Ian Stewart (musicien)

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Ian Andrew Robert Stewart (18 juillet 1938, à Pittenweem, Fife, en Écosse12 décembre 1985 à Londres) était un musicien écossais de rock, pianiste, cofondateur, avec Keith Richards, Mick Jagger et Brian Jones en 1962 du groupe britannique The Rolling Stones.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stewart jouait du piano dans la formation originale des Rolling Stones. Il était déjà présent dans le groupe avant que Bill Wyman, et Charlie Watts n'en soient membres[1]. Parce qu'Andrew Loog Oldham, le manager, ne pensait pas que l'attitude de Stewart convenait à l'image du groupe[2], ce dernier quitta officiellement le groupe mais continua jusqu’à sa mort à être leur road manager et pianiste. Même si les autres membres du groupe, principalement Mick Jagger et Brian Jones, étaient connus pour leur tenues vestimentaires excentriques, pendant plus de trente ans le pianiste garda le même style de blue jeans et son inamovible coiffure. Grâce à son rôle ambigu au sein du groupe, il est souvent appelé le Sixième Stone, comme le montre son intronisation posthume au The Rock and Roll Hall of Fame en 1989 avec le reste du groupe.

Son rôle dans le groupe (1962-1985)[modifier | modifier le code]

Ian Stewart, Stu pour ses intimes, jouait des claviers sur la plupart des albums des Stones des années 1960 à 1980, même si son travail était complété par d'autres musiciens de session comme Nicky Hopkins, Billy Preston, Jack Nitzsche et Ian McLagan des Faces. Le nombre de pianistes plus ou moins permanents progressant avec la notoriété des Stones, Stewart est devenu plus sélectif avec les morceaux sur lesquels il jouait, préférant le blues et la country en mode majeur[3]. Quelques-uns des exemples les plus significatifs du travail de Stewart au piano pour la période 1968–1972 se trouvent dans les titres Hip Shake, Stop Breaking Down, Let It Bleed, Brown Sugar, Dead Flowers, Sweet Virginia, Honky Tonk Women, et les reprises de Chuck Berry Carol et Little Queenie dans l'album live Get Yer Ya-Ya's Out!.

Le plus fort moment de résistance de Stu dans l'histoire des Stones eu lieu en 1969 aux Studios Muscle Shoals en Alabama, pendant un court break avant le désastre d'Altamont, quand le groupe enregistrait la ballade Wild Horses. En effet il refusait de jouer sur des morceaux en mineur. C'était un pur et strict suivi de ses influences roots, le boogie-woogie et le rhythm and blues (jump blues) d'avant les années 1960. Cette intégrité musicale de leur ancien fondateur était très respectée par les membres du groupe. Il suffit de citer Mick Jagger peu après la mort de Stewart : « Il va me manquer beaucoup. Il aidait réellement le groupe à faire sonner Honky Tonk Women et tous ces autres morceaux. Stu était celui à qui on essayait de plaire. Nous voulions son approbation quand nous écrivions ou répétions une chanson. Nous voulions que cela lui plaise. »

Il désapprouvait le comportement auto destructeur de Brian Jones qui a eu pour conséquence le remplacement de ce dernier par Mick Taylor, un jeune guitariste qui jouait avec John Mayall dans le circuit blues et jazz que Stewart fréquentait. Stewart et Jones ont été les leaders de la première incarnation des Stones, mettant à profit pour le groupe leur différence de style, boogie-woogie et R&B des années 1940 pour le premier, blues électrique des années 1950 pour le second. Ce n'est qu'à l'arrivée de Jagger et Richards, avec leur apport de soul et de rock and roll, qu'un compromis fut trouvé.

La nouvelle de ce remplacement ne l'affecta pas. Il fut d'accord pour continuer dans l'ombre avec le groupe, en chargeant le matériel du groupe dans le combi Volkswagen rose, le conduisant de Lowestoft à Aberystwyth en un seul jour par exemple, ou bien en restant en Allemagne avec un moteur cassé à réparer, avant de remplacer des cordes de guitares ou installer le kit de batterie de Charlie Watts comme celui-ci l'aurait monté lui-même. « Je ne me suis jamais fâché avec lui, » dit Watts. Plus tard dans l'histoire du groupe, il était heureux d'être dans l'ombre du groupe, et, en accord avec Jagger et Richards, ne voulait pas les rejoindre, même si cela lui a été proposé plusieurs fois.

Plus tard, lorsque Keith Richards et la plupart de l'entourage du groupe étaient devenus dépendants aux drogues au début des années soixante-dix, Stewart se retira de la direction musicale du groupe, se tournant vers des tâches logistiques. « Il considérait tout ça avec un peu de dédain », dit Mick Taylor, qui a remplacé Jones comme lead guitarist. « Je pense aussi que c'est parce qu'il a vu ce qu'il est arrivé à Brian. Je le dis en voyant sa tête quand les choses ont commencé à devenir un peu folles, pendant l'enregistrement de Exile on Main Street. Je pense qu'il trouvait ça dur. Nous tous aussi. » En effet, Stewart joue seulement sur trois titres de l'album Exile on Main Street : les reprises blues Shake Your Hips, Stop Breaking Down et Sweet Virginia (même si Good Time Woman a été ébauchée par Stewart, puis transformée en single Tumbling Dice, avec Nicky Hopkins au piano).

Au milieu des années soixante-dix, il enregistre un titre avec Robert Plant et Jimmy Page, respectivement chanteur et guitariste de Led Zeppelin. Cette chanson, intitulée Boogie with Stu, figure sur le double album Physical Graffiti, paru en 1975.

Dans la vidéo 25x5 créée pour le 25ème anniversaire des Stones, Mick Jagger exprime sa gratitude à deux membres historiques du groupe ; « Ian Stewart qui nous a appris à ne jamais nous écarter de la ligne pure du blues, et Brian Jones qui nous a appris à beaucoup nous en éloigner, parfois avec de merveilleux résultats ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il était le fondateur du groupe avec Brian Jones, et tous deux ont cherché ensuite des musiciens avec qui jouer.
  2. Il y avait à cela plusieurs raisons : le nombre de musiciens était trop élevé à 6, le physique corpulent de Stewart, et son attitude trop "rangée", pas assez rebelle, ne plaisait pas au manager (dixit Bill Wyman dans son livre Stone Alone)
  3. n.d.t. : il était plutôt intègre, et ce dès le début, sur ses choix musicaux ; son ami Bill Wyman, dans son livre Stone Alone, le cite en ces mots : « il y a des accords mineurs, ça n'est plus du blues, je ne veux pas jouer là dessus ! »