Avenue de Champagne

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Avenue de Champagne
Image illustrative de l'article Avenue de Champagne
L'avenue de Champagne en 2012.
Situation
Coordonnées 49° 02′ 28″ N 3° 58′ 11″ E / 49.041216, 3.96966949° 02′ 28″ Nord 3° 58′ 11″ Est / 49.041216, 3.969669  
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Ville Épernay
Tenant Place de la République
Aboutissant RD 3
Morphologie
Type Avenue
Longueur 940 m
Largeur 17[N 1] m
Histoire
Anciens noms Chemin de l'Hôpital
Faubourg de la Folie
Rue du Commerce

Géolocalisation sur la carte : Marne

(Voir situation sur carte : Marne)
Avenue de Champagne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Avenue de Champagne

L’avenue de Champagne est un des principaux axes de la ville d’Épernay, souvent considérée comme sa « plus prestigieuse voie ». Elle est en effet le siège de plusieurs grandes maisons de Champagne, dont Mercier, Moët & Chandon ou encore Perrier-Jouët. Elle est ainsi un « site remarquable du goût ».

Situation et tracé[modifier | modifier le code]

L’avenue de Champagne se situe à Épernay, dans la vallée de la Marne. Elle débute à la place de la République, au cœur de la ville, et part vers l’est en direction de Châlons-en-Champagne. À la sortie de la ville, elle devient la route départementale 3[N 2]. Longue de 940 mètres, l’avenue est parallèle au tracé de la ligne ferroviaire Paris – Strasbourg.

Depuis les travaux achevés en 2010, de la place de la République à la place de Champagne[N 3], la chaussée est pavée et large de 5,60 mètres ; les trottoirs sont larges de 5,70 mètres chacun[1]. Des pistes cyclables ont été aménagées jusqu’à la rue Emmanuel Chabrier, en direction du quartier de Bernon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le développement du faubourg[modifier | modifier le code]

« Un quartier de la ville destiné à devenir le plus intéressant et le plus utile au commerce[2]. »

— Délibération du conseil municipal d’Épernay, le 4 nivôse an XI (25 décembre 1802).

Au Haut Moyen Âge, il semble déjà exister de grandes propriétés aisées, en dehors de la vieille ville d’Épernay. En 1145, le comte Thibaut II de Champagne y fonde un établissement hospitalier, dit « hospice d’Orient », qui va donner son nom à la rue qui devient « le chemin de l’Hôpital ». Il se situe alors à l’angle des actuelles avenue de Champagne et rue Croix de Bussy. Près de l’emplacement de l’hôpital, on trouve au XVIe siècle le domaine de Claude Pupin, maistre des Eaues et forestz de la montaigne de Rheims et d’Esparnay ; il donne aujourd’hui son nom à la rue Pupin, longeant l’Hôtel de Ville. L’actuelle Orangerie de Moët & Chandon est construite sur cette ancienne propriété[3]. Le chemin prend par la suite le nom de « faubourg de la Folie » ou « rue de la Folie ». Pour certains, ce nom provient des fous accueillis à l’hôpital ; il est cependant davantage probable que ce qualificatif émane de la demeure de Claude Pupin, considérée alors comme « une folie »[4].

Jusqu’au XVIIIe siècle, le faubourg n’est qu’un chemin. Cependant, des travaux ont lieu et la route royale de Paris à l’Allemagne no 4, achevée en 1744, dessert désormais le quartier. Puis, en 1753, la porte de Châlons qui séparait la ville du faubourg est démolie, ce qui en facilite l’accès[5]. En 1793, la route est pavée en grès. Sous la Révolution, le faubourg de la Folie est renommé « faubourg du Commerce », bien que l’ancienne appellation reste la plus utilisée[6]. En 1841, une place circulaire est créée en bas du faubourg, en lieu et place d’un ancien terrain vague parcouru de fossés. C’est la que se tiennent le marché, deux fois par semaine, ainsi que la fête du 14 juillet et la foire de Sainte-Croix[7]. Le 12 août 1881, la place Louis-Philippe prend le nom de place de la République, qu’elle conserve encore aujourd’hui. Elle devient la place principale de la ville et marque l’entrée de la rue du Commerce[8].

L’établissement progressif des maisons de Champagne[modifier | modifier le code]

« Il est d’une richesse immense, comme on peut se l’imaginer en voyant les belles maisons nouvellement bâties ; elles renferment des magasins de vins considérables de la meilleure qualité[9]. »

— Louis Denis, 1778, Le conducteur français.

Cette meilleure accessibilité va permettre le développement du quartier[7]. Ainsi, une délibération du 13 pluviôse an XIII (2 février 1805) signale que « tous les établissements du commerce du vin de champagne s’y étaient portés, à cause de la supériorité des caves, et sortaient de terre avec accélération »[6]. Les premières caves y sont en effet creusées à la fin du XVIIe siècle et les premières maisons de vins, puis maisons de champagne, s’y installent à la fin de ce même siècle[3].

Le 2 septembre 1849, le premier tronçon de la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg, faisant étape à Épernay, est inauguré par Louis-Napoléon Bonaparte. Les voies sont situées juste en dessous du faubourg. Le réseau de voies ferrées s’étend ensuite jusqu’à Reims et Strasbourg. Le faubourg va ainsi continuer son développement, en exportant son vin de champagne plus rapidement et en plus grande sécurité[10]. Au cours du XIXe siècle, les principales maisons de champagne sparnaciennes vont donc continuer s’établir le long de la rue du Commerce[11]. Eugène Mercier, notamment, tire profit de l’arrivée du rail en creusant des caves dans le mont Bernon au même niveau que la voie du chemin de fer et en les raccordant à celle-ci. L’Union champenoise s’établit de la même manière, en contrebas de l’avenue, en 1889[12].

Guerres et prospérité[modifier | modifier le code]

L’Orangerie de Moët et Chandon dans les années 1920.

Cependant, le développement de l’avenue va être contrarié par les nombreuses guerres passant par la ville. Le quartier et ses caves sont ainsi pillés par les Cosaques le 21 mars 1814. L’été suivant, ce sont les Prussiens qui saccagent la cité. Le 28 août 1870, une colonne de Uhlans arrive à Épernay par la rue du Commerce. Ils occupent la cité jusqu’au 1er novembre 1872[13].

En 1842, la rue du Commerce s’arrête à la hauteur de la rue du Donjon (aujourd’hui rue Croix de Bussy) ; on y dénombre 195 habitants[13]. À la moitié du siècle, les premiers « châteaux » apparaissent[6], notamment le Château Perrier qui est construit entre 1851 et 1854 ou encore le Château de Pékin datant de 1866. L’Hôtel Auban-Moët est bâti en 1857 par la famille Moët qui possède déjà presque la totalité du bas du faubourg[14]. Le cimetière juif de la ville se situe, depuis 1878, à l’extrémité est de l’avenue, au lieu-dit « Croix des Bouchers ». Le faubourg est alors encore peu construit même si le recensement de 1891 indique 28 maisons, dans le bas de la rue. Des négociants en vins mais aussi des magistrats et des brasseurs habitent la rue[15].

À la Belle Époque, de nombreux hôtels particuliers voient le jour. Cependant, en septembre 1914, les caves sont à nouveau dévastées par les Allemands. En juillet 1918, bombes et obus détruisent la plupart des édifices de la rue du Commerce, en particulier les bâtiments de Chanoine Frères, de Maigret ou encore de Moët & Chandon[6],[16]. Pendant l'entre-deux guerres, Épernay retrouve sa prospérité : on reconstruit rapidement la ville. La rue est pavée jusqu’à la rue Godart-Roger en 1924[6]. Le 27 février 1925, le conseil municipal décide de donner à la rue du Commerce le nom d’« avenue de Champagne »[16]. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands. Le Château Perrier dans l’avenue de Champagne sera successivement quartier général des armées britannique, allemande et américaine. Des dirigeants de maisons de Champagne comme Robert-Jean de Vogüé (dirigeant de Moët & Chandon) et Paul Chandon-Moët sont déportés. Après la Libération du 28 août 1944, l’industrie du champagne va se reconstruire, à l’image de l’avenue[5].

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Le patrimoine architectural de l'avenue se compose presque exclusivement d'édifices construits pour des maisons de champagne. À l'époque, leurs bâtiments devaient répondre à trois fonctions : résidentielle, industrielle et commerciale. Jean-Rémy Moët se posa en précurseur en faisant construire sa propre demeure, l'Hôtel Moët, dès les années 1850. Cet aspect résidentiel donna à l'avenue ses nombreux hôtels particuliers. Dans certains cas, en plus des dirigeants des maisons de champagne, le chef de cave habitait dans les bâtiments du faubourg. Quelques autres maisons hébergeaient également leurs employés. Cependant, les cités ouvrières se trouvaient dans les villages viticoles, en-dehors d’Épernay, comme par exemple à Ay ou Cumières[17].

La fonction commerciale se retrouvait aux rez-de-chaussées des maisons de champagne qui accueillaient les bureaux des employés et la comptabilité. La dégustation de vins se déroulait à l'étage supérieur. L'architecture des hôtels particuliers correspond également à une volonté de promouvoir la maison de champagne et le champagne en général[18]. D'ailleurs, les bâtiments de certaines maisons, comme Besserat de Bellefon, ne sont que des « vitrines commerciales »[19] puisqu'elles possèdent leur siège dans d'autres villes et notamment à Reims.

Hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hôtel de ville d'Épernay.

Hôtel Moët[modifier | modifier le code]

Hôtels Chandon et Trianon[modifier | modifier le code]

Château Perrier[modifier | modifier le code]

Les époux Perrier-Gallice commandent un hôtel particulier à l'architecte sparnacien Pierre-Eugène Cordier. Le Château Perrier, aussi appelé « Château Gallice », est construit entre 1851 et 1854, il aurait coûté un million de francs à ses propriétaires[20]. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est successivement quartier général des armées britannique, allemande et américaine[21]. Il est vendu à la commune d'Épernay en 1943, qui y installe sa bibliothèque municipale en 1947. Trois ans plus tard, le second étage est transformé en musée. En effet, suite à un don considérable d'œuvres archéologiques à la ville, l'Abbé Pierre Favret s'est vu confié la constitution d'un musée régional de la Préhistoire. Ce musée rassemble alors 80 000 pièces archéologiques régionales, datant du Paléolithique au début du Moyen Âge, ce qui en fait l'une des plus importantes collections françaises. En 1960, 4 000 pièces relatives à l'histoire du Champagne s'ajoutent à la collection[22]. Faute d'entretien, la bibliothèque est cependant transférée en centre-ville en 1995 et les « musées du vin de Champagne et de la Préhistoire régionale » sont depuis fermés au public[20].

Le Château Perrier est de style Louis XIII[21] et est influencé par la fin du romantisme[23]. Au centre de la cour, se dresse une statue équestre en fonte appelée « Le Veneur »[21]. Le plan du bâtiment est semblable à une rectangle avec toutefois trois avant-corps sur la cour, deux sur l'angle et un dernier avant-corps arrondi dans l'axe, du côté jardin. Deux tourelles rondes viennent compléter le plan général. Les escaliers extérieurs avant et arrière sont droits, en maçonnerie. Les murs du rez-de-chaussée sont à bossage et alternent pierre et brique, ils se composent également d'avant-corps en pierre de taille calcaire. L'étage est en brique ; ses pilastres et encadrements de baies sont eux aussi en pierre de taille. Deux grandes cheminées cylindriques, mêlant brique et pierre en spirale, sortent de la toiture en ardoise. Les communs, en deux bâtiments, sont également composés d'un remplissage en brique et de soubassement, colonnes et encadrements de baie en pierre calcaire[20].

Maison Gallice[modifier | modifier le code]

La Maison Gallice, vue depuis son jardin.

L'hôtel Gallice a été édifié entre 1898 et 1899 par Charles Blondel, à la demande de Louis-Henri-Marcel Gallice, président de Perrier-Jouët. Il est inauguré le 3 février 1900. Il est ensuite vendu par la dernière descendante de la famille Gallice aux pouvoirs publics. La région Champagne-Ardenne y a depuis aménagé l'Office Régional Culturel de Champagne-Ardenne (ORCCA)[24].

La Maison Gallice a été construite en pierre de taille et ardoise, dans un style néoclassique. Les fenêtres sont surmontées de chapeaux de gendarme. L'entrée est marquée par une marquise ainsi qu'un balcon de fer gorgé porté par deux griffons cernant les initiales du propriétaire. L'arrière de l'édifice possède un balcon sur quatre consoles en forme de tête de lion ainsi qu'une terrasse, arrondie au centre avec balustrade en pierre. L'hôtel se trouve derrière une cour fermée d'une grille ; les communs et les dépendances sont situés à l'avant de cette cour tandis que le parc, à l'anglaise, se trouve à l'arrière du bâtiment[25],[26],[27].

La Maison Gallice est réputé pour la cheminée de bois sculpté de sa salle à manger, de Charles Blondel, et son escalier illuminé par un vitrail de Jacques Grüber. Celui-ci, qui date de 1921, représente un ange de la Liberté, allégorie de la Victoire et commémorant le martyre d'Épernay durant la Première Guerre mondiale[24].

Château de Pékin[modifier | modifier le code]

Le château de Pékin, vu depuis l'avenue.

L'hôtel est construit, en même temps que des caves[N 4] et des communs, en 1866 pour un négociant en vins de Champagne, François Abelé de Muller. En décembre 1872, Eugène Mercier achète la propriété, située au lieu-dit du Mont Saint-Jospeh. L'édifice devient le siège de la maison de Champagne Mercier, avant d'être transféré plus bas dans l'avenue[28]. Au cours du XXe siècle, le château est peu à peu laissé à l'abandon. Pillé puis menacé de destruction, il est finalement racheté puis restauré en 2000 par le baron de Ladoucette, créant ainsi la maison de Champagne Comtesse Lafond ; l'hôtel est désormais appelée Château Comtesse Lafond[29]. Le nom « Pékin » est celui donné au domaine sur le cadastre de 1860, il semble être un hommage à l'entrée des troupes de Napoléon III à Pékin[28].

Le bâtiment est entouré par un vaste parc arboré. Il forme un T, devancé du côté de l'avenue de deux tours dont la façade, comme celle des murs d'enceinte, alterne brique et pierre à assises. Le reste du château est construit en pierre calcaire, dont le remplissage est recouvert d'enduit ; seuls la corniche à modillons, les pilastres et les encadrements de baies laissent la pierre apparente. Le toit est en ardoise et les deux tours possèdent un épi de faîtage. Les lucarnes sont à fronton courbe. Une véranda de la façade ouest est détruite lors des travaux de 2000. Les murs des deux dépendances, du côté de l'avenue de Champagne, sont constitués de la même manière que ceux des tours[28].

Autres hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

Aux nos 37, 39 et 43, se succèdent trois hôtels particuliers. Le premier est l'Hôtel de Billy. Construit au début du XXe siècle, le pavillon appartenait à Alphonse de Billy. Il accueille le consulat britannique de 1948 à 1988 et, aujourd'hui, le champagne Piaff. De style néorenaissance, il compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée[N 5], un étage et un étage de comble[30]. La façade principale est en pierre de taille. Les cadres des baies sont harpés, ceux du premier étage sont ornées d'archivoltes en accolade. Un oriel est formé au premier étage, au centre. Les trois autres façades sont construites en meulière et les souches de cheminées en brique. Sous le toit d'ardoise, munit de lucarnes à frontons sculptés, apparaît une frise de corniche d'inspiration végétale[31].

La propriété suivante est la Villa Rose. Sa construction remonte à 1894. Entre 1904, où la villa est cédée par les époux François-Wachter, et 1984, date à laquelle la villa est vendue au Toit Champenois[N 6], l'édifice change à de nombreuses reprises de propriétaire. La maison est divisée en sept appartements. Sur sa façade, peinte de rose, trois travées sont séparées par des pilastres couleur crème. Les linteaux des fenêtres du premier étage sont ornées de guirlandes florales tandis que les baies du rez-de-chaussée sont cintrées. Son nom, la « Villa Rose », proviendrait du nom des fleurs qu'occupaient le terrain avant sa construction et non de la couleur de sa façade[32].

L'hôtel no 43 de l'avenue de Champagne est construit, par Henri Picard et pour Mme Salmon-Mercier, dans un style néorenaissance au début du XXe siècle. L'ossature du bâtiment est en pierre de taille et possède un remplissage en brique. Chaque baie, sauf celles de l'attique, est décorée de colonnes ioniques, de balustres et des frises de rinceaux. L'avant-corps central se traduit, au rez-de-chaussée, d'un porche en serlienne et, à l'étage, d'une loggia fermée d'un triple baie. La corniche comprend des denticules et s'appuie sur des consoles travaillées. Une surélévation, survenue dans la deuxième du XXe siècle, dénature néanmoins l'édifice, aujourd'hui réparti entre logements et bureaux[33].

D'autres hôtels particuliers longent l'avenue de Champagne, dont la Villa Eugène, ancienne propriété d'Eugène Mercier, aujourd'hui transformée en hôtel cinq étoiles[34],[35] ; ou encore l'ancienne propriété Pol-Roger[N 7], construite en brique avec un soubassement en meulière et des encadrements en pierre, la maison possède une tourelle.

Maisons de Champagne[modifier | modifier le code]

Établissements De Castellane.

Lycée Léon-Bourgeois[modifier | modifier le code]

Le lycée Léon-Bourgeois.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Les parcs et jardins de l'avenue de Champagne sont pour la plupart inspirés du jardin paysager à l'anglaise, introduit en France au XIXe siècle. Ils se caractérisent par la présence de sentiers sinueux, de grottes et de plans d'eau artificiels, de kiosques etc. Le style à la française, géométrique, est en effet moins adapté aux terrains en pentes de l'avenue. La démocratisation du jardin de la fin du XIXe siècle fait que même les maisons individuelles plus modestes de la fin de l'avenue possèdent un jardin privé. Cependant, la plupart de ces parcs sont cachés du grand public, comme les jardins de Perrier-Jouet (no 11) ou encore le parc de l'Hôtel Moët[36]. Ce dernier est vallonné et de style anglais, il abrite notamment un fau de Verzy et un sophore du Japon, surnommé l'« arbre des Trois Empereurs »[N 8]. Il est orné d'un bassin, d'une grotte artificielle et d'un ponceau en rocaille[37].

Jardin de l'Hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Un premier jardin est façonné par Olivier en 1790 sur 1,9 hectares. Au début du XIXe siècle, Jean-Baptiste Isabey le redessine dans un style classique pour Jean-Remy Moët, propriétaire de l’hôtel et maire d’Épernay. Son tracé actuel date de 1857 et est du aux frères Denis et Eugène Bühler. En 1920, le parc est acquis avec l’Hôtel Auban-Moët par la municipalité et devient public[38]. Il est aujourd'hui ouvert de h à 21 h l'hiver et de h à 22 h en été[39].

La partie du parc axée sur l’Hôtel de ville est à la française, pour valoriser la façade classique et sobre de l’édifice[39]. Elle se compose d’une allée gazonnée puis de deux rampes d’accès symétriques agencées en fer à cheval autour d’une fontaine. Elle est agrémentée de deux lions en bronze, de statues de divinités antiques en fonte et de diverses autres statues[38]. L’autre partie du parc est à l’anglaise ; elle est parcourue par des chemins vallonnés, des bosquets, deux bassins d’eau, un îlot artificiel[40] ainsi qu’une grotte de rocaille avec cascade. Ce côté du jardin est surmonté par un temple de l’Amour, construit en pierre de taille calcaire[38]. Ce belvédère à colonnes corinthiennes possède un plafond à caissons. Il est inspiré du temple de l'Amour du Petit Trianon de Versailles[38],[39]. On y trouve des essences variées et parfois en danger à l’image du Ginkgo biloba[41].

Jardin de l'Orangerie[modifier | modifier le code]

Le jardin de l’Orangerie.

Au no 9 de l'avenue, les Hôtels Chandon et Trianon encadrent le jardin de l’Orangerie. Tout comme celui de l’actuel Hôtel de ville, ce parc a été créé pour Jean-Remy Moët d’après les conseils du peintre Jean-Baptiste Isabey, pour plaire à l’Empereur Napoléon Ier[42]. Il daterait de 1807, malgré un style très classique contrastant avec une époque acquise au jardin paysager[43]. Lourdement endommagé avec son orangerie durant la Première Guerre mondiale, le jardin est restauré à l’identique. Il est aujourd’hui consacré aux réceptions privées de Moët & Chandon[44].

Un perron précède le jardin en forme de bouteille de vin[45]. Au centre, se dresse un miroir d’eau de 50 mètres de long[44], bordé de parterres gazonnés et de bandes de fleurs. Le jardin est entouré de marronniers taillés[43], ombrageant les allées du parc. Il accueille par ailleurs 15 000 plantes l’été et 8 000 l’hiver ; on dénombre également 600 mètres linéaires de buis[44]. L’Orangerie qui se trouve au fond du jardin est mise en valeur par la symétrie de celui-ci. Elle possède des baies en plein cintre. Elle est coiffée d’une balustrade et est décorée de bustes statuaires ainsi que de treillages[43]. De nos jours, l’Orangerie protège encore des palmiers centenaires, dont des « Kentia Royal », et des plantes exotiques, en faisant office de serre[44],[45].

Autres parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Plusieurs autres parcs et jardins de l’avenue de Champagne sont ouverts au public. Parmi eux, le parc de la Maison Gallice, un des principaux jardin anglais de l’avenue, est particulièrement pentu. Il regroupe plusieurs essences rares, dont un fau. Il est embelli par une rivière artificielle et un kiosque de rocaille, en mauvais état[46]. Plus bas dans l’avenue, se trouve le parc du Château Perrier. Le jardin est amputé depuis les années 1970 de sa moitié nord, transformée en logements collectifs[N 9]. Après l’abandon du projet d’en faire stade, il conserve son style anglais et devient un jardin public, aménagé de jeux pour enfants[20]. Le jardin Pol-Roger, même s’il n’est pas ouvert au public, est partiellement visible depuis l’avenue. Son dessin mêle le jardin anglais et français. Ainsi, ses allées sont sinueuses mais géométriques. Il se compose de haies taillées, de bosquets et de plants ordonnés. Ses hauteurs sont dominées par un kiosque ainsi qu'un puits[47].

L’avenue, Épernay et le champagne[modifier | modifier le code]

Pour ses maisons prestigieuses et les millions de bouteilles de champagne conservées dans ses caves, l’avenue est souvent considérée comme « la plus prestigieuse voie » de la ville[1], voir comme les « Champs-Élysées » sparnaciens[4].

Plusieurs maisons de Champagne de l'avenue se sont réunies en 1996 au sein du Comité de l'Avenue de Champagne pour promouvoir le site du point de vue culturel et touristique[48].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L’office de tourisme d’Épernay est situé en bas de l’avenue.

L’office de tourisme d’Épernay est situé au no 7 de l’avenue de champagne depuis 1995. Il s’agit d’une ancienne propriété de la famille Auban-Moët[49].

La première maison de l’avenue à ouvrir ses caves au public fut certainement Moët & Chandon, qui les fit notamment visiter par tous les chefs d’État français entre 1807 et 1832. La maison Mercier disposait par ailleurs d’employés consacrés à la visite des caves dès la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, tous les maisons de l’avenue proposent des visites des caves suivies de dégustations. L’espace Mercier, inauguré à la fin des années 1980, est l’illustration même de leur volonté de devenir un pôle d’attraction touristique[18]. Le musée de la tradition champenoise ainsi que le jardin aux papillons de la maison de Castellane, en contrebas de l’avenue, en témoignent également[19].

Manifestations et festivités[modifier | modifier le code]

De nombreuses manifestations culturelles se déroulent autour de l’avenue de Champagne. En 2009, se déroulent les premières « Nuits de l’avenue de Champagne ». Il s’agit de spectacles déambulant le long de l’avenue. 16 représentations ont lieu chaque été. Depuis 2012, un spectacle son et lumière est projeté sur la façade du Château Perrier[50].

Les « Habits de Lumière », lors du deuxième week-end de décembre, constituent la principale manifestation organisée sur l’avenue de Champagne. Le vendredi est consacré aux spectacles de rue, aux bars à champagne, à des concerts et un feu d’artifice. Les activités du samedi sont davantage tournées vers la gastronomie (les « Habits de Saveurs »). Le dimanche, des véhicules anciens paradent dans les rues d’Épernay. Organisés en partenariat avec le Comité de l’Avenue de Champagne[51] depuis 2000, les « Habits de Lumière » se déroulent chaque année autour d’un thème[52]. L'édition 2012 a attiré plus de 40 000 spectacteurs[53]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La chaussée est large de 5,6 m et les trottoirs de 5,7 m de chaque côté, jusqu'à la Place de Champagne.
  2. La route nationale 3 a été déclassé en route départementale 3, entre Épernay et Châlons-en-Champagne, dans les années 1980.
  3. À l’intersection avec la rue de Lorraine et la rue de Verdun.
  4. Le Château de Pékin est relié aux caves de Champagne, 25 mètres plus bas.
  5. Le rez-de-chaussée est surélevé.
  6. Le Toit Champenois est un bailleur local.
  7. Elle est située sur l'avenue de Champagne, à l'angle avec la rue Godart-Roger.
  8. Ce nom fait référence à Napoléon Ier, Alexandre Ier de Russier et François Ier d'Autriche qui auraient passer la journée du 21 mars 1814 sous cet arbre, peu avant le traité de Fontainebleau.
  9. Une grotte artificielle, qui ornait autrefois le parc, existe toujours au no 6 de la rue de Verdun.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « L'avenue de champagne », sur Site de la commune d'Épernay (consulté le 5 décembre 2010)
  2. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 8
  3. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 12
  4. a et b Michel 1993, p. 46
  5. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 7
  6. a, b, c, d et e Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 2
  7. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 9
  8. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 10
  9. Champagne-Ardenne. Service de l'Inventaire du patrimoine culturel 2010, p. 13
  10. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 11
  11. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 4
  12. Champagne-Ardenne. Service de l'Inventaire du patrimoine culturel 2010, p. 17
  13. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 5
  14. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 14
  15. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 16-17
  16. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 6
  17. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 40-41
  18. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 44
  19. a et b Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 45
  20. a, b, c et d « Notice no IA51000847 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. a, b et c « Le château-Perrier », sur Office de tourisme d'Épernay et sa région (consulté le 5 décembre 2010)
  22. « Château Perrier », Patrimoine du champagne, sur Union des Maisons de Champagne,‎ décembre 2009 (consulté le 5 décembre 2010)
  23. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 21
  24. a et b « Notice no IA51000848 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. « Maison Gallice », Patrimoine du champagne, sur Union des Maisons de Champagne,‎ décembre 2009 (consulté le 5 décembre 2010)
  26. « La maison Gallice », sur Site de la commune d'Épernay (consulté le 5 décembre 2010)
  27. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 16
  28. a, b et c « Notice no IA51000849 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 12
  30. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 15
  31. « Notice no IA51000861 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 14
  33. « Notice no IA51000854 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  34. « Présentation de l'hôtel », sur La Villa Eugène (consulté le 25 juin 2014)
  35. Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 11
  36. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 69-70
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  38. a, b, c et d « Notice no IA51000846 », base Mérimée, ministère français de la Culture
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  40. « Notice no IA51000617 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  41. « Parc de l'hôtel de ville », sur Parcs et jardins de France (consulté le 22 décembre 2010)
  42. Lechien 2008, p. 93
  43. a, b et c Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 72-73
  44. a, b, c et d Épernay : l'Avenue de Champagne, p. 22
  45. a et b « La Résidence de Trianon, ses Jardins, son Orangerie », Patrimoine du champagne, sur Union des Maisons de Champagne,‎ avril 2010 (consulté le 23 décembre 2010)
  46. Lechien 2008, p. 138
  47. Durepaire, Leroy et Limoges 1999, p. 71
  48. « Comité de l'Avenue de Champagne », sur Habits de Lumière (consulté le 6 août 2013).
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  50. [PDF]« Club des partenaires de l’Avenue de Champagne » (consulté le 6 août 2013), p. 6-7.
  51. Cécile Michel, « http://www.lesechos.fr/luxe/saveurs/millesime/0202421739355-epernay-fete-le-champagne-516212.php », Les Échos,‎ 31 novembre 2012
  52. [PDF]« Club des partenaires de l’Avenue de Champagne » (consulté le 6 août 2013), p. 8-9.
  53. C.L., « Habits de Lumière 2013 / Place à l'inattendu ! », L'Union,‎ 30 janvier 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Durepaire, Francis Leroy et Sophie Limoges, Avenue de Champagne : Architecture et société, Office régional culturel de Champagne-Ardenne, coll. « Patrimoine et innovations »,‎ septembre 1999, 75 p. (ISBN 2-909983-08-0)
  • Pierre Michel, Épernay pas à pas : Ses rues, ses places, son champagne, Horvath,‎ mai 1993 (1re éd. 1984), 191 p. (ISBN 2-7171-0303-1)
  • Bernard Ducouret et Xavier de Massary (dir.) (ill. Christophe Wissenberg, photogr. Patrice Thomas), Épernay : cité du champagne, Lyon, Lieux Dits, coll. « Images du patrimoine » (no 264),‎ septembre 2010, 300 mm × 240 mm × 15 mm, 160 p. (ISBN 978-2-914528-83-2)
  • Marc Lechien (ill. Marc Lechien, Pascal Stritt, Michel et Valérie Sarrey), Parcs et jardins en Champagne-Ardenne, Chaumont, Castor & Pollux,‎ 2008, 159 p. (ISBN 978-2-35008-012-3)
  • Office de tourisme d'Épernay et sa région (ill. Jean-Claude Evrat), Épernay : l'Avenue de Champagne,‎ 2009, 28 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]