Georges Bernanos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Bernanos » redirige ici. Pour les autres significations, voir Bernanos (homonymie).

Georges Bernanos

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Georges Bernanos vers 1940.

Nom de naissance Louis-Émile-Clément-Georges Bernanos
Activités écrivain
Naissance 20 février 1888
Paris
Décès 5 juillet 1948 (à 60 ans)
Neuilly-sur-Seine
Langue d'écriture français
Genres roman, essai, pamphlet

Œuvres principales

Georges Bernanos est un écrivain français, né le 20 février 1888 dans le 9e arrondissement de Paris et mort le 5 juillet 1948 à Neuilly-sur-Seine à l'âge de 60 ans.

Georges Bernanos passe sa jeunesse en Artois et cette région du Nord constituera le décor de la plupart de ses romans. Il participe à la Première Guerre mondiale et est plusieurs fois blessé, puis il mène une vie matérielle difficile et instable en s'essayant à la littérature. Il obtient le succès avec ses romans Sous le soleil de Satan en 1926 et Journal d'un curé de campagne en 1936.

Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage du prêtre catholique tendu vers le salut de l'âme de ses paroissiens perdus comme Mouchette.

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque sur la maison natale à Paris, 28 rue Joubert.

Son père, Émile Bernanos, est un tapissier décorateur d'origine lorraine. Sa mère, Hermance Moreau, est issue d'une famille de paysans berrichons (Pellevoisin, Indre). Il garde de son éducation une foi catholique et des convictions monarchistes. Il passe sa jeunesse à Fressin en Artois. Il fréquente le Collège Sainte-Marie, à Aire-sur-la-Lys. Cette région du Nord marquera profondément son enfance et son adolescence, et constituera le décor de la plupart de ses romans.

Premiers engagements et premières œuvres[modifier | modifier le code]

La maison des Bernanos à Fressin.

Catholique fervent, monarchiste passionné, il milite très jeune dans les rangs de l'Action française en participant aux activités des Camelots du roi pendant ses études de lettres, puis à la tête du journal L'Avant-garde de Normandie jusqu'à la Grande guerre. Réformé, il décide tout de même de participer à la guerre en se portant volontaire dans le 6e régiment de dragons et sera plusieurs fois blessé. Après la guerre, il cesse de militer, rompant avec l'Action française, avant de s'en rapprocher lors de la condamnation romaine de 1926 et de participer à certaines de ses activités culturelles.

Ayant épousé en 1917 Jeanne Talbert d'Arc, lointaine descendante d'un frère de Jeanne d'Arc, il mène alors une vie matérielle difficile et instable (il travaille dans une compagnie d'assurances) dans laquelle il entraîne sa famille de six enfants et son épouse à la santé fragile.

Ce n'est qu'après le succès Sous le soleil de Satan, que Bernanos peut se consacrer entièrement à la littérature. En moins de vingt ans, il écrit l'essentiel de son œuvre romanesque où s'expriment ses hantises : les péchés de l'humanité, la puissance du mal et le secours de la grâce.

Sous le soleil de Satan[modifier | modifier le code]

Publié en 1926 aux éditions Plon, ce premier roman est à la fois un succès public et critique. André Gide place Bernanos dans la lignée de Barbey d'Aurevilly, mais « en diablement mieux ! » ajoute Malraux[1].

Sous le soleil de Satan est, selon Bernanos, un « livre né de la guerre »[2]. Il commence à l'écrire durant un séjour à Bar-le-Duc en 1920, époque où pour lui « le visage du monde devenait hideux ». Il confie « être malade » et « douter de vivre longtemps » mais ne pas vouloir « mourir sans témoigner »[2].

Inspiré du curé d'Ars[3], le personnage principal du livre, l'abbé Donissan, est un prêtre tourmenté qui doute de lui-même, jusqu'à se croire indigne d'exercer son ministère. Son supérieur et père spirituel, l'abbé Menou-Segrais voit pourtant en lui un saint en devenir. Et en effet cet « athlète de Dieu » tel que le définit Paul Claudel[4] possède la faculté de transmettre la grâce divine autour de lui. Plus tard, il recevra même le don de « lire dans les âmes »[5], au cours d'une rencontre nocturne extraordinaire avec Satan lui-même, celui dont la haine s'est « réservé les saints »[6]. Son destin surnaturel va le confronter aussi à Mouchette, une jeune fille qu'il ne parviendra pas à sauver malgré un engagement total de lui-même.

L'adaptation cinématographique du roman vaudra à Maurice Pialat la Palme d'or au Festival de Cannes 1987.

Sous le soleil de Satan est suivi de L'Imposture en 1927 et de sa suite La Joie, qui reçoit le prix Fémina en 1929.

La Grande Peur des bien-pensants[modifier | modifier le code]

Immeuble de Bar-le-Duc (Meuse) où Bernanos écrivit son premier roman Sous le soleil de Satan

Publié en 1931, ce livre polémique, considéré comme le premier pamphlet de Georges Bernanos, avait au départ comme titre Démission de la France. Bernanos commence par une condamnation sévère de la répression de la Commune pour poursuivre sur un violent réquisitoire contre son époque, la Troisième République et ses politiques, la bourgeoisie bien-pensante et surtout les puissances d'argent. Bernanos y rend hommage aussi à Édouard Drumont, avec lequel il partage sa détestation de la bourgeoisie mais aussi l'association des juifs à la finance, aux banques, au pouvoir de l’argent sur celui du peuple, un sujet qui fait polémique dans la France de cette époque et qui suscite des propos antisémites de l'écrivain. Bernanos, qui a fait la guerre de 1914-1918, y fustige aussi un patriotisme perverti qui humilie l'ennemi allemand dans la défaite au lieu de le respecter, en trahissant ainsi l'honneur de ceux qui ont combattu et en hypothéquant l'avenir.

En 1932, sa collaboration au Figaro, racheté par le parfumeur François Coty, entraîne une violente polémique avec l'Action française et sa rupture publique définitive avec Charles Maurras.

Le 31 juillet 1933, en se rendant d'Avallon en Suisse, où l'un de ses enfants est pensionnaire, il est renversé, à Montbéliard, par la voiture d'un instituteur en retraite qui lui barre le passage : le garde-boue lui rentre dans la jambe, la même où il a été blessé en 14-18[7].

Journal d'un curé de campagne[modifier | modifier le code]

Bernanos s'installe aux Baléares en 1934, en partie pour des raisons financières. Il y écrit Le Journal d'un curé de campagne. Publié en 1936, il sera couronné par le Grand prix du roman de l'Académie française, puis adapté au cinéma sous le même titre par Robert Bresson (1950).

Ce livre est l'expression d'une très profonde spiritualité. Il témoigne d'un style limpide et épuré. La figure du curé d'Ambricourt rejoint celle de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, portée sur les autels par Pie XI en 1925. Il est possible qu'elle soit aussi inspirée par un jeune prêtre (l'Abbé Camier), mort de phtisie à vingt-huit ans, que Bernanos a côtoyé dans son enfance. De Thérèse, son personnage suit la petite voie de l'enfance spirituelle. Le « Tout est grâce » final du roman n'est d'ailleurs pas de Bernanos lui-même, mais de sa prestigieuse aînée. Ce roman lumineux, baigné par « l'extraordinaire dans l'ordinaire », est l'un des plus célèbres de son auteur. Probablement parce qu'il s'y révèle lui-même, de manière profonde et bouleversante, à travers la présence du curé d'Ambricourt. Il est vrai que Bernanos a la particularité d'être toujours extrêmement proche de ses personnages, tel un accompagnateur témoignant d'une présence extrêmement attentive, et parfois fraternelle.

Les Grands Cimetières sous la lune[modifier | modifier le code]

C'est également lors de son exil que Bernanos rédige Les Grands Cimetières sous la lune, un violent pamphlet anti-franquiste qui aura en France un grand retentissement lors de sa publication en 1938.

Bernanos séjourne à Majorque lorsque la guerre civile éclate. D'abord sympathisant du mouvement franquiste pendant les trois mois qui suivent le soulèvement, Bernanos est choqué par la barbarie des combats et révolté par la complicité du clergé espagnol avec Franco. En janvier 1937, il évoque l'arrestation par les franquistes de « pauvres types simplement suspects de peu d'enthousiasme pour le mouvement [...] Les autres camions amenaient le bétail. Les malheureux descendaient ayant à leur droite le mur expiatoire criblé de sang, et à leur gauche les cadavres flamboyants. L'ignoble évêque de Majorque laisse faire tout ça. »

Alors qu'il réside encore à Palma de Majorque, sa tête est mise à prix par Franco. Bernanos offre « un témoignage de combat » qui prend rapidement une actualité extraordinaire pour se révéler une prophétie des grandes catastrophes du siècle. Ce livre qui, comme L'Espoir d'André Malraux, est un témoignage important de la guerre d'Espagne, lui vaudra l'hostilité d'une grande partie de la droite nationaliste, en particulier de son ancienne famille politique, l'Action française, avec laquelle il avait rompu définitivement en 1932.

Exil au Brésil[modifier | modifier le code]

Il quitte l'Espagne en mars 1937 et retourne en France. Le 20 juillet 1938, deux mois avant les accords de Munich, la honte que lui inspire la faiblesse des politiques français face à l'Allemagne de Hitler conduit Bernanos à s'exiler en Amérique du Sud. Réalisant un rêve d'enfance, il envisage initialement de se rendre au Paraguay. Il fait escale à Rio de Janeiro au Brésil en août 1938. Enthousiasmé par ce pays, il décide d'y demeurer et s'installe en août 1940 à Barbacena, dans une petite maison au flanc d'une colline dénommée « Cruz das almas », la « Croix-des-âmes ». Il y reçoit entre autres l'écrivain autrichien Stefan Zweig peu avant le suicide de ce dernier[8].

Après la défaite de 1940, il se rallie à l'appel lancé le 18 juin 1940 depuis Londres par de Gaulle et décide de soutenir l'action de la France libre dans de nombreux articles de presse où il met cette fois son talent de polémiste contre le régime de Vichy et au service de la Résistance. Il entretient alors une longue correspondance avec Albert Ledoux, le représentant personnel du général de Gaulle pour toute l'Amérique du Sud[9]. Il qualifie Pétain de « vieux traître »[10] et sa révolution nationale de « révolution des ratés »[11].

En 1941, son fils Yves rejoint les Forces françaises libres à Londres. Son autre fils, Michel, jugé trop jeune par le Comité de la France libre de Rio, partira l'année suivante. Il participera plus tard au débarquement de Normandie, tout comme son neveu Guy Hattu, second-maître au Commando Kieffer, qui prendra part à la prise de l'île de Walcheren en Hollande à la Toussaint 1944.

Avant de rentrer en France en 1945, Bernanos déclare aux Brésiliens : « Le plus grand, le plus profond, le plus douloureux désir de mon cœur en ce qui me regarde c’est de vous revoir tous, de revoir votre pays, de reposer dans cette terre où j’ai tant souffert et tant espéré pour la France, d’y attendre la résurrection, comme j’y ai attendu la victoire ».

La Libération[modifier | modifier le code]

Il continue de poursuivre une vie errante (Bernanos a déménagé une trentaine de fois dans sa vie) après la Libération.

Le général de Gaulle, qui l'a invité à revenir en France (« Votre place est parmi nous »[12], lui fait-il savoir dans un câble daté du 16 février 1945), veut lui donner une place au gouvernement. En dépit d'une profonde admiration pour lui, le romancier décline cette offre. De Gaulle confiera plus tard, à propos de Bernanos : « Celui-là, je ne suis jamais parvenu à l'attacher à mon char… »[13].

Pour la troisième fois, on lui propose alors la Légion d'honneur, qu'il refuse également. Lorsque l'Académie française lui ouvre ses portes, il répond : « Quand je n'aurai plus qu'une paire de fesses pour penser, j'irai l'asseoir à l'Académie »[réf. nécessaire].

Lors de son retour en France, Bernanos est, en fait, écœuré par l'épuration et l'opportunisme qui prévaut à ses yeux dans son pays. N'ayant pas l'échine souple, il reste en marge. Il voyage en Europe pour y faire une série de conférences, dans lesquelles il alerte ses auditeurs, et ses lecteurs, sur les dangers du monde de l'après-Yalta, de l'inconséquence de l'homme face aux progrès techniques effrénés qu'il ne pourra maîtriser, et des perversions du capitalisme industriel (voir La Liberté pourquoi faire ? et La France contre les robots, 1947).

Dialogues des Carmélites[modifier | modifier le code]

Bernanos part pour la Tunisie en 1947. Il y rédige, sur l'idée du père Bruckberger un scénario cinématographique adapté du récit La Dernière à l'échafaud de Gertrud von Le Fort, lui-même inspiré de l'histoire véridique des carmélites de Compiègne guillotinées à Paris sur la place du Trône, le 17 juillet 1794, auquel la romancière avait ajouté le personnage fictif de Blanche de la Force (translittération de von Le Fort). Bernanos y traite de la question de la Grâce, de la peur, du martyre.

Bien plus qu'un scénario, Dialogues des carmélites est considéré comme le « testament spirituel de Bernanos ». Publié de façon posthume en 1949, il est d'abord adapté au théâtre par Jacques Hébertot et créé le 23 mai 1952 au théâtre Hébertot, avant de devenir le livret de l'opéra homonyme du compositeur Francis Poulenc, représenté en 1957 à la Scala de Milan.

Le scénario original a par la suite servi de base au film Le Dialogue des carmélites réalisé en 1960 par Philippe Agostini et le père Bruckberger, puis à un téléfilm de Pierre Cardinal en 1984 qui fut entre autres primé à la Cinémathèque française.

Georges Bernanos meurt d'un cancer du foie, en 1948, à l'Hôpital américain de Neuilly, en laissant le manuscrit d'un dernier livre, paru de façon posthume : La France contre les robots. Il est enterré au cimetière de Pellevoisin (Indre).

Il est le père de l'écrivain Michel Bernanos. Son fils cadet, Jean-Loup Bernanos (mort en 2003 et qui consacra sa vie à l'œuvre de son père), est aussi l'auteur d'une biographie (Georges Bernanos, à la merci des passants).

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Mouchette[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Bernanos a donné le nom de Mouchette à deux personnages de son œuvre romanesque. La première « Mouchette », qui figure dans Sous le soleil de Satan (1926) a pour nom Germaine Malhorty. C'est une adolescente de seize ans, vive et orgueilleuse, victime de l'égoïsme des hommes qui la désirent sans parvenir à l'aimer, ce qui attise son mépris d'elle-même et sa révolte envers l'ordre établi. La seconde « Mouchette » n'a pour appellation que ce surnom. Elle a treize ans et apparaît dans Nouvelle histoire de Mouchette (1937).

En ce personnage s'incarnent tous les misérables qui subissent l'acharnement du sort sans jamais parvenir à comprendre le malheur de leur condition. Mouchette n'existe ici que par sa seule et unique sensibilité, aussi aiguë que douloureuse pour elle-même. Le miracle, pour ainsi dire, de cette « Mouchette »-là, c'est la vérité qui en émane. Une vérité d'autant plus étonnante qu'elle est l'œuvre d'un homme qui avait 50 ans lorsqu'il conçut ce personnage, découvrant les mouvements les plus profonds et les plus inexprimables d'une féminité qui s'éveille et s'affirme.

Bernanos signe ici un portrait intemporel et poétique de gamine « désespérée ». Seul le regard de l'écrivain, dans sa justesse et son humanité, semble laisser entrouvrir une perspective de salut possible pour la jeune fille. En réalité, « Mouchette » (malgré son absence de toute référence religieuse directe) rejoint la figure des martyrs de Bernanos, ceux qui, écrira-t-il plus tard dans Dialogues des carmélites, ne peuvent « tomber qu'en Dieu ». En dépit des apparences (celles du réel), on peut considérer que Mouchette suit aussi le même parcours.

Nouvelle histoire de Mouchette a été adaptée au cinéma par Robert Bresson en 1967, Mouchette

Monde romanesque[modifier | modifier le code]

Bernanos situe souvent l'action de ses romans dans les villages de l'Artois de son enfance, en en faisant ressortir les traits sombres. La figure du prêtre catholique s'avère très présente dans son œuvre. Elle en est parfois le personnage central, comme dans Journal d'un curé de campagne. Autour de lui, gravitent les notables locaux (châtelains nobles ou bourgeois), les petits commerçants et les paysans. Bernanos fouille la psychologie de ses personnages et fait ressortir leur âme en tant que siège du combat entre le Bien et le Mal. Il n'hésite pas à faire parfois appel au divin et au surnaturel. Jamais de réelle diabolisation chez lui, mais au contraire, comme chez Mauriac, un souci de comprendre ce qui se passe dans l'âme humaine derrière les apparences.

Combat des idées[modifier | modifier le code]

Georges Bernanos est un auteur paradoxal et anti-conformiste. Pour lui, la France est fondamentalement dépositaire des valeurs humanistes issues du christianisme dont elle est responsable à la face du monde. Royaliste, il applaudit pourtant « l'esprit de révolte » de 1789 : un « grand élan [...] inspiré par une foi religieuse dans l'homme » et constitue selon les mots de Jacques Julliard[14], « un rempart de la démocratie, même à son corps défendant ». Un moment proche de Maurras, il déclare ne s'être « jamais senti pour autant maurrassien », et dit du nationalisme qu'il « déshonore l'idée de patrie ». Catholique, Bernanos attaque violemment Franco et l'attitude conciliante de l’Église d'Espagne à son égard dans Les Grands Cimetières sous la lune.

S'il tient des propos antisémites en 1931 dans La Grande Peur des bien-pensants, son évolution vers les juifs est sensible à partir de 1938 et il condamne violemment l'antisémitisme nazi et celui de la France pétainiste. Convaincu que le monde moderne est une « conspiration contre toute espèce de vie intérieure » il dénonce « la dépossession progressive des États au profit des forces anonymes de l’Industrie et de la Banque, cet avènement triomphal de l’argent, qui renverse l’ordre des valeurs humaines et met en péril tout l’essentiel de notre civilisation ». Il affirme ne pas se reconnaître dans les notions de « droite » et de « gauche » et déclare « démocrate ni républicain, homme de gauche non plus qu’homme de droite, que voulez-vous que je sois ? Je suis chrétien ».

Style pamphlétaire[modifier | modifier le code]

Georges Bernanos s'adresse souvent directement, dans une écriture nerveuse, parfois véhémente, à des lecteurs futurs (les fameux « imbéciles »[réf. nécessaire] qu'il cherche à sortir de leur léthargie par cette « injure fraternelle »), interpellés parfois comme des contradicteurs, tel le clergé complice de Franco dans Les Grands Cimetières sous la lune. Passionné souvent[15], excessif voire injuste à ses heures[16], son style est engagé, incisif et percutant, souvent dicté par la révolte et l'indignation.

Il ne manquera pas de sujets durant les dix dernières années de sa vie et avouera lui-même que « les romans peuvent mourir à la guerre »[réf. nécessaire] car il lui faut témoigner coûte que coûte. Révolté par les accords de Munich, il fustige ensuite le gouvernement de Vichy qu'il définit comme le promoteur de « la France potagère »[17]. Il alerte la France, et le monde à travers elle, sur les dangers de l'aliénation par la technique et l'argent[18]. Taxé par certains de pessimisme dans l'après-guerre, dont Raymond Aron dans 18 leçons sur la société industrielle, d'autres voient aujourd'hui en lui un visionnaire, l'associant sur ce plan à l'écrivain George Orwell. Jacques Julliard écrit ainsi : « Lorsque Bernanos prédit que la multiplication des machines développera de manière inimaginable l'esprit de cupidité, il tape dans le mille[14]. »)

Bernanos se détache progressivement des clivages droite-gauche pour affirmer sa liberté de conscience. Il revendique la Commune et vitupère la bourgeoisie, mais dénonce le communisme comme un totalitarisme. Il se dit monarchiste mais se voit rejeté par la droite après Les Grands Cimetières sous la lune et par l'Action française après sa rupture avec Maurras. Il règle ses comptes avec certains mots en vogue chez les politiques comme « conservatisme » (« Qui dit conservateur dit surtout conservateur de soi-même »[16]) ou « réalisme » (« Le réalisme, c'est précisément le bon sens des salauds »[19]).

La question de l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Même si l'antisémitisme ne constitue pas véritablement un thème directeur de la pensée et de l'œuvre de Georges Bernanos (aucun de ses romans n'y fait référence), il y a bien question et la polémique reste encore vive[20]. La personnalité complexe de Bernanos transparaît dans ce débat avec lui-même et si on relève chez cet écrivain des propos antisémites jusqu'au milieu des années 1930, son évolution se révèle à travers ses écrits contre l'antisémitisme entre 1938 et 1946.

Selon l'historien Michel Winock[21] l'antisémitisme de Bernanos s'analyse comme « la combinaison de l'antijudaïsme chrétien et du social-antisémitisme » qui associe les Juifs à la finance, aux banques, au pouvoir de l’argent sur celui du peuple. Il apparaît déjà dans certains articles de l'Avant-garde de Normandie mais c'est dans La Grande Peur des bien-pensants, publié en 1931 dans une France déchirée sur la question de l'antisémitisme, qu'il trouve véritablement son expression. Dans cet ouvrage, Bernanos affiche son admiration pour Édouard Drumont : « Le vieil écrivain de La France juive fut moins obsédé par les juifs que par la puissance de l'Argent, dont le juif était à ses yeux le symbole ou pour ainsi dire l'incarnation ». Il y tient aussi certains propos clairement antisémites : « Devenus maîtres de l'or ils [les Juifs] s'assurent bientôt qu'en pleine démocratie égalitaire, ils peuvent être du même coup maîtres de l'opinion, c'est-à-dire des mœurs. »

Quant à qualifier Bernanos de raciste, certaines phrases dans La Grande Peur des bien-pensants le laissent à penser. Ainsi, « [les Juifs] traînent nonchalamment sur les colonnes de chiffres et les cotes un regard de biche en amour » ou « ces bonshommes étranges qui parlent avec leurs mains comme des singes ». Pour critiquables que soient de tels propos, on n'en retrouve plus de semblables dans la suite de ses écrits. Max Milner, Michel Estève et Michel Winock lui-même[21] considèrent dans leurs ouvrages qu'il s'agit d'emportement polémique mais qu'il n'y a fondamentalement pas de racisme chez Bernanos.

À partir de 1938, on peut lire chez Bernanos les prémices d'une profonde évolution : « Aucun de ceux qui m’ont fait l’honneur de me lire ne peut me croire associé à la hideuse propagande antisémite qui se déchaîne aujourd’hui dans la presse dite nationale, sur l’ordre de l’étranger »[22]. En 1939, il écrit dans Nous autres Français : « J’aimerais mieux être fouetté par le rabbin d’Alger que faire souffrir une femme ou un enfant juif ». Qu'il s'agisse de son engagement en février 1943 en faveur de Georges Mandel[23] ou de sa rencontre au Brésil avec Stefan Zweig[24] l'écrivain plaide en faveur des Juifs. Mais plus significative encore, peut-être, est la netteté avec laquelle Bernanos mesure lui-même le chemin parcouru depuis son origine à l'égard des Juifs en reconnaissant que la chrétienté médiévale n'a pas compris l'honneur juif : « Elle fermait obstinément les yeux sur les causes réelles de la survivance du peuple juif à travers l'Histoire, sur la fidélité à lui-même, à sa loi, à ses ancêtres, fidélité qui avait pourtant de quoi émouvoir son âme »[25].

Pourtant, lorsque Bernanos affirme en 1944 « Antisémite : ce mot me fait de plus en plus horreur. Hitler l'a déshonoré à jamais. Tous les mots, d'ailleurs, qui commencent par “anti” sont malfaisants et stupides[26]. », on s'interroge sur le sens de la formule, demeurée célèbre. Alors que Jacques Julliard s'indigne « Ah bon ? Y eût-il jamais un antisémitisme honorable ? »[27], Adrien Barrot, commentant la citation d'Alain Finkielkraut[28], répond : « C’est vraiment comprendre la formule de Bernanos à l’envers. Celle-ci marque indubitablement une véritable crise et une véritable prise de conscience chez Bernanos et ne mérite pas un tel procès d’intention[29]. »

Elie Wiesel, dans un livre d’entretiens avec Michaël de Saint-Cheron, salue en Bernanos un écrivain « qui eut le courage de s'opposer au fascisme, de dénoncer l'antisémitisme et de dire justement ce qu'il a dit et écrit de la beauté d'être juif, de l'honneur d'être juif, et du devoir de rester juif ». Il explique : « J'admire beaucoup Bernanos, l'écrivain. [...] C'est l'antisémitisme qui m'a gêné au départ chez lui, ainsi que son amitié pour Édouard Drumont bien entendu. Mais un écrivain de « droite » qui a le courage de prendre les positions qu'il a prises pendant la guerre d'Espagne fait preuve d'une attitude prémonitoire. Il était clair que Bernanos allait venir vers nous. Sa découverte de ce que représentent les Juifs témoigne de son ouverture, de sa générosité[30] »

Malgré tout le débat demeure entre des intellectuels comme Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy ou Jean-Paul Enthoven qui considèrent que Bernanos n'a jamais vraiment renoncé totalement à son antisémitisme, notamment en ne reniant pas Drumont, et ceux qui insistent au contraire, comme Elie Wiesel, Alain Finkielkraut, Philippe Lançon[31] ou Simon Epstein, sur l'évolution de Bernanos.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Nouvelles et premiers écrits[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Essais et « écrits de combat »[modifier | modifier le code]

  • La Grande Peur des bien-pensants, Paris, Grasset, 1931.
  • Les Grands Cimetières sous la lune, Paris, Plon, 1938 ; rééd. Le Castor Astral, 2008.
  • Scandale de la vérité, Gallimard, Paris, 1939.
  • Nous autres, Français, Gallimard, 1939.
  • Lettre aux Anglais, Atlantica editora, Rio de Janeiro 1942.
  • La France contre les robots, Rio de Janeiro, 1944, puis Robert Laffont, 1947 ; rééd. Le Castor Astral, 2009.
  • Le Chemin de la croix-des-âmes, Rio de Janeiro de 1943 à 1945, 4 volumes, puis Gallimard, 1948 ; rééd. augmentée : Le Rocher, Paris, 1987.
  • Français, si vous saviez... (Recueil d'articles écrits entre 1945 et 1948), Paris, Gallimard, 1961.
  • Les Enfants humiliés, Gallimard, 1949.
  • La Liberté, pour quoi faire ? (cinq conférences prononcées en 1946 et 1947[32]), Gallimard, 1953.
  • Le Crépuscule des vieux, Gallimard, NRF, 1956 (recueil de textes qui s'échelonnent de 1909 à 1939 : explication de son œuvre de romancier commentaires de lecture, notes sur la poésie, sur l'histoire contemporaine...).
  • Brésil, terre d'amitié, choix de lettres et de textes consacrés au Brésil présentés par Sébastien Lapaque, coll. « La petite vermillon », La Table Ronde, Paris, 2009.

Intégrales publiées[modifier | modifier le code]

  • Romans suivis de Dialogues des carmélites, coll. La Pléiade, Gallimard, 1961.
  • Essais et écrits de combat, tome 1, coll. La Pléiade, Gallimard, 1971.
  • Essais et écrits de combat, tome 2, coll. La Pléiade, Gallimard, 1995.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Le Combat pour la liberté. Correspondance inédite, tome 1 (1904-1934), Paris, Plon, 1971.
  • Le Combat pour la liberté. Correspondance inédite, tome 2 (1934-1948), Paris, Plon, 1971.
  • Lettres retrouvées. Correspondance inédite, tome III (1904-1948), Paris, Plon, 1983.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Hans Urs von Balthasar. Le Chrétien Bernanos, traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Paris, Seuil, 1956.
  • Albert Béguin, Bernanos par lui-même, Paris, Seuil, 1958.
  • Jean-Loup Bernanos, Georges Bernanos, À la merci des passants, Paris, Plon, 1986.
  • Jean-Loup Bernanos, Georges Bernanos, Paris, Plon, 1988. Iconographie
  • Jean Bothorel, Bernanos : Le Mal-pensant, Paris, Grasset, 1998.
  • Louis Chaigne, Bernanos, éd. universitaires, 1954; rééd. 1970.
  • Michel Estève, Georges Bernanos : Un triple itinéraire, Paris, Hachette, 1981.
  • Jean de Fabrègues, Bernanos tel qu'il était, Paris, Mame, 1962.
  • Monique Gosselin-Noat, Max Milner, Bernanos et le Monde moderne, Presses universitaires de Lille, 1989 (actes du colloque organisé pour le centenaire de la naissance de Bernanos)
  • Monique Gosselin-Noat, Bernanos, militant de l'éternel, Paris, Michalon, 2007.
  • Joseph Jurt, Les Attitudes politiques de Georges Bernanos jusqu'en 1931, Fribourg, éditions Universitaires, 1968, 359 p.
  • Sébastien Lapaque, Georges Bernanos encore une fois, L'Âge d'Homme/Les Provinciales, 1998, puis Actes Sud, collection Babel, 2002
  • Sébastien Lapaque, Sous le soleil de l'exil, Georges Bernanos au Brésil 1938-1945, Paris, Grasset, 2003
  • Frédéric Lefèvre, Georges Bernanos, Paris, la Tour d'ivoire, 1926.
  • Dominique Millet-Gérard, Bernanos, un sacerdoce de l'écriture, Via Romana, 2009.
  • Max Milner, Bernanos, Paris, Desclée de Brouwer, 1967 ; réédition : Paris, Librairie Séguier, 1989.
  • Timour Muhidine, Sous le soleil de Bernanos, Empreinte, 2010.
  • Tahsin Yücel, Bernanos et Balzac, éditions Lettres modernes, Minard, 1974.

Études[modifier | modifier le code]

  • Juan Asensio, La Littérature à contre-nuit, Paris, Sulliver, 2007. Contient Monsieur Ouine de Georges Bernanos et Les Ténèbres de Dieu.
  • Michel Estève, Le Christ, les Symboles christiques et l'Incarnation dans les romans de G. Bernanos.
  • Marie Gil, Les Deux Écritures. Étude sur Bernanos, Paris, éditions du Cerf, 2008.
  • Philippe Le Touzé, Le Mystère du réel dans les romans de Georges Bernanos, Nizet, 1979.
  • Jean-Louis Loubet del Bayle, L’Illusion politique au XXe siècle. Des écrivains témoins au XXe siècle, Paris, Economica, 1999.
  • Yvon Rivard, L'imaginaire et le quotidien, essai sur les romans de Bernanos. Bibliothèque des lettres modernes 21, 1978.
  • Henri Guillemin, Regards sur Bernanos, Paris, Gallimard, 1976.

Œuvres collectives[modifier | modifier le code]

  • Cahier Bernanos, dirigé par Dominique de Roux, Paris, L'Herne, 1963.
  • Cahiers de l'Herne : Bernanos, dirigé par Dominique de Roux, avec des textes de Thomas Molnar, Michel Estève et al., Paris, Pierre Belfond, 1967.
  • Études bernanosiennes, revue éditée par Minard.
  • « Une parole prophétique dans le champ littéraire », dans Europe, no 789-790, janvier–février 1995, p. 75-88.
  • Georges Bernanos témoin, recueil publié sous la dir. de Dominique Millet-Gérard, Via Romana, 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Malraux, Préface du Journal d'un curé de campagne, Plon, 1974.
  2. a et b Entretien avec Frédéric Lefevre dans Essais et écrits de combat, t.1, coll. La Pléiade, Gallimard.
  3. G. Bernanos, Œuvres romanesques, coll. La Pléiade, Gallimard p. 1774.
  4. Lettre de Claudel à Bernanos du 25 juin 1926 in Correspondance, Plon.
  5. Don que d'autres prêtres partageront d'ailleurs chez Bernanos, comme dans Le Journal d'un curé de campagne.
  6. Sous le soleil de Satan, Plon, 1926.
  7. Max Milner, Exil, errance et marginalité dans l'œuvre de Georges Bernanos, Presses Sorbonne Nouvelle, 2004, p. 185 (ISBN 978-2-87854-274-5).
  8. « Stefan Zweig : Le Mystère de sa fin tragique », Le Figaro, 04/02/2010.
  9. Témoignage de son fils Jean-Loup, paru dans la revue Espoir, no 113, décembre 1997.
  10. Le chemin de la croix des âmes, éditions du Rocher ("article "La France se tait" - juin 1940)
  11. Le chemin de la croix des âmes - éditions du Rocher (article "Cinq appels aux français" - février 1941)
  12. http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/de-gaulle-et-le-monde/de-gaulle-et-l-amerique-latine/temoignages/jean-loup-bernanos-sur-son-pere-georges-bernanos.php
  13. http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-georges_bernanos-8202.php
  14. a et b L'Argent, Dieu et le Diable, Flammarion, 2008.
  15. Cf. ses pages sur le Brésil dans Les Enfants humiliés (1939-40) ou ses propos sur Hitler.
  16. a et b La Grande Peur des bien-pensants, Grasset, 1931.
  17. Le Chemin de la croix-des-âmes, Gallimard, 1948.
  18. La France contre les robots, Robert Laffont, 1947.
  19. Préface de La France contre les robots.
  20. Cf. la réponse de Philippe Lançon à Alexandre Adler : « Bernanos et les Bien-pensants », Libération, 2 septembre 2008.
  21. a et b Le Siècle des intellectuels, Le Seuil, 1999 ; Dictionnaire des intellectuels, coécrit avec Jacques Julliard, Le Seuil, 2002)
  22. Variante de Scandale de la vérité, Gallimard, 1939.
  23. « Si vos maîtres ne nous rendent pas Mandel vivant, vous aurez à payer ce sang juif d'une manière qui étonnera l'histoire », Le Chemin de la croix-des-âmes. Mandel sera malgré tout assassiné par la Milice le 7 juillet 1944.
  24. « Bernanos parle à Stefan Zweig avec une infinie douceur, et lui propose d’unir leurs efforts pour dénoncer et condamner, dans un appel à la conscience universelle, la barbarie hitlérienne contre les Juifs, et que lui, Bernanos, qualifiait de crime contre l’humanité. » Géraldo França de Lima, Bernanos no Brasil.
  25. « Au lieu de combattre, il suffisait au Juif de survivre, poursuit Bernanos, fût-ce dans l'injustice et le mépris, jusqu'à ce que l'ombre du Très-Haut couvrît la terre [...]. Oui, voilà ce que nous n'avons pas nous-mêmes toujours compris. » in « L'honneur est ce qui nous rassemble », Français, si vous saviez, Folio-Gallimard, pp. 328-329.
  26. Le Chemin de la croix-des-âmes, éditions du Rocher.
  27. L'Argent, Dieu et le Diable, op. cit., p. 184.
  28. « Je peux aussi ajouter une chose sur ce mot d’antisémitisme. Il faut l’employer avec d’autant plus d’exigence et de parcimonie qu’il n’y a pas plus monstrueux. Après tout Bernanos l’a dit, et il l’a dit avec une très grande profondeur même si cette expression peut nous paraître odieuse aujourd’hui : « Hitler a déshonoré l’antisémitisme ». Oui, d’une certaine manière. Il n’y a plus d’antisémitisme acceptable, il n’y a plus d’antisémitisme innocent, tout antisémitisme doit se penser dans cet horizon-là du cimetière. Raison de plus. » Alain Finkielkraut, Conférence-débat à Science-Po, 29 mai 2002.
  29. Les Temps modernes nos 645-646, sept.-déc. 2007. Il poursuit : « Nul doute que, dans l’esprit de Bernanos, l’ignominie de l’antisémitisme nazi dévoile celle de « l’honorable » antijudaïsme chrétien et dissipe son aura d’honorabilité. ».
  30. Elie Wiesel, Michaël de Saint Cheron, Le Mal et l'exil, dialogues avec Philippe Michaël de Saint-Chéron, éditions Nouvelle Cité, 1988.
  31. « Bernanos et les bien-pensants », Libération, 2 septembre 2008.
  32. Analyse sur Libération.fr