E. M. Forster

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E. M. Forster

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Portrait d'E. M. Forster
par Dora Carrington, 1924-1925

Nom de naissance Edward Morgan Forster
Activités Romancier, nouvelliste, essayiste
Naissance 1er janvier 1879
Londres, Royaume-Uni
Décès 7 juin 1970 (à 91 ans)
Coventry, Royaume-Uni
Langue d'écriture Anglais britannique
Genres Roman, nouvelle et essai

Œuvres principales

E. M. Forster, officiellement Edward Morgan Forster, né le 1er janvier 1879 à Londres et mort le 7 juin 1970 (à 91 ans) à Coventry, est un romancier, nouvelliste et essayiste britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Edward Morgan Forster, architecte, et d'Alice (« Lily ») Whichelo (cousine du peintre Philip Whichelo). Son grand-père paternel, le reverend Charles Forster (ca 1787-1871) était recteur de la paroisse de Stisted (à Braintree dans l'Essex) et spécialiste des langues sémitiques[1].

Son baptême (qui tient lieu d'enregistrement d'état civil) est marqué par un incident : alors que ses parents ont choisi pour premier prénom « Henry », il reçoit par erreur celui de son père, « Edward ».

Son père meurt jeune de la tuberculose. Edward Morgan fait ses études secondaires à Tonbridge, une école privée dans le Kent, dont il a gardé un mauvais souvenir, puis au King's College de l'Université de Cambridge, où il trouve plus de compréhension et de liberté. À partir de 1901, il fait partie des Cambridge Apostles, connus aussi sous le nom de Cambridge Conversazione Society, dont nombre de membres ont ensuite fait partie du groupe de Bloomsbury. Durant cette période, Forster est également en relation avec Siegfried Sassoon, J. R. Ackerley, et Forrest Reid ; il voyage en Égypte, en Allemagne et en Inde avec l'humaniste G.L. Dickinson en 1914.

Après ses études universitaires, Forster voyage en Europe en compagnie de sa mère avec qui il a vécu jusqu’à la mort de celle-ci en 1945. Il publie son premier roman à 26 ans ; ses livres sont appréciés des critiques, et il connaît le succès avec Howards End (1910).

Travaillant pour la Croix-Rouge en Égypte durant l’hiver 1916-1917, il tombe amoureux d’un jeune Égyptien de 17 ans, Mohammed el-Adl, mort prématurément en 1922. Après un second séjour en Inde dans les années 1920, il écrit son plus célèbre roman, qui étudie les rapports entre Occidentaux et Indiens, La Route des Indes. Dans les années 1930 et 1940, il devient une figure populaire de la radio par ses interventions à la BBC.

Après la mort de sa mère, Forster est élu membre honoraire du King's College en janvier 1946[2],[3] où il accepte un poste honorifique et où il passe le reste de sa vie sans produire de nouvelles œuvres notables.

Il refuse d'être fait chevalier (knight) en 1949 mais il devient Companion of Honour en 1953[2] et titulaire de l'Ordre du Mérite en 1969. Il meurt un an plus tard d’un accident vasculaire cérébral [4], le 7 juin 1970 à l'âge de 91 ans, chez Buckingham à Coventry[2].

La publication de Maurice et de ses nouvelles explicitement homosexuelles ont été source de controverses après sa mort.

Thèmes centraux[modifier | modifier le code]

Les opinions de Forster, humaniste laïque, sont le cœur de son œuvre, dans laquelle souvent les principaux personnages tentent de se comprendre et communiquer les uns avec les autres par-delà les barrières sociales (only connect..., selon les mots de sa fameuse épigraphe de Howards End). Les deux plus célèbres œuvres de Forster, Route des Indes et Howards End, développent le thème du caractère infranchissable des différences sociales. Maurice, resté inédit jusqu'à sa mort, met l'accent sur la possibilité d'un effacement des différences de classe au travers d'une relation homosexuelle. Il a développé ses idées humanistes dans un essai What I believe. Sa devise était : « tolerance, good tempere and sympathy ». La sexualité est l'autre thème clé de son œuvre et on a pu affirmer que les écrits de Forster pouvaient être caractérisés comme une évolution, des premiers écrits traitant de l'amour hétérosexuel vers les derniers écrits traitant de l'amour homosexuel. Longtemps méconnus en France, les romans de Forster ont été popularisés par les adaptations cinématographiques qui en ont été réalisées.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Where Angels Fear to Tread, 1905.
  • The Longest Journey, 1907.
  • A Room with a View, 1908.
  • Howards End, 1910.
    • Le Legs de Mrs. Wilcox (trad. Charles Mauron), Paris : Plon, coll. « Feux croisés », 1950. Repris sous le titre Howard End, Paris : Union générale d'éditions, 1982 ; puis sous le titre Howards End, Paris : C. Bourgois, 1992.
  • Arctic Summer, écrit vers 1912-1913, première publication 2003.
  • Maurice, écrit vers 1913-14, première publication 1971.
    • Le Retour à Penge (trad. Nelly Shklar), Paris : Plon, 1973. Repris sur le titre Maurice, Paris : C. Bourgois, 1987.
  • A Passage to India, 1924. Prix James Tait Black 1924.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • The Celestial Omnibus and Other Stories, 1911.
    • The Story of A Panic, The Independent Review, 1904.
    • The Other Side Of The Hedge, 1904.
    • The Celestial Omnibus, The Albany Review, 1908.
    • Other Kingdom, 1909.
    • The Curate's Friend, 1907.
    • The Road From Colonus, 1904.
  • The Eternal Moment and Other Stories, 1928.
    • The Machine Stops, The Oxford and Cambridge Review, 1909.
    • The Point Of It, The English Review, 1911.
    • Mr Andrews, 1911.
    • Co-ordination, 1912.
    • The Story Of The Siren, 1920.
    • The Eternal Moment, 1905.
  • Collected Short Stories, 1947. Reprise des deux recueils précédents.
  • The Life to Come and Other Stories, 1972. Recueil posthume de posthume de nouvelles dont deux seulement avaient été publiées
    • Ansell, 1902-1903.
    • Albergo Empedocle, Temple Bar, 1903.
    • The Purple Envelope, 1903-1905.
    • The Helping Hand, 1904.
    • The Rock, 1906.
    • The Life to Come, 1922.
    • Dr Woolacott, 1927.
    • Arthur Snatchfold, 1928.
    • The Obelisk, 1939.
    • What Does It Matter? A Morality, années 1930.
    • The Classical Annex, 1930-1931.
    • The Torque, avant 1958.
    • The Other Boat, 1957-1958.
    • Three Courses and a Dessert: Being a New and Gastronomic Version of the Old Game of Consequences, Wine and Food, 1944.

Recueils en français[modifier | modifier le code]

L'ordre de publication en français des nouvelles ne correspond pas à l'ordre en anglais.

  • Un instant d’éternité et autres nouvelles (trad. Anouk Neuhoff), Paris : C. Bourgois, 1988.
  • De l'autre côté de la haie (trad. Anouk Neuhoff), Paris : C. Bourgois, 1995.
  • Quelle importance ? et autres nouvelles (trad. Anouk Neuhoff), Paris : C. Bourgois, 1995.
  • Nouvelles (trad. Anouk Neuhoff), Paris : C. Bourgois, 2003. Recueil des trois recueils précédents.

Autres[modifier | modifier le code]

Essais et autres écrits[modifier | modifier le code]

  • Aspects of the Novel, 1927. Ouvrage de critique littéraire issu de ses cours à Cambridge
  • Goldsworthy Lowes Dickinson, 1934. Biographie de Goldsworthy Lowes Dickinson (en)
  • The Development of English prose between 1918 and 1939, Glasgow : Jackson son and Cie, coll. « Glasgow University publications » n°63, 1945.
    • Aspects de la littérature anglaise 1918-1945, Paris : Fontaine, 1947.
  • Marianne Thornton, A Domestic Biography, 1956. Biographie de Marianne Thornton (en)

Conférences, articles et introduction[modifier | modifier le code]

  • The Feminine Note in Literature, 1910. Première publication Londres : Cecil Woolf, coll. « The Blommsbury Heritage » n° 28, 2001.
  • Introduction de The Life of George Crabbe, Londres : Oxford University Press, coll. « The World's Classics », 1932.
    • « George Crabbe, le poète et l'homme » (trad. Annie Brierre), dans Éric Crozier (dir.), La Création de l'Opéra anglais et Peter Grimes, Paris : Richard Masse, 1947.
  • Introduction à Zeenuth Futehally, Zohra, 1951.
    • Zohra (trad. Rose Celli), Paris : Plon, coll. « Feux croisés », 1954.
  • « Recollections of Nassenheide », The Listener n°61, 1er janvier 1959.

Recueils[modifier | modifier le code]

  • Abinger Harvest, 1936.
  • Two Cheers for Democracy, 1951.
  • Albergo Empedocle and Other Writings, 1971.
  • The Creator as Critic and Other Writings, Dundurn, 2008.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Commentaire cinématographique[modifier | modifier le code]

  • 1945 : A Diary for Timothy réalisé par Humphrey Jennings - Forster est l'auteur du commentaire de ce moyen-métrage

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinq de ses sept romans ont été adaptés au cinéma, dont trois par Ismail Merchant et James Ivory.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brander, Lauwrence, E.M. Forster. A critical study (London, 1968)
  • Cavaliero, Glen, A Reading of E.M. Forster (London, 1979).
  • Colmer, John, E.M. Forster - The personal voice (London, 1975).
  • E.M. Forster, ed. by Norman Page, Macmillan Modern Novelists (Houndmills, 1987).
  • E.M. Forster: The critical heritage, ed. by Philip Gardner (London, 1973).
  • Forster: A collection of Critical Essays, ed. by Malcolm Bradbury (New Jersey, 1966).
  • Martin, John Sayre, E.M. Forster. The endless journey (London, 1976).
  • Scott, P.J.M., E.M. Forster: Our Permanent Contemporary, Critical Studies Series (London, 1984).
  • Wilde, Alan, Art and Order. A Study of E.M. Forster (New York, 1967).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Catalogue de la British Library
  2. a, b et c (en) The Cambridge Companion to E. M. Forster, Cambridge University Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-521-83475-9, lire en ligne), « Chronology »
  3. « King's College Archive Centre, Cambridge, The Papers of Edward Morgan Forster (reference EMF/17/10) » (consulté le 27 mai 2008)
  4. « A Room with a View and Howard's End », Randomhouse.com,‎ 7 juin 1970 (consulté le 21 août 2010)

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