Porte de Mars

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La porte de Mars
Image illustrative de l'article Porte de Mars
Présentation
Période ou style Gallo-romain
Architecte restauration partielle au XIXe siècle par Narcisse Brunette
et en 1984
Date de construction entre 180 et 230
Dimensions 13 m de haut et 33 m de long
Destination initiale entrée nord de la ville
Propriétaire Commune
Destination actuelle monument
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Localité Reims
Localisation
Coordonnées 49° 15′ 29″ N 4° 01′ 54″ E / 49.25801, 4.0317149° 15′ 29″ Nord 4° 01′ 54″ Est / 49.25801, 4.03171  

Géolocalisation sur la carte : Marne

(Voir situation sur carte : Marne)
La porte de Mars

La porte de Mars (ou porte Mars) est un monument romain de Reims, du IIIe siècle. Elle tient son nom de la proximité d'un temple dédié à Mars, dieu romain de la guerre. Ce monument est le plus large arc du Monde romain[1].

La porte de Mars a été classée monument historique en 1840[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Intrados de l'arc avec la scène de Romulus et Rémus

La porte de Mars est le seul arc subsistant des quatre arcs monumentaux[1] érigés aux entrées cardinales de Durocortorum[3], les autres étant la porte Cérès ou de Trèves (porte est, rue Cérès, démontée en 1798), la porte Bazée (de basilicaris, porte sud, rue de l'Université) et la porte de Vénus ou de Soissons (porte ouest, devant l'opéra, démontée en 1755). La porte Mars a été construite entre 180 et 230[4] et était d'abord un arc de triomphe construit pour témoigner de la grandeur de la ville sous le Haut-Empire, avant de devenir ultérieurement une porte de ville. Il ne possède plus son attique.

L'arc n'a servi en tant que tel qu'une centaine d'années avant d'être inclus dans la muraille du Bas-Empire, commencée après les raids barbares des années 260-275 pour protéger la ville[5]. Son tracé s'appuie sur les quatre arcs existants et les transforme en portes d'accès, ainsi l'arc nord devient la porte Mars et marque l'entrée nord de la ville. La porte Mars est plus tard incluse dans le rempart du Château des Archevêques, vers 1228. Une nouvelle porte Mars médiévale, avec pont-levis, est alors construite 100 m plus à l'est pour reprendre sa fonction (à l'emplacement du marché du Boulingrin en cours de fouille en 2011), elle disparaîtra plus tard en même temps que les remparts.

Le Château des Archevêques est détruit en 1595 sur ordre d'Henri IV. On devine quelques éléments de la porte emmurée et la partie haute sera dégagée en 1677. Mais ce n'est qu'en 1816 que le bas sera lui aussi mis à nu. La porte est totalement dégagée de la gangue qui la protégeait en 1844 lors du démantèlement des remparts et de l'ouverture d'une vaste promenade au nord de la ville. Elle est enfin complètement extraite des remblais en 1854.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arc de 33 m de long, 13 mètres de haut (hauteur non originale car il manque l'attique) et 6,40 mètres d'épaisseur[3], constitué de trois arches ornées de huit colonnes sur piles sur les façades, et deux colonnes de chaque côté. Dans les espaces pleins entre les colonnes se trouvait une décoration composée d'une niche avec fronton triangulaire, surmontée d'un médaillon avec tête en haut-relief. Ils sont aujourd'hui fortement dégradés, mis à part celui de la partie ouest reconstruite en 1854.

L'intrados des voûtes, aujourd'hui très dégradé, offre une rare et intéressante représentation d'une moissonneuse gauloise[4] qui fait partie d'un calendrier des travaux des champs illustré par une série de médaillons (laboureurs, vendangeurs, moissonneurs, meunier, etc.). Sous l'arcade ouest, un médaillon carré montre la louve romaine allaitant Romulus et Rémus sous les yeux du berger Faustulus et d'Acca Larentia[3]. Enfin sous l'arcade est, très abîmée, on peut voir Léda et le cygne. Sur le sol de l'arcade centrale on distingue les sillons creusés afin de guider les roues des voitures[5].

Archéologie, restaurations[modifier | modifier le code]

Vue nord de la porte Mars avec la nouvelle perspective de 2011.

L'arc de triomphe doit sa conservation à son emmurage dans l'enceinte du palais des Archevêques au XIIIe siècle. Lors du démantèlement des murs entrepris en 1840, la question est posée du devenir du monument. Prosper Mérimée va œuvrer pour mobiliser l'opinion et les fonds nécessaires à la sauvegarde de l'arc[3]. À la suite de quoi, Narcisse Brunette reconstitue en 1854 le pilastre ouest du côté des promenades. Des restaurations et consolidation maladroites sont effectuées aux XIXe et XXe siècles. En 1983-1984, les Monuments Historiques mènent d'importants travaux de restauration scientifique[6].

Gravure de 1850 avec la tour qui s'appuyait sur l'arc, qui fut démontée.

Elle est entourée d'un parc de verdure et d'une perspective qui la dégage de son ancien rôle de porte d'entrée de la ville. Un arbre, une plaque sont posées là en souvenir des soldats ayant servi en Orient et d'Alexandre de Serbie lors de la Première Guerre mondiale. En 2011, à l'occasion d'importantes modifications du plan de circulation du centre de Reims pour le passage du tramway, la porte de Mars bénéficie d'une nouvelle perspective la mettant mieux en valeur et d'un accès piéton facilité. Le rond-point de la place de la République a été supprimé pour devenir un croisement simple, l'espace ainsi récupéré devient une prolongation des promenades. La porte s'inscrit dans leur continuité et n'est plus isolée par un trafic urbain dense.

Vestige ouest de la porte Bazée, rue de l'Université.

Les autres arcs gallo-romains[modifier | modifier le code]

Porte Bazée[modifier | modifier le code]

La porte Bazée, ou porte Collatrice était à l'origine un arc monumental érigé à la gloire de Durocortorum, était l'entrée méridionale de la ville. Elle formait avec la porte de Mars le cardo (axe nord-sud). Son nom provient de basicila, c'était l'arc d'où partait la voie Césarée qui menait à Rome[5]. La porte Bazée fut intégrée à la ceinture que formait le rempart fortifié à l'époque des invasions barbares. Une partie des pierres de l'arc ont été utilisées pour sa construction comme l'attestent les fouilles menées en 1971. De fait, la route passait sous la petite arcade ouest. La porte perdit de son importance lorsque l'enceinte fut agrandie au sud aux XIII et XIVe siècles[5]. L'arcade qui subsistait fut détruite en 1753 lors du remaniement des adductions en eau, la mémoire en fut conservée par la sculpture de reliefs à l'antique.

Un vestige de pile est visible au niveau du réfectoire du collège Université, rue de l'Université. cet ensemble fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 30 janvier 1981[7].

Porte de Vénus[modifier | modifier le code]

Appelée porte de Soissons puis porte aux Ferrons, elle doit le nom de "porte de Vénus" aux historiens de la période moderne. C'est l'arc occidental de la ville gallo-romaine, situé place Myron-Herrick en face de l'opéra. Les vestiges monumentaux des fondations de l'arc ont été mis au jour lors de la campagne de fouilles menée en 2007-2008 avant la percée des lignes du tramway[8]. Les dimensions le rapprochent de l'arc de Mars. Cette porte marque le passage du decumanus (voie est-ouest) dans le centre antique. Sous cet arc, un égout voûté de 2,90 mètres de haut et 1 mètre de large a été dégagé, pratiquement intact et à une faible profondeur. L'arc fut construit au IIe ou IIIe siècle de notre ère[9].

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Reims Tourisme
  2. « Notice no PA00078825 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a, b, c et d Dossier pédagogique, CRDP de Reims, bulletin n°9 de janvier 1995
  4. a et b Reims et ses quartiers, M. Thibault, Alan Sutton, 2007, page 17
  5. a, b, c et d Reims, panorama monumental et architectural des origines à 1914, P. Demouy et F. Pomarede, 1985 (ISBN 2-90325-502-9[à vérifier : isbn invalide])
  6. La porte de Mars
  7. « Notice no PA00078824 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. INRAP (institut de recherches archéologiques), « Reims la romaine : les fouilles du tramway », vidéo de 2008
  9. INRAP, « Reims la romaine : les fouilles du tramway », 17 mars 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du Patrimoine: Champagne-Ardenne, Hachette, Paris, 1995, S. 3023 (ISBN 2-85822-614-8)
  • François Lefèvre, La Porte de Mars de Reims Groupe d'Études Archéologiques Champagne-Ardenne 1985
  • François Lefèvre, Porte de Mars, Patrimoine culturel de Reims, période gallo-romaine, CRDP, 1994
  • François Lefèvre, Calendrier des Saisons de la Porte de Mars, Patrimoine culturel de Reims, période gallo-romaine, CRDP, 1994
  • François Lefèvre, Historique de la Porte de Mars 1980
  • Bernard Fouqueray, Les Portes antiques de Reims Mai 1986
  • Robert Neiss, Le développement urbain de Reims dans l'Antiquité, Centre régional de documentation pédagogique, 1977
  • Durocortorum cité gallo-romaine, de la ville antique, Centre régional de documentation pédagogique, 1994
  • Les Arcs Antiques de Reims, Reims Histoire Archéologie, mai 1986
  • Gilbert Charles-Picard, La Porte de Mars à Reims, actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 1970

Liens externes[modifier | modifier le code]