Aftermath (album des Rolling Stones)

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Aftermath

Album de The Rolling Stones
Sortie 15 avril 1966 en Grande-Bretagne
20 juin 1966 aux États-Unis
Enregistré 3 au 8 décembre 1965 et 6 au 9 mars 1966, aux studios de la RCA à Hollywood
Durée 53 min 20 s (G-B)
43 min 31 s (É-U)
Genre Rock ’n’ roll
Rock psychédélique
Producteur Andrew Loog Oldham
Label Decca / ABKCO
Critique

Albums de The Rolling Stones

Aftermath est un album du groupe de rock anglais The Rolling Stones (leur quatrième album britannique et leur sixième américain), sorti en 1966 et produit par Andrew Loog Oldham. Deux versions de l'album furent commercialisées, l'une pour les États-Unis, l'autre pour le Royaume-Uni (et l'Europe). Cet album est souvent considéré comme un des meilleurs albums de tous les temps, et un des meilleurs albums des Rolling Stones.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première édition, anglaise, d'Aftermath fut réalisée en avril 1966, contenant quatorze pistes. Elle parut à peu près en même temps que deux simples (19th Nervous Breakdown et Paint It, Black) qui ne furent cependant pas intégrés à l'album — le fait d'intégrer des titres sortis en simples à un album n'était en effet pas très en vogue à cette époque. Cette édition reçut un bon accueil en Grande-Bretagne, restant huit semaines en haut des charts[1].

Pour la réalisation de l'édition américaine, un disque de quatorze pistes étant jugé trop long, trois titres furent supprimés (Out of Time, Take It or Leave It et What to Do, qui seront publiés en 1967 sur Flowers), Mother's Little Helper étant quant à lui remplacé par le tube Paint It, Black. En dépit des conflits opposant le groupe au producteur de l'album quant au contenu du disque, celui-ci se classa n°2 dans les charts américains et fut même disque de platine.
En 2002, l'édition américaine d'Aftermath fut classée 108e de la liste des 500 plus grands albums de tous les temps établie par le magazine Rolling Stone[2].

En août 2002 les deux éditions d'Aftermath furent rééditées, remasterisées, en CD et en SACD chez ABKCO.

Contenu[modifier | modifier le code]

Estimé par beaucoup comme le meilleur du groupe, ce disque annonce pour le groupe un changement d'époque. Il est le premier des Stones à être intégralement composé de chansons originales (toutes signées Jagger/Richards), de styles variés, faisant ainsi reconnaître les talents d'écriture du duo au même titre que ceux de John Lennon et de Paul McCartney. Le groupe passe alors d'une image de petit groupe amateur de blues américain jouant de nombreuses reprises, au statut de grand groupe inventif et novateur[1].
Chaque titre a une couleur musicale différente : Mother's Little Helper (concernant les tranquillisants) évoque par ses réminiscences folkloriques le Help! de John Lennon ; Lady Jane, une mélodie médiévale, est ornée d'un dulcimer, sorte de cithare du folklore britannique ; Under My Thumb bénéficie d'une combinaison de guitare rythmique et de marimba où Jagger proclame sa revanche sur une fille qui l'avait rejeté et qu'il séduit enfin (et dont les paroles déclenchèrent une polémique sur le sexisme des Stones) ; Stupid Girl est soul-rythm and blues et Goin' Home, terminée par une longue improvisation, annonce l'étirement du groupe vers un acid rock psychédélique dérivé du blues de Chicago[3]. Cette dernière est d'ailleurs la première chanson enregistrée sur support à dépasser les dix minutes.

Chef d'œuvre reconnu de Brian Jones, dont l'influence déclinante s'est rabattue sur la périphérie : c'est lui qui apporte et exécute de nouvelles idées d'arrangements et d'expérimentations musicales, comme le sitar de Paint It Black et les dulcimers de Lady Jane et d'I Am Waiting.

Pochettes[modifier | modifier le code]

La pochette de l'édition britannique d'Aftermath[4] fut conçue par Andrew Loog Oldham, producteur des Rolling Stones à l'époque, sous le pseudonyme de Sandy Beach[5]. La pochette, comme d'autres pochettes d'albums précédents du groupe (The Rolling Stones, 1964, ou The Rolling Stones No. 2, 1965), représente les cinq membres du groupe, à ce détail près que la photo n'est ni en couleur ni en noir et blanc, mais en rose et noir. Cette couleur inhabituelle pour une photographie a rendu à l'époque l'album intriguant mais influe aussi sur le fait que la pochette a plutôt mal vieillie. Brian Jones ne l'appréciait d'ailleurs pas vraiment[6].
La photographie, prise par Guy Webster, fut réutilisée partiellement pour la pochette de l'album Flowers[7] (1967), les têtes ayant été découpés et insérées en médaillon sur un fond de fleurs fanées.

La photographie du verso, en noir et blanc, fut prise par Jerrold Schatzberg durant l'enregistrement de 19th Nervous Breakdown (6-8 décembre 1965), probablement à Hollywood (en même temps que les photos qui devaient figurer dans la pochette de l'album mort-né Could You Walk on the Water (remplacé finalement par Aftermath). Elle dégage une impression de bonne humeur au sein du groupe malgré les conflits existant à l'époque entre Brian Jones et le « trio infernal » (Oldham, Jagger et Richards).
Sur le verso de la pochette figure également un texte écrit par David Hassinger, ingénieur du son des studios RCA, où fut enregistré l'album, ce qui est une tradition pour Andrew Loog Oldham. Celui-ci avait en effet l'habitude jusqu'ici de faire figurer un de ses propres textes qui étaient en accord avec l'image de mauvais garçon qu'il voulait pour les Stones (un de ses textes, figurant sur la pochette de The Rolling Stones No. 2 avait d'ailleurs fait scandale). Ici le texte se concentre sur le professionnalisme des Stones et d'Oldham, racontant l'expérience d'une session.

La pochette de la version américaine d'Aftermath[8] comporte elle une photographie en couleur prise par David Bailey (un des photographes favoris des Stones, qui réalisa également en 1973 les photographies de la pochette de Goats Head Soup), avec un effet de flou, ce qui tend à rapprocher l'album du psychédélisme naissant. Cette pochette-ci est beaucoup plus appréciée que celle de la version britannique. À noter que c'est sur cette photographie que l'on peut observer pour la première fois la fameuse coiffure « en nid d'oiseau » de Keith Richards, coiffure qui fut adoptée par beaucoup de fans non seulement du groupe, mais aussi de rock tout simplement.

Titres[modifier | modifier le code]

Tous les titres sont écrits et composés par Mick Jagger et Keith Richards.

Édition britannique[modifier | modifier le code]

  1. Mother's Little Helper - 2:45
  2. Stupid Girl - 2:52
  3. Lady Jane - 3:06
  4. Under My Thumb - 3:20
  5. Doncha Bother Me - 2:35
  6. Goin' Home - 11:35
  7. Flight 505 - 3:25
  8. High and Dry - 3:06
  9. Out of Time - 5:15
  10. It’s Not Easy - 2:52
  11. I Am Waiting - 3:10
  12. Take It or Leave It - 2:47
  13. Think - 3:08
  14. What to Do - 2:30

Édition américaine[modifier | modifier le code]

  1. Paint It, Black - 3:22
  2. Stupid Girl - 2:52
  3. Lady Jane - 3:06
  4. Under My Thumb - 3:42
  5. Dontcha Bother Me - 2:35
  6. Think - 3:08
  7. Flight 505 - 3:25
  8. High and Dry - 3:06
  9. It's Not Easy - 2:52
  10. I Am Waiting - 3:10
  11. Going Home - 11:13

Musiciens[modifier | modifier le code]

The Rolling Stones[modifier | modifier le code]

Musiciens supplémentaires[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]

Lien externe :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b
  2. Voir la liste complète des 500 meilleurs albums
  3. D'après Le Dictionnaire du rock, ouvrage collectif sous la direction de Michka Assayas, article « Rolling Stones (The) », écrit par Michka Assayas et Bruno Blum, page 1617
  4. Voir la pochette de l'édition UK d'Aftermath (sur le site Amazon.com)
  5. D'après le livre Rolling with the Stones, de Bill Wyman et Richard Havers, EpA, 2002, page 273
  6. D'après le Melody Maker du 23 avril 1966 où Brian Jones déclara : « Je n'aime pas la couverture qu'Andrew a faite »
  7. Voir la pochette de Flowers sur le site officiel des Rolling Stones
  8. Voir la photo de la version US d'Aftermath sur la site officiel des Rolling Stones