Do it yourself

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Do it yourself (DIY) est une appellation, dont une traduction littérale en français serait « Faites-le vous-même », « Faites-le par vous-même », « Fais-le toi-même » ou encore « fait maison », ou « fait à la main » au Canada, qui désigne à la fois :

  • certains musiciens ou mouvements culturels ;
  • des activités visant à créer des objets de la vie courante, des objets technologiques ou des objets artistiques, généralement de façon artisanale.

En 2007, la croissance des ressources de DIY en ligne est en forte progression[1], et le nombre de propriétaires ayant un blog à propos de leur propre expérience ne cesse de croître de même que les sites web DIY d'organisations.

Philosophie Do it yourself[modifier | modifier le code]

On peut associer la formule « Do it yourself » au bricolage ou à la débrouillardise mais cela ne s'arrête pas là. Différentes choses s'apparentent à la philosophie « Faites-le vous-même » :

  • Toute activité où l'on n'est pas seulement spectateur ou consommateur.
  • Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre, telle Wikipédia.
  • Partager et diffuser son travail de traduction d'un média numérique (seul ou à l'aide d'un fansub), pour les films, séries d'animation. Et même pour les livres, bandes dessinées, manga, c'est la scanlation... Grâce à Internet et aux Logiciels libres, par exemple MKVToolNix et "subtilte editor", c'est devenu une pratique courante, mondiale et accessible à tous.
  • Toute activité créatrice ; exemples : l'artisanat, ou la notion de création, avant l'ère industrielle.
  • Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.
  • L'auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.
  • Les groupes ou artistes solo libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.
  • La culture de la cassette, et de la copie « privée » ou plus dans la culture punk.
  • La création artisanale comme le tricot, la couture, les bijoux faits à la main, la céramique, etc.
  • En informatique, les logiciels libres, ou le hack. Exemple : Jerry Do-It-Together.
  • Dans le façonnage d'objets, les fab labs
  • En comédie, le détournement situationniste, ou tout simplement toute parodie.
  • Beaucoup d'activité créatrice pour enfant.
  • L'autorégulation, l'auto-organisation, la démocratie directe.
  • La conception libre de médicaments[2].

Dans la culture punk[modifier | modifier le code]

Dans la culture punk, l'éthique DIY est liée à la vision punk anti-consumériste ; c'est un rejet de la nécessité d'acheter des objets ou d'utiliser des systèmes ou des procédés existants.

Le DIY comme sous-culture a sans doute commencé avec le mouvement punk des années 1970[3]. On peut noter cependant que la débrouille, le bricolage, les activités pour enfants, etc., existaient avant le mouvement punk DIY.

En musique les groupes punk émergents effectuent souvent des spectacles dans les sous-sol des habitations, plutôt que sur des scènes traditionnelles, pour éviter le mécénat d'entreprise ou pour assurer la liberté de la performance. Depuis, alors que de nombreuses salles ont tendance à fuir la musique expérimentale, les maisons (ou les caves) sont souvent les seuls endroits où ces groupes peuvent jouer. L'underground est alors réellement underground, et pourtant les salles de spectacle dans les caves gagnent en renommée dans les grandes villes.

Les adhérents de l'éthique punk DIY peuvent également travailler collectivement. Par exemple, le CD Present (une compagnie musicale de promotion de concert) de l'imprésario punk David Ferguson permettant une production de concerts DIY, et octroyant un studio d'enregistrement, et un réseau de maisons de disques[4].

L'éthique punk DIY s'applique également à la vie quotidienne, tels que l'apprentissage de réparation de vélos plutôt que les conduire à l'atelier, la couture (réparation/modification des vêtements plutôt que d'acheter de nouveaux), la culture de jardins potagers, la récupération de produits réutilisables dans les poubelles. Certains enseignants se livrent aussi à des techniques d'enseignement de bricolage, parfois appelé Edupunk.

De ce fait le mouvement DIY est une approche concrète et une mise en pratique de l'écologie et de l'anticapitalisme, par l'anti-consumérisme.

Bijoux de fantaisie DIY[modifier | modifier le code]

Face à la grande différence entre la valeur marchande des matériaux utilisés et le prix de vente du bijou final, de nombreuses boutiques vendent aujourd'hui les éléments nécessaires à la fabrication maison de bijoux fantaisie. C'est le cas par exemple des magasins Perles and Co[5], Funpearl[6] ou encore Perles de Provence[7] sur Internet ainsi que de nombreuses boutiques de loisirs créatifs. Leurs produits se résument de manière générale aux apprêts (fermoirs, estampes, etc), fils (en métal ou en laine) et différentes sortes de perles (plastique, pâte Fimo, verre, pierres semi-précieuses). Un grand nombre de blogs et tutoriels vidéos sont disponibles sur Internet, permettant ainsi aux novices de fabriquer eux-mêmes leur bijoux. Les consommateurs des boutiques DIY sont en général motivés par la possibilité de création d'un bijou unique, mais aussi par la possibilité de concevoir des bijoux à partir d'éléments recyclés[8]. L'intérêt économique entre également en compte. Contrairement au mouvement général, les personnes fabriquant des bijoux elles-mêmes ne sont pas forcément impliquées dans des mouvances anarchistes ou anticapitalistes.

Musique DIY[modifier | modifier le code]

Les groupes de musique DIY[9] tentent de faire tout eux-mêmes, depuis la production de l'album jusqu'aux concerts, en passant par les actions de communication. Ce choix de production reflète avant tout une volonté de marquer son indépendance face aux grandes maisons et à l'industrie du disque en général  : rendu possible par le développement de l'informatique grand public, ce type de production connait un véritable essor ces dernières années, particulièrement dans la musique électronique.

En contrôlant l'intégralité de la chaine de production et de distribution, ces groupes tentent d'inventer une nouvelle conception de la relation entre les artistes et le public, sans aucune forme d'intermédiaire. Plus qu'une simple forme de communication, le DIY permet un contrôle total sur la production finale qui n'est influencée par personne d'autre que les artistes eux-mêmes. Ceci peut aussi bien être analysé d'un point de vue positif, la production finale étant plus personnelle qu'une production industrielle, que négatif, cette production étant par nature même une production non-professionnelle, terme ayant tendance à avoir une connotation négative.

Cette opposition « DIY vs industrie » suscite d'ailleurs de vifs débats entre les deux camps  : les majors ne cessent d'assurer que les maisons de disques ont un rôle déterminant à jouer dans la production de musique enregistrée[10] là où certains artistes très en vue défendent le modèle d'auto-production (Radiohead, Trent Reznor et Bérurier Noir par exemple). De nombreux termes sont utilisés pour qualifier les groupes de musique DIY (autoproduction, musique indépendante, direct-to-fan) et l'on retrouve cette opposition avec le mode de production industriel dans les termes de « musique indépendante », ou encore dans celui d'« artisanat musical » développé par le groupe DIY Breakfast at Your Place[11].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Au-delà d'une simple volonté de récupération, le mouvement Do It Yourself (il ne s'agit pas d'un mouvement constitué) se voit comme une alternative politique en opposition au monde d'ultra-consommation dans lequel il baigne. Ses membres sont ainsi souvent liés à l'anarchisme, l'autogestion et aux mouvements squat et punk. Le besoin de créer, d'avoir une certaine indépendance par rapport à l'industrie et aux grands groupes commerciaux, de retrouver un savoir-faire abandonné les pousse à trouver des solutions pour faire le maximum de choses par eux-mêmes, en opposition à la marchandisation dominante, tout en recherchant la gratuité ou les prix faibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir article du Wall Street Journal, septembre 2007.
  2. Le Monde du jeudi 12 août 2010, page 3.
  3. (en) Scissors and Glue: Punk Fanzines and the Creation of a DIY Aesthetic - Teal Triggs, Oxford Journal of Design History, printemps 2006
  4. (en) « Putting Punk in Place--Among the Classics », San Francisco Chronicle,‎ 26 septembre 2004
  5. www.perlesandco.com
  6. www.funpearl.com
  7. perlesdeprovence.free.fr
  8. http://www.idees-diy.fr/2012/01/26/des-boucles-doreilles-a-partir-de-trombones/
  9. Mais aussi des auteurs de bande dessinée, des cinéastes, des metteurs en scène de théâtre, etc..
  10. Pascal Nègre défend les maisons de disques contre l'autoproduction - Guillaume Champeau, Numerama, 17 septembre 2012
  11. Breakfast at Your Place : Artisanat musical depuis 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • do it yourself ! Autodétermination et culture punk, de Fabien Hein, Le Passager clandestin (édition), 2012
  • Books et fanzines, do it yourself !, Eyrolles, ISBN 978-2-212-12543-6
  • (en) Brass, Elaine and Sophie Poklewski Koziell with Denise Searle (editor), 1997. Gathering Force: DIY culture - radical action for those tired of waiting, London: Big Issue. ISBN 1-899419-01-2.
  • (en) McKay, George. Senseless acts of beauty: cultures of resistance since the Sixties, London: Verso, 1996. ISBN 1-85984-028-0.
  • (en) _____, editor. DiY culture: party & protest in Nineties Britain, London; New York: Verso, 1998. ISBN 1-85984-260-7.
  • (en) St John, Graham, editor. FreeNRG: Notes From the Edge of the Dancefloor, Altona: Commonground. ISBN 1-86335-084-5.
  • (en) Wall, Derek Earth First and the Anti-Roads Movement: Radical Environmentalism and Comparative Social Movements, London: Routledge, 1999. ISBN 0-415-19064-9

Articles connexes[modifier | modifier le code]