Karel Čapek

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Karel Čapek

Description de l'image  Karel-capek.jpg.
Naissance 9 janvier 1890
Malé Svatoňovice
Décès 25 décembre 1938 (à 48 ans)
Prague
Langue d'écriture tchèque

Karel Čapek (Prononciation), né le 9 janvier 1890 à Malé Svatoňovice (région de Hradec Králové (Bohême)), et mort à Prague le 25 décembre 1938, est l'un des plus importants écrivains tchécoslovaques du XXe siècle. Le mot robot, qui apparaît pour la première fois dans sa pièce de théâtre de science-fiction R. U. R. (Rossum's Universal Robots), sous-titre en anglais du titre tchèque Rossumovi univerzální roboti, a été inventé par son frère Josef à partir du mot tchèque robota, qui signifie « travail » ou « servage ».

Dans une autre de ses œuvres, La Guerre des salamandres, Čapek peint avec un humour noir et joyeux la géopolitique de son temps, et tourne notamment en dérision le national-socialisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Monument de Karel Čapek, place de la paix (Náměstí míru) à Prague.

Karel Čapek naît en Bohême et fait ses études secondaires à Hradec Králové, qu'il doit quitter pour Brno à la suite de la découverte du cercle anti-autrichien dont il faisait partie. Il étudie à la faculté de philosophie de l'Université Charles et à l'Université Friedrich Wilhelm à Berlin puis à la faculté des lettres de l'université de Paris. Sa thèse, soutenue en 1915, porte sur Les méthodes esthétiques objectives en référence aux arts appliqués.

Il est réformé en raison de problèmes de dos (qu'il aura durant le reste de sa vie), et dispensé de participer aux combats lors de la Première Guerre mondiale qui néanmoins l'influença et l'inspira. En 1917, il est tuteur du fils du comte Lazansky puis journaliste pour les journaux Národní listy (19171921), Nebojsa (19181920), Lidové noviny (à partir de 1921).

De 1925 à 1933 il est président du PEN club tchécoslovaque.

Le 16 août 1935, il se marie avec son amie, l'actrice Olga Scheinpflugová, rencontrée à l'été 1920.

En 1938, l'annexion des Sudètes à la suite des accords de Munich par les troupes nazies touche profondément le démocrate nationaliste qu'il est. Le monde de Karel Čapek s’est écroulé.

« J’ai l’impression que je n’ai plus rien à faire ici. Je ne serais qu’un drôle de personnage. Mon monde est mort. J’ai cru, en effet, en quelques engagements, en soi-disant l’honneur d’un traité et des choses semblables. Je pense que je ne saurais pas me retrouver dans cette bousculade… »

— Karel Čapek

Après s’être remis du premier choc, il essayait d’excuser les actes du gouvernement ainsi que du président dans la situation, qui selon Čapek n’offrait pas d’autres solutions excusables. Il considérait comme déplacé, dans la situation de l’époque, de chercher les coupables. Il s’efforçait, par ses activités, d’empêcher la division du peuple, et tâchait de maintenir son union. Après l’abdication du président Beneš, il est cependant devenu le seule symbole visible de la Première République et il jouait souvent le rôle de « bouc émissaire ». Il recevait de nombreuses lettres et appels téléphoniques anonymes chargés d’insultes. Les vitres régulièrement cassées de sa maison faisaient partie de cette campagne de haine contre lui. Le 26. Novembre 1938 il publia, à la suite des attaques contre sa personne, son essai Comment ça s’est passé comme réaction dans Lidove noviny (Le Quotidien du peuple).

Il a passé les trois dernières années de sa vie à Stará Huť u Dobříše, où l'on trouve aujourd’hui un monument à son nom. Il est mort à la suite d'un œdème pulmonaire quelques mois avant l’arrestation planifiée par la Gestapo. Il est enterré au cimetière de Vyšehrad à Prague. Il était le troisième sur la liste de la Gestapo des personnes à arrêter et seule sa mort précoce le délivra du destin tragique qui l'attendait et affecta son frère Josef (arrêté pour activités anti-fascistes et envoyé en camp de concentration en 1939 peu après l'invasion de la Tchécoslovaquie qui fait suite aux accords de Munich. Josef mourut au camp de Bergen-Belsen en avril 1945.

Ayant publié un article Pourquoi je ne suis pas communiste en 1924, il est mis à l'index durant les années d'après-guerre par le régime communiste qui considère d'un mauvais œil cet auteur anti-totalitaire.

Intéressant[modifier | modifier le code]

En 1995, il avait reçu, in memoriam, l’Ordre de Tomáš Garrigue Masaryk.

Čapek était un très bon photographe amateur dont témoignent, mise à part de photos connues publiées dans Dášenka (recueil de proses sur la vie d’un chiot Dášenka), aussi des photos de personnalités (du président Masaryk et d’autres pátečníci (Les hommes de vendredi, le cercle littéraire et politique qui se réunissait dans le jardin de maison de Karel Čapek tous les vendredis après midi de 1921 jusqu’à sa mort). Paradoxalement, Karel, photographe amateur, fut l'auteur d’une des publications photographiques les plus vendues de l’époque de la Première République. Dášeňka čili Život štěněte publié en 1933.

Moins connue est sa passion pour la musique ethnique en lien avec son intérêt pour les cultures étrangères. C'était un collectionneur important ; toute sa collection fut offerte par ses héritiers en 1981 à Náprstkovo muzeum (en tout, 462 vinyls 78 tours, et 115 catalogues de maison de disques mondiales). Après 1990, les enregistrements furent digitalisés avec le soutien de l‘UNESCO et les meilleurs ont été édités sur cinq CD.

La paternité du mot « robot », terme qui s’est répandu dans le monde avec la pièce de théâtre R.U.R. appartient à son frère Josef [6], qui lui avait conseillé ce mot pendant la visite de leur père à Trenčianske Teplice. Karel Čapek pensait plutôt au mot « laboř ». Le mot robot est d’origine slave et provient du verbe robotovat (travailler).

En 1989, un film biographique sur Karel Čapek est sorti au cinéma, Člověk proti zkáze (L’homme contre la destruction). Le réalisateur était Štěpán Skalský et Jaromír Pleskot. L’héro principal était joué par Josef Abrhám, son frère Josef par František Řehák, Olga Scheinpflugova jouée par Hana Maciuchová, le personnage de T. G. Masaryk par Svatopluk Beneš.

Ce n'est qu'en 2009, donc 70 ans après la mort de Čapek, qu'a été éditée la riche correspondance entre l’auteur et l’avocat Jindřich Groag[7] sur le thème du pacifisme et du refus du service militaire.

Karel Čapek fut nominé sept fois pour le prix Nobel de littérature, entre 1932 et 1938.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Karel Čapek écrivit avec humour et intelligence sur une grande variété de sujets. Son œuvre n'est pas uniquement connue pour sa description exacte de la réalité mais pour ses études sur la langue tchèque, et deviendra immortelle pour avoir participé à la naissance de la science-fiction bien avant qu'elle ne devienne un genre littéraire à part entière.

Prose[modifier | modifier le code]

  • Zářivé hlubiny a jiné prózy (Les profondeurs rayonnantes et autres proses - 1916 - recueil de nouvelles en collaboration avec son frère Josef)
  • Krakatit - 1922 - un film en est tiré en 1948
  • Továrna na absolutno - 1922 - La Fabrique d'Absolu, trad. Jean Danes, Ibolya Virag, ISBN 2-911581-09-1, 1999
  • Zahradníkův rok - 1929 - L'année du jardinier, illustré par son frère Josef Čapek, trad. Joseph Gagnaire, Éditions de l'Aube, ISBN 2-87678-217-0, 1997
  • Apokryfy - 1932- Récits apocryphes - trad. Marlyse Poulette, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, 1969
  • Hordubal - 1933 - Hordubal - trad. Michel-Léon Hirch, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, 1978
  • Obyčejný život - 1934 - Une vie ordinaire - trad. Daniela Stasková-Pelliccioli, L'Âge d'homme, Coll. Classiques slaves, ISBN 2-8251-1518-5, 2002
  • Povětroň - 1934 - Le Météore - trad. Alain van Crugten, L'Âge d'homme, 1975
  • Cesta na Sever - 1936 - Voyage vers le Nord - trad. Benoît Meunier, Les Éditions du Sonneur, mai 2010
  • Válka s Mloky - 1936 - La Guerre des Salamandres, trad. Claudia Ancelot, É.F.R., 1960 / Ibolya Virag, 1999 / Éditions La Baconnière, Collection Ibolya Virag, ISBN 978-2-940431-08-3, 2012 / Cambourakis, poche, 2012
  • Život a dilo skladatele Foltýna - 1939 - La vie et l'œuvre du compositeur Foltyn (inachevé) - trad. François Kérel, Stock, Bibliothèque cosmopolite, ISBN 2-234-02268-1, 1990
  • Nouvelles, traduction de Corinne Fournier-Kiss, L'Âge d'Homme, 2009 ISBN 978-2-8251-3927-1

Théâtre, scénarios, livrets[modifier | modifier le code]

  • Loupežník (Le Brigand - 1920)
  • R. U. R. (Rossum's Universal Robots) 1920 - R.U.R. Rezon's Universal Robots, trad. Hanuš Jelínek, Éditions Jacques Hébertot, Cahiers dramatiques N° 21, 1924 - R.U.R. in Quatre pas dans l'étrange, traduction Hanuš Jelínek, Librairie Hachette, Coll. Le Rayon fantastique, N° 79, 1961 - R.U.R., trad. Jan Rubeš, Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, ISBN 2-87678-374-6, 1997
  • Ze života hmyzu (De la vie des insectes - 1921 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Věc Makropulos (L'affaire Makropoulos - 1922) - livret mis en musique par Leoš Janáček - Le dossier Makropoulos, trad. Michel Chasteau, in R.U.R. Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, ISBN 2-87678-374-6, 1997
  • Adam Stvořitel (Adam le Créateur - 1927 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Bílá nemoc (La Maladie blanche - 1937) - La maladie blanche, trad. Alain van Crugten, in R.U.R. Éditions de l'Aube, collection Regards croisés, ISBN 2-87678-374-6, 1997
  • Matka (la Mère, traduit en français sous le titre : L’Époque où nous vivons - 1938)

Recueil d'articles, interviews, divers[modifier | modifier le code]

  • Biograf (Le Biographe), écrit avec son frère Josef en 1910 (repris in Le Cinéma : naissance d'un art. 1895-1920, D. Banda & J. Moure, éd., Paris, Flammarion, Champs, 2008)
  • Jak vzniká divadelní hra a průvodce po zákulisí (Comment une pièce de théâtre se met en scène ou le guide derrière les coulisses - 1925 - en collaboration avec son frère Josef)
  • Hovory s T. G. Masarykem - 1928-1935 - 3 vol. - (Entretiens avec T. G. Masaryk ; trad. Madeleine David, Éditions de L'Aube, Coll. Regards croisés, ISBN 2-87678-057-7, 1991)
  • Zahradníkův rok (L'année du jardinier - 1929. Publié en français aux éd. 10/18, 1999)
  • Marsyas čili na okraji literatury (Marsyas ou aux bords du monde de la littérature - 1931)
  • O věcech obecných aneb Zóon politikon ("Des choses politiques ou Zoon Politikon" - 1932)
  • La civilisation en marche (Histoire des salamandres) extrait de La Guerre des Salamandres, trad. Claudia Ancelot, paru dans Fiction n° 89, Éds. Opta, avril 1961

Traductions de Karel Čapek[modifier | modifier le code]

Comme toute l'intelligentsia tchécoslovaque de son temps, Čapek est francophile et participe à la diffusion de la culture française dans son pays.

  • Apollinaire : Pásmo (Zone)
  • Molière : Sganarelle (ibid.)
  • Francouzská poezie nové doby (Poésie française contemporaine - 1920)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karel Čapek par Václav Černy (1936)
  • Karel Čapek par W. E. Harkins (1962)
  • Karel Čapek par Ivan Klíma (1962)
  • První rada v díle Karla Čapka par Oldrich Králik (1972)
  • Karel Čapek : In Pursuit of Truth, Tolerance and Trust par Bohuslava R. Bradbrook (1997)
  • Karel Čapek : Life and Work par Ivan Klíma (2002)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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