, Marcel Duchamp. The Portable Museum, Londres, 1989
  • Marc Décimo, La Bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-être, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Chantier », Dijon, 2002
  • Marc Décimo, Marcel Duchamp mis à nu. À propos du processus créatif, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Chantier », Dijon, 2004 (ISBN 9782840661191)
  • Marc Décimo, Le Duchamp facile, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Poche", Dijon, 2005
  • Marc Décimo (dir.), Marcel Duchamp et l'érotisme, Les presses du réel, coll. «  L'écart absolu / Chantier », Dijon, 2008
  • Judith Housez, Marcel Duchamp, éditions Grasset, 2006. Prix de la Biographie 2006 de l'hebdomadaire Le Point.
  • Laurent Le Bon (sous la direction de), Dada, catalogue de l'exposition présentée au Centre Pompidou (octobre 2005 - janvier 2006), Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2005, pages 354 à 389, (ISBN 2844262775)
  • Bernard Marcadé, Marcel Duchamp, éd. Flammarion (ISBN 2-08-068226-1)
  • Florence de Mèredieu, Duchamp en forme de ready-made, Paris, Blusson, 2000.
  • Marc Partouche, Marcel Duchamp, éd. Images en manœuvres, 1992
  • Michel Sanouillet & Elmer Peterson, Salt Seller: The Writings of Marcel Duchamp, Oxford University Press, 1973
  • Sophie Stévance, Duchamp, de la musique à l’ère de la modernité, revue "Étant Donné", no 6, Paris, juin 2005, p. 198-215
  • Sophie Stévance, Impacts et échos de la sonosphère de Marcel Duchamp, thèse de doctorat, 2005.
  • Sophie Stévance, Marcel Duchamp et la musique, à paraître.
  • L'École de Rouen de l'impressionnisme à Marcel Duchamp 1878-1914, musée des Beaux-Arts de Rouen, 1996 (ISBN 2-901431-12-7)

[modifier] Article connexe

[modifier] Notes et références

  1. « En 1943, Marcel Duchamp opte pour la nationaltié américaine », Élisabeth Lebovici « L'Américaine », dans "Beaux-Arts magazine" n° 75, janvier 1990, p. 57
  2. Pontus Hulten, Marcel Duchamp, Work and Life: Ephemerides on and about Marcel Duchamp and Rrose Selavy, 1887-1968, p. 8-9 juin (1927) au 25 janvier (1928) (ISBN 026208225X)
  3. Lydie Fisher Sarazin-Levassor, Un échec matrimonial : le cœur de la mariée mis à nu par son célibataire, même, préface Marc Décimo, éd. Les Presses du réel, 2004 (ISBN 2840661098)
  4. Le Bon, op. cité, page 466
  5. Reproduit dans « Varian Fry et les candidats à l'exil », Actes Sud, 1999, p. 86
  6. Reproduction dans "Beaux-Arts magazine" n°69, juin 1989, p. 86

[modifier] Liens externes

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