Villefranche-sur-Mer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Villefranche.
Villefranche-sur-Mer
Vue de Villefranche-sur-Mer
Vue de Villefranche-sur-Mer
Blason de Villefranche-sur-Mer
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Villefranche-sur-Mer
(chef-lieu)
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Gérard Grosgogeat
2008-2014
Code postal 06230
Code commune 06159
Démographie
Gentilé Villefranchois / Villefranchoises
Population
municipale
5 419 hab. (2010[1])
Densité 1 110 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 42′ 18″ N 7° 18′ 45″ E / 43.705, 7.312543° 42′ 18″ Nord
       7° 18′ 45″ Est
/ 43.705, 7.3125
  
Altitude Min. 0 m — Max. 575 m
Superficie 4,88 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte administrative des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Villefranche-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte topographique des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Villefranche-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Villefranche-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Villefranche-sur-Mer
Liens
Site web http://www.villefranche-sur-mer.fr/

Villefranche-sur-Mer (en nissart: Villafranca de Mar, en italien Villafranca Marittima sous la Restauration Savoisienne) est actuellement une commune française, limitrophe de Nice, située dans le département Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Villefranchois, comme dans toutes les "Villefranche".

Par décret du 10 mars 1988, Journal officiel du 17 mars 1988 avec effet au 18 mars 1988, Villefranche devient Villefranche-sur-Mer.

Sommaire

Géographie [modifier]

Vue sur la ville et le mont Leuze

Villefranche-sur-Mer est située sur la Côte d'Azur, entre Nice et Monaco, au bord de la mer Méditerranée.

Séparée de Nice dont elle est limitrophe par le mont Boron, le mont Alban et le mont Vinaigrier et distante d’environ 10 km de Monaco, la ville s’étale en gradin sur les flancs de la rade de Villefranche, un des ports naturels les plus profonds de la Méditerranée occidentale.

La rade offre un mouillage sûr à l’abri des vents d’est et accueille de nombreux navires de croisières. Avec une profondeur moyenne de 17 m, elle atteint 95 m à son entrée et se prolonge au large à environ un mille par le canyon de Villefranche, un abysse de plus de 500 m au large de la baie des Anges.

Les limites de la commune s’étendent aux collines avoisinantes passant du niveau de la mer à 577 mètres au mont Leuze, son point culminant, le relief terrestre reflétant ainsi les fonds sous-marins.

Villefranche-sur-Mer est traversée par les trois Corniches, trois routes principales menant de Nice à Monaco et Menton vers la frontière italienne, offrant des panoramas sur le littoral.

La commune est traversée par la ligne de Marseille-Saint-Charles à Vintimille et est desservie par une gare.

Histoire [modifier]

La rade est fréquentée dès l'Antiquité par les marins grecs et romains. Ceux-ci s'en servent comme mouillage et lui donnent le nom d'Olivula Portus. Le site est cependant victime d'attaques barbares répétées. Les habitants délaissent le bord de mer et se réfugient sur les hauteurs ; ils y fondent un autre village, Montolivo.

Fondation de Villefranche [modifier]

En 1295, Charles II d'Anjou, comte de Provence, comprend l'importance stratégique de ce site, situé aux frontières de son territoire. Afin d'encourager les habitants à revenir peupler le bord de mer, il leur octroie une franchise de taxes. Le village est ainsi baptisé Villa Franca.

Le Moyen Âge [modifier]

Daniel Marquesani fut un familier du roi Robert ; il connut une ascension rapide puisque de simple notaire immigré à Nice à la fin du XIIIe siècle[2], il devint coseigneur de La Turbie (1329-1331) puis seigneur de Coaraze et Castellan à vie de Villefranche[3]. Raymond Marquesani succéda à son père comme castellan de Villefranche et son frère, Louis, hérita de la seigneurie de Coaraze. Le 14 septembre 1346, il acheta tout ce que le damoiseau Boniface Chabaudi, seigneur de Roquebrune possédait dans les territoires de Roquebrune, Palayson et Villepey[4].

Le port de la maison de Savoie [modifier]

Article détaillé : Darse de Villefranche-sur-Mer.

Lors de la dédition du Comté de Nice au Duc de Savoie, en 1388, Villefranche est dédiée au Duché de Savoie. La ville devient ainsi la seule porte maritime des États de Savoie jusqu'à la construction du Port de Nice au XVIIIe siècle et tire ses revenus de tous les navires marchands accostant au port (droit de Villefranche).

À la suite de l'occupation, en 1543, de la rade par la flotte franco-turque commandée par Khayr ad-Din Barberousse, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580) ordonne sa fortification. Le Fort du mont Alban et la citadelle Saint-Elme sont ainsi construits. Cette dernière sera achevée en 1557. Une première flotte de guerre est construite dans le port de la Darse.

Les Français occupent le comté de Nice plusieurs fois entre 1710 et 1722 et à nouveau en 1744, pendant la guerre de Succession d'Autriche, quand le prince de Conti prend d'assaut le mont Alban avec ses troupes franco-espagnoles, chassant les Savoisiens de Charles-Emmanuel III. Au cours du XVIIIe siècle, la ville perd de son importance maritime et portuaire avec la construction du port Lympia de Nice.

En 1793, les troupes françaises révolutionnaires envahissent à nouveau le comté de Nice et Villefranche passe sous administration française jusqu'en 1814 qui verra le retour à son statut particulier sous dédition et protection du Duc de Savoie.

En 1856, le Duc de Savoie donne à bail le lazaret de Villefranche à la marine impériale russe qui fera du port une base navale de premier plan pour ses navires en Méditerranée, notamment l'année suivante, avec le ravitaillement en charbon des bateaux. Cette arrivée provoquera la construction d'infrastructures importantes par Victor Emmanuel II, notamment la route de la rade.

Seigneurie de Villefranche [modifier]

La Citadelle Saint-Elme de Villefranche (XVI° siècle).

Au XVIIIe siècle, la seigneurie de Villefranche fut attribuée aux Germano, avec érection en comté (1700), aux Auda (1743), puis aux Dani (1743).

La présence russe à Villefranche-sur-Mer [modifier]

Elle remonte à la fin du XVIIIe siècle et a fait preuve depuis d'une originale constance. L'intérêt stratégique de la rade n'avait pas échappé aux autorités maritimes russes de l'époque qui y mouillaient à chaque conflit avec la Turquie. Elle leur devient essentielle quand, au lendemain de la guerre de Crimée en 1856, la Marine impériale de Russie est privée d'accès à la Méditerranée par le Bosphore : le duc de Savoie, roi de Chypre, de Jérusalem et de Sardaigne qui est aussi Vicaire Impérial pour toute l'Europe Méditerranéenne accepte alors de céder à la Russie le lazaret et la Darse de Villefranche qui lui servent de dépôt à vivres et à combustibles. La rade devient alors le port d'attache de la noblesse impériale en villégiature dans les États de Savoie, ce qui durera encore un peu après malgré l'annexion du comté de Nice par les autorités françaises en 1860. En 1893, une équipe de scientifiques russes de Kiev remplace les militaires pour pratiquer des recherches océanographiques en profitant de la présence d'un courant ascendant de la rade. Ces études, malgré les aléas politiques entre les deux nations, se poursuivent jusqu'aux années 1930.

Rattachement à la France [modifier]

En 1860 le Comté de Nice est à nouveau annexé par la France à la suite du Traité de Turin et du plébiscite (contesté par les nationalistes niçois).

Jusqu’en 1891, Beaulieu, et jusqu’en 1904, Saint-Jean, font partie de Villefranche dont elles se détachent pour prendre leur autonomie municipale.

Lieu de villégiature prisé dès 1816 par les aristocraties russe et anglaise, la rade de Villefranche abrite la sixième flotte des États-Unis à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de l’organisation du traité de l'Atlantique Nord entre 1945 et 1966.

Villefranche-sur-Mer n'est plus aujourd’hui le premier port de croisière de France, dépassé par Marseille depuis 2008.

Héraldique [modifier]

Blason de Villefranche-sur-Mer Blason D’azur à l’arbre terrassé au naturel, au chef cousu de gueules chargé d’une croix d’argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Administration [modifier]

Le quai Ponchardier, port de la Santé.
Façades colorées sur la place Amélie Pollonais.
La rade de Villefranche-sur-Mer.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860 1870 François Ferry    
1870 1872 Georges de Brès    
1872 1900 Désiré Pollonais    
1900 1934 François Binon    
1934 1936 Victor Contesso    
1936 1937 J.-B. Bonifassi    
1937 1939 Alfonsi    
1939 1941 Frédéric Bay    
1941 1942 Henri Heurtault    
1942 1944 Roger Vilarel    
1944 1945 Albert Honnorat    
1945 1947 Jules Feaudière    
1947 1965 Philippe Olmi CNIP Député
1965 1971 Guy Perdoncini    
1971 1977 Gilbert Bastet    
1977 1995 Joseph Calderoni    
1995 réélu en 2008[5] Gérard Grosgogeat UMP  

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 5 419 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
2 117 2 035 2 177 2 491 2 574 2 363 2 949 2 911 3 344
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
3 093 3 002 3 489 4 299 4 407 4 430 5 042 4 425 4 741
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
3 184 5 323 5 152 5 014 4 407 5 039 5 953 6 790 7 200
1982 1990 1999 2006 2010 - - - -
7 363 8 080 6 833 6 610 5 419 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[6] puis Insee à partir de 1968[7].)

Histogramme de l'évolution démographique


Économie [modifier]

La Rade.

Jumelages [modifier]

[8]

Lieux et monuments [modifier]

Édifices religieux [modifier]

  • Église Saint-Michel, au cœur de la vieille ville, fut érigée dans le premier quart du XIVe siècle puis fut transformée à la fin du XVIIIe siècle. Cette église a pris les traits de style baroque savoyard. Elle héberge plusieurs pièces d’art, dont une toile représentant saint Michel, un Christ sculpté du XVIIIe siècle (dit Christ du galérien) et une statue polychrome en bois de saint Roch et son chien. Cet édifice est classé au titre des monuments historiques le 26  juin 1990.
  • Chapelle Saint-Pierre, XVIe siècle est située sur le port de pêche. En 1957, Jean Cocteau la décore de fresques murales évoquant la Méditerranée et des périodes de la vie de saint Pierre. La chapelle appartient à la prud’homie des pêcheurs de Villefranche. Elle est classée au titre des monuments historiques le 27 décembre 1996. Près la Chapelle Saint Pierre, buste en bronze représentant Jean Cocteau, œuvre du sculpteur Cyril de La Patellière (1989), inauguré en présence de Jean Marais et d'Edouard Dermit. Le socle est une pierre monolithique provenant de la citadelle.
  • Chapelle Sainte-Élisabeth, 1595
  • Chapelle de L'Ange-Gardien, 1716
  • Chapelle de La Madonne-Noire, XVIIe siècle
  • Chapelle Saint-Grat, 1817
  • Chapelle Notre-Dame-de-France, XXe siècle
  • Chapelle Saint-Elme, XVIe siècle
  • Chapelle de l'ancien hospice, XVIIIe siècle

Bâtiments et lieux publics [modifier]

  • Le port de la Santé, port de pêche de Villefranche, au pied de la vieille ville, abrite la gare maritime pour les paquebots ancrés en rade. Il est le site du Combat naval fleuri chaque année en février.
  • Le musée Goetz-Boumeester, situé dans la Citadelle, qui contient une centaine d'œuvres du peintre-graveur Henri Goetz (1909-1989) et de son épouse Christine Boumeester (1904-1971) qui donnèrent leur collection à la ville.
Buste de Jean Cocteau au Port de la Santé de Villefranche

Personnalités liées à la commune [modifier]

Dans le passé, Villefranche a hébergé de nombreuses personnalités de l'art ou du show business, parmi lesquelles :

La rue de l'Église, Villefranche-sur-Mer par Henri-Eugène Le Sidaner (1928).

La dépouille mortelle de Niccolò Paganini, en mal de sépulture suite à la réputation sulfureuse du virtuose (suspecté de pacte avec le diable) fut conservé quelques mois dans la darse du port, avant de trouver une terre de repos définitive en Italie.

Films tournés à Villefranche-sur-Mer [modifier]

La liste est très loin d'être exhaustive, plus d'une centaine de films répertoriés : La proximité des studios de la Victorine, à Nice, facilitant les choses... Notamment, on ne compte plus les tournages publicitaires.

Divers [modifier]

  • En fin février, le Combat naval fleuri rassemble au Port de la Santé les pointus de Villefranche et la yole décorés de fleurs qui lancent des bouquets à la foule massée sur les quais. La manifestation se déroule chaque année depuis 1902.
  • Depuis 2009, La Ville de Villefranche-sur-mer organise avec l'association NICEXPO le salon Franchement Art dans la Citadelle de Villefranche-sur-mer.
  • Depuis juillet 2000, la Darse de Villefranche-sur-Mer est le port d'attache de la réplique historique d'une embarcation de 1796 : la yole de Bantry Laïssa Ana.
  • Depuis quelques années, le Trophée Pasqui, rassemblement des plus beaux yachts de tradition, est organisé à Villefranche sur mer: Manifestation phare, mettant en valeur les métiers de l'artisanat maritime et plus particulièrement le chantier naval Gilbert Pasqui, formant de grands charpentiers de marine.
  • La rade de Villefranche-sur-Mer est le site de compétitions d'apnée ; les championnats du monde s'y sont tenus en 2005. Elle fut le lieu d'évolution préféré de Loic Leferme qui y a battu plusieurs reprises le record du monde d'apnée "no limit".


Galerie photos [modifier]

Panorama de la rade de Villefranche
Villefranche-sur-Mer et sa rade vus du Mont Boron

Sur les autres projets Wikimedia :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

Timbre Villefranche-sur-Mer 2005
  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]