The Rolling Stones

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The Rolling Stones

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Mick Jagger, Keith Richards,
Ronnie Wood, Charlie Watts

Informations générales
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Blues rock
Rock'n'roll
Rock psychédélique
Rhythm and blues
Blues
Pop rock
Années actives Depuis 1962
Labels Decca Records
EMI
Virgin
Site officiel www.rollingstones.com
Composition du groupe
Membres Mick Jagger
Keith Richards
Charlie Watts
Ron Wood
Anciens membres Brian Jones
Ian Stewart
Mick Taylor
Bill Wyman
Dick Taylor
Mick Avory

The Rolling Stones est un groupe de rock britannique, formé à Londres en 1962 par le guitariste et leader original Brian Jones, le pianiste Ian Stewart, le chanteur Mick Jagger et le guitariste Keith Richards. Le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts les rejoignent ensuite et complètent la formation originale. Jagger et Richards constituent rapidement un duo d'auteurs-compositeurs et prennent peu à peu la direction du groupe, en lieu et place d'un Brian Jones de plus en plus erratique. Ian Stewart, jugé peu apte à jouer les idoles des jeunes, selon les préférences de l'époque, est renvoyé du groupe en 1963, mais continuera à travailler avec les Stones comme road manager et claviériste jusqu'à son décès en 1985.

Le nom du groupe vient d'une chanson de Muddy Waters, Rollin' Stone, choisie par Brian. Le blues a toujours été la source d'inspiration principale des Stones, qui ont été l'un des principaux acteurs du retour de cette musique sur le devant de la scène, à travers le British Blues Boom. Les premiers enregistrements des Rolling Stones sont des reprises de blues et de rhythm and blues américains. Après avoir rencontré le succès au Royaume-Uni, ils deviennent populaires aux États-Unis, durant la « British Invasion » (initiée par les Beatles) du milieu des années 1960. Leur single de 1965, (I Can't Get No) Satisfaction fait connaître les Stones dans le monde entier.

À partir de 1966 et de l'album Aftermath, les chansons de Jagger et Richards, embellies par les expérimentations instrumentales de Brian Jones, développent une diversité stylistique qui restera présente jusqu'à nos jours. Jones meurt noyé dans sa piscine en juillet 1969, peu de temps après avoir été renvoyé du groupe. Il est remplacé par Mick Taylor qui participe à l'enregistrement de cinq albums studio avant de quitter les Stones en 1974. L'ancien guitariste des Faces, Ronnie Wood, prend alors sa place et la conserve depuis lors. Bill Wyman quitte à son tour le groupe en 1993. Le bassiste Darryl Jones rejoint alors le groupe sans en devenir un membre officiel.

Les Rolling Stones ont publié 22 albums studio au Royaume-Uni (24 aux États-Unis), 8 albums live (9 aux États-Unis) et 32 compilations. En 2012, le groupe estime avoir vendu plus de 400 millions d'albums dans le monde. En 1971, Sticky Fingers débute une série de huit albums studio consécutifs qui atteignent la première place des hit-parades, des deux côtés de l'Atlantique. Leur dernier disque original, A Bigger Bang, est sorti en 2005. Ils sont d'ailleurs le deuxième groupe à avoir eu le plus de succès dans le Billboard Hot 100, la référence des ventes de singles aux États-Unis. Les Stones ont été classés no 4 dans la liste des 100 plus grands artistes de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Les Rolling Stones sont entrés au Rock and Roll Hall of Fame en 1989, et Mick Jagger a été anobli par la reine d'Angleterre en 2002. Leur image de mauvais garçons rebelles, véhiculée dans les années 1960, est une référence majeure pour les générations de musiciens rock qui les ont suivis.

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Le nom original du groupe était « The Rollin' Stones »[1],[2]. Le groupe originel était formé de :

Ian Stewart sera écarté par leur premier manager Andrew Loog Oldham avant même leur premier single. Il restera néanmoins le pianiste — non exclusif — sur les disques, et sera jusqu'à sa mort le road manager du groupe et le « sixième Stone ».

Composition du groupe depuis 1962[modifier | modifier le code]

Période Musiciens Albums
1962

avec :

janv. 1963
avril 1963
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions
  • Brian Jones - guitare, chœurs, harmonica, percussions
  • Keith Richards - guitare, chœurs
  • Ian Stewart - piano, percussions
  • Charlie Watts - batterie
  • Bill Wyman - basse, chœurs
mai 1963
mai 1969
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions
  • Brian Jones - guitare, chœurs, harmonica, percussions, tamboura, sitar, dulcimer, clavier, autoharpe, cuivres, bois, thérémine, kazoo
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier, percussions
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, chants, percussions, clavier
mai 1969
déc. 1974
  • Mick Jagger - chants, harmonica, clavier, percussions, guitare
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier
  • Mick Taylor - guitare, basse, synthétiseurs, percussions, chœurs
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, synthétiseurs
mai 1975
janv. 1993
  • Mick Jagger - chants, harmonica, clavier, guitare
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier, percussions
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Ronnie Wood - guitare, chœurs, basse, batterie, percussions
  • Bill Wyman - basse, synthétiseurs
1994
présent
  • Mick Jagger - chants, harmonica, percussions, guitare, basse, clavier
  • Keith Richards - guitare, chants, basse, clavier
  • Charlie Watts - batterie, percussions
  • Ronnie Wood - guitare, chœurs, basse

avec :

Et lors des tournées :

  • Bobby Keys (saxophone)
  • Chuck Leavell (claviers)
  • Lisa Fischer (chœurs)
  • Bernard Fowler (chœurs)
  • Blondie Chaplin (chœurs, guitare, percussions)

Histoire du groupe[modifier | modifier le code]

Création et débuts[modifier | modifier le code]

The Rolling Stones en 1965

En octobre 1960, Mick Jagger et Keith Richards, deux amis d'enfance — ils ont fréquenté la même école depuis leur maternelle — qui s'étaient un peu perdus de vue, se retrouvent sur le quai de la gare de Dartford. Mick a des disques avec lui, dont le Best of Muddy Waters, ce qui incite Keith à venir lui parler. Mick et Keith ont aussi un ami en commun, Dick Taylor, un guitariste qui joue avec Mick dans son groupe Little Boy Blue & The Blue Boys et qui étudie dans l'école de Keith, la Sidcup Art. Mick invite Keith à le rejoindre dans son groupe tout juste naissant, Little Boy Blue & The Blues Boys. Le groupe n'a cependant que le nom, puisque le seul public de leur courte carrière, ne consistera qu'en la mère de Dick Taylor, qui autorise que le groupe répète chez elle[3].

En avril 1962, le Blues Incorporated, groupe monté par Alexis Korner et ouvert à de nombreux musiciens, joue ses premiers concerts[4]. Parmi les musiciens qui montent sur scène, Jack Bruce, Ginger Baker, Charlie Watts et aussi Brian Jones, qui se produit sous le nom d'Elmo Lewis, et qui impressionne le public en jouant de la guitare slide (à l'époque inconnu en Angleterre)[4]. Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor rejoignent le Blues Incorporated mais tendent à s'éloigner du rhythm and blues pur et dur pour jouer du rock'n'roll (notamment du Chuck Berry et Jimmy Reed)[5]. Brian Jones rencontre pour la première fois Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor, le 2 avril 1962[6].

Soucieux de monter son propre groupe, Brian Jones passe une petite annonce dans Jazz News fin 1961, il pense appeler son groupe les Rollin' Stone, d'après un titre de Muddy Waters[7]. Brian Jones donne rendez-vous aux postulants au pub Bricklayers'arms sur la Berwick Street[8]. Le pianiste Ian Stewart répond à l'annonce. La première mouture des Rolling Stones se forme avec Brian Jones et Geoff Bradford aux guitares, Ian Stewart au piano, Paul Pond au chant[9]. Le poste de batteur est fluctuant : plusieurs batteurs payés au concert se succèdent dont Charlie Watts et Mick Avory (futur Kinks). Lorsque Paul Pond quitte le groupe, Alexis Korner suggère à Brian Jones le chanteur Mick Jagger qui a fait sa place dans le Blues Incorporated[9]. Ce dernier impose alors son ami Keith Richards ainsi que Dick Taylor. Geoff Bradford quitte le groupe et Ian Stewart, Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards et Dick Taylor forment l'ossature du groupe qui prendra en juin, le nom de « Rollin' Stones » avant de s'appeler « Rolling Stones ». Selon Keith Richards, c'est Brian Jones qui trouve le nom du groupe, alors qu'il est au téléphone en train de prospecter pour trouver des engagements pour des concerts. Alors qu'on lui demande le nom de son groupe, il cite le premier nom qu'il a sous les yeux : le titre d'un morceau de Muddy Waters, Rollin' Stone[10]. Néanmoins, il semblerait que cette anecdote ne soit qu'une légende, puisque d'après Ian Stewart, dès sa première rencontre avec Brian Jones suite à l'annonce dans Jazz News, Brian Jones avait déjà décidé de nommer son futur groupe « Rollin' Stones »[11]

Mick, Keith et Brian emménagent au 102, Edith Grove dans le quartier de Chelsea. C'est une période de vaches maigres, avec des difficultés pour se nourrir et se chauffer. Ils vivent de chapardages et des maigres cachets obtenus pour quelques petits concerts[12]. C'est à cette période que Philip Townsend prend les photos qui circuleront, à travers les plus grandes galeries du monde, comme les toutes premières des Stones. Ils habitent six mois en colocation avec James Phelge[13]. Néanmoins, cette période est musicalement faste pour Brian et Keith, qui passent de longues journées à travailler leur jeu de guitare.

Le premier concert des Stones se passe au Marquee à Londres, le 12 juillet 1962. Le groupe est alors composé de Brian, Mick, Keith, Ian Stewart au piano, Dick Taylor à la basse et Mick Avory à la batterie. Ce soir-là, les Rolling Stone jouent comme interval band, juste une demi-heure, le temps que le groupe principal se repose, ils interprètent Dust My Broom, Bright Lights, Big City, Ride Them Down, Bad Boy, Back In The USA et Down The Road Apiece. Ce soir-là, Keith lancera à Brian cette phrase tristement célèbre : « Tu n'arriveras pas à trente ans, pas vrai ? »[14]

Taylor partira ensuite former les Pretty Things. Le poste de batteur est toujours aléatoire, oscillant entre Tony Chapman et Mick Avory. Les Stones cherchent un bassiste. En décembre 1962, Tony Chapman leur présente Bill Wyman, au Red Lion Club[15] qui leur plaît immédiatement, peut-être grâce à ses amplis, denrée rare à l'époque, mais aussi grâce à ses capacités : il est plus âgé de 7 ans que Mick et Keith, et joue déjà depuis de nombreuses années dans son groupe les Cliftons, avec Tony Chapman, tout en étant amateur. Les batteurs des Stones étant trop instables, Charlie Watts, qui connaissait bien Mick et Brian pour avoir joué avec eux, se joindra à eux définitivement en janvier 1963, laissant sa place au sein des Blues Incorporated à Ginger Baker. Le 14 janvier 1963, les Rolling Stones jouent leur premier concert avec la formation qui persistera jusqu'à l'exclusion de Brian Jones : Mick Jagger au chant, Keith Richards et Brian Jones aux guitares, Bill Wyman à la basse, Charlie Watts à la batterie et Ian Stewart au piano, qui quittera le groupe quelques mois plus tard, sous l'impulsion d'Andrew Loog Oldham.

Le 11 mars 1963, ils enregistrent une « démo » à l'IBC Studio de Portland Place, à Londres - avec comme ingénieur du son le futur mythique Glyn Johns - composée de reprises de r'n'b[16]. Le 21 avril 1963, les Beatles rencontrent pour la première fois les Rolling Stones au club Station Hotel Richmond, club où les Stones jouaient le soir-même[17]. La première photo officielle du groupe en concert, prise par Dezo Hoffmann, date du 4 mai 1963 : Mick, Charlie, Brian, Bill et Keith (seuls visibles) participent à un gala de bienfaisance organisé par le journal News of the World à Battersea[18]. Les Stones joueront régulièrement au Ealing Club, puis au Crawdaddy, club que vient d'ouvrir Giorgio Gomelsky. De quelques dizaines de spectateurs, l'audience passe rapidement à plusieurs centaines, dépassant les capacités de la salle.

Premiers succès[modifier | modifier le code]

Les Beatles viennent de sortir leur premier single Love Me Do. Andrew Loog Oldham, jeune publicitaire de 19 ans, qui a déjà travaillé avec Brian Epstein, Bob Dylan et Little Richard, associé au manager Eric Easton, ne rêve que de rencontrer et manager « ses » Beatles. Dans son parcours des clubs de Londres, il entre un jour au Crawdaddy[19], et voit les Stones. C'est la révélation, il sera leur manager : il signe avec eux un contrat de management dès le lendemain, le 29 avril 1963[20].

Avec leur nouveau manager, leur carrière décolle. En 1963, la maison de disques Decca et son directeur artistique (A&R) Dick Row, célèbre pour avoir refusé les Beatles[21], leur fait enregistrer leur premier single le 10 mai 1963[22],[23], avec, en face A, une reprise de Chuck Berry, Come On[24] et, en face B, I Want to Be Loved de Willie Dixon. Ce premier disque leur permet d'entrer discrètement dans les charts britanniques, et de se faire remarquer par la presse. Un deuxième single sort en novembre avec, en face A, un titre composé par John Lennon et Paul McCartney, I Wanna Be Your Man et, en face B, un instrumental, Stoned[25].

Ils font leur première apparition TV dans l'émission Thank Your Lucky Stars de Pete Murray. Leur look, pourtant si conventionnel de nos jours, paraît outrancier. Leurs cheveux longs, qui recouvraient juste les oreilles, font scandale ; ce look original et leur attitude parfois méprisante donnent des idées à Andrew Loog Oldham.

Afin de se démarquer des Beatles, apparus un peu plus tôt et dont la popularité est exceptionnelle, le jeune manager des Stones leur crée une image de « mauvais garçons ». En opposition aux allures de « gentils gendres » des Fab Four, Jagger et sa bande cultivent leur différence, refusant très rapidement le costume-cravate[26], insistant sur leur chevelure, et défraient la chronique par leurs frasques[27]. Néanmoins, celui qui est surtout visé pour son côté « mauvais garçon », n'est ni Mick Jagger, ni Brian Jones, mais Bill Wyman qui, du groupe, est celui qui possède les cheveux les plus longs et qui a toujours une mine renfrognée[28]. C'est aussi lui qui est à l'origine de la première des nombreuses frasques du groupe : il est condamné pour avoir uriné sur le mur d'une station-service[29].

C'est à cette époque que Brian Jones commence à manquer quelques concerts pour des raisons de santé, et à se perdre dans ses conquêtes féminines et leur conséquences[30]. Il a déjà deux enfants[31]. Sa position de leader du groupe est de plus en plus contestée depuis l'arrivée d'Oldham. Lors d'un concert à Liverpool, les Stones découvrent que Brian Jones reçoit un salaire supplémentaire en qualité de leader du groupe[32]. Cette révélation est le début d'une fissure qui se crée entre Jones et le reste du groupe[32] qui aboutira à terme, à son exclusion en juin 1969.

Leur carrière prend un tournant définitif : les concerts deviennent quotidiens, Bill Wyman et Charlie Watts quittent leur emploi[33] pour intégrer les Stones à plein temps, Mick Jagger laisse tomber ses études. L'appartement à Edith Grove abandonné, Keith, Mick et Andrew habitent ensemble dans un nouveau logement, où va débuter une nouvelle collaboration : Andrew oblige Mick et Keith à travailler ensemble, à l'image de McCartney et Lennon, sur l'écriture des chansons. En novembre 1963, à Mapesbury Road, Oldham oblige Keith et Mick à composer une chanson, au matin, ils interprètent It Should Be You, leur première composition en commun[34]. Cette volonté est dictée par le fait qu'il était difficile pour les Rolling Stones de trouver quelque chose de neuf à jouer (Oldham a même sollicité les Beatles pour leur écrire I Wanna Be Your Man) et parce que beaucoup de chansons de leur répertoire étaient jouées par d'autres groupes anglais (dont les Beatles), ce qui ne les aidait pas à se démarquer des autres[35].

La légende veut qu'Andew ait enfermé Mick et Keith dans une cuisine, en leur interdisant d'en sortir tant qu'ils n'auraient pas écrit une chanson[36]. D'après la légende, ils lui auraient soumis As Time Goes By, que le manager renomme immédiatement As Tears Go By et fera enregistrer par la jeune chanteuse anglaise, Marianne Faithfull. Il semblerait cependant que le premier morceau à être sorti de cette cuisine soit It Should Be You, qui sera enregistré une première fois par George Bean, un chanteur de la maison de production d'Oldham[37].

Beatles contre Rolling Stones[modifier | modifier le code]

L'opposition de style entre les Beatles et les Rolling Stones est le résultat d'un marketing de différenciation savamment orchestré par Andrew Loog Oldham. Le parcours musical des deux groupes est assez parallèle : influences communes du rock'n'roll et du rhythm n'blues (même si ce dernier est plus marqué chez les Stones). Bien que dans les médias, les Rolling Stones incarnent les « mauvais garçons » (Oldham n'avait hésité à interroger : « Laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stone ? »[38]) et les Beatles, les « gentils garçons », les membres des deux groupes s'apprécient et se côtoient dans le privé. Les Beatles, John Lennon et Paul McCartney offriront même la chanson I Wanna Be Your Man aux Rolling Stones pour lancer leur carrière en 1964 et feront les chœurs sur la chanson We Love You en 1967. Brian Jones jouera plus tard sur certains titres des Beatles comme Baby, You're A Rich Man ou You Know My Name.

Les deux groupes évitaient aussi de sortir leur singles et leurs albums en même temps pour ne pas se concurrencer. La frontière entre Beatles et Stones étaient aussi très ténue. Alors que les médias accusaient les Stones de prendre des drogues[39], les Beatles en prenaient aussi. Paul McCartney fut d'ailleurs la première rock star à dire à la presse qu'il avait pris du LSD en 1967. Lors de la descente de police à Redlands où de la drogue fut trouvée dans le domicile de Keith Richards en 1967, parmi les convives se trouvaient un Beatle, George Harrison, qui ne fut pas inquiété, étant parti avant l'arrivée de la police[39].

L'envol de 1965[modifier | modifier le code]

En 1965, Mick Jagger et Keith Richards décollent enfin comme compositeurs, tout d'abord avec As Tears Go By (qui'ils n'enregistrent pas dans un premier temps et qu'Oldham offre à Marianne Faithfull), avant que The Last Time, puis (I Can't Get No) Satisfaction atteignent toutes deux la première place des charts, suivis par Get Off of My Cloud et 19th Nervous Breakdown. Ces textes assoient la position des Stones qui arrivent désormais à évoluer au sommet comme les Beatles. Néanmoins, les textes des Stones se différencient beaucoup de ceux des Beatles par leur contenu. Si les Fab Four signent des bluettes bien sentimentales et innocentes (du moins à leurs débuts), les Stones se distinguent par leur ton ironique et sarcastique sur la société et leurs rapports aux femmes, parfois qualifiés de sexistes. Les Rolling Stones introduisent à partir de leur 1er chef-d'œuvre Aftermath (en particulier sous l'impulsion de Brian Jones) des influences psychédéliques et la musique indienne : on peut notamment rappeler le sitar de Paint It, Black (dans la foulée de celui entendu joué par George Harrison sur Norwegian Wood des Beatles), la dulcimer sur Lady Jane ou les marimbas de Under My Thumb. L'album Between the Buttons continue sur la même lancée avec la flûte mélodieuse de Brian sur Ruby Tuesday mais contient aussi des morceaux de rock comme Let's Spend the Night Together et Connection et des influences « music-hall ».

1966 sera l'année des dernières tournées avant un grand break : ils avaient tourné de façon ininterrompue depuis leurs débuts, donnant entre 250 et 300 concerts par an. Comme les Beatles, les Rolling Stones avaient subi depuis leurs débuts l'hystérie des foules dans les salles et en dehors, phénomène que l'on appelait la beatlemania. Particulièrement éprouvants, les concerts des Stones tournaient souvent à l'émeute à cause des fans qui tentaient de monter sur scène ou des bagarres dans le public. De nombreuses fois, les Rolling Stones furent contraints de s'enfuir de scène au bout de quelques minutes poursuivis par des fans. Les coûts des dégâts et le nombre de blessés sont parfois importants comme à Blackpool, à La Haye ou Paris[40].

1967 : année de transition[modifier | modifier le code]

Après leur cinquième tournée américaine et la huitième britannique, toutes deux en 1966, les Stones s'accordent du repos. L'année 1967 est surtout consacrée aux activités parallèles et les Stones s'investissent dans différents projets personnels. Keith Richards s'achète la maison de Redlands, qui sera l'une des bases du groupe, Bill Wyman fait de la production, Brian Jones compose une bande originale de film et forme avec Anita Pallenberg un couple médiatisé, icône du Swinging London. C'est aussi l'époque des vacances : Brian, Keith, Anita Pallenberg, Mick et sa nouvelle petite amie Marianne Faithfull partent en vacances au Maroc. 1967 est aussi l'année des premiers problèmes qui vont ébranler le groupe et particulièrement Brian Jones.

Le 12 février 1967, Mick Jagger et Keith Richards sont arrêtés à Redlands au domicile de Keith pour possession de drogues. Vite relaxés, ils ne feront pas de prison, sinon les quelques jours d'attente de leur comparution. Le quotidien The Times viendra d'ailleurs à leur secours avec un superbe éditorial en leur faveur[41], prémices du changement de société en cours. Si Mick et Keith arrivent à se sortir de leurs ennuis judiciaires, Brian Jones, lui, connaît plus de difficultés. Arrêté une première fois en mai 1967, puis une deuxième fois en mai 1968, il vit très mal cette situation et souffre de dépression nerveuse.

Sur le plan sentimental, Brian Jones connaît aussi de nombreux déboires. Alors qu'il est hospitalisé pour une crise d'asthme en France sur le trajet d'un voyage au Maroc, Keith Richards entame une liaison avec sa petite amie Anita Pallenberg[42]. Lorsqu'il reviendra de convalescence, Keith, Anita (mais aussi Mick Jagger et Marianne Faithfull) abandonneront Brian au Maroc, sans lui laisser un mot. Cette rupture sera le début de tensions entre les deux guitaristes du groupe et le début de la fin pour Brian Jones.

Sur le plan musical, l'album Their Satanic Majesties Request qui sort en décembre 1967 et qui porte largement la « patte » expérimentale de Brian Jones, bien qu'opposé initialement au projet ne voulant pas sortir de la droite ligne du blues, n'aura sur le moment qu'un succès mitigé, déconcertant par son côté « planant » quelques fans du blues pur et dur. Deux titres toutefois émergent : She's a Rainbow et 2000 Light Years from Home. La couverture de l'album innove en présentant une photo du groupe en « relief » (3D) sur film gaufré. La photographie fait un peu ciller, et pour cause : l'œil gauche du spectateur y voit Brian Jones de face tandis que le droit le voit de profil. Cette expérience ne sera pas reprise sur les rééditions vinyle, ni CD, de l'album. Interrogé sur celui-ci, John Lennon commente ironiquement : « Les Stones font tout six mois après nous » (Sgt. Pepper était sorti en juin). C'est une pique amicale et non une déclaration de guerre ; John Lennon, Brian Jones et Mick Jagger conserveront les meilleures relations qui soient dans le civil.

1968 : retour aux affaires et découverte de l'accord ouvert[modifier | modifier le code]

1968 est une année décisive pour les Stones. Musicalement, avec l'échec de Their Satanic Majesties, le groupe a perdu du terrain face à ses concurrents. Cela est d'autant plus vrai que la musique du moment subit une véritable mutation apportée par des groupes comme le Jimi Hendrix Experience, les Doors ou le Grateful Dead, et que l'épicentre du rock s'est déplacé d'Angleterre vers la Californie. Alors que les Beatles concoctent leur Album Blanc, que les Who enregistrent leur opéra-rock Tommy, les Stones marquent leur grand retour en revenant aux racines du blues et du rock, d'abord avec le single Jumpin' Jack Flash, puis avec l'album Beggars Banquet. L'album est très influencé par son époque et l'esprit de contestation qui flotte dans l'air. Des titres comme Street Fighting Man, Jigsaw Puzzle ou Sympathy for the Devil font référence aux émeutes qui éclatent un peu partout dans le monde occidental. Depuis la descente de Redlands, Mick Jagger s'est positionné dans une attitude de défiance et de rébellion vis-à-vis de l'ordre établi[43]. Des titres comme Sympathy for the Devil témoignent aussi de l'influence de Marianne Faithfull sur Mick Jagger. Cette dernière l'a initié à une certaine culture littéraire puisque la chanson est inspirée du roman Le Maître et Marguerite.

L'album, dont toute la prise de son possède une qualité technique (Parachute Woman, No Expectations, Salt of the Earth…) supérieure encore à celle du Going Home d'Aftermath, remet les Rolling Stones en selle avec des morceaux comme Sympathy for the Devil et Street Fighting Man qui vont asseoir leur réputation du groupe le plus violent de l'histoire du rock et de « greatest rock & roll band in the world ».

En 1968, Keith Richards découvre une façon de s'accorder (l'open tuning, en sol, et en retirant la 6e corde -la plus grave- de sa guitare) qui marque le nouveau son des Rolling Stones, pour les albums qui suivront. En effet, cet accordage qui est utilisé par les bluesmen permet aux Stones de changer leur façon de composer. Certains pourront regretter que celui-ci appauvrisse l'aspect mélodique de leurs chansons, d'autres salueront les innombrables chansons qui seront le fruit de l'open tuning (Jumpin' Jack Flash, Street Fighting Man, You Can't Always Get What You Want, Honky Tonk Woman, Gimme Shelter, Happy, Start Me Up pour n'en citer que quelques-unes).

Le guitariste Keith Richards lors d'un concert du groupe à Hanovre (Allemagne) en 2006. On peut apercevoir au deuxième plan, de dos, Darryl Jones (à gauche) et Mick Jagger (à droite)

Le tournant de 1969[modifier | modifier le code]

L'exclusion de Brian Jones[modifier | modifier le code]

Brian Jones, bien que leader dès l'origine, est exclu du groupe en juin 1969. Cela faisait quelques années que le guitariste des Stones était à l'écart dans le groupe. Depuis que le duo Mick Jagger/Keith Richards s'était imposé dans la création musicale du groupe, Brian Jones avait perdu de son influence et vivait mal cette situation. L'abus de drogues et d'alcool, les diverses arrestations ainsi que le fait qu'Anita Pallenberg, son ancienne petite amie soit désormais dans les bras de Keith Richards n'avaient pas arrangé les choses et ses relations avec le reste du groupe. Les participations de Brian aux albums sont de plus en plus erratiques comme le montre une des séquences du film de Jean-Luc Godard réalisé en 1968, Sympathy for the Devil. Il a du mal à se concentrer et à jouer en studio, les techniciens du son allant jusqu'à le laisser interpréter un morceau tout en lui coupant son micro de manière à ne pas enregistrer sur la piste de fausses notes. Plus grave pour le groupe, ses problèmes judiciaires ne lui permettent plus de suivre le groupe en tournée, puisque les États-Unis ne lui délivreront pas de visa. Incapable d'assurer les enregistrements studio et les concerts, il est remplacé par Mick Taylor et se retire du groupe le 9 juin 1969. Quelques semaines plus tard, Brian Jones meurt le 3 juillet 1969, noyé dans sa piscine.

Le « grand retour » à la scène date du 5 juillet 1969, lors du concert gratuit à Hyde Park, devant près de 500 000 personnes, le premier depuis deux ans et demi, pour l'intronisation du nouveau guitariste Mick Taylor, qui vient de chez John Mayall[44] et, fait non prévu, pour rendre un hommage à Brian Jones, décédé 2 jours plus tôt. Mick Jagger lira à cette occasion un poème de Percy Bysshe Shelley, Adonaïs. Mick Taylor contribuera à renforcer les racines blues des Rolling Stones et sa participation aux albums Exile on Main Street et Sticky Fingers marqueront le retour à des compositions et des productions plus épurées. Le concert d'Hyde Park est le prélude à une grande tournée américaine où ils n'ont plus joué depuis trois ans. La grande tournée qui contient vingt-trois dates et dix-sept villes, démarre le 1er novembre 1969. Le show est très bien rôdé et le groupe apparaît plus professionnel qu'il ne l'a jamais été[45]. La tournée américaine de 1969 sera immortalisée par l'album en public Get Yer Ya-Ya's Out!, où les riffs de Keith Richards et les solos de Mick Taylor sont d'une efficacité redoutable.

L'album Let It Bleed qui paraît en décembre 1969, est le dernier album auquel Brian avait participé même s'il ne s'agit que de deux morceaux. L'album se situe dans la lignée de Beggars Banquet. Il est aussi « violent » que l'album précédent avec des titres tels que Gimme Shelter, You Can't Always Get What You Want et surtout Midnight Rambler (qui évoque Albert DeSalvo, l'étrangleur de Boston), qui deviendra un classique sur scène. Le titre Let It Bleed (Que ça saigne !) est assez représentatif de ce qui s'est passé autour des Rolling Stones lors de l'année 1969, avec notamment la mort de Brian Jones et le concert meurtrier d'Altamont (voir plus bas).

Altamont[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Altamont#Le festival de 1969.

À l'issue de leur tournée américaine de 1969 qui marque leur grand retour aux États-Unis, et regrettant de n'avoir pu jouer au festival de Woodstock, les Stones décident de donner un concert-évènement gratuit, le 6 décembre 1969. La préparation est catastrophique en raison de la difficulté de trouver un lieu pour le concert. D'abord envisagé à San José puis à San Francisco, c'est finalement le circuit d'Altamont qui est choisi. Le concert rassemble plus de 300 000 personnes. Au fil des prestations des groupes en première partie, de violentes bagarres éclatent, notamment entre les Hells Angels payés en bières par les Stones pour assurer la sécurité, et le public. La prestation des Stones est émaillée de nombreux incidents. Alors que le groupe joue Under My Thumb, un adolescent noir de 18 ans, Meredith Hunter, est poignardé à multiples reprises par un Hells Angels, alors qu'il n'est qu'à quelques mètres de la scène et qu'il brandit une arme, qui ne sera jamais retrouvée. la scène est filmée et est présente dans le documentaire Gimme Shelter. Ce mini-festival, qui fera quatre morts, marquera la fin de l'utopie hippie et amènera les Stones à être plus rigoureux dans l'organisation de leurs concerts.

1969-1974 : Les années Mick Taylor ou l'apogée des Stones[modifier | modifier le code]

La période où officie Mick Taylor au sein des Stones correspond à l'apogée du groupe. D'une part, en raison de son jeu de guitare qui apporte une certaine virtuosité à la musique du groupe. D'autre part, parce qu'avec la séparation des Beatles, les Rolling Stones se retrouvent au premier plan et peuvent prétendre au titre de « plus grand groupe de rock'n'roll » (titre officieux qu'ils s'étaient arrogé[45] dès la tournée 1969).

En 1971, les Rolling Stones sortent l'album Sticky Fingers avec la célèbre pochette fermeture-éclair, dessinée par Andy Warhol. Les références au sexe et à la drogue sont explicites, les compositions sont excellentes (Brown Sugar, Wild Horses, Bitch, Sister Morphine, Dead Flowers). L'arrivée de Mick Taylor donne un nouveau souffle au groupe qui entame la même année une tournée d'adieu au Royaume-Uni. C'est en effet en France, sur la Côte d'Azur que le groupe pose ses valises pour échapper au fisc anglais. En 1972, le groupe sort son premier double album Exile on Main Street, dont la plupart des titres ont été enregistrés dans la villa Nellcôte, à Villefranche-sur-mer où réside Keith Richards. De nombreux invités (Bobby Keys, Gram Parsons…) participent à l'album et aux interminables sessions d'enregistrement ponctuées par les injections d'héroïne, drogue à laquelle Keith s'adonne[46] (et qui posera problème par la suite). L'album est excellent même s'il ne contient pas vraiment de hit majeur, sauf Tumbling Dice et Happy chanté par Keith Richards lui-même. La chanson Sweet Black Angel, est un hommage à Angela Davis, et le blues y est omniprésent. L'album n'est pas très bien accueilli par la critique à sa sortie, mais sera finalement encensé par cette même critique vingt ans plus tard, le classant parmi les dix meilleurs albums de tous les temps (Rolling Stone Magazine).

À la suite de l'album, les Stones se lancent dans une gigantesque tournée aux États-Unis où ils ne sont plus retournés depuis Altamont. Les Stones sont à leur zénith et la tournée (intitulé STP : Stone Touring Party, avec un jeu de mots sur le STP qui est une amphétamine — le 2,5-diméthoxy-4-méthylamphétamine) devient un prétexte à tous les excès (sexe, drogues, rock'n'roll et… télévisions défenestrées par Richards et Bobby Keys dans un hôtel de la tournée). Le film-documentaire Cocksucker Blues tourné par Robert Frank pendant la tournée nord américaine témoigne de ces excès mais ne sortira pas, car présentant une vision trop crue du groupe (drogues, groupies, destruction de chambres d'hôtel, scènes d'orgies dans un avion). Une polémique entoure tout de même ce film, car les différentes scènes de décadence auraient pu être mises en scène.

En 1973, l'inspiration du groupe s'appauvrit, car Keith Richards commence à connaître des problèmes suite à sa dépendance à l'héroïne. La villa Nellcôte étant devenue un repère de nombreux héroïnomanes (dont Keith et Anita Pallenberg), elle est étroitement surveillée par la police. En décembre 1972, une descente de police trouve matière à inculper Keith Richards pour usage et trafic de drogue[47]. Si le guitariste a eu le temps de quitter les lieux, il est déclaré persona non grata dans l'Hexagone, y privant le groupe de tout concert pendant plusieurs années. L'album qui sort en 1973, Goat's Head Soup, enregistré en Jamaïque, est nettement inférieur aux précédents. Il devient cependant un succès commercial grâce à la chanson Angie. La tournée européenne qui promeut l'album reste l'une des meilleures de leur carrière. Afin de satisfaire les spectateurs français malgré leurs démêlés judiciaires, les Rolling Stones et la radio RTL affrètent un train spécial à destination d'un concert exceptionnel donné à Bruxelles : le bootleg Brussels Affairs reflète le son excellent de cette tournée, les Stones sont au zénith de leurs prestations scéniques, les prestations de Mick Taylor sont absolument fantastiques[non neutre].

En 1974 sort l'album It's Only Rock 'N Roll qui est le premier album produit sous le vocable Glimmer Twins, surnom du duo Jagger - Richards. L'album ouvre sur le titre If You Can't Rock Me avec Keith Richards à la basse, suivi de Ain't Too Proud To Beg, reprise des Temptations. On notera le morceau Time Waits For No One, avec un solo de Mick Taylor très inspiré et surtout le morceau soul Fingerprint File qui fait référence aux exactions du FBI et des dictatures sud-américaines.

Un déclin relatif[modifier | modifier le code]

Le départ de Mick Taylor et l'arrivée de Ron Wood[modifier | modifier le code]

À la grande surprise de tous, Mick Taylor quitte les Stones après l'album It's Only Rock 'N Roll[48] en décembre 1974. Il sera remplacé par Ron Wood, issu des Faces et ayant travaillé avec Rod Stewart et Jeff Beck (en tant que bassiste). De nombreuses rumeurs ont circulé à propos du départ de Taylor (qui ne s'est jamais expliqué clairement sur ses raisons). La raison la plus répandue est qu'il en avait marre de ne pas être crédité pour son apport sur certains morceaux[49]. Mais, il semblerait aussi qu'il avait du mal à se sentir réellement intégré au groupe et que sa dépendance à l'héroïne a joué aussi dans sa décision de s'éloigner des Stones[49].

Avec le départ de Mick Taylor et l'arrivée de Ron Wood, le groupe perd un virtuose mais gagne un guitariste qui correspond plus à leur image (très sex, drugs & rock'n'roll). De plus, l'arrivée de Ron Wood permet un retour au guitar weaving cette technique particulière d'entremêler les deux guitares (sans distinction entre le guitariste soliste et le guitariste rythmique : chacun alternant ce rôle) qui était la marque de fabrique des Stones du temps où Brian Jones et Keith Richards jouaient ensemble. La technique de Mick Taylor l'avait imposé comme soliste et contraint Richards à ne se contenter que de la rythmique.

Le batteur Charlie Watts lors d'un concert du groupe à Hanovre en 2006

Dans le monumental livre Rolling Stones, Ron Wood explique s'être longtemps senti le « petit nouveau », et pas Stone à part entière (à juste titre puisque jusqu'en 1993, il ne sera qu'un salarié du groupe avant d'être intégré comme membre à part entière des Stones). Les choses changeront pendant la durable brouille de 1988 entre Mick Jagger et Keith Richards, qui enregistreront alors en solo ; se disant qu'après tout il a alors davantage d'ancienneté que n'importe quel membre ayant quitté les Stones, il prend sur lui d'amener Jagger et Richards à la réconciliation. Celle-ci se concrétisera par l'album Steel Wheels en 1989.

Fin des années 1970 : les années sombres[modifier | modifier le code]

Mick Jagger et Ron Wood à Chicago en 1975

L'arrivée de Ron Wood est salutaire pour le groupe par sa capacité à soutenir en studio et sur scène les errances de Keith Richards, qui a du mal à assurer sa place en raison de sa dépendance grandissante à l'héroïne. Sa contribution aux albums du groupe est de plus en plus erratique[50] et même sur scène, il a du mal à tenir son rôle. Lors d'une tournée européenne, en Allemagne, en 1976, Keith Richards, abruti par les drogues, s'évanouit sur scène à Francfort puis quelques jours plus tard, s'endort littéralement pendant un morceau à Münster. Si Mick Jagger réussit à maintenir le groupe à flots, Keith Richards est aux abonnés absents.

Les années 1970 seront une période trouble pour Keith Richards à qui les médias attribuent le titre peu envié de « l'être humain le plus élégamment dévasté[51] ». Outre ses addictions, il est aussi affecté de la mort de ses proches : son fils Tara meurt âgé de dix semaines en 1976, son grand ami Gram Parsons en 1973… Ses diverses arrestations comme en Arkansas en 1975 ou à Toronto en 1977 (voir plus bas) et les interdictions de séjour qui en découlent mettent en péril l'avenir du groupe et l'oblige à constamment déménager (France, Suisse, Jamaïque). Il y a aussi les doutes musicaux. La fin des années 1970 voit apparaître des musiques nouvelles comme le punk ou la disco, qui donnent un coup de vieux à des groupes comme les Rolling Stones. Joe Strummer, guitariste du Clash déclare : « En 1977, plus d'Elvis, plus de Beatles, plus de Rolling Stones[52] ! » pour signifier sa défiance à des musiques qui selon lui, appartiennent au passé.

Paradoxalement, malgré la défiance du punk, les albums des Stones entre 1975 et 1981 atteignent à chaque fois la première place au hit-parade des ventes. It's Only Rock 'N Roll (1974), Black and Blue (1976), Some Girls (1978), Emotional Rescue (1979) et Tattoo You (1981) sont tous numéro un des ventes. Le groupe s'essaie à des musiques nouvelles qui collent à leur époque comme le funk (Hot Stuff sur l'album Black and Blue), le reggae (Cherry O Baby) ou la disco (Miss You). Le groupe réussit encore à s'attirer les foudres des bien-pensants notamment à cause des paroles et de la pochette jugée sexistes de l'album Some Girls (1978)[53].

De même, les concerts sont de plus en plus gigantesques et importants par les foules qu'ils attirent, les lieux où ils se déroulent et les moyens qu'ils nécessitent. L'attraction de la tournée 1975 est un pénis gonflable de six mètres[54]. En 1978, Les Rolling Stones jouent dans des stades pouvant contenir plus de 80 000 personnes et ils sont les premiers à le faire[55]. C'est surtout grâce à Mick Jagger que le groupe arrive à se maintenir dans la décennie malgré la concurrence du punk ou de la disco. De l'aveu de Keith Richards, c'est Mick qui s'est occupé des affaires du groupe aussi bien sur le plan artistique que sur le plan économique[56].

Les années 1980 : Mick Jagger contre Keith Richards[modifier | modifier le code]

L'arrestation de Keith Richards à Toronto en 1977, qui risque sept ans de prison, met le groupe en péril et jette le doute sur la pérennité de sa présence au sein des Stones. Il est sauvé in extremis de la prison par une fan aveugle - (en)Blind angel comme l'a surnommé Keith - qui convainc le juge d'infliger au groupe de donner un concert pour lever des fonds pour la cause des aveugles. Keith Richards reconnaîtra plus tard qu'elle lui a probablement sauvé la vie. Cet événement incite le guitariste à se débarrasser de sa dépendance à l'héroïne qui génère de nombreux problèmes pour le groupe. Peu à peu, Keith Richards se défait de ses addictions, en même temps qu'il se défait de la présence de sa compagne, Anita Pallenberg, héroïnomane comme lui.

Le retour aux affaires de Keith est pourtant le début de nouveaux problèmes pour le groupe. Selon Keith Richards, Mick Jagger avait pris la tête du groupe dans les années 1970, lorsque lui-même était dépendant à l'héroïne, et maintenant que le guitariste allait mieux, il n'était plus disposé à partager ce pouvoir[56]. Les premiers problèmes apparaissent lors de l'enregistrement d'Emotional Rescue[57], en 1979 et culmineront avec la sortie de Dirty Work en 1986. Si le groupe continue d'enregistrer des albums et à jouer des concerts, Keith Richards et Mick Jagger ne se côtoient pratiquement plus et ne s'adressent plus la parole.

Mick Jagger semble de plus en plus tenté par une carrière solo. Après deux collaborations avec Michael Jackson pour State of Shock en 1984 et David Bowie pour Dancing in the Streets en 1985, il sort son premier album solo, She's the Boss, en 1985, suivi de Primitive Cool en 1987. Les velléités de carrière solo de Mick provoquent l'ire de Keith Richards qui déclare même en 1986 : « Si Mick fait une tournée sans nous, je lui coupe la gorge[58] ». Les autres Stones eux-mêmes se tiennent désormais à l'écart d'un groupe qui n'a plus de groupe que le nom. Keith Richards a formé son propre groupe les X-Pensive Winos, Charlie Watts joue du jazz avec le groupe qu'il a formé, le Charlie Watts Orchestra, et Bill Wyman s'investit dans la production via le projet AIMS (Ambition, Idées, Motivation, Succès). Selon Wyman, Mick est le responsable des problèmes des Stones parce qu'il a décidé de « faire son propre truc tout seul sans le groupe[34] ».

Le sommet des troubles est atteint en 1986 avec l'album Dirty Work, sur lequel Bill Wyman et Charlie Watts jouent volontiers les absents : plusieurs invités contribueront à cet album, dont Tom Waits, Jimmy Cliff, Steve Naïve, le guitariste Jimmy Page et Bobby Womack. C'est pendant l'enregistrement de l'album que décède Ian Stewart, l'ami fidèle et un des membres fondateurs du groupe, qui vivait dans leur ombre. Le titre de l'album est un clin d'œil aux fans, qui connaissent les difficultés du groupe.

L'éternel retour[modifier | modifier le code]

En janvier 1989, lors de l'intronisation du groupe au Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland, aux États-Unis, les deux Glimmer Twins s'évitent mais finiront quand même par se parler (probablement aux réjouissances de fin de soirée) et décideront de se revoir au cas où l'« alchimie » fonctionnerait de nouveau.

Bill Wyman (bassiste de 1962 à 1993) & Mick Taylor (guitariste de 1969 à 1974) en 2008

Ils synchronisent finalement leurs agendas et se retrouvent en mars 1989 à la Barbade. C'est là qu'ils signent un lucratif contrat avec CPI (Concert Production International) pour une tournée de cinquante concerts en Amérique du Nord, contre un cachet de 65 à 70 millions de dollars[59]. Il s'agit à l'époque, du plus lucratif contrat de l'histoire du rock[59]. À l'été 1989, les Rolling Stones sont rendus à Tanger, au Maroc pour enregistrer "Continental Drift" avec les Master Musicians of Jajouka dirigé par Bachir Attar, pour Steel Wheels l'album. Le groupe se rend ensuite à Montserrat au studio Air pour enregistrer l'album Steel Wheels qui sortira en août 1989. Une forme de renaissance viendra avec cet album, qui verra les Stones, à nouveau soudés, retrouver l'inspiration et l'envie de jouer ensemble. La tournée nommée elle-aussi Steel Wheels, la première du groupe depuis sept ans, débute le 31 août 1989 et finit le 19 décembre. Mais elle est poursuivie l'année suivante au Japon puis en Europe, sous le nom d'Urban Jungle Tour.

Si les tournées se font dans des grands stades et deviennent un vrai business industriel[60], Keith insistera pour pouvoir toujours jouer dans des petites salles, plus ou moins officiellement, usant parfois de pseudonymes pour le groupe, afin de rester près de ses fans. À titre d'exemple, l'album Stripped est enregistré en partie à l'Olympia de Paris et en partie au Paradiso Club d'Amsterdam ainsi que quelques titres en studio au Japon dans le cadre de répétitions. Visiblement lassé de ne pas être crédité pour ses contributions, et peut être aussi des tournées incessantes dans les stades ou bien aussi par son avance en âge sur les autres[61], Bill Wyman quitte le groupe le 6 janvier 1993 pour prendre sa retraite[62]. Il forme les Rhythm Kings, groupe comprenant des « requins de studios », tous de ses amis, comme Peter Frampton, Albert Lee ou Gary Brooker, et enregistre plusieurs albums aux consonances blues et jazz. Il est remplacé par Darryl Jones, choisi par Charlie Watts, qui amène une basse encore plus pesante que Bill Wyman et qui sied très bien au son des Stones; Darryl Jones ne sera jamais considéré comme un « vrai Stone » et ne sera pas présent sur les photos publicitaires des Stones, bien qu'il soit très apprécié des membres du groupe. Il est aussi le premier non-anglais à faire partie des Stones, puisqu'il est américain.

Un nouvel album en 1994, Voodoo Lounge, encore plus roots que Steel Wheels, donne l'impression une fois de plus que les Stones sont de retour. Nouvelle tournée mondiale, et nouveau succès.

Keith Richard sur la tournée Voodoo Lounge en 1995

Les Stones sortent un nouvel album en 1997, (Bridges to Babylon), marqué par la volonté de s'inscrire dans l'air du temps (production des Dust Brothers, basse de Me'Shell Ndegéocello, cosignature à l'amiable du premier single avec K.D. Lang) tout en gardant le son traditionnel. Cet album donne l'occasion d'une nouvelle tournée mondiale, qui durera de septembre 1997 à septembre 1998, pour reprendre de janvier à juin 1999. Le clip du titre vedette Anybody Seen My Baby met en scène Angelina Jolie.

2000-2010[modifier | modifier le code]

Pour fêter leurs quarante années de carrière, les Rolling Stones repartent en tournée mondiale en 2002-2003. Cette tournée, appelée Licks Tour, voit les Stones au meilleur de leur forme depuis leurs plus grandes années de gloire [réf. nécessaire]. Ils n'ont pas d'album à promouvoir cette fois, sinon une compilation qui comporte quatre titres inédits, Forty Licks (dont Losing My Touch chanté par Keith et le single Don't Stop). Pour cette tournée ils répètent plus de quatre-vingts chansons tirées de l'ensemble de leur répertoire (notamment des chansons jamais jouées sur scène comme Can't You Hear Me Knockin'). Ils en profiteront aussi pour écumer un grand nombre de petites salles, dont de nouveau l'Olympia de Paris. La tournée, remarquée pour sa vigueur, le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble, le son et l'énergie, sera l'occasion du premier DVD des Rolling Stones, Four Flicks, qui donne trois concerts (à New York au Madison Square Garden, à Paris à l'Olympia et au Stade de Twickenham) et plus de quarante chansons.

L'album A Bigger Bang apparaît à certains, à nouveau, comme une résurrection. Il est en effet enregistré dans le château français de Mick Jagger, avec de nombreux blues et des titres très roots, et la « patte » de Keith Richards. Mais peinant quelque peu à se renouveler avec cet album de plus, ils ne font pas illusion auprès d'une partie de la critique et des fans.

Leur dernière tournée mondiale, nommée elle aussi « A Bigger Bang », a commencé le 21 août 2005 à Boston (États-Unis). Après les étapes américaines (Nord et Sud), asiatiques et en Océanie, un accident très médiatisé de Keith Richards (tombé la tête la première d'un arbre) a contraint le groupe à différer l'ouverture de la tournée européenne, bouleversant nombre de dates et en en annulant quelques-unes. En France, deux concerts initialement prévus au Stade de France, furent fondus en une seule soirée le 28 juillet 2006, l'une de leurs meilleures prestations dans l'Hexagone selon de nombreux avis. Les Rolling Stones sont également à Nice le 8 août 2006, renouant pour un soir au Palais Nikaïa (stade Charles-Ehrmann) avec leurs années « Riviera ». Se confirme aussi un retour de la tournée aux États-Unis, prévue dès septembre pour plusieurs mois.

A Bigger Bang est d'ores et déjà devenue la tournée la plus lucrative de l'histoire de la musique[réf. nécessaire], avec depuis l'automne 2005 des recettes de 437 millions de dollars et une audience de 3,5 millions de personnes pour 110 spectacles. Le groupe a également attiré deux millions de personnes lors du concert gratuit de Rio de Janeiro, sur la plage de Copacabana, en février 2006.

Ainsi depuis la sortie de Voodoo Lounge en 1994, les Rolling Stones ont passé plus de sept ans sur scène, avec un évident plaisir qui, même s'il n'est pas dénué de manœuvres commerciales et de gains colossaux, démontre, s'il le fallait encore, que le groupe représente alors, avec les Who (reformés en 1989), Paul McCartney et Ringo Starr, le seul témoignage de l'âge d'or du rock'n'roll[63], et la preuve que leur musique est intemporelle.

Les Stones sont considérés, avec Bob Dylan, les Beach Boys, les Beatles, les Who, Led Zeppelin et quelques autres, comme des inventeurs de la musique populaire moderne. Dès leurs débuts, ils ont tenu à catégoriser leur musique comme du rhythm and blues (d'après Ray Charles, c'était le nom donné autrefois au rock and roll avant qu'il ne devienne à la mode), et se réclamèrent à plusieurs reprises de la filiation des grands bluesmen. Légendaires, ils continuent à attirer les foules, et apparaissent lors de grands événements, comme lors du Super Bowl[64].

2010-2014[modifier | modifier le code]

En février et en mars 2010, après de multiples rumeurs sur une éventuelle tournée, les Rolling Stones annoncent dans la presse qu'à l'occasion de la sortie de l'album de 1972 Exile on Main St. remasterisé, ils publieront une dizaine de chansons enregistrées à cette époque. D'après une interview publiée dans le magazine Rolling Stone, ils auraient même placé de nouvelles pistes de guitares et de chant sur certains titres. Dans la même interview, Keith Richards ne dément pas une rumeur selon laquelle Mick Taylor serait venu enregistrer avec eux[65].

L'année 2012 est marquée par la célébration des cinquante ans de carrière des Rolling Stones. En août, le site officiel annonce la sortie pour le 13 novembre 2012 d'un coffret best of de 3CD intitulé GRRR! avec en bonus deux nouvelles compositions enregistrées en août 2012 à Paris : One more shot et Doom and Gloom[66] (le clip vidéo de Doom and Gloom a été tourné dans les studios de la Cité du cinéma de Luc Besson à Saint-Denis). Cinq concerts exceptionnels ont lieu en fin d'année 2012 : deux à l'O2 Arena de Londres, deux autres au Prudential Center de Newark, près de New York, et un cinquième, intercalé, au Barclays Center à New-York (Brooklyn). Afin d'être prêts pour les concerts londoniens et new-yorkais, les Rolling Stones ont répété dans un studio à quelques kilomètres de Paris et ont offert un concert-surprise au Trabendo de Paris devant 700 fans le 25 octobre 2012.

Mick Jagger en 2014.

Pour 2013, une tournée est confirmée par le groupe, avec neuf dates, de mai à juin, en Amérique du Nord, dans des salles de type « arena », un concert au festival de Glastonbury le 29 juin, ainsi qu'à Hyde Park à Londres le 6 juillet et le 13 juillet[67]. L'évènement marquant de cette tournée anniversaire est la participation de Mick Taylor à quelques morceaux[68],[69]. Durant cette tournée nord-américaine, sa participation est systématique lorsque le groupe joue Midnight Rambler, participation qui s'étendra à d'autres morceaux comme Sway, Can't You Hear Me Knocking, et (I Can't Get No) Satisfaction, jouée en dernier rappel lors de cette tournée[70].

De nombreux autres artistes rejoignent le groupe sur scène durant cette tournée : Lady Gaga, Sheryl Crow, Katy Perry, Aaron Neville, Tom Waits, Florence Welch (de Florence and the Machine), Eric Clapton. Des chorales locales accompagnent le groupe sur You Can't Always Get What You Want, comme The Crossing (Philadelphie) ou la Cawthra Park Chamber Choir (Toronto).

En 2014, le groupe entamme sa nouvelle tournée, "14 on fire" qui débute par Abu Dhabi en février. Le Japon et la Chine suivent, puis l'Europe en mai et juin 2014, avec 14 dates qui rassembleront un total de 782.000 spectateurs [71].La tournée se poursuivra en octobre-novembre 2014 par l'Australie et la Nouvelle-Zélande, tournée prévue initialement en mars, mais reportée suite au décès de la compagne de Mick Jagger.

Clips[modifier | modifier le code]

Un aspect important des Rolling Stones est la qualité de leurs clips vidéo. Truculents comme She Was Hot (« Elle était chaude »), touchants comme Harlem Shuffle, simples comme Waiting On A Friend, faisant allusion aux exactions des escadrons de la mort en Amérique centrale comme Undercover, et recourant pour certains à des techniques comme l'image de synthèse, les manipulations vidéo, voire le « portamento visuel » (Like a rolling stone), ils constituent des œuvres à part entière.

Logotype[modifier | modifier le code]

« The Tongue » (« La langue »), inspirée de la bouche du chanteur Mick Jagger, a été créée en 1970 par John Pasche, alors étudiant en art au Royal College of Art de Londres. Avant de devenir le logo emblématique du groupe, l'illustration a été utilisée sur l'album Sticky Fingers, en 1971. Le design original a été acheté le 2 septembre 2008 par le musée londonien Victoria and Albert, pour plus de 63 000 euros, lors d'enchères aux États-Unis[72].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie des Rolling Stones.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Les Stones symbolisent la vitalité à l'état pur et c'est pourquoi ils sont toujours présents aujourd'hui », Martin Scorsese, 2008.
  • « Les Stones sont véritablement le plus grand Groupe de Rock de la Planète et ils le seront toujours. Ils seront aussi les derniers. Tout ce qui viendra après eux, le Metal, le Rap, le Punk, la New-Wave, le Pop-Rock, et tout ce que vous voudrez, vous ramènera aux Rolling Stones. Ils étaient les premiers et seront les derniers et personne ne pourra faire mieux ! », Bob Dylan, 2009.
  • « Les Rolling Stones étaient l'imitation blanche et londonienne du blues du South Side, et ça a marché. » Keith Richards[75].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dear Sir, I am writing on behalf of the « Rollin' Stones » Rhythm and Blues band. ». Début de la lettre datée du « 2. 1. 63. »2 janvier 1963 ou 1er février 1963 ? – envoyée par Brian Jones au « Jazz Club » en vue de passer une audition. Brian précise la composition du groupe : « Our front line consists of : vocal + harmonica (electric), and two guitars, supported by a rhythm section comprising bass, piano, and drums. » ; fac-similé publié avec traduction par Gavin Martin, Interview d'Outre-Tombe : 1994 Brian vous parle, première parution le 9 juillet 1994 dans NME, repris (trad. : Stan Cuesta) dans Rock & Folk, Spécial Hors-série no 10, Nos années Stones : 1963-1995, juin 1995, p. 37.
  2. Voir Brian Jones and Mick Jagger & The Rollin' Stones pour leur première apparition sur scène en juin 1962, Thierry Chatain, article cité, p. 25, 2e col.
  3. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 41
  4. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 88-89
  5. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 96
  6. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 173
  7. Rolling Stone, de François Bon, éditions Fayard, 2002, page 160
  8. Rolling Stone, de François Bon, éditions Fayard, 2002, page 161.
  9. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, pp. 105-110
  10. Keith Richards, Life, 2010
  11. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, pp. 119-120
  12. « Pour sa première apparition rémunérée sur scène, Mick Jagger touche la somme de dix-sept shillings et six pences. Soit un peu moins de dix francs pour chanter avec le groupe Blues Incorporated d'Alexis Korner dans un club de Londres. » — Paul Rambali, « Money… Honey… », article publié dans Vogue Hommes en février 1994 reproduit dans Rock & Folk, Spécial Hors-série no 10, Nos années Stones : 1963-1995, juin 1995, p. 98-104, p. 98 § 1962. À titre de comparaison, Charlie Watts, le seul Stone à exercer alors une activité salariée, gagne annuellement 200 £ comme graphiste dans une agence de publicité.
  13. Nom qui servira de base au pseudonyme « Nanker Phelge » utilisé par les Stones à leurs débuts pour certains de leurs titres.
  14. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 186
  15. Un pub dans lequel ils répétaient.
  16. Diddley Daddy et Road Runner de Bo Diddley, Bright Lights Big City et Baby What's Wrong? de Jimmy Reed, et I Want To Be loved de Willie Dixon.
  17. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 274
  18. Eliot F. (Joe Staline ?), Flash !, mai 1995, in Rock & Folk, Spécial Hors-série no 10, Nos années Stones : 1963-1995, juin 1995, pp. 142-144, p. 142 § 2 et photographie.
  19. Sur les conseils de Peter PD Jones, journaliste qui avait chroniqué les Stones après les avoir vus au Crawdaddy Club.
  20. Benoît Feller, Stonologie, in Rock & Folk, Spécial Hors-série no 10, Nos années Stones : 1963-1995, juin 1995, p. 10-21, p. 12.
  21. Dick Row est surnommé dans le milieu « The man who turned down the Beatles. »
  22. Le premier 45 tours des Rolling Stones - L'Internaute
  23. Sorti en juin 1963, référence : Decca F11675.
  24. Les Stones ne seront jamais contents de l'enregistrement et du choix du titre imposé par leur manager[réf. nécessaire], et ne joueront jamais ce titre sur scène.
  25. Pas encore signé « Jagger/Richards », mais « Nanker Phelge », pseudonyme utilisé pour créditer l'ensemble du groupe.
  26. Tenue de scène quasi obligatoire de l'époque, que même les Beatles avaient adoptée dès leur premier single, rejetant « perfecto » et cheveux gominés aux oubliettes.
  27. Comme uriner (Mick, Bill et Brian, le 23 juillet 1965) sur les pompes d'une station-service qui refuse de leur ouvrir ses toilettes, grand scandale pour l'époque dans un Royaume-Uni civique !
  28. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002 (ISBN 2-213-61308-7), p. 222
  29. Massimo Bonanno, Le grand livre des Rolling Stones, 1990, (ISBN 2-85956-862-X), p. 42
  30. James Phelge : « Brian was more preoccupied with his domestic situation and seemed to have no spare time. », dans son livre Nankering With the Rolling Stones (ISBN 2-84114-653-7)
  31. L'un conçu au lycée, l'autre en 61 avec Pat Andrew, avec qui il vit plus ou moins régulièrement.
  32. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 219
  33. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, (ISBN 2-213-61308-7)
  34. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 649.
  35. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 223-228
  36. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 224
  37. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 225-226
  38. (en) Stoned by Andrew Loog Oldham: Would you let your daughter meet Andrew? - Graham Reid, Elsewhere, 24 mai 2009
  39. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 382-383
  40. Massimo Bonanno, Le Grand livre des Rolling Stones, 1990, p. 28-30.
  41. Par le célèbre article de William Rees-Mogg en juillet 1967 : Who breaks a butterfly on a wheel?.
  42. Massimo Bonano, Le Grand Livre des Stones, 1990, ISBN 2-85956-862-X, p. 64-65
  43. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 413-414
  44. Qui a fait découvrir Eric Clapton et Peter Green.
  45. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, pp. 496-497
  46. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 534-539
  47. Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p. 118-119
  48. Le single It's Only Rock 'N Roll sera composé et en partie enregistré chez Ron Wood, avec ce dernier et Mick Jagger aux guitares, David Bowie dans les chœurs, Kenny Jones à la batterie, et Willie Weeks à la basse (dixit Bill Wyman dans son livre Rolling With The Stones, page 424)
  49. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, pp. 560-566
  50. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 572
  51. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 581
  52. The Clash : nostalgie du punk - Le Monde, 15 avril 2011
  53. Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p. 163-164.
  54. Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p. 143
  55. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 605
  56. a et b François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 630
  57. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 631
  58. François Bon, Rolling Stones, une biographie, 2002, p. 643
  59. a et b Massimo Bonanno, Le Grand Livre des Rolling Stones, 1990, p. 214
  60. Géré par Jagger.
  61. Il a 7 ans de plus que Mick et Keith.
  62. Bill Wyman fera remarquer à la presse qu'il est de tous les Stones celui dont l'album solo a eu le plus de ventes. On lui prête également d'avoir connu le plus de succès féminins, mais à la différence de l'affirmation précédente, celle-ci est peu vérifiable ; les autres Stones ne l'ont en tout cas pas officiellement contestée.
  63. Quelques autres groupes se reformèrent, comme The Original Animals, mais constituèrent des expériences moins durables.
  64. (en) Stones' Super Bowl songs censored - BBC News, 6 février 2006
  65. (en) The Secrets Behind the Rolling Stones' "Exile on Main Street" Reissue - Andy Greene, Rolling Stone, 9 mars 2010
  66. (en) GRRR! The Rolling Stones announce greatest hits album - Site officiel du groupe, 4 septembre 2012
  67. Les Rolling Stones annoncent une mini-tournée avant Hyde Park - L'Express, 4 avril 2013
  68. (en) Mick Taylor rejoining Rolling Stones for new tour dates - OK!, 9 avril 2013
  69. (en) The Rolling Stones' Mick and Mick to reunite at Glastonbury: Sir Jagger to play with Taylor on Pyramid stage - The Independent, 23 mai 2013
  70. (en) Mick Taylor Jams With The Rolling Stones - antiMusic, 22 mai 2013
  71. [1]
  72. Montpellierplus, 3 septembre 2008, p. 14
  73. « Le premier film jamais tourné sur un concert de rock dévoile les Stones au début de leur carrière avec le T.A.M.I. Show où l'on retrouve, en octobre 1964, James Brown et les Suprêmes, Chuck Berry et les Beach Boys. », Robert Schlockoff, article cité.
  74. « Cinq », ce sont les Stones filmés à Hyde Park le 5 juillet 1969 concurremment à Jo Durden Smith, The Stones in the Park ; « plus un », c'est Johnny Hallyday, filmé au Palais des sports.
  75. Collectif, Les dieux du blues, Éditions Atlas,‎ 1995, 312 p. (ISBN 2731217901), p. 195

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • (Dossier, coordonné par Jean-Dominique Brierre en collaboration avec Jean-Marie Leduc), « The Rolling Stones », Paroles et Musique, pp. 23-37 :
    • Jean-Dominique Brierre, « Le style des Stones », pp. 36-37.
    • Jean-Dominique Brierre, traductions-adaptations :
    • Thierry Chatain, « L'histoire », p. 25-29 ;
      • Jean-Marie Leduc, encadrés in Thierry Chatain :
        • « Mick Jagger », p. 25 ;
        • « Brian Jones », p. 28 ;
        • « Keith Richards », p. 27 ;
        • « Ian Stewart », p. 29 ;
        • « Mick Taylor », p. 26 ;
        • « Charlie Watts », p. 28 ;
        • « Ron Wood », p. 26 ;
        • « Bill Wyman », p. 27.
    • Jean-Marie Leduc, « Interviews », pp. 31-35 :
      • « Mick Jagger : « C'est l'énergie qui nous a tenus… » », pp. 31-33 ;
      • « Keith Richards : « Oublions la moitié du groupe… » », pp. 34-35 ;
      • « Ron Wood : « J'ai dû me battre pour gagner mes sous !… » », pp. 34-35.
    • Robert Schlockoff, « Le cinéma des Stones », p. 30.

Revues, magazines…[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • (en) David Dalton, Rolling Stones - An unauthorized biography in words, photographs and music, Amsco Music Publishing Company, New York, 1971 (ISBN 0-8256-2669-2)
  • Philippe Bas-Rabérin, Les Rolling Stones, Albin Michel / Rock & Folk, coll. « Rock & Folk », Paris, 1972, 192 p.
  • (en) Tony Scaduto, Mick Jagger : Everybody's Lucifer, Berkeley Publishing Corporation, New York, 1974, 297 p.+ 16 p. H. T.
  • François Jouffa, Jacques Barsamian, Stones-story, Éditions de France, coll. « Story », Paris, 1976, 160 pages
  • (en) Robert Greenfield, S.T.p.A Journey Through America With the Rolling Stones, 2002 (ISBN 0-3068-1199-5)
  • Robert Greenfield (trad. Philippe Paringaux), S.T.P. Stones touring party, à travers l'Amérique avec les Rolling Stones, Les Humanoïdes associés, coll. « Speed 17 », Paris, 1977 (ISBN 2-9021-2319-1), 395 pages
  • Roy Carr (traduction J. M. Denis), The Rolling Stones, Éditions Delville, Paris, 1976 (ISBN 2-8592-2003-8), 120 pages
  • (en) David Dalton, The Rolling Stones : The First Twenty Years « Les Rolling Stones : Les Vingt premières années », Alfred A. Knopf, New York, 1981, 192 p. (ISBN 0-3945-2427-6)
  • (en) Robert Palmer, Mary Shanahan, The Rolling Stones « Les Rolling Stones », Sphere Books Limited, Londres, 1984 (ISBN 0-7221-6656-7), 256 pages
  • (en) Philipp Norman, The Stones, Penguin Books Ltd (ISBN 0-1401-7411-7) : traduction, Les Stones, Éditions Robert Laffont, 1984 (ISBN 2-2210-4575-0), 410 pages
  • (en) Felix Aeppli, Heart of Stone : The Definitive Rolling Stones Discography, 1962-1983, Pierian Press, Pierian Press, coll. « Rock & Roll Reference, 1990 (ISBN 0-8765-0192-7), 580 pages
  • (en) Martin Elliott, The Rolling Stones Complete Recording Sessions 1963 – 1989 : A Sessionography, Discography and History of Recordings From the Famous Chart-toppers to the Infamous Rarities, January 1963 – November 1989, Blandford, Londres, 1990 (ISBN 0-7137-2118-9), 224 pages
  • David Carter (trad. Jacques Collin), Les Rolling Stones, Éditions Hors Collection, 1994 (ISBN 2-2580-3882-0), 80 pages
  • (en) Bill Wyman, Stone Alone: The Story of a Rock 'N' Roll Band, Da Capo Press Inc, 1997 (ISBN 0-3068-0783-1), 640 pages
  • Steve Appleford (trad. Jacques Collin), L'Intégrale Rolling Stones : Les Secrets de toutes leurs chansons, Éditions Hors Collection, 1997 (ISBN 2-2580-4883-4), 256 pages
  • (en) James Phelge, Nankering With the Rolling Stones, 2000 (ISBN 1-5565-2373-4)
  • (en) Stanley Booth, Dance with the Devil, l'histoire extraordinaire des Rolling Stones, Éditions Flammarion, Paris, 2012 (The True Adventures of the Rolling Stones, 2000 (ISBN 1-5565-2400-5))
  • Jacques Barsamian, François Jouffa, Les Stones : 40 ans de rock & roll, Éditions Ramsay, Paris, 2003 (ISBN 2-8411-4653-7), 492 pages + CD 80 min Aux sources des Stones
  • (en) Bill Wyman, Rolling with the Stones, 2003 (ISBN 0-7894-9998-3)
  • The Rolling Stones (traduction française), Selon les Rolling Stones, Fayard, 2003 (ISBN 2-2136-1679-5)
  • (en) Andrew Loog Oldham, Rolling Stoned, Flammarion, 2006 [réf. nécessaire]
  • Philippe Manœuvre, Stoned 20 ans de confidences avec les Rolling Stones (ISBN 2-226-07842-8).
  • Gered Mankowitz, The Rolling Stones - Out of Their Heads. Photographs 1965-1967 et 1982 (ISBN 3-8960-2664-X)
  • Plusieurs livres de photos d'art (+ les livres de Wyman et Wood) chez Genesis Publications [réf. nécessaire]
  • François Bon, Rolling Stones, une biographie, Fayard (2002), Livre de Poche (2004) (ISBN 2-2136-1308-7), 600 pages
  • Keith Richards, Life, Robert Laffont, 2010
  • Steve Appleford (trad. Jacques Collin), L'Intégrale Rolling Stones : Les Secrets de toutes leurs chansons 1964-1976, Éditions Hors Collection, 2011 (ISBN 978-2-258-08858-0), 192 pages
  • The Rolling Stones et Richard Havers, Les Rolling Stones - 50 ans de légende, Flammarion, 2012
  • Philippe Margotin, Chronique des Rolling Stones, Éditions Chronique, 2013 (ISBN 979-10-90871-70-0), 144 pages

Article connexe[modifier | modifier le code]

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