Transhumanisme

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H+, un symbole du transhumanisme

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques, ainsi que les croyances spirituelles afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d'autres techniques émergentes. Les dangers comme les avantages que présentent de telles évolutions préoccupent aussi le mouvement transhumaniste[1].

Le terme « transhumanisme » est symbolisé par « H+ » (anciennement « >H »[2]) et est souvent employé comme synonyme d'« amélioration humaine ». Bien que le premier usage connu du mot « transhumanisme » remonte à 1957, son sens actuel trouve son origine dans les années 1980, lorsque certains futurologues américains ont commencé à structurer ce qui est devenu le mouvement transhumaniste. Les penseurs transhumanistes prédisent que les êtres humains pourraient être capables de se transformer en êtres dotés de capacités telles qu'ils mériteraient l'étiquette de « posthumains »[1].

Ainsi, le transhumanisme est parfois considéré comme un posthumanisme ou encore comme une forme d'activisme caractérisé par une grande volonté de changement et influencé par les idéaux posthumanistes[3]. En France, ce mouvement est principalement représenté par l'Association française transhumaniste. Il existe des groupes de réflexion, comme Neohumanitas, en Suisse, qui encouragent la réflexion et la discussion sur les conséquences socio-éthiques de l'utilisation des biotechnologies sur l'être humain et qui abordent certains enjeux du transhumanisme[4]. Le grand nombre d'approches transhumanistes différentes sont reflétés au sein même de ces différents groupes.

La perspective transhumaniste d'une humanité transformée a suscité de nombreuses réactions, tant positives que négatives, émanant d'horizons de pensée très divers. Francis Fukuyama a ainsi déclaré, à propos du transhumanisme, qu'il s'agit de l'idée la plus dangereuse du monde[5], ce à quoi un de ses promoteurs, Ronald Bailey, répond que c'est, au contraire, le « mouvement qui incarne les aspirations les plus audacieuses, courageuses, imaginatives et idéalistes de l'humanité »[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les philosophes ayant étudié l'histoire du transhumanisme[1], son transcendantalisme s'inscrit dans un courant de pensée remontant à l'Antiquité : la quête d'immortalité de l'Épopée de Gilgamesh ou les quêtes de la fontaine de Jouvence et de l'élixir de longue vie, au même titre que tous les efforts ayant visé à empêcher le vieillissement et la mort, en sont l'expression. La philosophie transhumaniste trouve cependant ses racines dans l'humanisme de la Renaissance et dans la philosophie des Lumières. Pic de la Mirandole appelle ainsi l'homme à « sculpter sa propre statue »[7]. Plus tard, Condorcet spécule quant à l'application possible des sciences médicales à l'extension infinie de la durée de vie humaine. Des réflexions du même ordre se retrouvent chez Benjamin Franklin, qui rêve de pouvoir interrompre et relancer le cours de la vie en temps voulu. Enfin, d'après Charles Darwin, « il devint très probable que l'humanité telle que nous la connaissons n'en soit pas au stade final de son évolution mais plutôt à une phase de commencement »[1]. Il faut en revanche mettre à part la pensée de Nietzsche qui, s'il forge la notion de « surhomme », n'envisage absolument pas la possibilité d'une transformation technologique de l'Homme mais plutôt celle d'un épanouissement personnel[1],[8],[9].

Nikolai Fyodorov, un philosophe russe du XIXe siècle, soutenait l'idée d'un usage de la science à des fins d'extension radicale de la durée de vie, d'immortalité ou de résurrection des morts[10]. Au XXe siècle, le généticien J.B.S. Haldane, auteur de l'essai intitulé Daedalus: Science and the Future paru en 1923, est un pionnier influent de la pensée transhumaniste. En ligne directe avec le transhumanisme moderne, il annonce les considérables apports de la génétique et d'autres avancées de la science aux progrès de la biologie humaine et prévoit que ces avancées seront accueillies comme autant de blasphèmes et de perversions « indécentes et contre nature ». J. D. Bernal spécule quant à la colonisation de l'espace, aux implants bioniques et aux améliorations cognitives qui sont des thèmes transhumanistes classiques depuis lors[1].

Le biologiste Julian Huxley, frère d'Aldous Huxley (un ami d'enfance de Haldane), semble être le premier à avoir utilisé le mot « transhumanisme ».

En 1957, il définit le transhumain comme un « homme qui reste un homme, mais se transcende lui-même en déployant de nouveaux possibles de et pour sa nature humaine »[11] : « « La qualité des personnes, et non la seule quantité, est ce que nous devons viser : par conséquent, une politique concertée est nécessaire pour empêcher le flot croissant de la population de submerger tous nos espoirs d’un monde meilleur. » Le better world de Julian n’est pas si éloigné du brave new world d’Aldous. Il s’agit bien d’améliorer la “qualité” des individus, comme on améliore la “qualité” des produits, et donc, probablement, d’éliminer ou d’empêcher la naissance de tout ce qui apparaîtrait comme anormal ou déficient. »

Cette définition diffère quelque peu de celle généralement acceptée depuis les années 1980.

Au début des années 1960, la question des relations entre les intelligences humaines et artificielles, qui est une des thématiques centrales du transhumanisme, est abordée par l'informaticien Marvin Minsky[12]. Dans les décennies qui suivent, ce domaine de recherches continue de voir apparaître d'influents penseurs, comme Hans Moravec ou Raymond Kurzweil, tantôt officiant dans des travaux d'ordre technique, tantôt spéculant sur l'avenir technologique, à la manière du transhumanisme[13],[14]. L'émergence d'un mouvement transhumaniste clairement identifiable commence dans les dernières décennies du XXe siècle. En 1966, FM-2030 (anciennement F.M. Esfandiary), un futurologue qui enseigne les « nouveaux concepts de l'Homme »[15] à la New School de New York, commence à qualifier les personnes qui adoptent des techniques, des styles de vie et des conceptions du monde signalant une transition vers la posthumanité de transhumains (mot-valise formé à partir de « humain transitoire »)[16]. En 1972, Robert Ettinger contribue à la conceptualisation du transhumanisme dans son livre Man into Superman[17]. En 1973, FM-2030 publie le Upwingers Manifesto pour stimuler l'activisme transhumaniste[14].

Les premiers transhumanistes se reconnaissant comme tels se rencontrent au début des années 1980 à l'Université de Californie à Los Angeles, qui devient le centre principal de la pensée transhumaniste. À cette occasion, FM-2030 tient une conférence sur son idéologie futuriste de la « Troisième Voie » (Third Way). Dans les locaux de EZTV, alors couramment fréquentés par les transhumanistes et futurologues, Natasha Vita-More présente un film expérimental, Breaking Away, daté de 1980, sur le thème d'humains rompant avec leurs limites biologiques et avec la gravité terrestre, s'en allant dans l'espace[18],[19]. FM-2030 et Vita-More commencent rapidement à organiser d'autres réunions transhumanistes à Los Angeles, rassemblant notamment les étudiants de FM-2030 d'une part et le public de Vita-More d'autre part. En 1982, Vita-More rédige le Transhumanist Arts Statement[20] (Traité d'Arts Transhumanistes), et, six ans après, produit une émission de télévision sur la transhumanité, TransCentury Update, suivie par plus de 100 000 téléspectateurs.

En 1986, Eric Drexler publie Engines of Creation: The Coming Era of Nanotechnology[21] (deux sens possibles : Les rouages de la création : l'ère nouvelle de la nanotechnologie ou Engins de création :…), qui analyse les perspectives liées aux nanotechnologies et aux assembleurs moléculaires, et fonde l'Institut Foresight. Les bureaux de Californie du sud de l'Alcor Life Extension Foundation, la première organisation à but non lucratif effectuant des recherches sur la cryonie, œuvrant pour sa promotion et la mettant en œuvre, devinrent également un lieu de regroupement privilégié des futuristes. En 1988, le premier numéro d'Extropy Magazine fut publié par Max More et Tom Morrow. En 1990, More créa sa propre doctrine transhumaniste qu'il exprima sous la forme des Principles of Extropy (« Principes de l'Extropie »)[22], et jeta les bases du transhumanisme moderne en lui donnant une nouvelle définition[23] :

« Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l'humanisme parmi lesquelles un respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour l'existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie. […] Le transhumanisme diffère de l'humanisme en ce qu'il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies provoqués par diverses sciences et techniques […]. »

En 1992, More et Morrow fondent l'Extropy Institute qui a pour but de densifier le réseau social futuriste et de promouvoir une réflexion collective sur les courants idéologiques émergents et les nouveaux comportements en organisant une série de conférences et, surtout, en rédigeant un carnet d'adresses : en conséquence, la pensée transhumaniste se voit diffusée pour la première fois, pendant la période d'essor de la cyberculture et de la contreculture cyberdélique. En 1998, les philosophes Nick Bostrom et David Pearce fondent la World Transhumanist Association (WTA, Association Transhumaniste Mondiale), une organisation non gouvernementale d'échelle internationale œuvrant afin que le transhumanisme soit reconnu comme digne d'intérêt par le milieu scientifique comme par les pouvoirs publics[24]. En 2002, la WTA modifie et adopte la Déclaration Transhumaniste (The Transhumanist Declaration)[25]. La FAQ Transhumaniste, conçue par la WTA, donne deux définitions formelles du transhumanisme[26]:

  1. « Le mouvement culturel et intellectuel qui affirme qu'il est possible et désirable d'améliorer fondamentalement la condition humaine par l'usage de la raison, en particulier en développant et diffusant largement les techniques visant à éliminer le vieillissement et à améliorer de manière significative les capacités intellectuelles, physiques et psychologies de l'être humain.
  2. L'étude des répercussions, des promesses et des dangers potentiels de techniques qui nous permettront de surpasser des contraintes inhérentes à la nature humaine ainsi que l'étude des problèmes éthiques que soulèvent l'élaboration et l'usage de telles techniques. »

Anders Sandberg, un universitaire et éminent transhumaniste, a recueilli d'autres définitions similaires[27].

Les représentants de la WTA considéraient que les forces sociales constituaient un frein potentiel à leurs projets futuristes et qu'il fallait, par conséquent, statuer sur la position à adopter face à elles, mais toutes les organisations transhumanistes ne partageaient pas ce point de vue[28]. En particulier, un problème posé était celui de l'accès équitable des individus de classes sociales et de nationalités différentes aux techniques d'amélioration humaine[29]. En 2006, après une lutte politique dans les rangs du mouvement transhumaniste entre la droite libertarienne et la gauche libérale, la WTA, sous l'égide de son ancien directeur James Hughes, a adopté une posture plus proche du centre-gauche[30],[29]. Toujours en 2006, le conseil d'administration de l'Extropy Institute mit un terme à ses activités, déclarant que sa mission était « remplie, dans l'essentiel » (« essentially completed »)[31]. La WTA a donc pris la place de principale organisation transhumaniste dans le monde. En 2008, afin de changer son image, la WTA adopta le nom de « Humanity+ » afin de donner une image de plus grandes valeurs humaine[32]. Humanity Plus publie H+ Magazine, un périodique publié par R. U. Sirius et qui présente des actualités et des idées du transhumanisme[33],[34].

Théorie[modifier | modifier le code]

La question de la vision du transhumanisme comme une branche du posthumanisme et celle de la conceptualisation du posthumanisme relativement au transhumanisme font débat. Les critiques du transhumanisme, conservateurs[5], chrétiens[35] ou progressistes[36],[37], le perçoivent souvent comme une variante ou une forme plus activiste du posthumanisme, mais des érudits pro-transhumanisme le qualifient aussi de branche de la « philosophie posthumaniste », par exemple[3]. Une propriété commune au transhumanisme et au posthumanisme philosophique est la vision future de nouvelles espèces intelligentes, évolutions de l'humanité, qui la complèteront ou la supplanteront. Le transhumanisme met l'accent sur l'aspect évolutionniste du phénomène, envisageant la création d'un animal doté d'une très grande intelligence grâce à l'amélioration cognitive (c'est-à-dire grâce à la provolution)[28], mais se raccroche à un « futur posthumain », finalité d'une évolution artificiellement perpétrée[38].

Cependant, l'idée de créer des êtres intelligents artificiels proposée, par exemple, par le roboticien Hans Moravec, a influencé le transhumanisme[13]. Mais les idées de Moravec et le transhumanisme se sont aussi vus dépeints comme une variante « complaisante » ou « apocalyptique » du posthumanisme et ainsi distingués du « posthumanisme culturel » dans les lettres et les arts[39]. Un tel « posthumanisme critique » fournirait matière à repenser les relations entre humains et machines de plus en plus sophistiquées alors que, dans cette perspective, le transhumanisme et les posthumanismes similaires n'abandonnent pas les concepts désuets de l'« individu libre et autonome » mais étendent ses prérogatives au domaine du posthumain[40]. C'est dans ce cadre de pensée que le transhumanisme se perçoit lui-même comme étant la continuité de l'humanisme et de l'esprit des Lumières.

Certains humanistes laïques voient dans le transhumanisme la progéniture du mouvement de libre-pensée. Ils soutiennent que les transhumanistes se distinguent des humanistes traditionnels en ce qu'ils se concentrent tout particulièrement sur les apports de la technique aux problèmes humains et au problème de la mort[41]. Cependant, d'autres progressistes affirment que le posthumanisme, philosophique comme activiste, se détourne des préoccupations de justice sociale, de réforme des institutions humaines et d'autres centres d'intérêt des Lumières et incarne en fait un désir narcissique de transcendance du corps humain, en quête d'une manière d'être plus intense, plus vive, plus exquise[42]. De ce point de vue, le transhumanisme abandonne les visées de l'humanisme, de la philosophie des Lumières et des politiques progressistes.

Buts[modifier | modifier le code]

Bien que théoriciens et partisans du transhumanisme cherchent à exploiter la raison, la science et la technologie afin de contrer la pauvreté, la maladie, le handicap et l'insuffisance alimentaire dans le monde, le transhumanisme, lui, se distingue par l'intérêt particulier qu'il porte à l'application des techniques à l'amélioration du corps humain à l'échelle individuelle. Beaucoup de transhumanistes contribuent activement à l'estimation des apports possibles des techniques futures et des systèmes sociaux innovants à la qualité du vivant en général, tout en recherchant la réalisation pratique, par l'élimination des barrières congénitales du physique et du mental, de l'idéal d'égalité aux sens légal et politique.

Les philosophes transhumanistes soutiennent non seulement qu'il existe un impératif éthique de perfectionnisme, impliquant que les humains s'efforcent au progrès et à l'amélioration de leur condition, mais aussi qu'il est possible et souhaitable que l'humanité entre dans une ère transhumaine, où les humains auront le contrôle de leur évolution. Dans une telle ère, l'évolution naturelle serait remplacée par une transformation délibérée.

Certains théoriciens, comme Raymond Kurzweil, considèrent que le rythme du changement technologique est en train de s'accélérer et que les cinquante prochaines années verront apparaître non seulement des avancées technologiques radicales, mais aussi une singularité technologique, un point d'inflexion qui changera la nature même de l'homme[43]. La plupart des transhumanistes considèrent cette rupture comme désirable, mais mettent en garde contre les dangers inhérents à une accélération brutale du progrès technologique. Ainsi, ils jugent nécessaire la responsabilisation de tous les acteurs de ce progrès pour éviter toute dérive grave. Par exemple, Bostrom a abondamment écrit sur le risque existentiel lié à la préservation de la santé future de l'humanité, y compris sur les risques qui pourraient découler de l'émergence des nouvelles techniques[44].

Éthique[modifier | modifier le code]

Les transhumanistes s'engagent dans des approches interdisciplinaires pour comprendre et évaluer les possibilités de dépasser les limitations biologiques. Ils s'appuient sur la futurologie dont les divers domaines de l'éthique tels que la bioéthique, l'infoéthique, la nanoéthique, la neuroéthique, la roboéthique, et la technoéthique proviennent principalement mais pas exclusivement d'une philosophie utilitariste, et d'une perspective libérale du progrès social, politique et économique. Contrairement à beaucoup de philosophes, critiques sociaux, et activistes qui placent une valeur morale sur la préservation des systèmes naturels, les transhumanistes voient au mieux le concept spécifique de ce qui est « naturel » comme problématiquement nébuleux, et au pire comme un obstacle au progrès[45]. En relation avec cela, beaucoup des principaux défenseurs du transhumanisme jugent les critiques de ce dernier provenant de la droite et de la gauche politique, comme « bioconservateurs », ou « néo-luddistes », ce dernier terme faisant allusion au mouvement social du XIXe siècle de l'anti-industrialisation, opposé au remplacement des travailleurs humains par des machines[46].

Courants de pensées[modifier | modifier le code]

Il y a une variété d'opinions au sein de la pensée transhumaniste. Beaucoup des principaux penseurs transhumanistes ont des vues qui sont constamment révisées et en développement[47]. Quelques courants distinctifs du transhumanisme sont identifiés et listés ici dans l'ordre alphabétique :

  1. L'abolitionnisme (impératif hédoniste) (en)[48]
  2. Le transhumanisme démocratique, synthèse de la social-démocratie et du transhumanisme[49].
  3. L'extropianisme
  4. L'immortalisme fondé sur l'idée que l'immortalité est technologiquement possible et désirable[50].
  5. Le postsexualisme (en), la recherche de l'élimination volontaire du genre dans l'espèce humaine par l'application de biotechnologies et de technologies de reproduction assistée.
  6. Le singularitarianisme fondé sur l'idée qu'une singularité technologique est possible et souhaitable[43].
  7. Le technogaïanisme (en), une démarche écologique fondée sur l'idée que le progrès technologique peut permettre de restaurer l'écosystème notamment par le biais des technologies alternatives[49].
  8. Le transhumanisme libertarien (en)

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Bien que quelques transhumanistes disent adhérer à une idéologie spirituelle laïque, ils sont pour la plupart athées[24]. Une minorité de transhumanistes, cependant, suivent des formes libérales de traditions de la philosophie orientale comme le bouddhisme et le yoga[51] ou ont fait fusionner leurs idées transhumanistes avec des religions occidentales établies telles que le christianisme libéral[52] ou le mormonisme[53]. En dépit de l'attitude séculaire qui prévaut, quelques transhumanistes entretiennent des espoirs traditionnellement épousés par les religions, comme l'immortalité[50], pendant que de nouveaux mouvements religieux controversés, nés vers la fin du XXe siècle, ont explicitement embrassé les buts transhumanistes de transformation de la condition humaine, en appliquant la technique d'altération du corps et de l'esprit, tel que le mouvement raëlien[54]. Cependant, la plupart des penseurs associés au mouvement transhumaniste se focalisent sur les buts pratiques de l'utilisation de la technologie pour allonger la durée de la vie et améliorer la santé, tout en spéculant sur le fait que la compréhension future de la neurothéologie et de l'application de la neurotechnologie permettraient aux humains de gagner un plus grand contrôle sur les états modifiés de conscience, qui sont communément interprétés comme des « expériences spirituelles », et permettraient ainsi d'accéder à une connaissance de soi plus profonde[51].

La majorité des transhumanistes sont des matérialistes qui ne croient pas en une âme humaine transcendante. La théorie de la personnalité transhumaniste est également contre l'identification unique des acteurs moraux et des sujets avec les humains biologiques, jugeant comme spéciste l'exclusion des non-humains, des para-humains et des machines sophistiquées, d'un point de vue éthique[55]. Beaucoup croient en la compatibilité entre les esprits humains et le matériel informatique, avec l'implication théorique que la conscience humaine serait un jour transférée dans des médias alternatifs, une technique spéculative communément connue comme « téléchargement de l'esprit »[56]. Une formulation extrême de cette idée peut-être trouvée dans la proposition de Frank Tipler du point Omega. En s'inspirant d'idées du digitalisme, Tipler a avancé l'idée que l'effondrement de l'Univers dans des milliards d'années pourrait créer les conditions pour la perpétuation de l'humanité dans une réalité simulée à l'intérieur d'un mégaordinateur, et achèverait ainsi la forme du « Dieu post-humain ». Bien que n'étant pas un transhumaniste, la pensée de Tipler a été inspirée par les écrits de Pierre Teilhard de Chardin, un paléontologue et théologien jésuite qui a vu une cause finale évoluant dans le développement d'une noosphère, une conscience globale[57].

L'idée de télécharger une personnalité dans un substrat non biologique et ses hypothèses sous-jacentes sont critiquées par un large panel d'universitaires, scientifiques et activistes, quelquefois à l'égard du transhumanisme lui-même, quelquefois à l'égard de penseurs tels que Marvin Minsky ou Hans Moravec qui sont souvent vus comme ses initiateurs. Relativement aux hypothèses sous-jacentes, comme l'héritage de la cybernétique, certains ont fait valoir que cet espoir matérialiste engendre un monisme spirituel, une variante de l'idéalisme philosophique[58]. Vu d'une perspective conservatrice chrétienne, l'idée de télécharger l'esprit est affirmée comme représentant un dénigrement du corps humain caractéristique de la croyance gnostique[59]. Le transhumanisme et ses progéniteurs intellectuels présumés ont aussi été décrits comme « néo-gnostiques » par les commentateurs non chrétiens et séculaires[60],[61].

Le premier dialogue entre le transhumanisme et la foi était l'objectif d'un séminaire académique ayant eu lieu à l'Université de Toronto en 2004[62]. Parce que cela pourrait servir quelques-unes des mêmes fonctions que les gens ont traditionnellement vues dans la religion, les religieux et critiques séculaires ont maintenu que le transhumanisme était lui-même une religion ou, au minimum, une pseudoreligion. Les critiques religieuses à elles seules ont pris en défaut la philosophie du transhumanisme comme n'offrant aucune vérité éternelle ni une relation avec le divin. Elles ont argumenté qu'une philosophie dépossédée de ces croyances laisse l'humanité à la dérive dans une mer brumeuse du cynisme postmoderne et de l'anomie. Les transhumanistes ont répondu que de telles critiques reflètent un échec du regard sur le contenu actuel de la philosophie transhumaniste, qui loin d'être cynique, est enraciné dans des attitudes optimistes, idéalistes, qui nous ramènent aux Lumières[63]. Suivant ce dialogue, William Sims Bainbridge a conduit une étude pilote, publiée dans le journal de l'évolution et de la technologie, suggérant que les attitudes religieuses sont négativement corrélées avec l'acceptation des idées transhumanistes, et indiquant que les individus avec des visions du monde très religieuses tendent à percevoir le transhumanisme comme étant un affront direct, compétitif (bien qu'ultimement futile), de leurs croyances spirituelles[64].

Depuis 2009, l’American Academy of Religion organisme un atelier « Transhumanisme et Religion » lors de son meeting annuel durant lequel des universitaires de l’étude des religions cherchent à identifier et évaluer de manière critique toute croyance religieuse implicite sous-tendant les assertions et postulats transhumanistes, en plus d’évaluer comment le transhumanisme défie les traditions religieuses de développer leurs propres idées du futur de l’humanité, en particulier la perspective de la transformation humaine, par la technologie ou par tout autre moyen, et enfin cherche à fournir une évaluation critique et constructive d’une vision du futur qui donne une place importante aux nanotechnologies, à la robotique, et aux technologies de l’information afin d’accéder à l’immortalité virtuelle et créer une « espèce posthumaine supérieure »[65].

Pratique[modifier | modifier le code]

Tandis que quelques transhumanistes ont une approche abstraite et théorique sur les bénéfices des techniques émergentes, d'autres ont donné des propositions précises pour des modifications du corps humain, incluant celles qui sont héréditaires. Les transhumanistes sont souvent concernés avec les méthodes d'amélioration du système nerveux humain. Bien que certains proposent l'amélioration de la mémoire et de certains potentiels du cerveau par un exocortex ou par la modification du système nerveux périphérique. Le cerveau étant considéré comme le dénominateur commun de la personnalité, il est donc l'objectif principal des ambitions transhumanistes[66].

En tant que partisans du développement personnel et des modifications corporelles, les transhumanistes tendent à utiliser les techniques existantes qui sont supposées améliorer les performances cognitives et physiques, pendant qu'ils s'engagent dans des routines et styles de vie faits pour améliorer la santé et la longévité[67]. Selon leur âge, quelques transhumanistes expriment leur préoccupation sur le fait qu'ils ne vivront pas pour récolter les bénéfices des futures techniques. Cependant, beaucoup ont un grand intérêt dans les stratégies d'extension de la vie, et pour le financement de recherches dans la cryonie, afin d'en faire une option viable de dernier recours plutôt que de la laisser comme méthode non éprouvée[68]. Les communautés transhumanistes régionales et internationales aux objectifs divers ont créé des réseaux et des forums pour discuter et mener des projets en commun.

Approche technologique[modifier | modifier le code]

Converging Technologies, un rapport de 2002 explorant le potentiel de synergie des nano- et biotechnologies, est devenu un repère pour la spéculation en ce qui concerne les technologies développables dans un futur proche.

Les transhumanistes soutiennent l'émergence et la convergence de techniques telles que la nanotechnologie, la biotechnologie, les techniques de l'information et de la communication et la science cognitive (NBIC) ainsi que d'hypothétiques sciences future comme la réalité simulée, l'intelligence artificielle forte, le téléchargement de l'esprit et la cryonique. Ils pensent que les humains peuvent et doivent utiliser ces techniques pour devenir plus que des humains[69] Ils sont de plus partisans de la reconnaissance et/ou de la protection de la Libre-Pensée, de la Libre-Apparence, et de la Libre-Procréation en tant que droits civiques, et ce afin de garantir aux individus et à leurs enfants le choix d'utiliser les technologies d'amélioration de l'humain. Certains d'entre eux spéculent sur le fait que les techniques d'amélioration de l'humain et d'autres technologies émergentes faciliteront peut-être des améliorations plus radicales de l'homme à l'aube du XXIe siècle[43].

Un rapport de 2002, Technologies de conversions pour l'amélioration des performances humaines, missionné par la Fondation Scientifique Nationale et le département américain du Commerce, contient des descriptions et des commentaires sur l'état des sciences et des technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), faits par des contributeurs majeurs de ce domaine. Le rapport discute des usages potentiels de ces technologies dans l'implémentation des buts transhumanistes d'amélioration des performances et de santé, et des travaux en cours concernant les applications des technologies d'amélioration de l'humain dans l'Armée et dans la rationalisation de l'Interface homme-machine dans l'Industrie[70].

Alors que les discussions internationales sur les technologies convergentes et les concepts des NBIC génèrent de nombreuses critiques sur leurs orientations transhumanistes et leurs personnages presque sortis de la science-fiction[71],[72],[73], les recherches sur les technologies d'altération du cerveau et du corps ont été accélérées sous la tutelle du département américain de la Défense, intéressé par les avantages que celles-ci pourraient apporter sur le champ de bataille à leurs supersoldats, pour les États-Unis et leurs alliés[74].

Approche politique[modifier | modifier le code]

Selon l'Association Française Transhumaniste, il est naturel, donc politiquement neutre, d'« accompagner et encourager les innovations scientifiques et techniques propices à l'accroissement du potentiel physique et intellectuel de l'homme »[75]. Aussi, le transhumanisme est-il jugé ni prosélyte, ni militant. Pour ses partisans, « les gens adhéreront forcément au but dès que les techniques seront là car qui n'a pas envie d'être plus intelligent, d'échapper à la maladie et la mort ? »[76]

Pour d'autres, le transhumanisme est loin d'être politiquement neutre. Ainsi par exemple les exégètes de la pensée de Jacques Ellul, y voient-ils un prolongement direct du capitalisme et plus généralement de l'idéologie productiviste. Si, selon eux, « le transhumanisme n’est pas un sujet de débat », c'est qu'

« il est dans l’air du temps. Après tout, la médecine ne s’appuie t-elle pas déjà tout entière sur la science et la technique ? « L’homme » n’accueille t-il pas déjà en son corps toutes sortes de substances et d’artefacts ?... C’est oublier là que tous les hommes ne bénéficient pas d’un système de santé mais seuls les ressortissants des pays les plus industrialisés de la planète, tandis que des millions d’autres n’accèdent pas aux besoins de base. La technique (étant) la chose la moins démocratique qui soit, surtout dans le domaine de la santé, voici que, dans nos pays précisément, certains en veulent plus. Ils aimeraient pouvoir recourir aux prothèses sans nécessairement être malades, juste pour se doper, augmenter leurs capacités physiques, intellectuelles et morales, voire s’attribuer des capacités inédites. Si le transhumanisme s’apparente au capitalisme, c’est d’abord parce qu’il renforce les inégalités[77]. »

Art et culture[modifier | modifier le code]

Les thèmes du transhumanisme ont pris une place de plus en plus importante dans diverses formes littéraires pendant l'émergence du mouvement. La science-fiction contemporaine contient souvent des représentations positives d'une vie humaine technologiquement améliorée au sein d'une utopie (spécialement dans des techno-utopies ). Néanmoins, la représentation par la science-fiction d'un être humain amélioré ou de toute autre sorte de posthumain est fréquemment accompagnée d'une mise en garde. Les scénarios les plus pessimistes incluent de nombreuses histoire horrifiques ou dystopies concernant des histoires de bioingénierie humaine ayant mal tourné. Dans les décennies précédant immédiatement l'émergence du transhumanisme comme un mouvement à part entière, de nombreux thèmes et concepts transhumanistes commencèrent à apparaître dans les œuvres de Robert A. Heinlein (Lazarus Long series, 1941–87), A. E. van Vogt (Slan, 1946), Isaac Asimov (I, Robot, 1950), Arthur C. Clarke (Childhood's End, 1953), Jimmy Guieu (L'Ère des Biocybs, 1960), Cordwainer Smith (The Boy Who Bought Old Earth, 1964) et Stanislaw Lem (Cyberiad, 1967)[28].

Le genre cyberpunk, dont les œuvres de William Gibson Neuromancer (1984) et Bruce Sterling Schismatrix (1985) sont de parfaits exemples, a été particulièrement concerné par les modifications du corps humain. Parmi les œuvres reprenant les thèmes transhumanistes, on peut signaler : Blood Music (1985) par Greg Bear, The Xenogenesis Trilogy (1987–1989) par Octavia Butler; L'une rêve et l'autre pas (1990–94) par Nancy Kress; much of Greg Egan's work since the early 1990s, such as Permutation City (1994) and Diaspora (1997); The Bohr Maker (1995) par Linda Nagata; Oryx and Crake (2003) par Margaret Atwood; Les Particules élémentaires (1998) et La Possibilité d'une île (2005) par Michel Houellebecq; et Glasshouse (2005) par Charles Stross. Nombre de ces travaux sont considérés comme faisant partie du mouvement cyberpunk, ou de sa ramification, le postcyberpunk. Dans son dernier opus, Inferno, publié en mai 2013, l'auteur Dan Brown utilise la philosophie transhumaniste comme vecteur des délires mortifères du professeur Zobrist. Les personnages de Zobrist et de sa disciple Sienna Brooks sont inspirés de Julien Huxley et de Fereidoun M. Esfandiary plus connu sous l'acronyme FM 2030.

Les fictions transhumanistes sont également devenues populaires dans les autres médias durant la fin du XXe siècle et le début du XXIe. Celles traitant du corps humains se retrouvent dans les comics (Captain America, 1941; Him, 1967; Transmetropolitan, 1997), les films (2001, l'Odyssée de l'espace, 1968; Blade Runner, 1982; Bienvenue à Gattaca, 1997; REPO! the Genetic Opera, 2008), les séries télévisées (les Cybermen du Doctor Who, 1966; L'Homme qui valait trois milliards, 1973; les Borg de Star Trek : La Nouvelle Génération, 1989), les mangas (Gunnm, 1995, et Gunnm Last Order, 2001 toujours en production) et les dessins animés (Galaxy Express 999, 1978; Appleseed, 1985; Ghost in the Shell, 1989 et Gundam Seed, 2002), les jeux vidéo (Metal Gear Solid, 1998; Deus Ex, 2000; Half-Life 2, 2004; BioShock, 2007 et Deus Ex: Human Revolution, 2011), et les jeux de rôles (Shadowrun, 1989, Transhuman Space, 2002).

En plus du travail de Natasha Vita-More, conservatrice du centre d'art et de culture transhumaniste, les thèmes transhumanistes concernent les arts visuels et les arts du spectacle[78]. L'art charnel, une forme de sculpture initiée par l'artiste français Orlan, utilise le corps humain comme matériau de base et la chirurgie plastique comme méthode de création[79].Certains ont pointé du doigt le chanteur américain Michael Jackson pour avoir utilisé des techniques telles que la chirurgie plastique, les drogues permettant l'éclaircissement de la peau ou les thérapies de la médecine hyperbare durant sa carrière, avec pour effet de transformer sa persona artistique de manière à brouiller les identifiants de son genre, de sa race et de son âge[80]. Le travail de l'artiste australien Stelarc se centre sur l'altération de son corps par la robotique et les greffes de tissu[81].D'autres artistes ont vu leur travail coïncider avec l'apparition et l'épanouissement du mouvement transhumaniste et explorent des thèmes reliés à la transformation du corps, par exemple l'artiste de scène yougoslave Marina Abramovic et l'américain Matthew Barney. En 2005, une exposition appelée « Becoming Animal » au musée d'Art contemporain du Massachusetts, présente des œuvres de douze artistes dont le travail concerne les effets de la technologie dans la disparition de la limite entre les humains et les non-humains.

La pensée et la recherche transhumaniste s'écartent sensiblement du grand public et défient souvent directement les théories orthodoxes. La notion même et la perspective de mise en valeur de l'homme et les questions connexes suscitent également des controverses publiques. Les critiques du transhumanisme et ses propositions prennent deux formes principales: les objections contre la probabilité des d'objectifs transhumanistes de pouvoir se réaliser(critiques pratiques), et celles s'opposant à leurs principes moraux sous-jacents ou à leur vision mondiale (critiques éthiques). Toutefois, ces deux critiques convergent et se chevauchent parfois, surtout lorsque l'on considère que la biologie humaine commence à peine à modifier notre vision de l'homme.

Des critiques ou des détracteurs considèrent souvent les objectifs transhumanistes »comme de véritables menaces pour les valeurs humaines. Certains font également valoir que l'insistance transhumaniste pour l'amélioration de la condition humaine pourrait détourner l'attention et les ressources des solutions sociales. En soutenant les changements technologiques en faveur de la société, la plupart des critiques contre les transhumanistes vont cependant dans leur sens quand ils attendent de la technologie des progrès sociaux dans des domaines tels que les communications ou la santé. Leurs critiques sont alors souvent une question d'accent. Parfois, les désaccords sont cependant importants au sujet des principes implicites, avec des vues divergentes sur l'humanité, la nature humaine, et l'éthique des aspirations transhumanistes. Au moins un organisme d'intérêt public, l'organisation américaine Center for Genetics and Society, a été formé, en 2001, avec l'objectif de s'opposer au projet transhumaniste de modifier génétiquement les hommes, comme par le clonage ou la technologie du choix germinal. L'Institut sur la biotechnologie et l'avenir de l'homme du Chicago-Kent College of Law fait une analyse critique des applications de la génétique et les nanotechnologies à la biologie humaine dans un cadre universitaire.

Certaines des critiques les plus connues du programme transhumaniste se réfèrent aux romans et aux films de fiction. Ces œuvres d'art, en dépit de leur caractère imaginaire plutôt que philosophique, sont utilisées comme pièces à conviction.

Aperçu du transhumanisme[modifier | modifier le code]

Pic de la Mirandole appelait déjà l'homme à sculpter sa propre statue et même avant lui Plotin : « Si tu ne vois pas encore ta propre beauté, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela… De la même manière, toi aussi, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est oblique » (Énnéades).

Le terme transhumanisme a, quant à lui, été introduit par Julian Huxley en 1957, bien que le concept qu'il désignait diffère sensiblement de celui auquel les transhumanistes font référence depuis les années 1980.

Le transhumanisme s'est vu donner sa définition moderne par le philosophe Max More : « Le transhumanisme est une classe de philosophies qui tentent de nous guider vers une condition post-humaine. Le transhumanisme partage de nombreux éléments avec l'humanisme, ce qui inclut du respect pour la raison et la science, un attachement au progrès, et une valorisation de l'existence humaine (ou transhumaine)… Le transhumanisme diffère de l'humanisme en reconnaissant et en anticipant les altérations radicales de la nature et les possibilités de nos vies qui résultent de diverses sciences et techniques […] » Transhumanism: A Futurist Philosophy

Le Dr Anders Sandberg croit que « le transhumanisme est la philosophie qui dit que nous pouvons et devrions nous développer à des niveaux supérieurs à la fois physiquement, mentalement et socialement, en utilisant des méthodes rationnelles » tandis que le Dr. Robin Hanson croit que « le transhumanisme est l'idée que les nouvelles techniques vont probablement tellement modifier le monde d'ici un siècle ou deux que nos descendants ne seront plus 'humains' sous de nombreux aspects ».

Pour résumer la FAQ Transhumaniste (2.1), un des documents transhumanistes les plus reconnus, le transhumanisme est défini comme suit:

  • La promotion de l'amélioration de la condition humaine à travers des techniques d'amélioration de la vie, comme l'élimination du vieillissement et l'augmentation des capacités intellectuelles, physiques ou psychologiques.
  • L'étude des bénéfices, dangers et de l'éthique de la mise en œuvre de ces technologies.

Transhumanisme et technique[modifier | modifier le code]

Le transhumanisme s'inscrit dans une optique explicitement scientiste[réf. nécessaire] et technophile qui se décline principalement dans le mouvement New Age : toutes les recherches sont encouragées, y compris celles qui prêtent à controverse, par exemple le génie génétique appliqué aux humains ou le téléchargement de tout ou partie d'un cerveau humain sur ordinateur[82]. Considérant que les avancées de la technique mènent à la création d'une intelligence artificielle dont les capacités peuvent dépasser celles des humains, les transhumanistes appellent de leurs vœux le remplacement pur et simple de l'espèce humaine par une nouvelle : le cyborg[réf. nécessaire]. C'est pourquoi le transhumanisme est souvent appelé post-humanisme[réf. nécessaire].

Son étude pose la nécessité d'une analyse approfondie du machinisme et de la technique. Au milieu du XXe siècle, plusieurs intellectuels se mobilisent sur ces questions, dont le philosophe allemand Martin Heidegger[83] et le sociologue français Jacques Ellul. En 1954, dans La technique ou l'enjeu du siècle, celui-ci considère que la technique a changé de statut : elle a cessé d'être « un vaste ensemble de moyens assignés chacun à une fin », elle s'est muée en « milieu environnant à part entière » pour devenir « un phénomène complètement autonome (…) échappant de plus en plus au contrôle de l'homme et faisant peser sur lui un grand nombre de déterminations »[84]. Ellul précise qu'on ne peut critiquer la technique sans se référer à des considérations métaphysiques : « Ce n'est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique »[85].

Certains analystes [Qui ?] observent que le rythme du développement technologique accuse une augmentation régulière, ce qui conduit de nombreux futuristes à spéculer que les cinquante prochaines années vont conduire à des avancées technologiques radicales. Par conséquent, ils pensent qu'un nouveau paradigme pour penser l'avenir de l'humanité a commencé à prendre forme. La condition humaine, disent-ils, n'est pas aussi constante qu'elle l'a semblé, et des innovations futures autoriseront les humains à transformer leurs caractéristiques physiques, émotionnelles et cognitives comme ils le désireront. Certains[Qui ?] arguent que le développement constant de l'intelligence artificielle aboutira, à un horizon variable, à l'apparition d'un ordinateur doté de capacités supérieures à celle d'un cerveau humain et de créativité, et qu'il en résultera un emballement technologique qui fera constamment avancer les techniques de transhumanisme et permettra à la création d'une sorte d' « évolution technologique » constante.

Le transhumanisme soutient que cela est bon, et que les humains peuvent et devraient devenir plus qu'humains.

« Le transhumanisme est plus qu'une simple croyance abstraite que nous sommes sur le point de transcender nos limitations biologiques au travers de la technologie. C'est aussi une tentative pour réévaluer la définition entière de l'être humain comme on la conçoit habituellement », dit le philosophe transhumaniste Nick Bostrom. « Et c'est un engagement à entreprendre une approche constructive et à long terme concernant notre nouvelle situation. »

Plus récemment, Jacques Attali, dans Une brève histoire de l'avenir, paru en 2006, voit dans le transhumain la porte de sortie de l'hyperempire, un monde chaotique qu'il décrit comme dominé par les mutations technologiques et débouchant sur un conflit généralisé vers 2050.

Lumières et racines humanistes[modifier | modifier le code]

Suivant l'influence politique, philosophique et morale des Lumières, en particulier du mouvement utilitariste[86], le transhumanisme cherche à construire à partir de la base de connaissances globales, pour le bien de l'ensemble de l'humanité.

Dérivé en partie de la tradition philosophique de l'humanisme séculaire, le transhumanisme affirme que les humains ne devraient pas être vus comme le « centre » de l'univers moral, et qu'il n'y a pas de force surnaturelle qui guide l'humanité. Bien qu'étant un mouvement très diversifié, le transhumanisme tend vers l'usage d'arguments rationnels et d'observations empiriques de phénomènes naturels. De nombreuses manières, les transhumanistes prennent part dans une culture de science et de raison, et sont guidés par des principes de valorisation de la vie.

En particulier, le transhumanisme cherche à appliquer la raison, la science et les techniques dans le but de lutter contre la pauvreté, la maladie, le handicap, la malnutrition et les gouvernements dictatoriaux dans le monde. De nombreux transhumanistes vantent activement le potentiel qu'offrent les techniques futures et les systèmes sociaux innovants pour améliorer la qualité de la vie, tout en permettant à la réalité physique de la condition humaine de satisfaire les promesses d'égalité légale et politique en éliminant les barrières congénitales mentales et physiques.

Au-delà de l'humanisme[modifier | modifier le code]

Le transhumanisme prétend qu'il existe un impératif éthique pour que les humains recherchent le progrès et l'amélioration. Si l'humanité entre dans une phase post-Darwinienne de l'existence, dans laquelle les humains contrôlent l'évolution, alors les mutations aléatoires seront remplacées par des changements guidés par la raison, la morale et l'éthique.

À cette fin, les transhumanistes s'engagent dans des approches interdisciplinaires pour comprendre et évaluer les possibilités afin de surmonter les limitations biologiques. Cela inclut l'usage de nombreux domaines et sous-domaines de la science, de la philosophie, de l'histoire naturelle et de la sociologie.

Poésie et transhumain[modifier | modifier le code]

En mai 2009, Serge Venturini publia dans son huitième livre, écrit entre la poétique du posthumain (2000-2007) et le journal du transvisible (2007-2009), son troisième livre d'Éclats : La poétique du transhumain (2003-2008) qui est « comme un dégagement, contre les murs de l'obscurantisme et de la lâcheté. Contre le mensonge organisé. Ce livre est une marche, pour « une traversée des résistances poétiques, transhistoriques autant que transhumaines », selon Philippe Tancelin. — Un appel vers autre chose. »[87]

Manifestes transhumanistes[modifier | modifier le code]

La première déclaration transhumaniste fut formulée par FM-2030 dans son Upwingers Manifesto en 1978, comme une vue optimiste de l'avenir et une référence à l'idée politique que ni la gauche ni la droite n'apporteraient les changements nécessaires à un avenir positif.

En 1990, un code plus formel et concret pour les transhumanistes libertariens prend la forme des Principes transhumanistes d'Extropie (Transhumanist Principles of Extropy, traduction française), l'extropianisme étant une synthèse du transhumanisme et du néolibéralisme.

Et, finalement, en 1999, l'Association transhumaniste mondiale, dont les membres sont dans leur immense majorité des centristes convaincus des vertus de la démocratie libérale, rédige et adopte la Déclaration transhumaniste (Transhumanist Declaration):

  1. L’avenir de l’humanité va être radicalement transformé par la technologie. Nous envisageons la possibilité que l’être humain puisse subir des modifications, tel que son rajeunissement, l’accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l’abolition de la souffrance et l’exploration de l’univers.
  2. On devrait mener des recherches méthodiques pour comprendre ces futurs changements ainsi que leurs conséquences à long terme.
  3. Les transhumanistes croient que, en étant généralement ouverts à l’égard des nouvelles techniques et en les adoptant, nous favoriserions leur utilisation à bon escient au lieu d’essayer de les interdire.
  4. Les transhumanistes prônent le droit moral, pour ceux qui le désirent, de se servir de la technologie pour accroître leurs capacités physiques, mentales ou reproductives et d’être davantage maîtres de leur propre vie. Nous souhaitons nous épanouir en transcendant nos limites biologiques actuelles.
  5. Pour planifier l’avenir, il est impératif de tenir compte de l’éventualité de ces progrès spectaculaires en matière de techniques. Il serait catastrophique que ces avantages potentiels ne se matérialisent pas à cause de la technophobie ou de prohibitions inutiles. Par ailleurs, il serait tout aussi tragique que la vie intelligente disparaisse à la suite d’une catastrophe ou d’une guerre faisant appel à des techniques de pointe.
  6. Nous devons créer des forums où les gens pourront débattre en toute rationalité de ce qui devrait être fait ainsi que d’un ordre social où l’on puisse mettre en œuvre des décisions responsables.
  7. Le transhumanisme englobe de nombreux principes de l’humanisme moderne et prône le bien-être de tout ce qui éprouve des sentiments qu’ils proviennent d’un cerveau humain, artificiel, post-humain ou animal. Le transhumanisme n’appuie aucun politicien, parti ou programme politique.
  8. Nous prônons une large liberté de choix quant aux possibilités d'améliorations individuelles. Celles-ci incluent les techniques qui pourraient être développées afin d'améliorer la mémoire, la concentration, l'énergie mentale; Des thérapies permettant d'augmenter la durée de vie, ou d'influencer la reproduction; La cryoconservation, et beaucoup d'autres techniques de modification et d'augmentation de l'espèce humaine.

Alastair Reynolds aborde également le transhumanisme au travers de son cycle des Inhibiteurs, principalement par ses personnages Ultras et Conjoineurs.

Google et le transhumanisme[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, Google est devenu l'un des principaux sponsors du mouvement transhumaniste, notamment par le soutien financier massif des NBIC et par l'engagement, en décembre 2012[88], au sein de son équipe dirigeante de Raymond Kurzweil[89], théoricien du transhumanisme et de la singularité. L'ambition du géant de l'internet est ouvertement de réussir à appliquer son modèle de réussite dans le domaine des technologies de l'information à celui des technologies de la santé, afin d'améliorer la qualité et de prolonger la durée de la vie humaine, notamment en parvenant à faire de son fameux moteur de recherche la première et la plus performante des intelligences artificielles[90]. Dans la droite ligne de cette progression vers une humanité toujours plus connectée et intelligente, Google développe les fameuses Google Glass avec réalité augmentée ou encore les Google car à la conduite autonome et fonde en septembre 2013 l'entreprise Calico avec comme défi la lutte contre le vieillissement et les maladies associées avec le projet de Tuer la mort.

Dans un autre registre, plus ludique, on relèvera la création récente d'un jeu utilisant la géolocalisation, communautaire et multijoueur, en réalité augmentée, d'un concept novateur, Ingress, disponible depuis 2012[91] sur les systèmes Android et depuis juillet 2014 sur iOS. Le scénario du jeu met en compétition deux factions, appelées Les Éclairés et Les Résistants, pour le contrôle d'une sorte de matière noire appelée exotic matter, qui affleure dans notre monde à travers des portails et dont la caractéristique est de pouvoir contrôler les esprits humains. Ces portails se situant sur des monuments, des bâtiments importants, des lieux particuliers, le joueur va ainsi devoir se déplacer dans son environnement afin de récolter de l'exotic matter (abrégé XM) et de hacker ces portails. Hormis le fait qu'Ingress suscite un énorme engouement communautaire depuis la béta privée, en novembre 2012 et qu'il confirme la direction transhumaniste que prend la politique de la firme californienne, on peut relever que sa promotion a été assurée partiellement à travers de faux sites webs conspirationnistes[92].

Critiques[modifier | modifier le code]

Diverses sources de la communauté scientifique ont classé certains éléments du transhumanisme parmi les sciences marginales[72],[93]. La notion de développement humain et autres sujets connexes ont soulevé de nombreuses controverses[94]. La critique du transhumanisme a pris deux directions distinctes : une critique pragmatique concernant les objectifs de ce courant et une critique morale des principes du transhumanisme.

Le Center for Genetics and Society a été créé en 2001 aux États-Unis avec pour objet principal de s'opposer au projet transhumaniste, dont celui du clonage humain.

Le sociologue Max Dublin accuse les prédictions du transhumanisme d’être fanatiques, scientistes, et nihilistes et voit des parallèles possibles avec certaines religions millénaristes et les doctrines communistes[95].

Kevin Kelly du magazine Wired déclare que l’optimisme des transhumanistes est dû à leur désir d’être sauvé de leur propre mort[96].

L'Association Internationale Jacques Ellul, plus précisément le Groupe Marseille Aix, anime en 2011-2012 un groupe de réflexion portant sur une critique du transhumanisme depuis le concept d'autonomie de la technique, développé par Jacques Ellul à partir de 1954 dans son livre La technique ou l'enjeu du siècle [97].

« Jouer à Dieu »[modifier | modifier le code]

Les critiques faisant référence à l’idée que les transhumanistes joueraient à Dieu proviennent de sources diverses, religieuses ou non.

Une déclaration du Vatican de 2002, intitulée « Communion et service, les personnes humaines créées à l'image de Dieu » stipule que « changer l’identité génétique de l’homme, en tant que personne humaine, par la production d’un être infra-humain est radicalement immoral » ajoutant que « la création d’un surhomme ou d’un être spirituel supérieur » est « impensable » puisque la véritable amélioration ne peut survenir que par l’expérience religieuse et la théosis [98].

Incertitudes sur les manipulations génétiques[modifier | modifier le code]

Arguments du « mépris de la chair » et « peur de la mort »[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Guillebaud[99] voit dans le projet transhumaniste une haine de la chair et du corps qu'il dénonce comme une nouvelle forme de pudibonderie : « Un peu partout, le corps est ainsi présenté comme une vieillerie encombrante, symbole de finitude, de fragilité et de mort. A mots couverts, c’est bien une nouvelle pudibonderie scientiste qui s’élabore. Elle renoue très curieusement avec le rigorisme de la Gnose des premiers siècles que les Pères de l’Eglise avaient combattu. Cette néo-pudibonderie scientiste ajoute ainsi ses effets à la rétractation, elle aussi puritaine, perceptible dans le champ religieux. »

Imposition d'une surenchère technologique… au nom du bonheur[modifier | modifier le code]

Selon les intellectuels se situant dans la mouvance de Jacques Ellul, tel l'écrivain Jean-Claude Guillebaud, qui fut son élève:

« Le transhumanisme vient combler le décalage existant entre les réalisations techniques dont l’homme s’est montré capable au cours de l’Histoire et l’infirmité meurtrière de son cheminement éthique, moral et politique. Même si ses adeptes s’en défendent, il se présente comme une eschatologie (du grec eskhatos, « dernier », et logos, « discours »), c’est-à-dire une annonce des fins ­dernières de l’homme et du monde. (…) Le terme technoprophète ne relève (donc) pas exclusivement de l’ironie (car) il renvoie à des réflexions émanant d’esprits brillants, de savants reconnus, d’intellectuels diplômés. (…) Le préfixe « techno » souligne le fait que les prophètes en question s’en remettent à la technique – et souvent à elle seule – pour remédier aux malheurs du monde et tempérer la désespérance des hommes. »[100]

Plus généralement, les elluliens considèrent que le concept transhumaniste de singularité renvoie à la thèse défendue par Ellul dès 1954 (dans son ouvrage La Technique ou l'Enjeu du siècle [101]), selon laquelle la technique est devenue un phénomène totalement autonome: l'homme n'en définit pas plus les objectifs qu'il n'en contrôle les conséquences.

Quant à « l'impératif hédoniste » défendu par le transhumaniste David Pearce [102], les elluliens n'y voient qu'une manifestation de « l'idéologie du bonheur », telle qu'Ellul la définit en 1967 dans son livre Métamorphose du bourgeois [103]. Idéologie que l'on peut résumer ainsi : si les hommes laissent entièrement carte blanche à la technique, c'est dans un but qu'ils ne s'avouent pas à eux-mêmes, encore moins à autrui, celui d'affirmer leur volonté de puissance. Mais pour laisser libre cours à celle-ci tout en conservant leur bonne conscience, ils justifient le développement technique par la quête de leur propre bonheur, celui-ci étant compris au sens étroit du terme : le confort strictement matériel. Les elluliens considèrent donc que le transhumanisme puise ses fondements dans l’utilitarisme, pour qui « le critère de toute action est ce qui maximise le bien-être global »[104].

Ségrégation génétique[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la performance sportive, les progrès dans l'identification du génome humain annoncent au début des années 2010 l'avènement du dopage génétique. L'impossibilité, pour lors, d'en détecter la pratique suggèrerait-elle de créer une catégorie de « super-sportifs », séparée des autres non modifiés ?

Immoralité et déshumanisation[modifier | modifier le code]

Dans la revue Étvdes, Jean-Michel Besnier explique[105] : « La technolâtrie est le symptôme de cette fatigue d’être soi, diagnostiquée par les sociologues depuis Alvin Toffler dans les sociétés hypertechnologisées. Plus nous nous sentirons impuissants et déprimés, plus nous serons tentés de nous tourner vers les machines. »

Guerre eugénique[modifier | modifier le code]

Certains critiques prédisent l'existence de guerres eugéniques, le retour à une discrimination génétique soutenue par les gouvernements en violation des Droits de l'Homme, incluant des stérilisations obligatoires de personnes avec des défauts génétiques, l'euthanasie et la ségrégation raciale ou le génocide de races jugées inférieures[106], etc. George Annas et Lori Andrews sont parmi les personnalités qui souhaitent mettre en garde contre de telles perspectives[107],[108].

La majorité des organisations transhumanistes condamnent officiellement l'obligation et la coercition. Ils évoquent alors la possibilité d'un eugénisme libéral ou égalitaire[109].

Menaces existentielles[modifier | modifier le code]

Terminator
Article connexe : Guerre contre les machines.

Question existentielle: le film Bienvenue à Gattaca expose la lutte d'un homme non transformé, avec ses défauts et ses qualités, dans un monde ou l'amélioration bio-technologique est devenue la règle.

Ce sujet est représenté par des dystopies au cinéma : aussi appelé « l'argument Terminator », en référence au film de même nom dans lequel une intelligence artificielle planétaire devenue consciente, Skynet, décide d'exterminer l'humanité pour éviter d'être « débranchée » par ses créateurs. Voir aussi la trilogie Matrix ou I, Robot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  8. Stefan Lorenz Sorgner, = http://jetpress.org/v20/sorgner.htm / JET 20(1) March 2009 29-42 « Nietzsche, the Overhuman, and Transhumanism »,‎ mars 2009
  9. Russell Blackford, « Editorial: Nietzsche and European Posthumanisms »,‎ 2010
  10. Nikolai Berdyaev, « The Religion of Resusciative Resurrection. "The Philosophy of the Common Task of N. F. Fedorov" » (consulté le 4 janvier 2008)
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  102. Pearce - en.wikipedia.org/wiki/David_Pearce_(philosopher) - a publié sur internet un texte intitulé L’impératif hédoniste - www.angelfire.com/biz/martram/hedoniste.html - qui a valeur de manifeste et dans lequel d'une part il voit dans la nature "la source de toutes les souffrances" et d'autre part estime que la technique doit être utilisée pour neutraliser directement celles-ci dans le cerveau et ainsi "rendre tous les hommes heureux".
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  104. "Le principe à partir duquel on évalue un comportement se réduit à l'utilité sociale, laquelle est définie comme "le plus grand bonheur du plus grand nombre". Cette approche de l'éthique est extrêmement réductive car l’action n’est plus évaluée qu’en fonction de ses conséquences sur la société. L'utilitarisme se présente comme un critère général de moralité qui peut et doit s’appliquer aux actions collectives (politiques, économiques, sociales, judiciaires) comme aux actions individuelles. Il est un produit dérivé du rationalisme car la moralité d'un acte n'est plus déterminée par des valeurs personnelles (les vertus) mais calculée en fonction d’un programme défini collectivement. La quête du "plus grand bonheur du plus grand nombre" fonde la société moderne par le fait qu’elle dévalorise toute forme de vie intérieure". ibid.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Thèse

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]