Frans Masereel

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Mon livre d'heures.

Frans Masereel, né le 30 juillet 1889 à Blankenberge (Belgique) et mort le 3 janvier 1972 (à 82 ans) à Avignon (France), est un graveur belge d'origine flamande qui a principalement travaillé en France. Son œuvre la plus connue est sans doute Mon livre d’heures (Passionate Journey).

Biographie[modifier | modifier le code]

La Passion d'un homme.

Né à Blankenberge le 31 juillet 1889, Frans Masereel s'installe à Gand en 1896, où il commence à étudier à l'École des Beaux-Arts dans la classe de Jean Delvin à l'âge de 18 ans. En 1909, il voyage en Angleterre et en Allemagne, qui lui inspirent ses premières eaux-fortes et gravures sur bois. En 1911, Frans Masereel s'installe à Paris pour quatre ans, puis, durant la Première Guerre Mondiale, il émigre en Suisse, où il travaille comme graphiste pour des journaux et des magazines. Sa série de gravures sur bois, expressionniste et qui a pour thème la critique sociale, fait de lui quelqu'un d'internationalement reconnu. Parmi ses travaux de cette époque, on peut citer La Passion d'un homme (1918 ), Mon Livre d'heures (1919 ), Le Soleil (1919 ), L'Idée (1920 ) et Histoire sans paroles (1920). À cette époque, il fait aussi des illustrations pour des œuvres de Thomas Mann, Émile Zola ou Stefan Zweig. En 1921 Masereel revint à Paris, où il peint ses célèbres scènes de rue, les peintures de Montmartre. Il vit pendant un temps à Berlin, où son ami le plus proche est George Grosz. Après 1925, il réside près de Boulogne-sur-Mer, où il peint des zones côtières, des ports, et des portraits de marins et de pêcheurs. Pendant les années 1930, il réalise moins d'illustrations et de gravures. En 1940, il quitte Paris et séjourne dans plusieurs villes du sud de la France.

Après la Seconde Guerre mondiale Masereel reprend la gravure et la peinture tout en devenant professeur à la Hochschule der Bildenden Künste Saar (de) de Sarrebruck. En 1949 Masereel s'installe à Nice. Jusqu'en 1968, il crée plusieurs séries de gravures sur bois qui diffèrent de ses «romans dans l'image » et sont plutôt des variations sur sujet au lieu d'être un récit continu. Il conçoit également des décors et costumes pour de nombreuses productions théâtrales.

Frans Masereel est mort à Avignon en 1972 et est enterré à Gand.

Il a donné son nom à l'organisation culturelle Masereelfonds.

Style[modifier | modifier le code]

Édition de Les Pâques à New York de Blaise Cendrars illustrée par Frans Mesereel.

Frans Masereel est souvent considéré comme un maître de la gravure sur bois, au même titre que Vallotton. Son style se caractérise par de forts contrastes entre noir et blanc et un graphisme puissant, qu'il met souvent au service d'un réalisme à la fois féerique et social. Son expressionnisme eut une grande influence sur les graveurs européens. Il inventa le « roman sans parole », récit graphique composé d'une suite de gravures symboliques (Le soleil, L'idée). Ces récits connurent un certain succès ; Thomas Mann par exemple en était friand. Berthold Bartosch s'inspira de l'un de ses livres pour réaliser le film d'animation, L'Idée, en 1931.

Influence[modifier | modifier le code]

Le graphiste américain Lynd Ward a été grandement influencé par Masereel[1]. Un certain nombre de dessinateurs, comme Clifford Harper (en), Will Eisner et Eric Drooker ont cité Masereel comme une influence. Art Spiegelman cite Mon Livre d'heures comme inspiration pour son Maus[2].

Idées[modifier | modifier le code]

Masereel participa à l'illustration de la revue de la Jeunesse communiste allemande dans les années 1920. De façon générale, nombre de ses gravures sont teintées d'anticapitalisme. Il illustra notamment Baudelaire, Verhaeren, Maeterlinck, Kipling, Blaise Cendrars, ainsi que Pierre Jean Jouve et Romain Rolland dont il partageait les convictions pacifistes.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1919 :
    • Die Mutter (« La mère », non traduit)
    • Le Soleil
  • 1920 :
    • Idée
    • Histoire sans paroles
      • les deux disponibles en anglais : The Idea and Story without Words, Shambhala (2000)
    • Dessins politiques[3]
  • 1926 : Bilder der Grossstadt (« Images de la grande ville »), avec une introduction de Romain Rolland, Carl Reiner Verlag, Dresde
  • 1928 : Die Passion eines Menschen. 25 Holzschnitte V. Frans Masereel (« La passion d'un homme, 25 gravures sur bois). Kurt Wolff, Munich
  • 1946 : Remember, Herbert Lang, Berne
  • 1964 : Das Gesicht Hamburgs (« Le visage de Hambourg », non traduit) ; réédition
  • 1989 : Holzschnitte gegen den Krieg (« Gravures sur bois contre la guerre », non traduit) ; réédition

Autres[modifier | modifier le code]

  • Ere aan Verhaeren (1955), bois gravé
  • Femme à table (1947), gouache
  • Le Guetteur du maquis (1945), huile sur panneau

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]