Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne

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Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne
Революційна Повстанська Армія України
Революционная Повстанческая Армия Украины
Drapeau avec l'inscription « mort à tous ceux qui s'opposent à la liberté des travailleurs ! »
Drapeau avec l'inscription « mort à tous ceux qui s'opposent à la liberté des travailleurs ! »

Période 1918 – 1921
Pays Ukraine
Branche Armée de terre
Effectif décembre 1 919 103 000 personnes
Garnison Houliaïpole
Surnom Armée noire, makhnovchtchina
Guerres Guerre civile russe
Commandant historique Nestor Makhno

L’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne (ukrainien : Революційна Повстанська Армія України, russe : Революционная Повстанческая Армия Украины), aussi appelée de façon péjorative Makhnovchtchina (en cyrillique Махновщина), par l’historiographie soviétique, est une armée insurrectionnelle d’inspiration anarchiste qui combattit de 1918 à 1921 durant la guerre civile russe.

Elle doit son surnom à l'anarchiste ukrainien Nestor Makhno qui la leva, en 1918, à la suite de la signature du Traité de Brest-Litovsk (cession par Lénine de l’Ukraine aux Allemands).

La Makhnovchtchina combat avec succès les forces de la république populaire ukrainienne de Petlioura ainsi que les armées blanches de Dénikine et Wrangel.

Après la victoire contre les Blancs, l'Armée rouge qui a passé des alliances tactiques temporaires avec Makhno, a désormais les mains libres et se retourne contre la Makhnovchtchina. Makhno est mis hors la loi.

En août 1921, après plusieurs mois de combats acharnés contre les bolchéviques, les derniers partisans de Makhno quittent l'Ukraine et franchissent la frontière roumaine[1].

Pour les anarchistes, la Makhnovchtchina est un symbole du combat pour un communisme non autoritaire. Sa défaite face à l’Armée rouge annonce les dérives à venir du régime soviétique et du stalinisme.

Contexte de l’apparition du mouvement makhnoviste[modifier | modifier le code]

Nestor Makhno

Un mois après la Révolution d'Octobre, l'arrivée au pouvoir des bolcheviks, qui ont comme mot d'ordre « la paix immédiate », débouche en décembre sur l'armistice de Brest Litovsk puis sur la paix signée en mars 1918 consacrant la victoire des Empires centraux sur le Front de l'Est. La jeune République socialiste fédérative soviétique de Russie renonce alors à sa souveraineté sur plusieurs territoires et reconnaît notamment l'indépendance de l' Ukraine « grenier à blé et cœur industriel de la Russie » qui est aussitôt occupée par les armées austro-allemandes. Ces dernières y trouvent les céréales et les matières premières qui manquent cruellement à leurs pays en situation de blocus[2]. La Russie fait alors face à de multiples attaques, créant ainsi le « complexe de citadelle assiégée »[3].

Outre la crise politique, elle est confrontée à la fois à une guerre étrangère (avec ses anciens alliés qui s'estiment trahis par le traité de paix séparé avec l'Allemagne) ainsi qu'à une guerre civile entre les bolchéviks et les Blancs (Dénikine, Wrangel), en Ukraine, Sibérie et dans les pays baltes notamment. À cette révolte s'ajoute celle des révolutionnaires écartés du pouvoir (anarchistes conduits par Makhno et qui après avoir combattu les Allemands et les Blancs en Ukraine résistent au pouvoir centralisateur des bolchéviks[4]. Ce parti est essentiellement composé de paysans indépendants, et très actif dans le sud du pays en particulier.

Sont alors présentes trois forces politiques principales en Ukraine :

  • Les Bolcheviks, qui après le départ des Allemands en décembre, revinrent militairement en Ukraine ;
  • Les indépendantistes ukrainiens qui rencontrèrent beaucoup de succès à la fin de l’année 1918, mais dont les forces se désagrégèrent par la suite ;
  • L’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne.

À ces forces en présence s'ajoutent celles de « bandes armées » menées par des chefs de guerre, dont la plus connue est celle de l'ataman Nikifor Grigoriev. La plupart de ces bandes prennent part au combat contre les forces blanches et rouges.

Projet et objectifs du mouvement[modifier | modifier le code]

« Nous sommes pour les bolchéviks, mais contre les communistes » expliquait Makhno. Pour les bolcheviks car ils ne s’étaient pas opposés à la mainmise des paysans sur les terres ; contre les communistes car ils appliquaient les réquisitions, établissaient des « communes » (kolkhozes), et prenaient tout le pouvoir entre leurs mains, au nom des soviets[5]. « Le but n'est plus l'indépendance ukrainienne mais la Révolution sociale »[6].

Pour Makhno , aucun pouvoir ne devait dicter sa volonté aux masses. L’organisation de la vie politique devait être fondée sur l’existence d’association librement formées, qui correspondaient « en tout à la conscience et à la volonté des travailleurs eux-mêmes » [7].

Le Manifeste [8] de l'armée insurrectionnelle d’Ukraine de Nestor Makhno (batko Makhnov : signifie « le petit père Makhno » en ukrainien) donne d'emblée la principale volonté du mouvement, qui est de « s’élever contre l'oppression des ouvriers et paysans par la bourgeoisie et par la dictature bolchevique-communiste ». Mais a aussi et surtout pour but « la lutte pour la libération totale des travailleurs ukrainiens du joug de telle ou telle autre tyrannie et pour la création d'une véritable constitution socialiste au mouvement »[9].

Le Manifeste présente ensuite le projet réel et le programme à suivre. Des grandes lignes plus concrètes et précises se dégagent :

  • Rejet des groupes non travailleurs (la «bourgeoisie» qui détient les moyens de production).
  • Méfiance envers tous les partis, car ils veulent accéder au pouvoir et installer une autorité étatique contraire à la doctrine anarchiste.
  • Négation de toute dictature.
  • Liberté totale de la parole, de la presse et d'association.
  • Négation du principe d’État (qui s'accompagne d'une collectivisation de la production organisée par les travailleurs eux-mêmes et non pas par l’État comme le veulent les bolcheviques.).
  • Rejet d'une période transitoire (accession directe à l’indépendance de l'Ukraine).
  • Auto-direction par des conseils laborieux libres. Aussi la police est remplacée par des formations d’autodéfense.
  • Convertibilité des monnaies russes et ukrainienne.
  • Libre échanges des produits du travail.

Le mouvement se veut radical et intransigeant avec les contre-révolutionnaires, le Manifeste annonce à ce sujet qu'il est « nécessaire de […] de fusiller sur place les bandits et les contre-révolutionnaires ». Le projet se résume en l'expression de « révolution sociale, rupture profonde et avancée vers l'évolution humaine »[9].

Histoire des affrontements[modifier | modifier le code]

Carte de la situation en Ukraine en novembre 1919.

Makhno n’accepta pas de lancer son armée sous le commandement suprême de Trotsky, chef de l’Armée rouge. Cependant, les deux armées se trouvèrent d’accord à deux reprises. Lorsque la gravité du péril interventionniste exigea leur action commune ce qui se produisit d’abord en mars 1919 contre Dénikine, puis au cours de l’été et de l’automne 1920 quand menacèrent les forces blanches de Wrangel que finalement Nestor Makhno aida à mettre en déroute. Mais aussitôt le danger contre-révolutionnaire conjuré, l’armée Rouge reprenait les opérations militaires contre les guérilleros de Makhno qui lui rendaient coup pour coup. À la fin de novembre 1920, le pouvoir bolchevik n’hésita pas à organiser un guet-apens contre ceux que Léon Trotski considérait comme un mouvement formé par les riches fermiers « koulaks » cherchant à établir leur pouvoir dans la contrée[10].

Les officiers de l’armée makhnoviste de Crimée furent alors invités à participer à un Conseil militaire, ils y furent aussitôt arrêtés par la police politique, la Tchéka, et fusillés sans autre forme de procès ou désarmés. À la fin, mis hors de combat par les forces très supérieures en nombre et mieux équipées, Makhno dut abandonner la partie : il réussit à se réfugier en Roumanie en août 1921 et à gagner Paris où il meurt en juillet 1935[11].

Réalisations du mouvement[modifier | modifier le code]

Dans la région de Goulaï-Polié, des communes libres furent organisées ; elles étaient basées sur l’entraide matérielle et morale, et sur des principes « non-autoritaires » et égalitaires. Malgré une situation militaire difficile, trois congrès régionaux furent organisés du 23 janvier au 10 avril 1919. Ils avaient pour fonction de déterminer les objectifs économiques et sociaux que se fixaient les masses paysannes et de coordonner les efforts pour une réalisation rapide de ces mêmes objectifs. La makhnovchtchina fit tout ce qui était en son pouvoir pour encourager et favoriser cette « auto-organisation ».

L'auto-organisation passait par la création de « communes du travail » ou « communes libres », formées à l’initiative des paysans, pauvres eux-mêmes et leur permettait d’organiser leur vie économique sur la base communale. En ce qui concernait les organes de l’auto direction sociale, les paysans et les ouvriers étaient partisans de l’idée des Soviets de travail libre (contrairement aux Soviets politiques des Bolchéviks et des autres socialistes, les soviets libres devaient être les organes de leur auto gouvernement social et économique)[12].

  • Elle permettait même une liberté d’expression, de parole de presse et d’association très importante pour les socialistes-révolutionnaires et les Bolcheviks, bien que ces derniers aient déjà commencé la lutte contre les anarchistes russes[13].
  • L'armée bénéficie en outre d'une très bonne réputation auprès de la population.

Les congrès de makhnovstchina regroupaient à la fois des délégués, des paysans et des combattants. En effet, l’organisation civile était le prolongement d’une armée insurrectionnelle paysanne, pratiquant la tactique de la guérilla. Elle était remarquablement mobile. L'armée était organisée sur les bases, spécifiquement libertaires, du volontariat, du principe électif en vigueur pour tous les grades et de la discipline librement consentie. Ces règles étaient observées par tous[14].

Causes de l'échec du mouvement[modifier | modifier le code]

Le mouvement makhnoviste souffrit de difficultés importantes qui empêchèrent une organisation sociale réellement anarchiste des masses paysannes ukrainiennes. Celles-ci sont multiples et expliquent l'échec du mouvement :

  • Tout d’abord, la liberté des paysans était garantie par une armée, qui manquait cruellement d’armes et de munitions[15]. De plus, il y a un réel désengagement des partisans qui ne sont plus que quelques milliers en 1921.
  • Un autre point faible de la makhnovchtchina fut ses relations conflictuelles avec les Bolcheviks, qui luttaient sans relâche contre l’anarchisme. Les combats incessants contre les Armées blanches et rouges ont considérablement nuit à une nouvelle organisation sociale durable.
  • Des accusations d'antisémitisme et de pogroms ont nui à leur image. Bien que Makhno ait toujours affirmé le contraire [16]
  • Un peuple las des guerres, et de la violence aveugle, la famine, l'épidémie brisent la conscience nationale. Un réel chaos s'abat sur le pays où 3 ou 4 Ukraine cohabitent en même temps dans le plus indescriptible désordre et dans la violence la plus meurtrière : celle des volontaires du général Bredov, celle des nationalistes, celle des makhnovistes et celle des verts. L'antisémitisme qui sévit à l'excès circule en tous sens et tous cèdent à des excès de pogroms[17].
  • Aucune armée n'est réellement et durablement enracinée en Ukraine.

Les liens avec la révolte de Kronstadt[modifier | modifier le code]

La révolte des marins de Kronstadt est l'une des dernières manifestations du mouvement anarchiste, qui fut réprimée sur ordre de Trotsky. Ces marins se sont insurgés au matin du 2 mars 1921. Ils demandaient dans un premier temps plus de pain et de combustible mais bientôt revendiquèrent une évolution politique précise, notamment démocratique, face à l’attitude arbitraire des autorités[18]. Les insurgés se sont rapprochés de l’anarchisme (un certain nombre d’entre eux venaient des régions d’Ukraine tenues par Makhno), critiquant la « dictature des commissaires bolcheviks ». La Charte de l’Insurrection comprend des références à la doctrine anarchiste .

Nestor Makhno demande à ce que les travailleurs commémorent toujours le jour du 7 mars dans ses écrits, car cette date correspond au soir où les bolcheviks commencèrent les opérations militaires à Kronstadt. C'est le symbole de la lutte des marins contre le bolchevisme.

Hommages[modifier | modifier le code]

Une chanson a été écrite en l’honneur de la Makhnovchtchina par le parolier français Étienne Roda-Gil sur la musique du chant soviétique Les Partisans[19]. Figurant dans l’album Pour en finir avec le travail, elle a également été reprise par les Bérurier noir (album Split Bérurier Noir/Haine Brigade) puis par Barikad, Serge Utgé-Royo (dans Contrechants… de ma mémoire), René Binamé (qui en a modifié quelque peu les paroles, sur l’album 71.86.21.36), Muckrackers (en déplaçant le lieu) et par le chanteur espérantiste JoMo.

Plusieurs chansons en langue russe font référence à Makhno ; au moins deux portent le titre de Bat'ka Makhno (Батька Махно, « Petit père Makhno »)[20], l'une interprétée notamment par le groupe Lioubè, l'autre par le groupe Kontra (Valery Goguine).

L’armée révolutionnaire et Kronstadt sont des « lieux de mémoire » de l’anarchisme : les deux font appel à une « troisième révolution » ; la rébellion armée contre les Bolcheviks voulait de réels conseils (Soviets). L'anarchisme a créé un mythe autour du mouvement makhnoviste et de la rébellion de Kronstadt, en en faisant les expressions d'une "authentique révolution populaire libertaire" écrasée par le "totalitarisme bolchevik" même si, à l'évidence, certains événements ont été magnifiés.

Selon Pierre Archinoff la makhnovochtchina est le prototype d’un mouvement indépendant des masses paysannes que l’on peut voir comme une anticipation des guerres révolutionnaires de guérilla au XXe siècle (chinoises, cubaines, algériennes ou vietnamiennes par exemple) [21].

Citation[modifier | modifier le code]

« La makhnovchtchina n'est pas l'anarchisme. L'armée makhnoviste n'est pas une armée anarchiste, elle n'est pas formée par des anarchistes. L'idéal anarchiste de bonheur et d'égalité générale ne peut être atteint à travers l'effort d'une armée, quelle qu'elle soit, même si elle était formée exclusivement par des anarchistes. L'armée révolutionnaire, dans le meilleur des cas, pourrait servir à la destruction du vieux régime abhorré; pour le travail constructif, l'édification et la création, n'importe quelle armée, qui, logiquement, ne peut s'appuyer que sur la force et le commandement, serait complètement impuissante et même néfaste. Pour que la société anarchiste devienne possible, il est nécessaire que les ouvriers eux-mêmes dans les usines et les entreprises, les paysans eux-mêmes, dans leurs pays et leurs villages, se mettent à la construction de la société anti-autoritaire, n'attendant de nulle part des décrets-lois. Ni les armées anarchistes, ni les héros isolés, ni les groupes, ni la Confédération anarchiste ne créeront une vie libre pour les ouvriers et les paysans. Seuls, les travailleurs eux-mêmes, par des efforts conscients, pourront construire leur bien-être, sans État ni seigneurs. »

- La Voie vers la Liberté, organe de la Makhnovchtchina[22]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. WERTH (Nicolas), Histoire de l’Union soviétique. De l’Empire russe à la Communauté des États indépendants : 1900-1991, Paris, PUF, 2008 (1re éd. 1990), page 168.
  2. Serge BERSTEIN et Pierre MILZA, Histoire du XX e siècle, la fin du monde européen, 1900-1945 tome 1, Initial, Hatier Paris, 1996, p. 84
  3. Ibid., p. 94
  4. Ibid.
  5. WERTH (Nicolas), Histoire de l’Union soviétique. De l’Empire russe à la Communauté des États indépendants : 1900-1991, Paris, PUF, 2008 (1re éd. 1990), p. 168
  6. Pierre DU BOIS, La question ukrainienne (1917-1921), 1983, p. 153
  7. WERTH (Nicolas), op.cit., page 168.
  8. Nestor MAKHNO, Manifeste de l'armée insurrectionnelle ukrainienne repris dans Daniel Guérin, Ni Dieu ni Maître, Anthologie de l’arnarchisme tome 2, édition Paris La Découverte 1999 (première édition 1970), p. 207-209 http://s188024357.onlinehome.fr/makhno.pdf textes de 1920 à 1932
  9. a et b ibid
  10. Trotski, « La makhnovtchina », En Chemin, no 51, 1919
  11. Daniel GUÉRIN, Ni Dieu ni Maître anthologie de l'anarchisme tome 2, Paris la Découverte, 1999 (première édition 1970), p. 164-167
  12. Ibid p. 186-187
  13. Nestor MAKHNO, Manifeste de l'armée insurrectionnelle ukrainienne repris dans Daniel GUÉRIN, Ni Dieu ni Maître, Anthologie de l’arnarchisme tome 2, édition Paris La Découverte 1999 (première édition 1970), p. 207-209
  14. Nestor MAKHNO, Manifeste de l'armée insurrectionnelle ukrainienne repris dans Daniel Guérin, Ni Dieu ni Maître, Anthologie de l’anarchisme tome 2, édition Paris La Découverte 1999 (première édition 1970), p. 207-209 et http://s188024357.onlinehome.fr/makhno.pdf textes de 1920 à 1932
  15. Le Banquet des Généraux, Anarchy's Cossacks
  16. Makhno, La Makhnovchtchina et l'Antisémitisme, 1927
  17. Pierre DU BOIS, La question ukrainienne (1917-1923), 1983, p. 157-160
  18. Emma Goldmann, Living my life 1934
  19. http://www.youtube.com/watch?v=bB4MFiHH1qw
  20. Également sous la forme Bat'ko Makhno.
  21. Pierre Archinoff, Makhnovstchina, cité dans Daniel GUERIN, Ni Dieu ni Maître anthologie de l'anarchisme tome2, Paris la Découverte, 1999 (première édition 1970), p. 167
  22. Piotr Archinov, La makhanovchtchina : l'insurrection révolutionnaire en Ukraine de 1918 à 1921, Éditions Spartacus, 2000, quatre de couverture.
  23. Hélène Chatelain « Nestor Makhno, un Paysan d’Ukraine », notice éditeur.