Stewart Brand

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Stewart Brand

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Naissance 14 décembre 1938
Rockford (Illinois)
Nationalité Drapeau : États-Unis américain
Profession

Stewart Brand, né le 14 décembre 1938 à Rockford (Illinois)[1], est l'un des auteurs, éditeurs et créateurs du Whole Earth Catalog (le pendant américain du Catalogue des Ressources) et CoEvolution Quarterly (en). Il est le fondateur de nombreuses organisations dont The WELL, une des plus anciennes communautés virtuelles, le Global Business Network (en) et la Long Now Foundation (en) dont il est coprésident. Il est notamment l'auteur du Whole Earth Discipline: An Ecopragmatist Manifesto[2]. Il a animé plusieurs conférences TED[3].

Brand est connu pour la création du Whole Earth Catalog, un recueil encyclopédique d'outils, de textes et information. Le catalogue cherche à « catalyser l'émergence d'une possibilité de puissance personnelle » en rendant la technologie douce disponible à tous ceux qui désirent créer des communautés autonomes.

En 1985, il a fondé avec Larry Brilliant l'une des premières communautés en ligne, The WELL.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Stewart Brand a passé sa scolarité à la célèbre Phillips Exeter Academy avant d’obtenir un diplôme de biologie en 1960 à l'université Stanford. Il s’est marié avec Lois Jennings, une mathématicienne d’origine amérindienne, d’où son appétence pour cette culture. Brand a reconnu avoir acquis une certaine compétence pour l’organisation lorsqu’il était parachutiste dans l’armée américaine. En 1962, il a étudié le design au San Francisco Art Institute, la photographie au San Francisco State College, et a participé à une importante étude scientifique sur le LSD à Menlo Park (Californie).

Stewart Brand a toujours vécu en Californie. Il vit avec sa femme, Ryan Phelan, sur le Mirene, une péniche longue de 20m. Construite en 1912, celle-ci est amarrée dans un ancien chantier naval à Sausalito (Californie). Il travaille sur le Mary Heartline, un bateau de pêche d’environ 91m de long.

Une fascination pour l'image de la Terre vue de l'espace[modifier | modifier le code]

Earth from space, de William Anders, Apollo 8, 1968

En 1966, Brand a lancé un appel à la NASA afin d’obtenir une image satellite de la Terre vue de l’espace. Pour lui, cette image serait un symbole fort. Ainsi, il se mit à distribuer des badges à 25 centimes [4] demandant « Why haven’t we seen a photograph of the whole Earth yet ? ( « Pourquoi n’avons-nous toujours pas vu une photo de la Terre entière? »)[5]. En 1967, un satellite prit une photo qui devint la couverture de la première édition du Whole Earth Catalog. Plus tard en 1968, un astronaute de la NASA prit une photo depuis l’orbite de la Lune, qui devint quant à elle la couverture du Catalogue de 1969. En 1970, Earth Day, le « Jour de la Terre » commença à être célébré.

Lors d’une interview en 2003, Brand expliqua que l’image « donna un sens au fait que la Terre est une île, entourée par un grand espace inhospitalier. Et c’est tellement graphique, cette petite icône bleue, blanche, verte et brune semblable à un bijou parmi un vide noir et monotone ». Pendant cette campagne, Brand fit la rencontre de Richard Buckminster Fuller, qui offrit de l’aider dans ses projets[6].

Principaux travaux[modifier | modifier le code]

Whole Earth Catalog[modifier | modifier le code]

Page du Whole Earth Catalog de 1969

Durant la fin des années 1960 et le début des années 1970, environ 10 millions d’Américains ont été impliqués dans la vie en communauté. En 1968, utilisant les outils les plus simples de composition et de mise en page, Brand et ses collègues publient pour la première fois The Whole Earth Catalog, un livre au sous-titre évocateur, « Accès aux outils ». Brand et sa femme Lois ont voyagé à travers les communautés dans un camion Dodge de 1963, aussi appelé The Whole Earth Truck Store, avant d'ouvrir leur premier kiosque à Menlo Park en Californie. Le premier catalogue sorti puis ceux qui ont suivi à partir des années 1970 ont déterminé qu'il était important de répertorier tous les outils jugés « utiles » : livres, cartes, outils de jardinage, vêtements spécialisés, outils de charpenterie et de maçonnerie, matériel de sylviculture, tentes, équipement de soudure, revues professionnelles, premiers synthétiseurs et ordinateurs.

Des analyses de professionnels de chaque domaine spécifique ont été collectées. Les informations recueillies servaient aussi à savoir où les outils répertoriés pouvaient être trouvés ou achetés. La publication du Whole Earth Catalog a coïncidé avec la montée en puissance de l’expérimentation sociale et culturelle, briseuse de conventions, et associant la culture du « Do It Yourself » avec la « contreculture ».

L’influence des Catalogues sur le mouvement hippie des années 1970 et sur les mouvements communautaires s’est répandue à travers les États-Unis, le Canada et l’Australie ; l’édition de 1972 s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires et a remporté le premier National Book Award américain dans la catégorie « Affaires contemporaines ».

The CoEvolution Quarterly[modifier | modifier le code]

Afin de continuer son travail et de publier des articles de fond sur des sujets précis dans les domaines des sciences naturelles, des inventions, des arts, des sciences sociales et de la scène contemporaine en général, Brand a fondé en 1974 le CoEvolution Quarterly (CQ), dont le but est d’informer tout d’abord les non-spécialistes. Le contenu du CoEvolution Quarterly inclut souvent des sujets futuristes ou osés. En plus d’offrir une chaire à des écrivains inconnus avec quelque chose à raconter, Brand a également publié des articles de penseurs et d’auteurs reconnus, comme Lewis Mumford, Howard T. Odum, Witold Rybczynski, Karl Hess, Christopher Swan, Orville Schell, Ivan Illich, Wendell Berry, Ursula K. Le Guin, Gregory Bateson, Amory Lovins, Hazel Henderson, Gary Snyder, Lynn Margulis, Eric Drexler, Gerard K. O'Neill, Peter Calthorpe, Sim Van der Ryn, Paul Hawken, John Todd, J. T. Baldwin, Kevin Kelly (futur éditeur de Wired), et Donella Meadows. Pendant les années qui suivirent, Brand écrit et publia un grand nombre de livres sur des sujets aussi divers que l’histoire des immeubles ou les colonies de l’espace.

Il fonda aussi le Whole Earth Software Review, un supplément au Whole Earth Software Catalog en 1984; celui-ci fusionna avec le CoEvolution Quarterly pour former le Whole Earth Review en 1985.

The WELL[modifier | modifier le code]

En 1985, Stewart Brand et Larry Brilliant fondent le WELL (Whole Earth ‘Lectronic Link), une communauté virtuelle qui se regroupe autour d’un fournisseur d’accès à Internet. Le WELL a gagné la récompense de la Meilleure Publication en Ligne en 1990 de la part de la Computer Press Association[7]. Il s’agit d’une des communautés les plus anciennes encore existantes. Les idées véhiculées autour du concept du WELL ont été très inspirées par le travail de l'ingénieur électricien Douglas Engelbart au SRI International.

Brand fut reconnu en 1968 par Douglas Engelbart lors de la conférence The Mother of All Demos (littéralement « La mère de toutes les démos ») à San Francisco, dans laquelle des technologies informatiques révolutionnaires telles que la souris, l'hypertexte ou la vidéoconférence furent présentées.

The Global Business Network[modifier | modifier le code]

À partir de 1986, Stewart Brand devient un scientifique de passage au MIT Media Lab et organise des conférences privées pour différentes entreprises : Royal Dutch/Shell, Volvo, AT&T Corporation… En 1988, il cofonde le Global Business Network, qui a pour but d’explorer les futures stratégies commerciales du monde, portées par des valeurs et des données que Brand a toujours jugé vitales.

Le Global Business Network a été impliqué dans l’évolution et la mise en pratique de plans et d’outils stratégiques complémentaires. Par ailleurs, Brand a fait partir du conseil d’administration de l’Institut de Santa Fe, une institution fondée en 1884 dont l’objectif est « d’encourager une communauté de recherches scientifiques pluridisciplinaires suivant les frontières de la science ».

The Whole Earth Discipline[modifier | modifier le code]

Le Whole Earth Catalog suppose une image idéale du progrès humain reposant sur un développement technologique décentralisé, personnel et émancipateur, aussi appelé « soft technology ». En 2005, Brand critique cependant certains aspects de l’idéologie environnementale internationale qu’il avait lui-même aidé à développer dans un article appelé « Environmental Issues » (« les Problèmes écologiques ») , publié en mai dans la Technology Review du MIT. Dans cet article, il explique ce qu’il considère indispensable pour changer le principe de l’écologie : parmi d’autres choses, il propose que les écologistes considèrent les idées du nucléaire et des OGM comme des technologies apportant plus d’espoirs que de risques.

En 2009, Brand a développé ces mêmes idées dans un ouvrage intitulé Whole Earth Discipline: An Ecopragmatist Manifesto  ; le livre explore comment l’urbanisation, l’énergie nucléaire, le génie génétique, la géo-ingénierie et le retour à la vie sauvage peuvent être utilisés comme des outils efficaces dans la lutte contre le réchauffement climatique.

The Long Now Fondation[modifier | modifier le code]

Stewart Brand est le coprésident du Conseil d’administration de la Long Now Fondation. Cette fondation, créée en 1996 et établie à San Francisco cherche à devenir la base d’une organisation culturelle à long-terme. Son objectif est de fournir le contrepoint d’une mentalité actuelle rapide et pauvre, en promouvant une pensée plus lente, mais de meilleure qualité.

Par ailleurs, il préside la fondation SALT (Seminars About Long-Term Thinking)Cette notion de la pensée à long-terme est représentée par un large éventail de personnes telles que des auteurs de science-fiction, des musiciens, des entrepreneurs, des journalistes, des informaticiens… comme Brian Eno, Neal Stephenson, Vernor Vinge, Philip Rosedale, Jimmy Wales, Kevin Kelly, Clay Shirky, Ray Kurzweil, Bruce Sterling, Cory Doctorow et beaucoup d’autres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site web officiel.
  2. Whole Earth Discipline: An Ecopragmatist Manifesto, Viking Adult, 2009 (ISBN 0-6700-2121-0)
  3. Page de profil de la conférence TED
  4. Brand, Stewart. "Photography changes our relationship to our planet". Smithsonian Photography Initiative. Retrieved 2009-11-06
  5. Brand 2009, p. 214
  6. Leonard, Jennifer. "Stewart Brand on the long view". Retrieved 2013-02-05
  7. Katie Hafner, The WELL: A Story of Love, Death and Real Life in the Seminal Online Community:(2001) Carroll & Graf Publishers ISBN 0-7867-0846-8

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site officiel

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fred Turner, Aux sources de l'utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence, Caen, C&F éditions, 2012.