Marais de Saint-Gond

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Les marais de Saint-Gond sont une vaste tourbière alcaline située au sud-ouest du département de la Marne, en France. Les marais occupent une dépression formée par la vallée supérieure du Petit Morin. Ils constituent, au centre du bassin parisien, un milieu naturel unique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les marais s'étendent sur 22 kilomètres environ d'est en ouest, la superficie en est de plus de 4 000 hectares. Les marais de Saint-Gond sont répartis sur les communes de Bannes, Broussy-le-Grand, Broussy-le-Petit, Coizard-Joches, Congy, Courjeonnet, Fèrebrianges, Oyes, Reuves, Talus-Saint-Prix, Val-des-Marais, Vert-Toulon et Villevenard[1].

La région est constituée d'un ensemble de marais, de mares et d'étangs, de prairies humides et de bois.

La formation géologique dominante est la craie campaniène à belemnites (Crétacé) sur une épaisseur moyenne de 80 mètres[2].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le territoire des marais héberge de multiples espèces animales et végétales.

Faune[modifier | modifier le code]

Ils constituent un site réputé pour la protection des oiseaux en France. On y trouve notamment le faucon hobereau, la rousserolle effarvatte, la bécassine des marais, le milan noir, trois espèces de busard (busard des roseaux, busard cendré et busard Saint-Martin), le pic noir, le martin pêcheur, la pie-grièche écorcheur, et bien d'autres oiseaux encore. Ce sont pas moins de 127 espèces d'oiseaux qui nichent au sein de ce territoire, qui peuvent y être observés.

On observe aussi une gamme intéressante de mammifères carnivores comme le renard roux, la martre ainsi que le chat sauvage.

C'est également l'un des derniers lieux de reproduction de la rainette verte (Hyla arborea) du Grand Est français[3].

Flore[modifier | modifier le code]

Les marais de Saint-Gond accueillent 19 espèces végétales protégées[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

C'est un lieu d'importance pour les habitants du Néolithique dont les sépultures collectives en hypogée sont très nombreuses dans la partie nord des marais. Depuis plus de 140 ans, de nombreuses fouilles ont mis au jour des dizaines de ces hypogées dont le mobilier archéologique est conservé au musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye et au musée Saint-Remi de Reims.

Campagne de France de 1814[modifier | modifier le code]

Un combat eut lieu près des marais en 1814, au cours de la campagne de France, lorsque les divisions françaises des généraux Pacthod et Amey furent décimées par les tirs de l'artillerie russe ( www.la-defaite-oubliee.com ).

Extraction de la tourbe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le sieur Renard fit construire, au lieu-dit la Louvetière (commune de Joches) une verrerie au début du XIXe siècle, elle utilisait exclusivement de la tourbe extraite localement. Le procédé avait été préparé avec l'école des Arts et métiers de Châlons-sur-Marne. Elle fabriquait principalement des bouteilles à Champagne de 1842 à 1844. L'habitude d'extraire de la tourbe se conserva par les habitants des communes avoisinantes et servit pour des usages domestiques[4] . En 1914 il n'y avait plus d’extraction.

Bataille de la Marne de 1914[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille des Marais de Saint-Gond.
Image du marais en septembre 1914 par Jules Gervais-Courtellemont.

Des affrontements importants se déroulèrent dans ces marais lors de la Première Guerre mondiale, du 5 au 9 septembre 1914, dans le cadre de la première bataille de la Marne. L'élite des troupes allemandes, les régiments de fer de la Saxe et la garde prussienne, considérée jusqu'alors comme invincible, foncèrent massivement pendant cinq jours à travers les marais, sur les effectifs plutôt minces de la IXe armée française, dans le but de crever le centre du front et de couper ainsi l'armée française en deux tronçons, l'un à droite sur la Meuse et l'autre à gauche sur la Seine. Ils espéraient ainsi prendre Paris et Verdun à revers.
Les combats extrêmement violents se terminèrent à l'avantage de l'armée française, et les troupes impériales durent battre en retraite au nord des marais. Mais une vingtaine de villages furent anéantis[5].

Protection[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1960, les marais ont perdu 30 % de leur superficie, notamment du fait du drainage pour l'agriculture et de l'abandon du pâturage. Depuis le milieu des années 1990, 60 ha de marais entre Oyes et Reuves sont gérés par le Conservatoire du Patrimoine naturel de Champagne Ardenne. La zone est débroussaillée et des saules sont arrachés. Le pâturage extensif y est réintroduit[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Carte Natura 2000 des Marais de Sain-Gond », sur Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 13 décembre 2012)
  2. Réseau Natura 2000, « Le Marais de Saint-Gond », sur Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 13 décembre 2012)
  3. a, b et c [PDF]Conservatoire du Patrimoine naturel de Champagne-Ardenne, « Sentier nature des marais de Saint-Gond », sur site de l'office de tourisme de Sézanne et sa région (consulté le 19 janvier 2013)
  4. R.Riquet, L'exploitation de la tourbe dans les marais de St-GOnd au XIXe siècle., in Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, tome 79, pp137-139.
  5. Charles Le Goffic, « Les Marais de Saint-Gond : Un épisode de la bataille de la Marne », Le Noël, no 1226,‎ 19 décembre 1918 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]