Cyberespace

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Le terme français cyberespace désigne, d’après le Petit Robert, un « ensemble de données numérisées constituant un univers d’information et un milieu de communication, lié à l’interconnexion mondiale des ordinateurs ». Il est dérivé de l'anglais Cyberspace ( contraction des termes Cybernétique et Espace), néologisme également considéré comme un buzzword[1] », qui est apparu, au début des années 1980, dans une nouvelle de William Gibson[2].

William Gibson en explique le concept dans son premier roman de science-fiction, Neuromancien, où il le définit comme « une hallucination consensuelle vécue quotidiennement en toute légalité par des dizaines de millions d'opérateurs, dans tous les pays, par des enfants à qui des concepts mathématiques sont ainsi enseignés... Une représentation graphique de données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain[3] ». Le Cyberespace est devenu depuis un thème commun de la science-fiction repris par de nombreux auteurs, par exemple Dan Simmons sous le nom d'Infosphère.

Pour Pierre Lévy, auteur de l'Intelligence collective - Pour une anthropologie du cyberespace, « Le cyberspace y désigne l'univers des réseaux numériques comme lieu de rencontres et d'aventures, enjeu de conflits mondiaux, nouvelle frontières économique et culturelle.(...) Le cyberspace désigne moins les nouveaux supports de l'information que les modes originaux de création, de navigation dans la connaissance et de relation sociale qu'ils permettent[4],[5] ».

Pour Olivier Kempf, dans une approche stratégique, le cyberespace est opaque et non létal. L’offensive redevient possible, avec un allongement du temps stratégique, contrairement à une idée répandue[6].

Concept[modifier | modifier le code]

Ramené au sens premier du mot cybernétique, le cyberespace serait l'espace qui mène l'information.

Le mot est devenu de facto un synonyme d'Internet puis du World Wide Web popularisé par les écrits de précurseurs comme Hakim Bey, Bruce Sterling ou John Perry Barlow.

Au-delà de la métaphore émergent les concepts d'espace virtuel, de Zone autonome temporaire et de Communauté virtuelle.

Espace[modifier | modifier le code]

  • Ubiquité : la communication peut être établie vers ou reçue de n’importe où et à tout moment. Deux personnes peuvent communiquer quelle que soit la distance qui les sépare. Cette notion est aussi reliée à celle d’interfaces réparties ou diffuses.
  • Réalité : malgré la richesse et même la dissolution des interfaces l’autre semble réellement « là » (toutefois ce trait est déjà présent avec le téléphone). L’impression de présence est liée à l’authenticité du contenu émotionnel. L'espace géographique s'enrichit de nouveaux attributs du fait de l'affaiblissement de la notion de distance (temps, effort, coûts) qui résulte de l'usage du cyberespace. Le mot geocyberespace (angl. geocyberspace) est parfois utilisé pour rendre ces évolutions[7].

Temps[modifier | modifier le code]

  • Instantanéité : l’interaction à travers un environnement communicant n’introduit pas de délai supplémentaire à une interaction directe « naturelle ».
  • Mémoire : il est toujours possible de différer ou rejouer une session de communication. Cette mémoire doit être matériellement stockée quelque part dans le réseau ou chez l’utilisateur.

Individu[modifier | modifier le code]

  • Partage : tout étant accessible de partout, la plupart des contenus personnels peuvent être partagés. Cela implique que les données, par exemple le « profil » d’un individu, peuvent être accessibles par d’autres ; est fortement dépendant du niveau de sécurité. La mise à disposition de tous ces contenus va du même coup les rendre hautement volatils, ce qui peut rétroagir sur la notion d’individualité.
  • Substitution : il est possible de se faire représenter par un autre humain ou un clone ou avatar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « All I knew about the word "cyberspace" when I coined it, was that it seemed like an effective buzzword. It seemed evocative and essentially meaningless. It was suggestive of something, but had no real semantic meaning, even for me, as I saw it emerge on the page. Commentaire de William Gibson dans le documentaire No Maps for These Territories
  2. intitulée Gravé sur chrome (Burning Chrome - 1982
  3. « `Cyberspace. A consensual hallucination experienced daily by billions of legitimate operators, in every nation, by children being taught mathematical concepts... A graphic representation of data abstracted from the banks of every computer in the human system. Unthinkable complexity. Lines of light ranged in the nonspace of the mind, clusters and constellations of data. Like city lights,receding...' » Neuromancer (online edition)
  4. Pierre Lévy, L'intelligence collective. Pour une anthropologie du cyberespace, Paris, La Découverte, 1997 (ISBN 2-7071-2693-4).
  5. [Lévy, 1997 : 119]
  6. Stratégie du cyberespace - 13.2.2013
  7. http://www.netcom-journal.com/volumes/articlesV213/285_296bakisgeocyberspace.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]