Rationalité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En philosophie, sciences humaines et sociales (psychologie, psychologie sociale, économie), la rationalité caractérise un objet, et notamment un comportement, dont l’émanation est influencée par un usage de la raison. Appliquée à l’ordre de la connaissance, la rationalité forme le rationnel ; appliquée à l’ordre de la pratique, elle forme le raisonnable[1].

En économie, elle désigne en particulier le comportements d’agents qui cherchent, par le biais de procédures découlant de la raison, à optimiser des objectifs. L’optimisation se propose généralement de maximiser des bénéfices en minimisant des coûts. Les objectifs sont généralement perçus par ces agents comme globalement favorables à leurs propres intérêts[1]. Il peut cependant s’agir d’optimiser ce qui est perçu comme favorable au groupe des agents. De plus la rationalité ne garantie pas aux agents une objectivité absolue : les représentations du monde (individuelles ou collectives) sur lesquels s’exercent leur rationalité se construisent sur leurs expériences propres, largement influencées par leur culture, leur éducation, et tout ce qui est susceptible de modeler leur subjectivité.

En philosophie, la raison qui forme le principe de rationalité est aussi appelé logos ; la rationalité correspond donc ainsi à la logique au sens large.

Rationalité économique[modifier | modifier le code]

On parle de rationalité économique quand le comportement des individus correspond à leurs intérêts : les agents sont censés agir de telle façon qu'ils optimisent leur bien-être. Ce bien-être est souvent calculé avec une fonction d'utilité . La théorie néo-classique fait de ce concept de "rationalité" une hypothèse centrale du modèle d'équilibre général. La notion de rationalité économique ne définit pas, en revanche, en quoi consiste précisément l'intérêt d'un individu; elle postule implicitement l'existence d'un consensus sur cette notion.

Rationalité limitée[modifier | modifier le code]

Par opposition au concept de "rationalité instrumentale" (hypothèse néo-classique), H. Simon (Prix Nobel d'économie) a développé le concept de rationalité limitée ou procédurale. Il ne s'agit pas de dire que les agents économiques ne se comportent pas toujours rationnellement mais qu'ils ne bénéficient pas de toute l'information pour prendre leur décision (rareté face à un besoin d'information, ou au contraire, une abondance d'information qui nécessite alors un triage). Ils réalisent leur choix après un processus décisionnel qu'ils arrêtent une fois que la satisfaction qu'ils vont retirer de la consommation leur conviendra. Cette rationalité est d'autant plus limitée par l'existence de l'incertitude. Ainsi le preneur de décision n'est jamais assuré que son choix aboutira aux conséquences qu'il avait préalablement envisagé, compte tenu du risque non probabilisable fonction de son environnement.

La finance comportementale en particulier étudie les biais cognitifs et les techniques de manipulation qui peuvent affecter la rationalité économique.

Rationalité instrumentale[modifier | modifier le code]

On entend par "rationalité instrumentale" la raison comme instrument au service de passions, non comme moyen de les maîtriser ou de les combattre. Cette approche s'oppose aux explications causales (notamment celles mobilisées par la psychanalyse et la sociologie). Le concept de rationalité instrumentale est un modèle (un système éthique) constitué de trois optimisations. L'agent doit :

  • trouver le meilleur moyen de satisfaire ses désirs ;
  • formuler des croyances les mieux adaptées à la réalité ;
  • collecter le bon volume d'informations sur le monde, compte tenu de ses croyances et de des désirs.

Les désirs sont supposés être indépendants des croyances et des moyens[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christian Godin, Dictionnaire de philosophie
  2. Viviani Jean-Laurent, « Incertitude et rationalité », Revue française d'économie, vol. 9, no 2,‎ 1994, p. 105-146 (DOI 10.3406/rfeco.1994.954, lire en ligne).