Courcy (Marne)

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Courcy
La maison commune.
La maison commune.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Arrondissement Reims
Canton Bourgogne
Maire
Mandat
Martine Jolly
2014-2020
Code postal 51220
Code commune 51183
Démographie
Population
municipale
1 197 hab. (2012)
Densité 77 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 19′ 26″ N 4° 00′ 12″ E / 49.3239, 4.003349° 19′ 26″ Nord 4° 00′ 12″ Est / 49.3239, 4.0033  
Altitude Min. 75 m – Max. 161 m
Superficie 15,5 km2
Localisation

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Courcy est une commune française, située dans le département de la Marne en région Champagne-Ardenne. Situé à environ 10 km au nord de Reims, le village fut l'objet de très violents combats pendant la Première Guerre mondiale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Situé dans le secteur septentrional du Pays Rémois, entre la Butte de Brimont et la Montagne de Saint-Thierry, le terroir de Courcy est nettement délimité à l’ouest par la route nationale 44 menant de Reims à Laon et, à l’est, par la route départementale 966 allant de Reims à Neufchâtel-sur-Aisne.

Communes limitrophes de Courcy
Loivre
Villers-Franqueux
Berméricourt Brimont
Thil Courcy
Saint-Thierry Reims Bétheny

Transports[modifier | modifier le code]

Le village est traversé par le canal de l'Aisne à la Marne.

Du point de vue des transports en commun, il est desservi par la gare de Courcy - Brimont sur la ligne de Reims à Laon.

En septembre 1901 la gare du Fresnois fut construite par la Compagnie des chemins de fer de l'Est pour la revue de Bétheny le 21 faite devant le président de la République Loubet et le tsar Nicolas II.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des fouilles ont mis au jour des tombes gauloises, au lieu-dit les Thomois et au bois Soulains. Mais, historiquement, son origine remonte à l’occupation romaine. Courcy doit son nom au premier propriétaire gallo-romain, Curtius.

À partir du XIIe siècle, Courcy est sous la dépendance à la fois, du trésorier de l’église de Reims, seigneur de Courcy et de l’abbé de Saint-Thierry.

En 1359, en pleine guerre de Cent Ans, le village de Rocquincourt, situé entre Courcy et Brimont, est complètement ravagé par une chevauchée anglaise. Confinant à Courcy, il en devient un hameau, mais conserve longtemps son nom propre. Un lieu-dit portait encore en 1911 le nom de « Cimetière de Rocquincourt ». Il était situé au-delà de la ligne de chemin de fer de Reims à Laon, à laquelle il confinait, au nord-est de la gare de Courcy, et derrière l’enclos de la Verrerie de l’époque (avant 1914). D’ailleurs, jusqu’au XVIIIe siècle, Courcy porte le nom de Courcy-Rocquincourt.

Entre 1822 et 1870, La Neuvillette devient elle aussi un hameau de Courcy. C’est durant cette époque que Courcy est de nouveau divisée en deux agglomérations, séparées par la ligne de chemin de fer Reims-Laon et le canal de la Marne à l’Aisne.

Au nord de ces deux voies, le Baron de Sachs, associé de la maison de Champagne Veuve Clicquot, construit, à l'emplacement de l'ancien cimetière de Rocquincourt, la verrerie et sa cité vers 1870[Note 1]. Elle est d'abord gérée par M. Denis, sous la raison sociale Denis et Cie, puis par Pierre Givelet à partir de 1898, qui avait appris le métier à la verrerie de Loivre. La verrerie de Courcy devient la société en commandite par actions Givelet et Cie dont le président du conseil de surveillance était M. de Sachs[1]. Un important mouvement syndical s'est développé en Champagne entre 1890 et 1900 en liaison avec les verriers de Carmaux (Albi). En 1907, l'usine compte 151 ouvriers[1].

Au sud, le village proprement dit reste essentiellement agricole. À la veille de la guerre de 1914, l’agglomération compte environ mille habitants, le maire en est monsieur Gacoin, le curé l’abbé Gilimare, et l’instituteur monsieur Lorin.

La 10e brigade de la 5e DI (36e et 129e RI) arrive jusqu'au canal le 13 septembre 1914 au soir. Le 129e, en tête, occupe alors la Verrerie de Courcy, les ponts et le village. Le 17 à 20h00-22h00, le 1er bataillon du 39e RI, stationné à Saint-Thierry, rejoint Courcy où il est à la disposition du commandant de la 10e brigade pour étayer la défense de la rive ouest du canal. Dans la nuit du 17 au 18 septembre, alors que le 1er bataillon du 39e RI passe à l'est du canal pour aller relever le bataillon du 129e RI en place à la Verrerie, les Allemands attaquent. Le résultat est que la Verrerie est perdue, puis les ponts sur le canal, et enfin le village de Courcy. Tout le monde se replie, un peu en désordre sur Saint-Thierry sans être poursuivi par les Allemands. Le village de Courcy est repris par les Français peu de temps après, les Allemands restant sur la rive est du canal. Et le front dans ce petit secteur ne bougera plus jusqu'au 5 octobre 1918.

Le régiment russe entrant dans le village.

Situé sur la ligne de feu durant les quatre années de la guerre, le village fut repris alternativement plusieurs fois par chacun des deux belligérants. Notamment le , c’est la première brigade russe du corps expéditionnaire qui reprend le village[2].

Entièrement détruit lors des combats, le village faillit même ne pas être reconstruit, comme d’autres dans le département de la Marne. C’est grâce à l’opiniâtreté et à l’engagement de monsieur Pierre Givelet (futur maire de Courcy), directeur de la verrerie avant 1914, qui prit l’engagement de reconstruire son usine que le village fut sauvé. La commune est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 le .

Également détruite pendant la Première Guerre mondiale, la verrerie est reconstruite le long du canal vers 1920. M. Émile Charbonneaux devint le nouveau président du Conseil de surveillance. M. Charles de Grandrut n'ayant pas l'intention de reconstruire la verrerie de Loivre. M. Givelet lui racheta le fonds de commerce et les dommages de guerre afférents. La société pris le nom de « Verreries de Courcy et de Loivre réunis - Givelet et Cie ». La cité ouvrière fut reconstruite en premier. Une nouvelle chapelle est construite en 1923, à l'emplacement de la première usine. En 1929, Jacques Givelet, en devint le cogérant avec son père Pierre. À la suite de la crise économique de 1929-1930, l'activité a cessé en 1933. Les machines furent démontées et remontées à la verrerie Charbonnneaux à Reims, qui en avait repris l'actif et le passif[1].

Au milieu des années 1920, la décision est prise de construire une base aérienne pour l’armée de l’air sur le terrain qui comportait déjà des activités aériennes avant la guerre : l'actuelle Base aérienne 112 Reims-Champagne « Commandant Marin la Meslée » qu'on appelait autrefois « base aérienne de Reims-Courcy » quoique construite à cheval sur les communes de Courcy et de Bétheny. Elle est la cible de bombardements et de mitraillage pendant la Seconde Guerre mondiale. Le village dont les habitants avaient été tous évacués le fut entièrement pillé durant cette période.

L’après-guerre a vu une restructuration et un développement considérable de l’agriculture, activité principale de la commune. À la fin du XXe siècle, le village est particulièrement dynamique avec de nombreuses associations tant sur le plan sportif que culturel.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1822 1830 Henri Hériot de Vroil    
         
XIXe siècle   Jules Hériot de Vroil    
         
 ? ~1914 Gacoing    
1989 2001 Christian Desgrippes UMP[3]  
2008 en cours Martine Jolly[4]    
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville est jumelée avec Werschau en Allemagne.

Lieux dit[modifier | modifier le code]

Rocquincourt a longtemps été un village indépendant. Cité comme Cortis Rucunicus en 886[5]. Elle avait une église placée sous le vocable de Pierre, elle était une annexe de celle de Courcy et était à l'écart de toute habitation. Elle fut détruite et ses pierres ont servi à la construction du séminaire de Reims après une ordonnance de l'archevêque de Reims du 22 novembre 1682.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 197 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
335 351 303 340 551 589 589 609 601
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
591 581 608 655 890 792 850 851 978
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
910 989 1 011 558 933 1 008 569 631 1 201
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 272 1 267 870 975 1 187 1 150 1 397 1 388 1 288
2012 - - - - - - - -
1 197 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune compte une école maternelle, une école primaire ainsi que le regroupement pédagogique de Courcy-Brimont.

Santé[modifier | modifier le code]

Courcy accueille une maison médicale regroupant deux médecins, deux infirmières et un kinésithérapeute, ainsi qu'une caserne de sapeurs-pompiers (corps de première intervention).

Loisirs[modifier | modifier le code]

  • Terrain de football,
  • Courts de tennis,
  • Terrain de pétanque.

Le village a également été traversé de part en part par le Tour de France 2002, le 9 juillet, lors de l'étape Metz-Reims. À cette occasion, de nombreuses décorations et animations ont été mises en place, notamment un totem de vélos.

Économie[modifier | modifier le code]

De nombreux agriculteurs produisent essentiellement : du blé d'hiver, de l'orge d'hiver et de printemps, des pois protéagineux, de la betterave sucrière, de la luzerne, du colza, du maïs et du tournesol. La commune compte un silo de stockage de grain.

Sur le territoire de la commune, se trouve également une friche correspondant à l'ancienne base aérienne 112 « Commandant Marin-la-Meslée », fermée et définitivement délaissée par l'armée le 30 juin 2012. Le devenir de cette friche est actuellement confié, au sein du Syndicat Mixte du Nord-Rémois, à la maire de Reims, Adeline Hazan[8].

Certaines parcelles agricoles de la commune pourraient prochainement entrer dans la zone de production du champagne (AOC).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château de Rocquincourt. Le seigneur était, en 1443, Pierre Toignel, sire de Taissy et de Mont-saint-Pierre ; puis Guillaume Toignel, en 1496, écuyer et seigneur de Contreuve et de Rocquincourt. Puis Nicoals de Bezannes, sieur de Grandpré et Rocquincourt en 1625 avant de passer à Nicole Martin en 1643 qui était l'arrière grand-mère de Jean-Baptiste Colbert. Marie Colbert vendait le château, 16 000 Livres à Louis Lagoille bourgeois de Reims le 25 mars 1698 qui fut ensuite vendu à Joseph-Antoine Béguin le 7 septembre 1731, seigneur de Coucy et Chalons-sur-Vesle. Il passait ensuite dans les mains de Antoine Lespagnol de Villette, puis à M. Ruinart de Brimont qui le donnait en dot à sa fille qui se mariait avec le sieur Hériot de Vroil.
  • Un monument en hommage aux soldats russes, libérateurs de la ville en 1917[9].
  • L'église dédiée à Saint-Hippolyte ainsi qu'à Sainte-Thérèse de l'enfant Jésus.
  • Le monument aux morts est classé à l'inventaire des monuments historiques[10].
  • La verrerie est classée à l'inventaire des monuments historiques[11].
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une lettre du Conseil d'Hygiène et de la Salubité au sous-préfet en 1876 indique que cette verrerie existait déjà depuis plusieurs années. Le dossier déposé à la mairie de Courcy a disparu pendant l'occupation allemande de 1870.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Texte réunis et commentés par Marc André et Michel De Paepe, La verrerie champenoise Charbonneaux -BSN Reims, de 1870 à nos jours, Dié, La Manufacture,‎
  2. Robert Clément, « La Brigade Russe à Courcy », Bulletin communal de Courcy,‎ (lire en ligne)
  3. Annuaire des mairies de la Marne, EIP/ Les Editions Céline, coll. « Annuaire des mairies de France »,‎ 2006-2007 (ISBN 9782352581512), p. 67
  4. Liste des maires de la Marne au 1er août 2008, site de la préfecture de la Marne, consulté le 22 décembre 2008
  5. A. Longnon, Dictionnaire topographique du département de la Marne, p229.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2012.
  8. Thomas Duprat, « Savary président du Nord-Rémois », L'Union,‎ (lire en ligne)
  9. « Courcy : un nouveau monument aux soldats russes en France », sur Le Courrier de Russie,‎ (consulté le 27 avril 2015)
  10. « Monument aux morts à Courcy », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Verrerie à Courcy », base Mérimée, ministère français de la Culture