Sitar

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Le sitar est un instrument de musique à cordes pincées. C'est un luth à manche long, symbole de la musique hindoustanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende attribue sa création à Amir Kushro au XIVe siècle. Cette simple version à trois cordes, dérivée du tambur perse, a été modifiée au fil des siècles. Au XVIIIe siècle, une quatrième corde fut ajoutée, puis au XIXe siècle, les tarafs, cordes sympathiques, et la forme imposante, pour jouer dans les durbar, les cours royales.

Il est le principal instrument du Khyal, musique hindoustanie classique de l'Inde du Nord. À la fin des années 1960, l'instrument connut une vogue éphémère dans la musique pop.

Lutherie[modifier | modifier le code]

Sitar

Composé d'une caisse de résonance hémisphérique en gourde (tumba) et d'un large manche creux (taillé dans du tun ou du teck), muni de frettes argentées courbes et amovibles, sur l'arrière duquel est fixé un petit résonateur en bois, le sitar est un luth complexe. De multiples influences lui ont ajouté les cordes de bourdons rythmiques cikârî, comme sur le bîn, puis des cordes sympathiques. Il dispose de deux chevalets plats, permettant le buzz caractéristique (jawari) des instruments indiens. Le principal, sur pied, est situé au-dessus de l'autre et porte les cordes de jeu et de bourdon, tandis que le plus petit porte les cordes sympathiques. Enfin, c'est un instrument très décoré, par des appliques d'os ou d'ivoire sur le manche, et des bas-reliefs sur les résonateurs. Des petites perles permettent aussi un accord fin.

Les cordes non sympathiques se répartissent en 2 à 4 cordes de jeu et 2 à 4 cordes de bourdon, soit de 6 à 8 cordes en tout. La présence ou non de cordes de jeu graves distingue deux principaux types de sitar.

(en) Ratna Rahimat Khan fit évoluer la forme générale de l'instrument, adaptant des résonateurs en calebasse plus gros que d'accoutumée et des cordes plus graves qui lui permettaient des âlâps plus proches de ceux joués sur le bîn, instrument plus grave.

Ce type de sitar comporte :

  • 13 cordes sympathiques accordées selon les notes du râga.
  • 4 cordes de jeu, dont 3 cordes de jeu (MA SA PA) accordées pour permettre le jeu sur trois octaves, et une quatrième qui permet des effets sur une quatrième octave basse (kharaj).
  • 3 cordes de bourdon rythmique (cikârî).

Ce fut l'instrument joué par Ravi Shankar†.

Ustad Imdad Khan a développé un sitar plus petit, conçu pour la virtuosité. Il n'atteint plus l'octave basse (kharaj) et il ne dispose que de 11 cordes sympathiques. Il comporte 2 cordes de jeu (MA SA) et quatre cikârî.

C'est l'instrument joué par Vilayat Khan.

Jeu[modifier | modifier le code]

Démonstration de sitar à Islamabad, Pakistan

On en joue assis en tailleur par terre : l'instrument, calé sous le coude droit, repose par terre (parfois sur le pied). Comme la guitare flamenco, il se tient à l'oblique (et non droit ou couché comme la tampura). Le sitariste use d'un onglet de métal (mezrab) sur l'index droit pour pincer les cordes. Il le fait en posant d'abord son pouce sur le bas du manche, juste en haut de la calebasse principale. Puis, dans un mouvement de va-et-vient (à la manière de son ancêtre le setar), il joue alternativement les cordes principales et rythmiques.

Il existe bien des techniques d'ornement (comme les krintans) spécifiques. Le petit doigt de la main gauche caresse aussi parfois les cordes sympathiques. La technique évolue encore aujourd'hui.

Sitaristes reconnus[modifier | modifier le code]

Ravi Shankar au Shiraz Arts Festival dans les années 1970.

Utilisation dans la musique pop[modifier | modifier le code]

Durant les années 1960-1970, l'intérêt marqué par l'Occident pour la spiritualité de l'Inde s'étend au domaine musical. Le mouvement psychédélique, en particulier, intègre progressivement les sonorités asiatiques et le sitar fait son apparition sur les albums des plus grands groupes de musique populaire du moment, un phénomène popularisé par les Beatles dont le guitariste George Harrison fut l'élève de Ravi Shankar. Certains guitaristes comme Shawn Phillips ou Brian Jones introduisent à la même époque le sitar dans certains morceaux. La musique indienne connaît parallèlement un certain engouement, en particulier aux États-Unis, où Ravi Shankar apparaît dans plusieurs festivals rock. Norwegian Wood des Beatles et Paint It Black des Rolling Stones, les deux premiers tubes de pop internationale où figure le sitar, donnent au public une connaissance immédiate du son de l'instrument indien, grâce aux notes frisées.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Enregistrements audio et vidéo de sitar