Kali

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Kali
Divinité hindoue
Représentation de Kali dansant sur le corps de Shiva.
Représentation de Kali dansant sur le corps de Shiva.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Chamunda
Nom hindi काली माता
Nom tamoul காளி
Nom bengali কালী
Fonction principale Déesse du temps, de la mort et de la délivrance, mère destructrice et créatrice
Représentation Femme nue à la peau noire, la langue tirée, portant un collier de crânes humains et un pagne de bras coupés, tenant une tête humaine et un cimeterre dans ses mains et dansant sur le corps de Shiva
Monture Chacal
Culte
Région de culte Sous-continent indien
Mantra ॐ कृम् काल्यै नमः (Oṃ Krīm Kālyai Namaḥ),
ॐ कपाऌनये नमः (Oṃ Kapālinaye Namaḥ),
ॐ हृम् षृम् कृम् परमेष्वऋ कालिके स्वह (Oṃ Hrim Ṣrim Krim Parameṣvari Kālīke Svaha)
Famille
Conjoint Shiva
Symboles
Attribut(s) Cimeterre

Kali (en sanskrit काली (Kālī) ou कालिका (Kālikā)) est, dans l'hindouisme, la déesse de la destruction[1]. Elle est associée au temps également. Elle a l'aspect féroce de la Devi, la déesse suprême, qui est fondamental à toutes les déités hindoues. Elle détruit le mal sous toutes ses formes et notamment les branches de l'ignorance: l'avidyā comme la jalousie ou la passion. Kali était déjà présente dans les Vedas, comme étant une des sept langues de feu du dieu Agni (la même racine que le mot latin ignis).

Le processus de la recréation est décrit comme le « jeu de Kali ».[réf. souhaitée] Kali est considérée comme la force qui détruit les esprits mauvais et qui protège les dévots. Elle est la parèdre de Shiva.

Son nom dérive du mot kāla, le temps en sanskrit, celui qui détruit toute chose. Celui qui la vénère est libéré de la peur de la destruction. C'est également la femelle noire, à l'inverse de son époux, Shiva, couvert de cendres, qui est blanc ; c'est sa shakti, l'énergie sans laquelle le dieu n'est qu'une enveloppe vide.

Représentation[modifier | modifier le code]

Elle est représentée nue, le regard féroce et la langue tirée, portant un long collier, descendant parfois à ses genoux, composé de crânes humains, dansant sur le corps de Shiva, qui en position de cadavre réclame son indulgence, allongé sur le dos.

Elle porte souvent un pagne formé de bras coupés, tient une tête décapitée dans une main, une épée, le pouvoir de la destruction, dans l'autre. La forme Bhadrakali possède plusieurs paires de bras, représentant les points cardinaux. Son culte est surtout développé dans le Bengale, qui inspira nombre de poètes chantant leur dévotion à leur déesse, tel Ramprasad Sen.

Pour le dévot, elle est vêtue de l'univers, elle est l'image d'une mère protectrice, et les crânes de son collier représentent les 51 lettres du sanscrit.

Divers[modifier | modifier le code]

Psychologie analytique[modifier | modifier le code]

La déesse Kali, est dans le cadre de la psychologie analytique, un des archétypes présents dans la féminité de l'homme. La féminité de l'homme se nomme l'anima. Elle est la femme de la sublimation. Elle a trompé son mari avec un autre homme.

Carl Gustav Jung, le fondateur de cette approche, fut aussi dans ses écrits très inspiré par la figure de la déesse Kali et les écrits indiens. Il existe un écrit sur la kundalini et le yoga de kundalini dans Les Énergies de l'âme, Albin Michel (ISBN 2-226-10492-5),

Mythes[modifier | modifier le code]

Autel de Kali dans la campagne orissaise.

Sous le nom de Chamunda, elle fut chargée de tuer l'asura Rakta-Vija (de rakta, sang, bija, graine) en buvant tout son sang, car chaque goutte tombée sur le sol engendrait un nouvel asura. Elle finit par consommer sa chair.

Nous retrouvons souvent la représentation de Kali qui marche sur Shiva. L'histoire est qu'un démon prit la forme du Dieu destructeur Shiva pour s'attaquer à Kali, elle le remarqua, et le tua aussitôt. On prétend aussi qu'après la destruction des géants, Kali agitée et emportée par l'ivresse de sa victoire fit trembler le monde; aussi à la demande des autres dieux, Shiva voulut l'arrêter mais la déesse ne le remarqua pas et le piétina. Lorsqu'elle eut remarqué son irrespect, elle tira la langue de honte. C'est souvent cette histoire qui est représentée dans les images et les statues de Kali.

C'est la déité tutélaire des Thugs, des assassins rituels présents au Bengale et en Orissa au XIXe siècle, que les Britanniques combattirent jusqu'à les faire disparaître dans les années 1830. L'importance du culte de Kali dans l'est de l'Inde indique peut-être qu'elle trouve son origine dans une divinité de tribus aborigènes, tribus très nombreuses dans la région.

Dans le Sud de l'Inde existe la tradition d'un concours de danse entre Kali et Shiva Nataraja, le seigneur de la danse, le créateur du Bharata Natyam, la danse classique du Tamil Nadu. Certains y voient le souvenir d'une victoire des shivaïtes locaux sur les dévots d'une divinité féminine locale, Pidari peut-être.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Kali a donné son nom à Kolkata par l'intermédiaire de Kalikata, un des trois villages loués à la Compagnie anglaise des Indes orientales, à l'origine de la ville. Hors de l'Inde, on trouve deux temples dédiés à Kali à Singapour.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Kali apparaît également dans le recueil de nouvelle Les contes de la fée verte de Poppy Z. Brite dans la nouvelle intitulée Calcutta, seigneur des nerfs.
  • Dans le manga Black Butler, elle est une déesse importante que prient deux personnages indiens : le prince Soma Asman Kadar et Aghni.
  • Kali est aussi réincarnée dans l'un des personnages principaux de la bande dessinée Mytho, « Chami » Chamunda.

Poème dédié à Kali par Rampraçad Sen (1718-1775)[modifier | modifier le code]

« Ô esprit ! Pourquoi t'abandonner aux pensées vaines ?/Ce faste rituel et ce culte sont vains,/Qui accroissent encore la vanité de l'esprit !/ Que ta prière à Elle soit secrète, que nul n'en sache./ À quoi bon ces poupées de métal ou de cuivre ou de terre ?/ Ne sais-tu pas, insensé, que l'univers entier est l'image de la Mère ?/ Tu apportes une poignée de graines, effronté,/ comme une offrande à la Mère, à Celle/ qui nourrit le monde d'aliments délicieux !/ À quoi bon, fou, illuminer ainsi/ de lanternes, de bougies et de lampes ?/ Fais plutôt que grandisse la lumière de l'esprit,/ qu'il dissipe sa propre ténèbre, nuit et jour./ Tu as amené d'innocentes chevrettes au sacrifice./ Égoïsme cruel !... Pourquoi ne pas dire : VICTOIRE A KALI !/ Et sacrifier tes passions, ennemies véritables./ Pourquoi frapper les tambourins ?/ Dépose plutôt ton esprit à Ses pieds en disant :/ Que ta volonté, ô Kali, soit faite !/ Et puis bat des mains.// Plus je ne t'invoquerai par ce doux nom, Mère !/ Tu m'as donné d'innombrables chagrins/ Et m'en réserves plus encore, je le sais !/ J'avais une maison, une famille et me voilà/ par ta grâce dépossédé de tout sur terre./ Que puis-je endurer d'autre, je ne saurai le dire./ Qui ne sait que je dois mendier pour mon pain/ de porte en porte ? Et pourtant, je suis dans l'attente./ Un enfant ne doit-il pas vivre, sa mère morte ?/ Rampraçad était bien l'enfant de sa Mère,/ mais toi, ô Mère, tu as traité ton fils en ennemi./ Si, aux yeux de sa mère, l'enfant souffre à ce point,/ à quoi bon cette Mère pour l'enfant, cette Mère ?/ Ô Mère, quel est ce crime que j'expie/ durant ma longue vie dans la prison du monde ?/ Le matin, je travaille ; combien dure est ma part./ Je m'en vais çà et là gagner un salaire sans honneur./ Quelle désillusion rongeuse me possède !/ Et cependant, ô Mère, par quels charmes profonds/ n'as-tu pas attaché mon âme à ce vain monde !/ En m'appelant sur cette terre, innombrables/ ont été les peines assemblées le long de mon destin./ Elles me consument et le jour et la nuit./ Oh ! Mère, je ne désire plus la vie ! »

— Rampraçad SEN, A la Mère Divine[2].

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • La Déesse (1960) un drame psychologique de Satyajit Ray. L'épouse d'un fils d'un Seigneur du Bengale est considérée comme la réincarnation de la déesse Kali[3].
  • Kali devient Kaili, déesse indienne à huit bras, dans le film, autant musical que burlesque, Help ! (1965) de Richard Lester où figurent les Beatles en tête d’affiche. Effectuant un sacrifice humain, les adorateurs de la divinité s’aperçoivent qu’il manque la bague indispensable au rituel. Le précieux anneau est bien entendu porté par Ringo Starr.
  • Kali est la déesse vénérée par les Thugs dans le film de Steven Spielberg (1984), Indiana Jones et le Temple maudit.
  • Dans la série Highlander (1992), cette déesse est vénérée par Kamir, un assassin Thug (qui est aussi un Immortel), et que McLeod rencontra pour la première fois au XVIIIe siècle en Inde, avant de le retrouver lors d'une expédition consacrée à l'Inde.
  • Dans la série Teen Wolf Kali est la réincarnation d'une alpha.

Séries Télévisées[modifier | modifier le code]

  • Kali est la déesse Hindou dans la série Supernatural (épisode 19 saison 5).

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Kali apparait dans Spelunky, le joueur peut sacrifier certains personnages pour elle ou au contraire provoquer sa colère s'il détruit son autel.
  • Elle apparait aussi dans le MOBA Smite, en tant qu'assassin.

Hommage artistique[modifier | modifier le code]

  • La déesse Kali est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. La déesse Kali est la quatrième convive de l'aile I de la table, elle y figure entre Ishtar et la déesse serpent[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism, par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 104 et 105, ISBN 8170945216
  2. d'ap. D. Sen, History of the bengali lenguage and litterature, Calcutta University, 1911, dans Trésor de la poésie universelle, Roger Caillois/Jean-Clarence Lambert, Gallimard (6e édition)
  3. Larousse - La Deéesse
  4. Musée de Brooklyn - Kali

Lien externe[modifier | modifier le code]

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